Faire la cour côté Jardin
L'autre midi à la table d'à côté
Photo : François Legault
Joblo et Jardin se quittant à regret.
Il s'avère inespéré, l'Alexandre Jardin de la mi-quarantaine, écrivain et désopilant malgré lui, digne porteur des gènes d'une famille aux moeurs déjantées. Parfaitement dégagé des lois de la gravité de ce monde, Alexandre est animé par une certaine légèreté et une capacité pour l'autodérision forcément contagieuse. On perçoit le digne héritier de son père, qui écrivait des scénarios pour de Funès afin de se débarrasser des huissiers et des impôts. Ce paternel mythique, décédé à 46 ans (Alexandre n'en avait que 15), a quitté ce bas monde en emportant avec lui l'insouciance. Jardin fils s'en est d'ailleurs largement ouvert dans son ouvrage autobiographique Le Roman des Jardin; son enfance fut à la fois singulière et rêvée. «Mon père est parti avec la poésie. On s'est retrouvés cloués au sol, habitant le réel. Même l'argent est devenu réel.»
Il faut dire que Pascal Jardin avait un imaginaire délirant. Il avait demandé à un ami, chef-décorateur au cinéma, de lui construire des caissons assortis à la tapisserie pour réduire l'entrée de son appartement (au 8e étage) et ainsi empêcher les huissiers de ressortir avec les meubles. «Nous devions entrer à l'égyptienne, de profil», raconte Jardin, qui avoue avoir un peu «stressé» durant son enfance.
J'aurais aimé rencontrer ce père qui partageait sa femme avec trois autres amants sous son toit, qui glissait des chèques en blanc signés dans les bottins téléphoniques pour se sentir ruiné — donc affranchi — et qui n'hésitait pas à faire de la vie une fête, mais j'ai eu beaucoup de plaisir à partager un repas avec le fils pour le bénéfice de l'émission L'autre midi à la table d'à côté, à la Première chaîne de Radio-Canada.
L'auteur du Zèbre (dont il souligne l'immaturité de l'écriture aujourd'hui, même s'il continue à en vendre 10 000 à 15 000 exemplaires par an) est un être hors du commun... des mortels. À la fois hanté par un besoin souverain de vivre à fond et habité par un regard qu'il pose avec amusement sur toutes choses, Alexandre cultive son jardin secret mais il sait faire fructifier les récoltes. Cinq enfants partagent sa vie et celle de sa conjointe, à qui il livre une cour effrénée depuis dix ans. «La fidélité me fait rêver, me glisse-t-il. Y a quelque chose de démesuré là-dedans qui me plaît. Ça m'excite, c'est chevaleresque, hors du temps.»
Il s'en ouvre d'ailleurs dans son tout dernier roman, Quinze ans après, Fanfan Acte 2 , où son personnage éponyme décrète: «Désormais, je ne veux plus être aimé toujours par toutes mais tous les jours par la même. À l'année longue.» L'Alexandre qui carburait aux commencements de passions, «cette saison qui eut, jadis, dans mon esprit le parfum fatal d'une religion», et qu'il décrit désormais comme «les bobards gazeux de la séduction», préfère maintenant le défi du quotidien, les «faits mineurs rendus majeurs».
Le romanesque ne tue pas
L'Alexandre Jardin qui pique des fleurs dans les squares et fait faire le guet à ses enfants (22, les flics!) pour ajouter du piquant à leur existence, puis va les porter à sa femme en empruntant une échelle et en enjambant la fenêtre du second étage, prétend qu'il faut très peu de choses pour faire basculer l'humeur morose qui règne sur Paris. «J'étais ridicule avec mon gros bouquet mais je sentais qu'on faisait bouger le quartier. La vie était une fête, les voisins se bousculaient aux fenêtres.»
Dans ce Paris «prise de tête», l'écrivain constate que ses compatriotes ont un réel problème avec le bonheur: «Je me fais engueuler par des maris qui baissent leur vitre d'auto parce qu'un écrivain fait rêver leur femme!»
À celui qui abuse parfois du sel de la vie et qui prépare des surprises à sa propre femme lors de ses absences, qui n'aime rien mieux que de prendre des livres dans les bibliothèques de ses hôtes et d'y inscrire de fausses dédicaces de gens célèbres, il ne viendrait pas à l'idée d'essayer de départager ce qui est réel de ce qui ne l'est pas.
Sa grand-mère, en Suisse, lui a inculqué cette notion dès son plus jeune âge. Elle ne dormait que la fenêtre ouverte (même l'hiver) au cas où un cambrioleur viendrait lui faire l'amour. Alexandre raconte l'anecdote avec une pointe d'admiration dans la voix.
Le petit-fils a fait honneur à la famille, viré du Figaro du temps où il y chroniquait pour avoir inventé un reportage qui est devenu un roman, L'Île des gauchers. «Je trouvais très drôle de servir de fausses nouvelles aux lecteurs. Ma femme, qui est lectrice de nouvelles, ne me laisse pas modifier ses textes. Elle résiste. Mais quand on y pense, ce qu'il y a d'écrit dans un journal n'est pas vrai puisqu'on le jette! Shakespeare, on le jette pas. C'est donc qu'on y trouve une vérité plus stable. Le journal perd son statut de vérité à une vitesse extraordinaire!»
Vérité ou exactitude?
Si Alexandre Jardin se fiche de la vérité, ça tombe bien, son éditeur grassetien aussi. Il relate cette savoureuse anecdote où il parle sur son portable à Jean-Paul Enthoven, l'éditeur en question (pour les lecteurs de Paris-Match: ancien amant de Carla Bruni qui lui a préféré son fils Raphaël — avec qui elle a un enfant —, qui lui-même était avec la fille de BHL, publié chez Grasset. Vé-ri-di-que!), qui lui dit: «Excuse-moi, Alexandre, je ne peux pas te parler, je fais du ski au Chili.» Quelques minutes plus tard, Alexandre croise Enthoven sans skis, boulevard Saint-Germain, lequel ne se démonte pas: «Mon cher Alexandre, si tu as plus foi en tes yeux qu'en ma parole, nous ne pouvons pas avoir de rapport de confiance.»
Jardin est capable de transiger avec des hurluberlus de cette trempe, il en a vu d'autres. «En fait, la vérité n'est jamais indécente. L'exactitude, oui, me dit-il. Neuf fois sur dix, si on dit les choses avec trop d'exactitude, on devient faux. L'excès d'exactitude tue la vérité.»
Aussi je n'en dirai pas plus; la vérité, on peut facilement se l'imaginer. Mais pour la fidélité, on repassera...
cherejoblo@ledevoir.com
*****
Noté: que l'émission L'autre midi à la table d'à côté donne son coup d'envoi demain à 11h à la Première Chaîne de Radio-Canada, avec Alexandre Jardin et moi-même. Très swing-a-ling et feel good radio, me dit le réalisateur, Francis Legault. Suivront dans les prochaines semaines Michel Barette/ Paolo Noël (les fils spirituels du capitaine Bonhomme), Marie-Chantal Perron/ André Sauvé et Michel Rivard/ Stéphane Archambault (le chanteur cute de Mes Aïeux). Aussi disponible sur le ouèbe.
*
Visité: le site Lire et faire lire, une organisation qu'a cofondée Alexandre Jardin en France et qui mobilise une douzaine de milliers de «retraités» qui font la lecture à 250 000 enfants. Les enfants du programme empruntent quatre fois plus de livres après y avoir participé. Lire et faire lire a fait des petits au Québec aussi. Il faut avoir 50 ou plus pour devenir bénévole. J'ai hâte! http://www.lireetfairelire.qc.ca.
*
Adoré: l'album Le Géranium de Melinda Josie (Marchand de feuilles). C'est l'histoire d'un grand-père extraordinaire qui raconte comment il est tombé follement amoureux de Santina. Il lui fait mille et un cadeaux pour l'amadouer et la courtise sans relâche. Charmante finale sur le bonheur ordinaire des gens qui n'ont pas d'histoire. Quatre ans ou plus, plus, plus.
*
Aimé: Un siècle d'amour de 1900 à aujourd'hui de Florence Montreynaud (Nathan). Magnifique ouvrage qui nous présente des couples célèbres et les différents courants sociaux qui sous-tendent cette union naturelle ou contre-nature. On réalise que des pionniers ont osé l'amour apprêté à toutes les sauces et à toutes sortes de formules. Des cartes postales d'amoureux aux textos, de Pierre et Marie Curie à Barack et Michelle Obama, tous les chemins mènent à l'amour et ses explications.
*
Souri: en feuilletant le «catalogue-roman» Pièces importantes et effets personnels de la collection Lenore Doolan et Harold Morris, comprenant livres, prêt-à-porter et bijoux de Leanne Shapton (L'olivier). Cette directrice artistique au New York Times innove et nous montre à travers le catalogue d'une fausse mise aux enchères une histoire d'amour et les objets qui l'ont entourée. Les textes qui décrivent les objets nous dévoilent des détails sur la vie intime de ce couple. Marrant. On pense à Sophie Calle et ses jeux entre «vraie vie», littérature et art contemporain. Finalement, l'amour a beau être grand, nous sommes bien peu de choses. Un ouvrage intelligent.
*
Reçu: Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson de Yann Moix (Grasset). Selon Alexandre Jardin, c'est l'auteur du moment à Paris (sinon de la décennie) et un créateur qui nous surprendra. A priori, Michael Jackson, c'est pas du tout mon truc, je vais m'y plonger et voir si j'en ressors charmée. En tout cas, le critique littéraire du Nouvel Obs, lui, termine son papier par une recommandation: «Poubelle.» «L'ouvrage se lit en sept minutes, il y est assez peu question de Jackson. Moix parle d"adultance". En disciple attardé d'Alexandre Jardin, son Chateaubriand à lui, il tient que tout adulte est un "salaud"». Bon, Alexandre Jardin me disait justement qu'à Paris, si un journaliste descend un auteur, il peut espérer avoir une page, sinon, c'est dix lignes...
Il faut dire que Pascal Jardin avait un imaginaire délirant. Il avait demandé à un ami, chef-décorateur au cinéma, de lui construire des caissons assortis à la tapisserie pour réduire l'entrée de son appartement (au 8e étage) et ainsi empêcher les huissiers de ressortir avec les meubles. «Nous devions entrer à l'égyptienne, de profil», raconte Jardin, qui avoue avoir un peu «stressé» durant son enfance.
J'aurais aimé rencontrer ce père qui partageait sa femme avec trois autres amants sous son toit, qui glissait des chèques en blanc signés dans les bottins téléphoniques pour se sentir ruiné — donc affranchi — et qui n'hésitait pas à faire de la vie une fête, mais j'ai eu beaucoup de plaisir à partager un repas avec le fils pour le bénéfice de l'émission L'autre midi à la table d'à côté, à la Première chaîne de Radio-Canada.
L'auteur du Zèbre (dont il souligne l'immaturité de l'écriture aujourd'hui, même s'il continue à en vendre 10 000 à 15 000 exemplaires par an) est un être hors du commun... des mortels. À la fois hanté par un besoin souverain de vivre à fond et habité par un regard qu'il pose avec amusement sur toutes choses, Alexandre cultive son jardin secret mais il sait faire fructifier les récoltes. Cinq enfants partagent sa vie et celle de sa conjointe, à qui il livre une cour effrénée depuis dix ans. «La fidélité me fait rêver, me glisse-t-il. Y a quelque chose de démesuré là-dedans qui me plaît. Ça m'excite, c'est chevaleresque, hors du temps.»
Il s'en ouvre d'ailleurs dans son tout dernier roman, Quinze ans après, Fanfan Acte 2 , où son personnage éponyme décrète: «Désormais, je ne veux plus être aimé toujours par toutes mais tous les jours par la même. À l'année longue.» L'Alexandre qui carburait aux commencements de passions, «cette saison qui eut, jadis, dans mon esprit le parfum fatal d'une religion», et qu'il décrit désormais comme «les bobards gazeux de la séduction», préfère maintenant le défi du quotidien, les «faits mineurs rendus majeurs».
Le romanesque ne tue pas
L'Alexandre Jardin qui pique des fleurs dans les squares et fait faire le guet à ses enfants (22, les flics!) pour ajouter du piquant à leur existence, puis va les porter à sa femme en empruntant une échelle et en enjambant la fenêtre du second étage, prétend qu'il faut très peu de choses pour faire basculer l'humeur morose qui règne sur Paris. «J'étais ridicule avec mon gros bouquet mais je sentais qu'on faisait bouger le quartier. La vie était une fête, les voisins se bousculaient aux fenêtres.»
Dans ce Paris «prise de tête», l'écrivain constate que ses compatriotes ont un réel problème avec le bonheur: «Je me fais engueuler par des maris qui baissent leur vitre d'auto parce qu'un écrivain fait rêver leur femme!»
À celui qui abuse parfois du sel de la vie et qui prépare des surprises à sa propre femme lors de ses absences, qui n'aime rien mieux que de prendre des livres dans les bibliothèques de ses hôtes et d'y inscrire de fausses dédicaces de gens célèbres, il ne viendrait pas à l'idée d'essayer de départager ce qui est réel de ce qui ne l'est pas.
Sa grand-mère, en Suisse, lui a inculqué cette notion dès son plus jeune âge. Elle ne dormait que la fenêtre ouverte (même l'hiver) au cas où un cambrioleur viendrait lui faire l'amour. Alexandre raconte l'anecdote avec une pointe d'admiration dans la voix.
Le petit-fils a fait honneur à la famille, viré du Figaro du temps où il y chroniquait pour avoir inventé un reportage qui est devenu un roman, L'Île des gauchers. «Je trouvais très drôle de servir de fausses nouvelles aux lecteurs. Ma femme, qui est lectrice de nouvelles, ne me laisse pas modifier ses textes. Elle résiste. Mais quand on y pense, ce qu'il y a d'écrit dans un journal n'est pas vrai puisqu'on le jette! Shakespeare, on le jette pas. C'est donc qu'on y trouve une vérité plus stable. Le journal perd son statut de vérité à une vitesse extraordinaire!»
Vérité ou exactitude?
Si Alexandre Jardin se fiche de la vérité, ça tombe bien, son éditeur grassetien aussi. Il relate cette savoureuse anecdote où il parle sur son portable à Jean-Paul Enthoven, l'éditeur en question (pour les lecteurs de Paris-Match: ancien amant de Carla Bruni qui lui a préféré son fils Raphaël — avec qui elle a un enfant —, qui lui-même était avec la fille de BHL, publié chez Grasset. Vé-ri-di-que!), qui lui dit: «Excuse-moi, Alexandre, je ne peux pas te parler, je fais du ski au Chili.» Quelques minutes plus tard, Alexandre croise Enthoven sans skis, boulevard Saint-Germain, lequel ne se démonte pas: «Mon cher Alexandre, si tu as plus foi en tes yeux qu'en ma parole, nous ne pouvons pas avoir de rapport de confiance.»
Jardin est capable de transiger avec des hurluberlus de cette trempe, il en a vu d'autres. «En fait, la vérité n'est jamais indécente. L'exactitude, oui, me dit-il. Neuf fois sur dix, si on dit les choses avec trop d'exactitude, on devient faux. L'excès d'exactitude tue la vérité.»
Aussi je n'en dirai pas plus; la vérité, on peut facilement se l'imaginer. Mais pour la fidélité, on repassera...
cherejoblo@ledevoir.com
*****
Noté: que l'émission L'autre midi à la table d'à côté donne son coup d'envoi demain à 11h à la Première Chaîne de Radio-Canada, avec Alexandre Jardin et moi-même. Très swing-a-ling et feel good radio, me dit le réalisateur, Francis Legault. Suivront dans les prochaines semaines Michel Barette/ Paolo Noël (les fils spirituels du capitaine Bonhomme), Marie-Chantal Perron/ André Sauvé et Michel Rivard/ Stéphane Archambault (le chanteur cute de Mes Aïeux). Aussi disponible sur le ouèbe.
*
Visité: le site Lire et faire lire, une organisation qu'a cofondée Alexandre Jardin en France et qui mobilise une douzaine de milliers de «retraités» qui font la lecture à 250 000 enfants. Les enfants du programme empruntent quatre fois plus de livres après y avoir participé. Lire et faire lire a fait des petits au Québec aussi. Il faut avoir 50 ou plus pour devenir bénévole. J'ai hâte! http://www.lireetfairelire.qc.ca.
*
Adoré: l'album Le Géranium de Melinda Josie (Marchand de feuilles). C'est l'histoire d'un grand-père extraordinaire qui raconte comment il est tombé follement amoureux de Santina. Il lui fait mille et un cadeaux pour l'amadouer et la courtise sans relâche. Charmante finale sur le bonheur ordinaire des gens qui n'ont pas d'histoire. Quatre ans ou plus, plus, plus.
*
Aimé: Un siècle d'amour de 1900 à aujourd'hui de Florence Montreynaud (Nathan). Magnifique ouvrage qui nous présente des couples célèbres et les différents courants sociaux qui sous-tendent cette union naturelle ou contre-nature. On réalise que des pionniers ont osé l'amour apprêté à toutes les sauces et à toutes sortes de formules. Des cartes postales d'amoureux aux textos, de Pierre et Marie Curie à Barack et Michelle Obama, tous les chemins mènent à l'amour et ses explications.
*
Souri: en feuilletant le «catalogue-roman» Pièces importantes et effets personnels de la collection Lenore Doolan et Harold Morris, comprenant livres, prêt-à-porter et bijoux de Leanne Shapton (L'olivier). Cette directrice artistique au New York Times innove et nous montre à travers le catalogue d'une fausse mise aux enchères une histoire d'amour et les objets qui l'ont entourée. Les textes qui décrivent les objets nous dévoilent des détails sur la vie intime de ce couple. Marrant. On pense à Sophie Calle et ses jeux entre «vraie vie», littérature et art contemporain. Finalement, l'amour a beau être grand, nous sommes bien peu de choses. Un ouvrage intelligent.
*
Reçu: Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson de Yann Moix (Grasset). Selon Alexandre Jardin, c'est l'auteur du moment à Paris (sinon de la décennie) et un créateur qui nous surprendra. A priori, Michael Jackson, c'est pas du tout mon truc, je vais m'y plonger et voir si j'en ressors charmée. En tout cas, le critique littéraire du Nouvel Obs, lui, termine son papier par une recommandation: «Poubelle.» «L'ouvrage se lit en sept minutes, il y est assez peu question de Jackson. Moix parle d"adultance". En disciple attardé d'Alexandre Jardin, son Chateaubriand à lui, il tient que tout adulte est un "salaud"». Bon, Alexandre Jardin me disait justement qu'à Paris, si un journaliste descend un auteur, il peut espérer avoir une page, sinon, c'est dix lignes...
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page



