Le don de vie attend après la mort
Les Québécois hésitent davantage que les autres Canadiens à faire des dons d'organes de leur vivant
De plus en plus de gens donnent la vie, mais leur nombre ne suffit pas à suivre la demande d'organes, qui a fait un bond encore plus important en dix ans. Publiées hier, ces nouvelles statistiques mettent de surcroît en exergue des disparités régionales importantes, le Québec jouant à la fois les chefs de file et les derniers de classe.
Champion d'un côté, cancre de l'autre? Un bilan statistique publié hier par l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) montre que c'est au Québec que le taux de donneurs décédés par million d'habitants est le plus important, soit 19,6 contre 14,7 dans le reste du Canada. Il en va tout autrement pour le taux de donneurs vivants, où le Québec ferme la marche avec sept donneurs par million contre 16,4 ailleurs au pays.
Le contraste est d'autant plus frappant que le nombre de donneurs vivants a littéralement explosé ces dernières années pour surpasser le nombre de donneurs décédés au Canada. Pour le vice-président des programmes à l'ICIS, Jean-Marie Berthelot, ces chiffres montrent qu'il est possible de faire beaucoup mieux sur les deux plans. «Certaines régions font beaucoup mieux que d'autres et il y a certainement des leçons à tirer de leurs succès.»
Place à amélioration
Chez Québec-Transplant, l'organisme mandaté par le ministère de la Santé et des Services sociaux pour coordonner le don d'organes au Québec, on convient que ce bulletin peut en effet être amélioré. «Pour l'instant, le don vivant fonctionne hôpital par hôpital et nous pensons qu'il y aurait des gains importants à faire en rassemblant tous les acteurs comme nous l'avons fait pour le don cadavérique», raconte son secrétaire et directeur général, Louis Beaulieu.
Rapatrier le don vivant fait d'ailleurs partie des plans de Québec-Transplant. Mais avant, il faudra que Québec tâte le pouls de la société pour voir jusqu'où les Québécois sont prêts à aller, prévient M. Beaulieu. «Des mesures compensatoires comme on en a en Ontario et en Colombie-Britannique seraient-elles les bienvenues? Il faut voir si oui et, le cas échéant, lesquelles nous voulons retenir.»
Le tout sans perdre de vue la nécessité d'augmenter le nombre de dons d'organes, toutes catégories confondues. En dix ans, le nombre de Canadiens ayant fait un don est passé de 800 à plus de 1000 annuellement. Un bond insuffisant pour accommoder le nombre de candidats à la transplantation qui, avec les progrès de la médecine, ne cesse de croître. À titre d'exemple, on a pratiqué seulement six transplantations rénales par 100 années-patients de dialyse en 2008, contre huit, en 1999.
L'ICIS a aussi observé que le nombre moyen d'organes par donneur décédé est resté inchangé, à 3,6 sur une possibilité de six. Une tendance qui semble vouloir aussi gagner le nombre de donneurs. «Nos données suggèrent qu'on a peut-être atteint un plateau pour le nombre de donneurs décédés et vivants, note M. Berthelot. Mais il faudra attendre encore quelques années avant de trancher si c'est le cas ou non.»
Plafond ou pas, Louis Beaulieu croit que le Québec peut encore faire mieux. «Je crois qu'avec plus de ressources, des corridors mieux organisés dans le système de santé, une plus grande sensibilisation du public, en commençant par les jeunes [...] et des efforts accrus sur le plan du consentement, on va pouvoir dépasser ce plafond.»
Pour cela, il faudra s'inspirer de pays comme l'Espagne, véritable championne du don d'organes, croit Québec-Transplant. En 2007, l'Espagne affichait un taux de 34,3 donneurs décédés par million d'habitants, la Belgique, 28,1 et les États-Unis, 26,6.
Champion d'un côté, cancre de l'autre? Un bilan statistique publié hier par l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) montre que c'est au Québec que le taux de donneurs décédés par million d'habitants est le plus important, soit 19,6 contre 14,7 dans le reste du Canada. Il en va tout autrement pour le taux de donneurs vivants, où le Québec ferme la marche avec sept donneurs par million contre 16,4 ailleurs au pays.
Le contraste est d'autant plus frappant que le nombre de donneurs vivants a littéralement explosé ces dernières années pour surpasser le nombre de donneurs décédés au Canada. Pour le vice-président des programmes à l'ICIS, Jean-Marie Berthelot, ces chiffres montrent qu'il est possible de faire beaucoup mieux sur les deux plans. «Certaines régions font beaucoup mieux que d'autres et il y a certainement des leçons à tirer de leurs succès.»
Place à amélioration
Chez Québec-Transplant, l'organisme mandaté par le ministère de la Santé et des Services sociaux pour coordonner le don d'organes au Québec, on convient que ce bulletin peut en effet être amélioré. «Pour l'instant, le don vivant fonctionne hôpital par hôpital et nous pensons qu'il y aurait des gains importants à faire en rassemblant tous les acteurs comme nous l'avons fait pour le don cadavérique», raconte son secrétaire et directeur général, Louis Beaulieu.
Rapatrier le don vivant fait d'ailleurs partie des plans de Québec-Transplant. Mais avant, il faudra que Québec tâte le pouls de la société pour voir jusqu'où les Québécois sont prêts à aller, prévient M. Beaulieu. «Des mesures compensatoires comme on en a en Ontario et en Colombie-Britannique seraient-elles les bienvenues? Il faut voir si oui et, le cas échéant, lesquelles nous voulons retenir.»
Le tout sans perdre de vue la nécessité d'augmenter le nombre de dons d'organes, toutes catégories confondues. En dix ans, le nombre de Canadiens ayant fait un don est passé de 800 à plus de 1000 annuellement. Un bond insuffisant pour accommoder le nombre de candidats à la transplantation qui, avec les progrès de la médecine, ne cesse de croître. À titre d'exemple, on a pratiqué seulement six transplantations rénales par 100 années-patients de dialyse en 2008, contre huit, en 1999.
L'ICIS a aussi observé que le nombre moyen d'organes par donneur décédé est resté inchangé, à 3,6 sur une possibilité de six. Une tendance qui semble vouloir aussi gagner le nombre de donneurs. «Nos données suggèrent qu'on a peut-être atteint un plateau pour le nombre de donneurs décédés et vivants, note M. Berthelot. Mais il faudra attendre encore quelques années avant de trancher si c'est le cas ou non.»
Plafond ou pas, Louis Beaulieu croit que le Québec peut encore faire mieux. «Je crois qu'avec plus de ressources, des corridors mieux organisés dans le système de santé, une plus grande sensibilisation du public, en commençant par les jeunes [...] et des efforts accrus sur le plan du consentement, on va pouvoir dépasser ce plafond.»
Pour cela, il faudra s'inspirer de pays comme l'Espagne, véritable championne du don d'organes, croit Québec-Transplant. En 2007, l'Espagne affichait un taux de 34,3 donneurs décédés par million d'habitants, la Belgique, 28,1 et les États-Unis, 26,6.
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