Polytechnique, 20 ans après
Christophe Guy - Professeur et directeur général de l'École polytechnique
5 décembre 2009
Actualités en société
Le 6 décembre 1989 est une date à jamais gravée dans le c¶ur de la communauté de l'École polytechnique et dans notre conscience à tous. Je souhaite aujourd'hui mettre en lumière la façon dont nous avons traversé ces deux décennies.
L'événement terrifiant qui a eu lieu entre les murs de notre établissement il y a 20 ans a fauché la vie de 14 jeunes femmes et bouleversé celle d'un grand nombre de personnes, dont beaucoup portent encore des séquelles physiques ou psychologiques. Pour plusieurs d'entre nous, ce drame demeure, aujourd'hui encore, indicible. Par respect pour toutes les victimes, l'École a choisi de souligner chaque année le 6 décembre sobrement et dans l'intimité.
Avenir et espoir
Mais ce n'est pas de deuil que je veux parler ici, mais d'espoir en l'avenir. On ne sort pas indemne d'une telle tragédie, on en sort différent. Pour nos étudiants d'alors, les membres de notre personnel et nos professeurs, rien n'a plus été pareil après. Certains se sont activement engagés dans l'action caritative et humanitaire; d'autres ont milité pour des causes importantes, telles que le contrôle des armes à feu, dans le but d'éviter qu'un événement de ce genre ne se reproduise.
Tous, à notre manière, avons cherché à continuer à vivre, à donner un sens à notre vie, à trouver des raisons d'espérer. Sitôt après le drame, on a assisté à Polytechnique à un formidable élan de solidarité. Tous ont tenté de s'apporter soutien mutuel et réconfort et d'opposer l'humanité à la destruction. Jamais peut-être n'avions-nous été si proches les uns des autres, si attentifs les uns aux autres.
Celles et ceux qui se destinent au génie rêvent de faire une différence dans la société.
Pour avoir eu ce même rêve, des jeunes femmes ont perdu la vie il y a vingt ans. Aujourd'hui,
je veux remercier l'ensemble de nos professeurs et de notre personnel, ainsi que les partenaires de Polytechnique, pour avoir permis à d'autres jeunes de réaliser ce rêve. [...]
Un appel aux femmes
Je veux aussi dire aux jeunes générations que le monde a besoin d'ingénieurs et qu'il a besoin d'ingénieures. Si les femmes représentent aujourd'hui 21,4 % des étudiants de Polytechnique au premier cycle (18 % en 1989), l'Ordre des ingénieurs du Québec n'en compte quant à lui que 11,2 %. Nous souhaitons voir augmenter ces effectifs et c'est dans cette optique que nous avons créé, entre autres, la Chaire Marianne-Mareschal en 1998, consacrée à la promotion du génie auprès des femmes.
La relève féminine est essentielle aux entreprises et de belles carrières en génie sont promises aux jeunes femmes. Je sais qu'elles espèrent plus de leur profession qu'un salaire confortable ou la reconnaissance. Comme leurs confrères aujourd'hui, elles ont besoin de sens. J'aimerais leur faire valoir qu'être ingénieur est plus que jamais porteur de sens, à l'heure où les considérations environnementales, sociales et éthiques sont désormais au c¶ur du métier d'ingénieur. Le génie, moteur de progrès, change le monde. Et pour changer le monde, on a besoin des talents de toutes et de tous.
***
Christophe Guy - Professeur et directeur général de l'École polytechnique
L'événement terrifiant qui a eu lieu entre les murs de notre établissement il y a 20 ans a fauché la vie de 14 jeunes femmes et bouleversé celle d'un grand nombre de personnes, dont beaucoup portent encore des séquelles physiques ou psychologiques. Pour plusieurs d'entre nous, ce drame demeure, aujourd'hui encore, indicible. Par respect pour toutes les victimes, l'École a choisi de souligner chaque année le 6 décembre sobrement et dans l'intimité.
Avenir et espoir
Mais ce n'est pas de deuil que je veux parler ici, mais d'espoir en l'avenir. On ne sort pas indemne d'une telle tragédie, on en sort différent. Pour nos étudiants d'alors, les membres de notre personnel et nos professeurs, rien n'a plus été pareil après. Certains se sont activement engagés dans l'action caritative et humanitaire; d'autres ont milité pour des causes importantes, telles que le contrôle des armes à feu, dans le but d'éviter qu'un événement de ce genre ne se reproduise.
Tous, à notre manière, avons cherché à continuer à vivre, à donner un sens à notre vie, à trouver des raisons d'espérer. Sitôt après le drame, on a assisté à Polytechnique à un formidable élan de solidarité. Tous ont tenté de s'apporter soutien mutuel et réconfort et d'opposer l'humanité à la destruction. Jamais peut-être n'avions-nous été si proches les uns des autres, si attentifs les uns aux autres.
Celles et ceux qui se destinent au génie rêvent de faire une différence dans la société.
Pour avoir eu ce même rêve, des jeunes femmes ont perdu la vie il y a vingt ans. Aujourd'hui,
je veux remercier l'ensemble de nos professeurs et de notre personnel, ainsi que les partenaires de Polytechnique, pour avoir permis à d'autres jeunes de réaliser ce rêve. [...]
Un appel aux femmes
Je veux aussi dire aux jeunes générations que le monde a besoin d'ingénieurs et qu'il a besoin d'ingénieures. Si les femmes représentent aujourd'hui 21,4 % des étudiants de Polytechnique au premier cycle (18 % en 1989), l'Ordre des ingénieurs du Québec n'en compte quant à lui que 11,2 %. Nous souhaitons voir augmenter ces effectifs et c'est dans cette optique que nous avons créé, entre autres, la Chaire Marianne-Mareschal en 1998, consacrée à la promotion du génie auprès des femmes.
La relève féminine est essentielle aux entreprises et de belles carrières en génie sont promises aux jeunes femmes. Je sais qu'elles espèrent plus de leur profession qu'un salaire confortable ou la reconnaissance. Comme leurs confrères aujourd'hui, elles ont besoin de sens. J'aimerais leur faire valoir qu'être ingénieur est plus que jamais porteur de sens, à l'heure où les considérations environnementales, sociales et éthiques sont désormais au c¶ur du métier d'ingénieur. Le génie, moteur de progrès, change le monde. Et pour changer le monde, on a besoin des talents de toutes et de tous.
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Christophe Guy - Professeur et directeur général de l'École polytechnique
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