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    La «ligne éthique» de Montréal parle en anglais d'abord

    Une raison de plus pour boycotter le service, disent les syndicats

    Les représentants syndicaux des employés de la Ville de Montréal n'ont jamais cru à l'utilité de la «ligne éthique». Son entrée en service ne les a pas fait changer d'idée. D'autant plus que l'appelant est accueilli d'abord en anglais.

    Lorsqu'on compose le numéro de la nouvelle «ligne éthique» mise en place par le vérificateur général de la Ville de Montréal, c'est d'abord en anglais qu'on se fait répondre. Établie à Toronto, la firme ClearView a obtenu le mandat du vérificateur pour gérer les appels d'employés et d'élus désireux de dénoncer des fraudes ou des actes douteux commis à la Ville.

    «Thank you for calling ClearView Connects. For instructions in English, press 1. Pour les instructions en français, appuyez sur 2.» Voilà le message d'accueil qu'entendent ceux et celles qui composent le numéro de la «ligne éthique». Ils ont alors le choix de laisser un message ou de parler à un des agents, et ce, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

    L'idée de mettre en place un tel service avait été suggérée par l'ex-vérificateur général, Michel Doyon, en mai 2008. Après une année particulièrement fertile en scandales, l'administration Tremblay a décidé de concrétiser le projet. Le vérificateur actuel, Jacques Bergeron, verra à traiter les demandes, mais c'est la firme ClearView qui s'occupera de recevoir les appels. M. Bergeron a promis la confidentialité de l'information qu'il recevra et l'anonymat des utilisateurs. La ligne téléphonique ne s'adresse pas au grand public, mais plutôt aux employés, aux élus et aux partenaires d'affaires de la Ville qui pourront composer le 1 866 232-8803 ou utiliser le site Internet sécurisé mis à leur disposition (www.ethiqueverificateurmtl.ca).

    La firme ClearView fournit ce service de communication confidentiel et anonyme à des entreprises établies dans 140 pays et au Canada, elle compte deux centres d'appels, l'un à Toronto et l'autre à Montréal, a indiqué au Devoir le vice-président de l'entreprise, Phil Enright. Le message qu'entendent les utilisateurs du service est standard. «Nous faisons affaire avec de nombreuses entreprises d'envergure au Québec et le message est le même pour tous», a-t-il expliqué.

    Le fait d'entendre un message qui donne la priorité à l'anglais offusque la présidente du Syndicat des fonctionnaires municipaux, Monique Côté. «Ce n'est pas acceptable. Les fonctionnaires sont francophones. Montréal est une ville francophone, on n'est pas à Beaconsfield», lance-t-elle. Mme Côté dénonce l'existence même de cette ligne téléphonique et presse les 10 000 cols blancs à la boycotter. «Ce n'est pas une ligne éthique qui va régler les problèmes de scandales et de collusion comme ceux liés aux compteurs d'eau et à la SHDM. Pour nous, c'est une manière de détourner l'attention pour éviter la tenue d'une enquête publique», affirme-t-elle.

    De son côté, le président du syndicat des cols bleus, Michel Parent, qualifie de «frime» cette «ligne éthique», estimant que la tenue d'une enquête publique est indispensable. Comme sa collègue, il lance un appel au boycottage de ce service.

    L'éthique était aussi au menu de la séance du conseil municipal hier matin. Le maire Tremblay a fait savoir qu'il n'avait pas l'intention de créer un poste de commissaire à l'éthique comme il l'avait promis le mois dernier. Il compte plutôt sur Québec pour le faire. À la chef de l'opposition, Louise Harel, qui le questionnait sur ses intentions à ce sujet, le maire a expliqué avoir récemment reçu une lettre du ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, lui laissant entendre qu'au printemps prochain, celui-ci proposerait de nouvelles dispositions législatives sur l'éthique en milieu municipal.












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