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Lettres - The Caisses pop

Nic Payne - Montréal, le 18 décembre 2009  22 décembre 2009  Actualités en société
Depuis quelque temps, lorsque j'appelle à ma Caisse populaire Desjardins, en plein coeur du «French Quarter» de Montréal — le Plateau —, le service automatisé me répond dans une sublime maîtrise de la langue parfait-bilingue.

Quand je demande, poliment, aux gens de ma caisse pourquoi il en est ainsi, on me répond invariablement que je ne suis pas le seul à poser la question, mais que, d'autre part, beaucoup de nouveaux clients «viennent d'ailleurs».

La logique est claire et nette: ailleurs et anglais, c'est la même chose. Notre propre langue nous confine à notre garde-robe, tandis que, pour le reste de l'univers, il y a le tout-puissant anglais. C'est bien simple, non seulement la planète entière parle anglais, mais probablement les extraterrestres aussi. Si ma caisse ouvrait une succursale sur la planète Mars, pas de doute, elle ferait là-bas aussi avec zèle la promotion de la langue des maîtres.

Ma Caisse, je n'en doute pas, a à coeur de bien servir sa clientèle. Manifestement, elle pense que pour y parvenir, elle doit offrir l'anglais à son nouveau client qui arrive du Yémen, d'Haïti, de la Chine, de la France, d'Allemagne ou d'ailleurs. À cet immigrant qui, dans les faits, parle souvent moins anglais que vous et moi, et qui, s'il le baragouine quelque peu, pourrait apprendre autant de français en l'espace de quelques jours.

Cet asservissement à l'anglais, qu'il soit ou non déguisé en bonnes manières ou en principe d'affaires, envoie un message tonitruant à l'immigrant: «Vous êtes ici au Canada, la langue nationale y est l'anglais, le français étant celle des indigènes de la tribu québécoise, dont vous ne faites pas partie.» C'est simple, c'est clair, et c'est dommage. Si ma Caisse ne quitte pas cette navrante posture, j'ai bien envie d'aller prêter mon argent à quelqu'un d'autre.

***

Nic Payne - Montréal, le 18 décembre 2009
 
 
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  • Georges Paquet - Abonné
    22 décembre 2009 05 h 16
    M. Payne, le Canada est un pays officiellement et techniquement bilingue, et on en trouve des centaines d'autres sur notre petite planète.
    M. Payne,

    En Europe, en Asie, en Amérique latine autant qu'en Afrique, les citoyens se font un devoir, quand ce n'est pas un plaisir, d'apprendre une deuxième, quand ce n'est pas une troisième langue. Généralement, l'apprentissage d'une autre langue force l'individu à mieux connaître la structure et les règles de sa propre langue et de la respecter en la parlant mieux et l'écrivant mieux.

    Si les Québécois se mobilisaient pour faire mieux appliquer et même faire progresser l'usage du français au Canada, dans la Francophonie et ailleurs, les chances de survie de la langue en Amérique du Nord seraient beaucoup plus grandes.

    Selon des experts, l'indépendance n'offrirait pas une meilleure garantie à cet effet. Selon ce que'écrivait le professeur Mario Polese, dans La Presse du 27 juin dernier, " Advenant l'indépendance du Québec, l'espace francophone en Amérique s'en trouverait rétréci. LE FRANÇAIS ÉCOPERAIT"

    Dans le monde réel, il faut savoir que le Mouvement Desjardins opère déjà des dizaines de Caisses pop, ailleurs au Canada et qu'il maintient un bureau très actif à la Bourse de Toronto. Si on veut, dans un esprit de saine gestion, tranférer des employés et des cadres,parmi les meilleurs,entre les bureaux du Mouvement Desjardins, il faut que quelques uns de ces individus soient au moins bilingues.

    J'imagine que vous ne demandez pas à votre Caisse de protéger vos amis contre cette désertion, en ne leur permettant pas d'apprendre une autre langue.
    .
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  • Pierre Cardinal - Abonné
    22 décembre 2009 09 h 29
    Le monde réel...
    @Georges Paquet
    J'imagine que les francophones sont aussi bien servis dans leur langue à Toronto, Calgary,...que les allophones et anglophones d'ici. Le Canada c'est deux poids, deux mesures. Au moins dans un Québec indépendant nous ne ferions pas partie d'un pays voyou en matière d'environnement et le Québec aurait son mot à dire en tant que pays pour défendre ses poltitiques environnementales.
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  • Jack Jack - Inscrit
    22 décembre 2009 10 h 01
    Drôle de Cible
    M. Payne,

    Je ne comprend pas vraiment votre commentaire... Desjardins fait déjà beaucoup pour nous donner à NOUS les Québécois le maximum de service et de rentabilité sous forme de dons et commandites et sous forme de ristournes... Au lieu de voir le problème de servir d'autres nationalités, j'aime mieux voir le potentiel collectif que peuvent apporter tous ces gens au lieu de les laisser placer leurs avoirs dans les banques et que les bénéfices soient remis aux actionnaires d'où la provenance nous est généralement inconnue! Et pour en remettre, vous menacer de donner VOS avoirs à un concurrent!!! Je crois que vous devriez revoir votre conscience sociale et analyser les répercussions d'un tel geste. Espérons que personne ne suivra votre conseil.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    22 décembre 2009 10 h 15
    Le Canada n'est pas bilingue
    Tout ce que la loi et la constitution affirment, c'est que le gouvernement fédéral est bilingue (enfin, il l'affirme). Une autre loi dit que la langue normale de communication au Québec est le français. Vous la connaissez sans doute.
    Et d'où vient que tout ce qui est étranger est anglais? Va-t-on parler anglais aux nombreux Portugais ou Sud-Américains de Montréal? Va-t-on parler anglais aux Maghrébins? (Je parierais que oui.) Et va-t-on parler anglais aux Français?

    Et j'aime beaucoup quand on cite des articles de la Presse sur l'indépendance du Québec. La Presse est tout à fait neutre sur le sujet, il va sans dire.
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  • Andre Vallee - Abonné
    22 décembre 2009 10 h 49
    Ti Georges, t'as rien compris.
    Quand je visite les hors Québec, je leur parle en anglais ou en espagnol. Quand je les reçóis, je fais de même. Mais quand je parle à un autre Québécois, je veux le faire en français et, membre de la Caisse Pop depuis toujours (82 ans) j'aimerais bien que ma Caisse fasse de même et fasse la promotion de la langue française au Québec.
    Quant à ton argumentation au sujet du français dans les autres province, on dirait que tu as vécu sur la lune au cours des 50 dernières années. Canada pays bilingue, mon oeil.
    André Vallée
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  • Pierre Schneider - Abonné
    22 décembre 2009 11 h 09
    Même phénomène chez les curés
    Le texte publié aujourd'hui dans Le Devoir sur les prêtres qui contestent la "bilinguisation' de nos paroisses pour accommoder l'immigrant rejoint le phénomène exprimé ci-haut.

    Si on laisse aller les choses, les immigrants vont continuer de s'angliciser à nos frais
    et nous deviendrons vraiment les Cajuns de l'an 2000, tel que le chante Steve Faulkner...
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  • NDNM - Inscrit
    22 décembre 2009 11 h 17
    le Canada pays techniquement bilingue monsieur Paquet?
    Cher monsieur, si le Canada était un pays réellement techniquement bilingue, je devrais être servi en Français quand j'ai à faire avec une administration fédérale comme immigration Canada . Essayez à l'aéroport de Vancouver ou de Toronto et vous serez retarder significativement le temps que l'on trouve un interlocuteur qui accepte de vous parler dans votre langue. Essayez aussi de vous faire servir une bière en Français dans la capitale fédérale, la plupart des gens feront comme s'ils ne vous comprennent pas. Si dans certains pays les habitants sont parfaitement capables de parler Anglais (pays scandinaves par exemple) ils ne communiquent pas entre eux dans cette langue et ils n'introduisent pas une multitude de mots anglais ou de formes syntaxiques dans leur langage. Les immigrants apprennent tous la langue nationale même s'ils sont déjà anglophones. Pour quelle obscure raison devrait -il en être autrement au Québec? Monsieur Payne a parfaitement raison c'est un asservissement à l'Anglais qui est commun et encouragé par nos politiciens. Ils ont tellement peur de perdre quelques électeurs. Il y a une démission globale ; pas plus tard qu'hier , j'étais dans une réunion composée seulement de chercheurs francophones , brutalement tout le monde s'est mis à parler en Anglais. Si c'était un cas unique ce serait juste une anecdote mais cela m' arrive très régulièrement. Il n'y a pas d'exemple de peuples ou le bilinguisme fonctionne naturellement. À long terme, une langue prend toujours le dessus soit par la pression démographique soit par volonté politique. Tous les cas de figure s'observent : Belgique, Catalogne ...Certains pays ont bien compris tel que la Suisse, chaque Canton parle sa langue et très peu de gens sont trilingues et cela marche très bien.
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  • Laurent Comeau - Abonné
    22 décembre 2009 11 h 33
    Cisse bilingue
    Et si cet asservissement en français et en anglais servait à dire aux immigrants que nous sommes francophones, mais que nous sommes également «world class», que nous ne nous tournons pas le dos à la planète qui se sert de l'anglais comme langue de communication internationale, que nous sommes ouverts au monde, que nous ne vivons pas dans un pays à ouillères, que nous voulons nous aussi accéder un jour à l'indépendance en partenaire égal à tous et qualifié. Il me semble que ça se ferait comme ça dans un pays nouveau qui veut vivre avec la planàte en 2010. Pourquoi nous tirons-nous dans les pieds avec une attitude aussi 1970?
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  • Georges Paquet - Abonné
    22 décembre 2009 14 h 46
    Dédé Vallée, tu ne vis pas dans un monde réel...
    Il y a des gens qui parlent français un peu partout au monde. En Italie, comme au Brésil, comme à Ottawa, comme à Toronto, à Memramcook et à Berlin. Si tu t'obstine à ne parler français qu'au québec, tu rétrécis ton horizon et tu enferme les Québécois chez-eux.
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