samedi 4 février 2012 Dernière mise à jour 00h43
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

La version des faits de BPR - Omissions, erreurs et manque de rigueur

Yvon Tourigny - Ingénieur et président-directeur général de BPR-Infrastructure inc.  9 décembre 2009  Actualités en société
Le vendredi 4 décembre dernier, BPR se faisait accuser à travers un article signé des journalistes Kathleen Lévesque et Alec Castonguay et intitulé «Québec paie trop cher une usine d'épuration» d'avoir réalisé une usine d'eau potable cinq fois trop grosse. Cet article, additionné à un précédent publié le 25 novembre («Des services de génie-conseil à 2300 $ l'heure»), démontre une intention claire de nuire à la réputation de notre entreprise.

Puisque ces journalistes n'ont jamais demandé à entendre les explications techniques qui encadrent ce projet, nous vous les présentons ici même. Rappelons que la profession d'ingénieur est régie par un code de déontologie, tout comme celle de médecin, de comptable, de notaire, etc. Ce code protège le public contre des actes frauduleux et dangereux.


Usine d'eau potable de Saint-Irénée

Nous souhaitons insister sur les aspects techniques du projet d'ingénierie de l'usine d'eau potable réalisé pour le compte de la municipalité de Saint-Irénée en 1998.

Avant la mise en place de cette nouvelle usine, le réseau était alimenté par une source d'eau de surface non filtrée et seule une chloration de l'eau était faite avant sa distribution aux usagers. En 2001, un nouveau Règlement sur la qualité de l'eau potable a interdit cette pratique et a obligé les municipalités à apporter les correctifs qui s'imposaient. Cette même année, la municipalité de Saint-Irénée a d'ailleurs été ciblée par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) parmi 90 autres municipalités ayant l'obligation de résoudre son problème d'eau potable.

Dans ce contexte, deux options s'offraient à la municipalité: soit de trouver une nouvelle source d'alimentation à partir d'une eau souterraine ou d'ajouter un traitement de l'eau par filtration à la source existante. Des recherches en eau souterraine réalisées sur plusieurs années se sont avérées vaines et ont obligé la municipalité à se tourner vers la construction d'une usine de traitement.



Critères d'un projet d'usine de filtration

Une usine de traitement doit pouvoir alimenter la population en toute circonstance. Sa conception est faite sur des consommations évaluées à partir de mesures prises sur le réseau existant. Ces valeurs tiennent compte de la consommation résidentielle, commerciale, institutionnelle et également des fuites d'eau présentes dans les réseaux existants.

De plus, les consommations sur un réseau sont très variables au cours d'une même journée et d'une journée à l'autre. L'usine doit ainsi avoir une capacité de production d'eau suffisante pour satisfaire tous ces besoins, sans quoi, chaque augmentation de débit risque de faire chuter la pression dans le réseau et des secteurs de la municipalité deviennent susceptibles de manquer d'eau.

Aussi, la conception des usines répond aux besoins des municipalités sur un horizon de dix ans. La consommation additionnelle est calculée à partir d'une projection de population établie selon les statistiques des années précédentes et d'une projection des besoins pour supporter les projets potentiels.


Une démonstration précise

La population raccordée retenue pour une période de 10 ans est de 430 personnes. Le débit moyen retenu pour la conception de l'usine pour une période de dix ans est de 107 m3/jour pour le secteur résidentiel, 8,5 m3/jour pour le municipal et l'institutionnel, 63 m3/jour pour le commercial, et 103 m3/jour pour le Domaine Forget. À cela s'ajoutent 40 m3/jour de fuites minimales

acceptables dans le réseau municipal et 165 m3/jour de consommation constante et de purge. Le total de l'ensemble correspond à 487 m3/jour.

Il faut également ajouter un facteur de pointe aux débits moyens pour obtenir le débit maximum journalier que devra produire l'usine. Un facteur de pointe de 1,6 a été déduit à la suite de mesures effectuées sur le réseau. Ceci établit donc la capacité nécessaire de l'usine à 780 m3/jour, soit 1,6 x 487 m3/jour. C'est à partir de cette capacité qu'un appel de technologie a été lancé.

La valeur de 852 m3/jour avancée dans l'article vient de la technologie retenue par appel d'offres, qui nécessite de produire une quantité supplémentaire d'eau pour effectuer les lavages nécessaires au fonctionnement des équipements. Ces valeurs et calculs ont été vérifiés et approuvés par le ministère des Affaires municipales et le ministère du Développement durable et de l'Environnement.



Information tronquée et non documentée

En résumé, l'évaluation de la capacité de production d'une usine de traitement d'eau est beaucoup plus complexe qu'une simple multiplication de la population d'une ville par une consommation moyenne. D'ailleurs, des rapports d'études décrivant la démarche complète qui a mené au débit de conception sont disponibles en tout temps sur demande.


Deuxième article mal documenté

Nous croyons pertinent de vous faire profiter de la réponse que nous avons fournie à nos employés, partenaires et clients à la suite de la publication de l'article «Des services de génie-conseil à 2300 $ l'heure» publié dans Le Devoir du 25 novembre 2009.

En effet, cet article de Kathleen Lévesque et d'Alec Castonguay comporte des allégations non fondées, de fausses déductions et des calculs erronés qui méritent d'être rectifiés.

BPR a obtenu le mandat de concevoir les plans et devis, ainsi que celui de la préparation de tous les documents d'appels d'offres pour l'installation de réseaux d'égouts sanitaires et de conduites d'eau dans le secteur de Saint-Athanase Sud. Ce projet totalisait 5,5 km de rue pour un coût de construction estimé à 7 191 000 $. Dès janvier 2001, certains travaux préparatoires devaient être entrepris dans le secteur, pour lesquels BPR a été mise à contribution.


Mandat de BPR

Contrairement à ce qui est écrit dans l'article, BPR a fait parvenir à la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, le 17 décembre 2008, une offre de services professionnels qui donnait suite à son mandat de 2001. Cette offre, basée sur un montant forfaitaire, précisait d'ailleurs le montant des honoraires professionnels exigés pour réaliser le mandat.

De plus, le mandat de BPR pour cette partie des travaux était de 290 400 $, et non de 368 000 $ tel que l'indiquaient les journalistes. Ces informations sont d'ailleurs disponibles dans la résolution 2009-02-0078 de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, adoptée le 16 février 2009. Autre inexactitude, le travail n'a pas été réalisé par une seule et unique personne, mais bien par une équipe de plusieurs ingénieurs et techniciens.

Notre mandat, pour la réalisation des plans et devis, a été exécuté le 2 juillet 2009 tel que le confirme notre lettre de recommandation de l'octroi du contrat. D'ailleurs, deux factures ont été transmises à la Ville, la première le 5 juin 2009 et la seconde, le 15 juillet 2009.

Ainsi, il est donc complètement incohérent d'établir la démonstration d'un taux horaire en fonction d'un montant forfaitaire erroné (368 000 $), d'un délai d'exécution erroné (quatre semaines), de l'hypothèse selon laquelle tout le travail a été réalisé par une seule personne et enfin, d'annoncer que des professionnels du génie-conseil pourraient facturer un taux horaire de 2300 $ (368 000 $ divisé par 4 semaines et divisé par 40 heures/semaine).

Le taux horaire moyen du personnel de BPR pour les travaux réalisés pour la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu est d'environ 100 $. Notre offre de services acheminée à la Ville le 22 juin 2009 comprenait une liste de taux horaires variant entre 55 et 160 $.

*****

Yvon Tourigny - Ingénieur et président-directeur général de BPR-Infrastructure inc.

******

Réplique des journalistes

Notre intention n'a jamais été de nuire à BPR ni à quelque entreprise de génie-conseil que ce soit. C'est pourquoi nous avons tenté à plusieurs reprises de communiquer avec BPR pour obtenir des commentaires et des explications sur ces dossiers. Nos appels sont malheureusement restés sans réponse.

Kathleen Lévesque et Alec Castonguay
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Denise, Laval, Qc
    Abonnée
    mercredi 9 décembre 2009 07h51
    liste de taux horaires variant entre 55 et 160 $
    Je pense qu'il serait bon de préciser que les taux horaires d'une compagnie de génie-conseil ne représente pas le salaire horaire de ses employés. Ces taux comprennent une foule de frais reliés à l'opération d'une compagnie: bénéfices marginaux, loyers, assurances professionnelles pour ne nommer que ceux-là.

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    mercredi 9 décembre 2009 09h35
    Menaces et demande d'enquête
    C’est pourquoi une commission d’enquête publique et indépendante sur les contrats gouvernementaux est absolument nécessaire pour faire toute la lumière sur BPR qui multiplie depuis peu les menaces de poursuite et demande d’excuses de toutes sortes.

    On n’a qu’à penser aux menaces de BPR envers le vérificateur général du Québec et la chef de l’opposition à la ville de Montréal Louise Harel. Une commission d’enquête est absolument nécessaire pour savoir toute la vérité.

  • c. vallee
    Inscrit
    mercredi 9 décembre 2009 13h55
    Des excuses bien timides pour un travail bâclé
    La lettre de Yvon Tourigny apporte un éclairage bien différent aux articles qui ont fait l'objet des manchettes du Devoir récemment. Ayant travaillé durant 45 ans dans le métier, les soit-disant scandales d'honoraires à 2300$ l'heure et une conception d'ouvrages 5 fois trop gros m'ont paru tellement exgéré que je les ai pris comme une insulte à mon intelligence et un manquement professionnel sérieux. Cela tenait de l'invention, d'hypothèses farfelues et de calculs à la sauvette.
    Devant l'évidence, est-ce que nos journalistes maintiennent leurs affirmations exagérées? Non! S'en excusent-ils sérieusement? Encore non! Ils se contentent d'une déclaration bien anodine qu'il n'était pas dans leur intention de nuire. Pourraient-ils prendre la résolution à l'avenir de s'informer des règles de l'art avant d'y voir matière à scandale. Sinon quand faudra-t-il les croire?
    Claude Vallée

  • emmerdeur
    Inscrit
    mercredi 15 septembre 2010 13h33
    Portant les faits sont la....
    tout d'bord des calculs :
    la consommation journaliere par personne (residentiel uniquement) est estimé à 400 l au Québec soit, pour 430 personnes : 172000 l/j equivalent à 172 m3/j, comparé au 107m3/j choisi par BPR. 70% de différence, peut on feliciter les habitants de saint Irénée pour les céonomies comparée à la moyenne des québecois ? En tous les cas BPR ne semble par avoir fait du surdimentionnement.
    Qui plus est l'estimé moyen par habitant (tout confondu) au quebec est de 800l/j , incluant donc es besoin industriel, des villes.... soit 344 m3/j.
    La on peut penser qu'il y a un probleme quelque part puisque ce chiffre devrait se comparer au débit moyen de la station de 487 m3/j.
    Maintenant je ne vois pas necessairement de probleme a un leger surdimensionnement surtout si la ville prévoit de grandir, au contraire !
    Et je ne pense pas non plus qu'un surdimensionnement rapporte tant à BPR. Maintenant il faut voir la qualité des choix des criteres de conception et du travail effectué par BPR. Hors de ce côté les utilisateurs ne semblent pas satisfait. en regle général BPR a plus osuvent brillé par la médiocrité de son travail et un évident lobbyisme que par autre chose.
    Dans tou cela le plus important reste que il ne semble pas y avoir eu d,appel d'offre ce qui est probablement ILLEGAL et ça BPR ne s,en défend même pas Pour Saint Jean sur Richelieu, commune connues pour ses affinité avec BPR, il serait pertinent de préciser le nombre d'employés, leur tarif horaire (facturé au client) et le temps passé sur la commande. Il serait encore plus pertinent de documenter la qualité du resultat ainsi que la pertinence de la facture 7 000 000$ de travaux pour 5.5 km de conduite.
    Néanmoins il reste à conclure que : les journalistes qui ont rédigés ces deux articles ont mal fait leur travail.
    BPR est une compagnie qui semble corrompue et malhonnete, et de nombreux projets dont la restauration du Ruisseau du Moulin àSaint bruno de Monta

  • emmerdeur
    Inscrit
    mercredi 15 septembre 2010 13h34
    suite
    J'ajouterais que au vue de l'état des infrastructure, du résultat des ouvrages recemment construit au Québec, il y a effectivment un véritable probleme avec le génie conseil québecois. ce probleme, non seulement coute tres cher au Québec mais empeche le développement de petite compagnies souvent plus sérieuses et compétente et mine donc, dans l'oeuf, le potentiel de développement des technologies et de l,innovation au Québec. Le Québec conserve donc un retard évident en matiere technologique, particulierement dans le domaine de la construction.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
5 réactions
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012