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    Cher père Noël

    Pôle Nord

    Père Noël
    Photo: Agence Reuters Père Noël
    Vit-il en Russie, en Norvège, en Suède, ou au Canada? Le débat est ouvert. Reste que plus de 1,4 million d'enfants lui ont écrit à son adresse canadienne l'an dernier, pour lui envoyer leurs v¶ux et pour lui remettre leur liste de souhaits pour Noël. Et 11 000 bénévoles de Postes Canada sont de nouveau sur le pied d'alerte cette année pour répondre aux missives provenant d'enfants du monde entier, envoyées au père Noël, pôle Nord, au code postal H0H 0H0.

    «Il y a d'autres pères Noël, mais nous, on a le vrai», dit sans hésiter Catherine Lortie, porte-parole de Postes Canada et également bénévole pour le père Noël depuis une quinzaine d'années.

    «Il y a deux ans, il y a un petit garçon qui ne voulait pas manquer le père Noël et qui lui donnait le code du système d'alarme de sa maison dans sa lettre pour qu'il puisse entrer chez eux», raconte-t-elle.

    Dans le livre Cher père Noël, qui vient d'être traduit en français aux éditions Transit, le Norvégien Birger Sivertsen livre des échantillons de lettres puisées dans ce gigantesque sac de la poste norvégienne contenant les souhaits envoyés par les petits enfants.

    En voici quelques-unes, en commençant par les prudentes: «Cher Père Noël, est-ce que c'est toi qui décides qui a été sage cette année, ou est-ce que c'est maman et papa? Ou y a-t-il un comité au pôle Nord qui décide de tout? Bisous», écrit Klaudynka, de Hongrie. Plusieurs sont prévoyants: «Cher père Noël, je t'écris parce que je suis devenue allergique aux animaux cette année. Tu ne peux donc pas stationner tes rennes sur le toit comme tu le fais habituellement. S'il te plaît, stationne tes rennes sur le toit de nos voisins et lance les cadeaux ici. Si tu siffles, je viendrai. Affectueusement», écrit Ewa, de Pologne. D'autres laissent libre cours à leurs penchants: «Cher papa Noël, pourrais-tu me rendre beaucoup plus belle que Sabrina? C'est mon seul et plus grand souhait, affectueusement», écrit Diana, de Gibraltar, ou encore à leur curiosité: «Cher père Noël, à quelle fréquence prends-tu un bain?», demande Elizabeth, d'Autriche. D'autres encore affichent une naïveté résolument tardive: «Cher père Noël, s'il vous plaît je veux une photo du père Noël pour ma fille, cordialement», demande Silvia, Italie. On en trouve des très optimistes: «Cher père Noël, je souhaite ravoir mon papa qui est mort l'été passé, bien à toi», signé Akis, de Grèce.

    C'est sans parler de tous ceux qui promettent, moyennant quelques cadeaux, d'être sages l'année prochaine à défaut de l'avoir été cette année, ou qui demandent au père Noël de se raser pour qu'on puisse lui voir le menton. Cher père Noël est un succès en Norvège, en Allemagne et en Suède. Il devrait paraître l'année prochaine aux États-Unis et en Angleterre.

    «La majorité des enfants qui écrivent ont une pensée bienveillante pour le père Noël», remarque Catherine Lortie.

    Des lettres en 26 langues

    À Postes Canada, on répond chaque année à des lettres écrites en 26 langues différentes, dont de 5 à 10 % proviennent d'ailleurs de l'extérieur du Canada. Postes Canada dispose de traducteurs agréés qui s'occupent à cette tâche, en plus des nombreux bénévoles qui parlent plusieurs langues. «Si on reçoit une lettre en espéranto, on répond en espéranto. Si on reçoit une lettre en braille, on répond en braille», dit Catherine Lortie. On répond aussi en inuktitut, en japonais, en russe, en roumain, en tchèque, en vietnamien, en lituanien, en cri, en hindi ou en suédois, pour ne nommer que ces langues. Reste que les lettres de réponse envoyées par Postes Canada aux enfants sont des formules standard, dont on a quand même différents modèles pour éviter que deux enfants de la même famille reçoivent la même lettre.

    L'entreprise de Postes Canada a débuté il y a 35 ans, lorsque trois employés ont «eu le c¶ur brisé» en constatant que les lettres envoyées au père Noël se retrouvaient au Bureau des envois non distribuables et étaient détruites, puisque le père Noël n'avait pas d'adresse réelle. C'était en 1974. Les employés répondirent donc eux-mêmes à la centaine de lettres reçues cette année-là. Depuis, le programme a fait boule de neige, avec les résultats que l'on sait. Il compte désormais son pendant électronique, qu'on peut utiliser sur le site Internet de Postes Canada. Le père Noël a d'ailleurs reçu quelque 63 000 courriels l'an dernier. Globalement, le courrier du père Noël a bondi de 17 % depuis 2007.

    Quant à savoir si le père Noël est norvégien, canadien, russe ou suédois, la science semble pour l'instant incapable de répondre à cette question. Dans son livre Fêtes des fous, Saint-Jean et belles de mai, une histoire du calendrier, publié au Seuil, l'historienne et anthropologue Nadine Cretin affirme que le père Noël est «un personnage mythique issu des personnifications préchrétiennes de l'hiver». Amalgame du Français Saint-Nicolas, des Hollandais et Allemand Sint Niklaas ou Sinter Klaas, devenu Santa Claus aux États-Unis par la voie de l'immigration, le père Noël dans sa forme actuelle, vêtu de rouge, bedonnant et joufflu, aurait cependant été popularisé dans le monde entier en 1931 par une campagne publicitaire de Coca-Cola...












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