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Lettres - Le drame du nénufar

Chantal Contant - Linguiste, spécialiste des rectifications de l'orthographe du français, chargée de cours en grammaire du français écrit au département de linguistique de l'Université du Québec à Montréal (UQAM)  11 décembre 2009  Actualités en société
Les rumeurs sont parfois coriaces: quel est le pluriel de «cheval»? La réponse est uniquement «des chevaux», malgré les fausses rumeurs véhiculées dans les médias. Vous pensiez que c'était ça, la nouvelle orthographe? Pas du tout. Les rectifications orthographiques du français régularisent plutôt quelques accents, des traits d'union incohérents, des pluriels étrangers ou invariables, et elles éliminent certaines anomalies.

Par exemple, le mot «nénufar» vient de l'arabe nînûfar, et non du grec. Il s'écrivait donc avec un «f» dans le Dictionnaire de l'Académie française en 1700, en 1800, en 1900... jusqu'en 1935. Il s'est retrouvé par erreur avec un «ph» grec dans les dictionnaires parce qu'une fausse rumeur circulait à cette époque! Cette erreur humaine vient d'être réparée: par respect pour son étymologie (son origine), le mot «nénufar» (re)prend un «f» maintenant. En revanche, tous les autres mots qui avaient un «ph» sont inchangés: éléphant, pharmacie, philosophie continuent de s'écrire avec «ph». Vous trouverez l'explication de quelques autres fausses rumeurs au www.nouvelleorthographe.info, de même que les vraies règles, des listes de mots, les positions ministérielles, etc. Faites taire autour de vous les légendes urbaines non fondées, et passez en douceur à l'orthographe moderne cohérente officiellement recommandée.

*****

Chantal Contant - Linguiste, spécialiste des rectifications de l'orthographe du français, chargée de cours en grammaire du français écrit au département de linguistique de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), le 7 décembre 2009
 
 
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  • Jean-Serge Baribeau
    Abonné
    vendredi 11 décembre 2009 10h35
    Argument plus ou moins convaincant
    Moi, je compte continuer à écrire NÉNUPHAR, n'en déplaise à Madame Contant!

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    vendredi 11 décembre 2009 13h58
    Et pourquoi donc?
    Comment justifiez-vous le PH de nénuphar, monsieur Baribeau?

  • Normand Chaput
    Abonné
    vendredi 11 décembre 2009 21h37
    le pouvoir
    on a le pouvoir qu'on peut. Combien de fois m'a-t-on dit: Saches écrire avant d'avoir la prétention de donner ton avis. Moi qui croyais que la langue était un moyen de communication.

  • Dominic Moreau
    Inscrit
    mardi 15 décembre 2009 03h01
    Des erreurs ! Vraiment ?
    Je n’ai pas sous la main les outils nécessaires pour vérifier et je ne suis pas linguiste, mais cette histoire d’erreurs dans le dictionnaire de l’Académie m’apparaît un peu énorme.

    Voilà ce que je pense (cette hypothèse reste à vérifier) :

    Nénuphar/nénufar est un terme d’origine arabe. Il est sûrement passé en latin via le grec. Au Moyen Âge, il est possible que l’on écrivît indistinctement ce terme avec « ph » ou avec « f », tout dépendamment des régions, voire des scribes, de même que l’on retrouvait « elefant/olifant/elephant/oliphant ». Dans l’ambiance de restitution scientifique de l’orthographe qui prévalait au XIXe siècle et en absence de tout système officiel de translittération de l’arabe, on a probablement corrigé nénufar par nénuphar ou pour lier le mot à son intermédiaire grec ou parce que l’on a jugé alors que le fâ' arabe se transcrivait mieux par « ph ». En français, Mustapha n’est-il pas plus courant que Mustafa ?

    Si la réponse se rapproche de mon hypothèse, Mme Contant ne peut pas parler de simple erreur ! Le choix du "ph" nous apparaît aujourd’hui biaisé, mais il se justifiait sûrement en son temps.

    Hier à TVA, j’ai entendu la même Mme Contant qualifier d’anomalie l’accent circonflexe sur brûler (ainsi que sur d’autres mots). « Brûler » vient de « brusler » qui vient d’« ustulare ». L’accent circonflexe est un symbole qui apparaît dans les manuscrits pour signaler le « s » après une voyelle (en quelque sorte pour une question d’économie). Au XXIe siècle, il n’a peut-être plus sa raison d’être. Doit-on pour autant parler d’anomalie qui sous-entend encore une fois l’idée d’erreur ?

    Je ne suis pas contre la réforme. Toutefois attention s.v.p. aux étymologies un peu trop rapides ! Il est certain que le public a besoin que l’on vulgarise ces choses. Il faut toutefois le faire dans le respect de son intelligence.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    lundi 21 décembre 2009 14h37
    Nouvelle orthographe
    S'il ne s'agissait que de quelques mots comme "nénufar" ou "nénuphar", personne n'aurait intérêt à ergoter. Mais quand il s'agit de faciliter l'apprentissage de la langue à nos petits enfants-rois pour ne pas fatiguer leur cervelle, c'est là que je décroche.

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