dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 10h44
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

À la mémoire des 14 femmes de 1989

Lise Payette   4 décembre 2009  Actualités en société
La cicatrice est toujours aussi profonde. Impossible d'oublier, car nous savons toutes qu'il ne faut surtout pas oublier. Oublier ces jeunes femmes serait les assassiner de nouveau. Elles étaient 14, tournées vers la vie, heureuses et comblées, fières de leur égalité assumée. Elles sont tombées sous les balles d'un jeune homme qui les a triées, séparées de leurs compagnons et qui leur a crié sa haine des féministes qu'elles représentaient pour lui. Vingt ans plus tard, mon coeur s'arrête encore de battre chaque fois que je pense à elles.

Les souvenirs ne viennent jamais seuls. Le 6 décembre 1989, je prépare le souper dans la cuisine, mais la télévision fonctionne dans la salle à manger voisine et j'entends qu'il se passe quelque chose d'anormal, car les voix des animateurs ont changé et le rythme se sont accélérées. Je vais voir ce qu'il en est, et il me faudra quelques minutes pour réaliser l'ampleur de ce qui se passe sous mes yeux. Tout est confus. On ne sait pas s'il y a un seul tireur ou plusieurs. Je ne comprends pas pourquoi les policiers n'entrent pas dans le bâtiment au lieu de rester à l'extérieur. Je ne peux plus m'arracher aux images que la télé diffuse. J'éteins les feux dans la cuisine et je me colle à l'écran pour le reste de la soirée. Il faudra du temps avant qu'on réalise que les victimes sont des femmes, exclusivement des femmes, et que le tueur n'a pas frappé au hasard. Il a sélectionné des filles parce qu'il avait des comptes à régler avec les femmes. J'ai beaucoup pleuré.

Je me suis sentie coupable car comme beaucoup de femmes de ma génération j'ai pensé qu'il faisait payer à nos filles les gains que nous avions engrangés pour elles. Qu'il se vengeait sur les plus jeunes de ce que nous avions gagné de haute lutte et sans violence pendant des décennies. J'ai su par la suite que nous étions plusieurs à avoir vécu ces mêmes réactions. Il a fallu du temps avant que nous puissions en parler entre nous. La blessure était si profonde qu'on osait à peine y toucher.

En 1989, j'étais grand-mère depuis peu. Ma petite-fille allait avoir un an quelques semaines plus tard. Je m'étais sentie si fière de pouvoir lui dire qu'elle allait avoir une vie meilleure que la mienne parce qu'elle allait connaître l'égalité des chances, qu'elle pourrait faire les études de son choix et que la peur, celle qui handicape les femmes pendant toute leur vie, cette peur était dans notre mire et que nous allions en débarrasser la société. Là-dessus, il avait gagné.


Le 7 décembre 1989

Depuis des semaines, j'avais promis à ma fille de participer à l'un de ses cours à l'UQAM. C'était le 7 décembre. Ce matin-là, je me souviens, il y avait une sorte de silence en ville. À l'université, les petits groupes chuchotaient. À l'heure dite, nous sommes entrés dans une classe. Une trentaine d'élèves, toutes des filles, étudiantes en études féministes, et un garçon. Un seul. Il s'est assis au fond de la salle.

Les filles ont eu un moment d'hésitation, puis elles ont dit que c'était normal qu'il soit là et que les garçons avaient toujours été les bienvenus. Je leur ai demandé si elles avaient peur ce matin-là à cause de ce qui était arrivé la veille. Elles ont dit que oui et nous avons décidé toutes ensemble de fermer la porte de la classe à clé. Puis je leur ai parlé de féminisme pendant une heure. De la différence entre les droits que les femmes réclamaient et les privilèges que les hommes défendaient, du chemin parcouru et de celui qu'il y avait devant nous. Je leur ai dit que nous allions célébrer en 1990 le 50e anniversaire du droit de vote des femmes du Québec. Je leur ai parlé des femmes qui l'avaient obtenu, de leur longue patience et des horreurs que les hommes avaient colportées au sujet des femmes en 1940. Nous avons ri aussi, car leurs arguments étaient si grossiers qu'ils en auraient honte aujourd'hui.

Ce soir-là, je présidais la première réunion des 50 marraines du 50e anniversaire du droit de vote des femmes. La rencontre avait lieu dans un grand hôtel de Montréal et nous allions annoncer le calendrier des fêtes commémoratives de cet événement qui a changé la vie des femmes du Québec. C'est en voyant arriver toutes ces femmes, actives dans leurs milieux respectifs, connues comme féministes, représentatives de la diversité de notre société, pas toutes semblables mais égales, que j'ai réalisé que le tueur de la veille s'était trompé de soir et de lieu. Quatorze femmes étaient mortes. Mais ce soir-là, nous nous sommes juré que ça ne serait pas pour rien.

Elles vivront dans notre mémoire éternellement.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Jacques Gagnon - Abonné
    4 décembre 2009 01 h 40
    Oh ! Tristesse
    Madame Payette, je ne puis qu'ajouter à votre chagrin, le mien tout aussi lourd que le vôtre. Je pense à l'horreur absolu qu'elles ont vécu avant qu'on leur enlève la vie sans pitié, sans quartier. Je pense aussi au traumatisme de celles qui ont survécu comme Nathalie Provost que l'on a vu ce soir, raconter cette scène saisissante où Marc Lépine les tient en otages dans une classe. Neuf jeunes femmes tentant désespérément de lui expliquer qu'elles n'étaient pas féministes. Il les abat sans broncher.

    Dans son délire furieux, ce pauvre fou nourrissait une haine des féministes dont on doute qu'il en ait possédé une juste connaissance étant donné son passé.

    Une tragédie sans nom, sans mots pour laquelle notre peine est pour toujours trop petite. Moi je trouve que ce poème orphelin exprime une émotion de circonstance.

    Oh, Tristesse, je vois une petite fille
    Qui pleure encore sa mère de coeur
    Qui aimerait qu’elle lui fasse des câlins
    Pour consoler ses gros chagrins
    Pour qu’elle lui donne un peu de chaleur
    Car partout où elle aille
    Elle se sent otage sur terre !

    J'ai cette peine madame Payette et j'aurais aimé que vous trouviez les mots pour exprimer la vôtre. De plus, j'ai un certain malaise quand je vois que l'on s'apitoie, comme vous le faites, sur le dur coup que Lépine a asséné à la Cause féministe plutôt que de marquer avec respect la mort de ces jeunes femmes, dont le tord était peut-être uniquement d'avoir été des femmes, mais je vous en prie, cessez de dire qu'elles étaient des martyres de la Cause. Absolument pas, elles étaient là pour devenir ingénieures.

    Oh oui ! Quelle tristesse de voir comme vous ne parlez que de féminisme dans votre chronique ! Jamais vous ne parlez des femmes elles-mêmes. Vous avez même poussé le culot jusqu'à donner un cours de féminisme. Indécent.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Paul Rodgers - Inscrit
    4 décembre 2009 06 h 35
    À la mémoire d'octobre 1759
    Au pays du « Je me souviens » la mémoire collective est réduite depuis trop longtemps à son plus bas dénominateur commun. Oui, il est nécessaire de mentionner le massacre de Polytechnique. J'en veux que ce malheureux événement soit le seul d'une longue liste de massacres subi par le peuple du Québec à être digne de mention.

    Qu'en serait-il devenu d'un État du Québec qui avec insistance aurait commémoré à chaque anniversaire, le massacre de la Conquête? Les Juifs commémorent toujours leur libération d'Égypte ce qui donne à ce peuple cette volonté de vivre libre. Écrasé depuis 1759, une trop forte portion du peuple conquis fait sienne la vocation de l'ignorance toujours imposée par nos élites.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • jacques noel - Inscrit
    4 décembre 2009 09 h 15
    20 ans plus tard
    On commence à peine à appeler l'assassin par son son vrai nom: Gamil Gharbi
    Car c'est bien là qu'était le vrai scandale. Lorsqu'on a vu que l'assassin avait un nom arabe, sachant très bien ce que cela comportait d'explosif, Mme Houda-Pépin, grande activiste à l'époque, avait demandé -ET OBTENU!- qu'on censure son nom.
    L'assassin de Poly est donc devenu Marc Lépine.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    4 décembre 2009 13 h 30
    Réviser l'histoire
    Je remarque que ces messieurs sont bien prompts à placer leurs commentaires sur un événement particulièrement sensible pour les femmes d'abord alors que celles-ci se taisent plutôt. Je le vois comme une tentative de bâillonner, inhibant et dénigrant d'entrée de jeu une position trop manifestement féministe, donc tranchée, pour imposer gentiment mais fermement son interprétation de l'histoire. C'est une sorte de révisionnisme qui bien sûr ne peut pas en porter le nom. Ce qui donne froid dans le dos, c'est le raffinement avec lequel, pour contourner une démonstration de mépris trop évidente qui serait socialement réprimée au nom de la rectitude politique, une violence irrépressible envers les femmes peut prendre les formes les plus inattendues.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Johanne St-Amour - Inscrite
    4 décembre 2009 18 h 02
    Maudites féministes!
    Messieusr Gagnon et Rodgers: si Mme Payette parle de féminisme, c'est parce que Marc Lépine a tué des femmes parce qu'il exécrait les féministes qu'Il tenait responsable de tous ses malheurs. À part les jeunes filles qu'il a tuées et les filles et jeunes hommes qu'il a blessés, il avait une liste de 19 femmes féministes à abattre. Il est donc facile de faire le lien entre Polytechnique et féminisme et sexisme.

    Depuis 20 ans, une très grande majorité de Québécois-e-s s'acharnent, comme vous, à nier l'évidence. Comme Richard Martineau qui lors du premier anniversaire de Polytechnique titrait un article : "Vos gueules, les mouettes" pour faire taire les personnes qui dénonçaient la haine des féministes. Aurait-on vu une femme écrire un article et dire aux hommes :"Vos gueules, les goélands" ou quelque chose d'approchant. Jamais, c'aurait été le tollé!!!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Claude Archambault - Inscrit
    4 décembre 2009 18 h 03
    À M. Rogers
    OUI il faut se rappler de 1759, parce qu'à cette date nous avons été délivrés de cette France hautaine qui ne voyait en nous que quelque arpents de neige. Donnez moi UNE colonie française qui aujourd'hui a la prestance que le Québec canadien a.

    Je suis fier de mon héritage, mais je crache sur la France. Une chace que Sarko tente de réparer les pots cassés.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marco - Inscrit
    4 décembre 2009 19 h 32
    Oubli de votre part Boycottage en règle??
    Vous préférez sans doute ignorer mon point de vue (que je vous ai transmis pas tard que ce matin)... de peur de déplaire et de choquer les bonnes gens qui semblent constituer la très grande majorité de vos lecteurs!.... Mon Dieu! Mille excuses!!

    Et c'est ce que vous prétédez appeler "un journal qui réfléchit... Et je vous cite: "Libre et indépendant, Le Devoir n'est au service d'aucune idéologie ni d'aucun parti politique. Il défend et promeut les valeurs de liberté, d'égalité, de solidarité et d'intégrité. C'est librement qu'il s'engage à défendre les idées et les causes qui assureront l'avancement politique, économique, culturel et social de la société québécoise.

    Une très large marge à combler, à ce que je vois!...

    Si vous pouviez au moins me donner la chance de "planter" la dernière conne qui a eu la chance de faire valoir son point de vue dans ce blogue! ... Je l'assume, en toute honnêteté et en toute bonne foi!!...

    Mais je sais.... pas de vagues...surtout pas de vagues! Chacun(une) rerourne tranquillement à ses occupations et la vie file son chemin!... Sans heurts, sans remise en questions et sans... vérités!

    Calvaire!! Jamais je n' aurais cru!...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marie-Claude Dupont - Inscrite
    4 décembre 2009 21 h 35
    La quête de sens
    Elles étaient les cibles innocentes d’un piège sexiste, terrible et ignoble, certes, mais de relier singulièrement la commémoration de cette tragédie à la cause féministe est un faux pas.

    Ce qui est certain, c’est que la mort de ces 14 jeunes femmes a plongé leurs familles et leurs proches dans une douleur inégalée. C’est sans compter la souffrance de la mère du meurtrier dont la vie a basculé à jamais, noyée dans la honte et l’incompréhension. Et on oublie souvent les jeunes hommes qui s’en sont sortis indemnes et qui ont été habités par un profond sentiment de culpabilité pendant toutes ces années. Eux qui ont survécu.

    La violence, qu’elle soit orchestrée ou gratuite, doit être enrayée, sans égard à qui la subit. Je ne voudrais pas que cette commémoration finisse par porter en elle une autre signification.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    4 décembre 2009 22 h 05
    À France Marcotte
    Qu'est-ce que ce discours incompréhensible?

    J'ai attendu pour voir si quelques commentaires de femmes viendraient s'ajouter à ceux des hommes, sur cette page, à part votre tirade nébuleuse, avant de rédiger le miien.

    Est-ce la faute des hommes si beaucoup de femmes, ordinaires, comme moi, n'ont pas particulièrement envie d'en parler, cette année, de cette tragédie, étant donné qu'on la souligne pareillement à chaque année? De surplus, y a eu un film sobre et réaliste sur cette même tragédie. Le cinéaste aurait-il dû s'abstenir parcque qu'il est un homme et qu'aucune femme n'a pensé ou voulu le faire avant? Les hommes ont-ils le droit d'exprimer leurs opinions sur n'importe quel événement, même une opinion sans queue ni tête comme celle de Jacques Noël? Marc Lépine refusait depuis longtemps de porter le nom de son père, un homme violent qu'il exécrait.

    Quant à Madame Payette, je trouve sa vision réductionniste et figée dans le temps: les tueurs de cette sorte, qui tirent à vue sur des victimes inconnues (femmes ou hommes) et se suicide, bien qu'ils aient parfois des discours rationnels pour expliquer leur geste, n'en demeurent pas moins des êtres profondément troublés, isolés et sans espoir, et non des théoriciens ou de quelconques militants.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Mbewe - Inscrit
    5 décembre 2009 09 h 52
    Ce jour-là, un 6 décembre
    Ce jour-là, un 6 décembre
    Un assassinat, ma sœur Annie et 13 autres victimes innocentes
    Parce qu’elles étaient des femmes

    Ce jour-là, un 11 septembre
    Un assassinat, 3,000 victimes innocentes
    Parce qu’elles étaient Américaines

    Ce jour-là, en 2003
    Un assassinat, 30,000 victimes innocentes
    Parce qu’elles habitaient Bagdad

    Depuis ce jour-là, en Israël, en Palestine, au Pakistan, en Afghanistan, en Somalie
    Des assassinats, 300,000 victimes innocentes
    Parce qu’elles n’ont aucune défense contre les déflagrations

    Haine des femmes, haine des Américains, haine des Arabes, haine de l’humanité
    Haine de l’autre parce qu’il me déplait, parce qu’il est autrement
    Haine de Dieu qui meurt dans l’assassinat des innocents.

    Jusqu’à quand cette haine ?
    Jusqu’à quand cette rage ?
    Jusqu’à quand cette tragédie ?

    Aujourd’hui encore
    Assassinat de la planète terre
    Par seul souci du profit, du gain, de la richesse

    Aujourd’hui encore
    Assassinat de la faune, de la flore
    Par l’indifférence, par l’inconscience, par insouciance

    Aujourd’hui encore
    Assassinat de la diversité des expressions culturelles
    Par volonté de domination idéologique

    Haine par refus de respecter l’œuvre de Dieu
    Haine par appropriation du bien commun
    Haine par ignorance volontaire des particularités, des différences

    Jusqu’à quand cette haine ?
    Jusqu’à quand cette rage ?
    Jusqu’à quand cette tragédie ?

    Mais il y a Celui qui a détruit la haine
    Celui-là n’a pas résisté à ses bourreaux
    Lui seul a ouvert la voie du pardon en profondeur

    Ce que tu fais au plus petit des miens, dit Jésus, c’est à moi que tu le fais.
    Enfants à naître, enfants de la rue, enfants abusés
    Femmes assassinées, innocentes victimes des bombes meurtrières
    Forêts rasées, océans pollués, injustices planétaires tolérées

    Jusqu’à quand cette haine ?
    Jusqu’à quand cette rage ?
    Jusqu’à quand cette tragédie ?

    Dieu de nos pères que nous avons oublié
    Jésus, Fils de Dieu, dont le nom est profané
    Esprit d’Amour rejeté

    Par ta naissance, Jésus, nait une Lumière d’Espérance
    Par ta Parole, Jésus, s’ouvre le chemin de la Foi
    Par ta croix, Jésus, tu nous indiques l’Amour en abolissant la haine vengeresse

    Pardonne-nous, Seigneur
    Guide-nous sur le chemin du pardon mutuel
    Apprend-nous le sacrifice, à rendre sacré ce qui est nécessaire pour engendrer et protéger la Vie

    Amen! Par le père Serge St-Arneault M.Afr

    Voir photos sur le site: http://sergestarno.blogspot.com
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jacques Gagnon - Abonné
    5 décembre 2009 12 h 06
    Merci madame Massicotte
    Je me permet de voir dans votre mot une défense de mon point de vue. Pardonnez-moi cet emprunt, car je crois que vous parlez au nom de la libre pensée.

    Je ne voulais pas répondre à madame Marcotte car son intervention est tellement disproportionnée et extrême qu'elle déshonore la cause qu'elle prétend défendre.
    Le seul tord que j'ai, est d'être un homme semble-t-il. Cela ne vous fait pas réfléchir madame Marcotte.

    Quand j'ai vu Nathalie Provost interviewée par Bernard Derome, j'ai été ébranlé. Cette histoire racontée par quelqu'un qui était aux premières loges, non pas comme spectatrice mais comme cible m'a soudainement plongé, avec les images du film de Villeneuve qui émaillaient son propos, dans un cauchemar impensable.
    Ces filles, jeunes forces vives en devenir de femmes superbes comme madame Provost ont été abattues par un fou avec une sauvagerie innommable. C'est bien d'abord et avant tout de cela dont il s'agit, un drame humain d'une cruauté plus grande que tout ce qu'on avait vu de mémoire.

    Ce que je reproche à madame Payette, c'est l'opportunisme activiste qui la pousse à oublier complètement qu'il y a là un drame humain d'une ampleur qui appelle le recueillement. Ces filles n'étaient pas des militantes de la cause féministe. Pour qui connait l'emploi du temps des étudiant(e)s en génie, on comprend qu'en dehors des travaux, on n'a pas grand loisir. Le fou, quant à lui, croyait dans son cerveau déjanté, avoir affaire à un groupe de féministes. C'était dans sa tête à lui. Que certaines féministes récupèrent l'événement au profit de leur cause, c'est une autre chose distincte. Elles ont droit de le faire même si c'est discutable qu'elles pensent faire avancer la cause des femmes de cette façon. De plus, pour être honnête, le féminisme lui-même n'est pas un parti ou un mouvement organisé avec cartes de membres. Les féministes ne sont pas toutes et tous des modèles exemplaires, pas plus que le féminisme est le seul moyen de faire avancer la société, les femmes incluses. De plus, personne ne se définit entièrement par le féminisme. De toute façon, il n'y a strictement rien dans mon propos qui va contre le féminisme.

    Seule madame Payette se déclare unidimentionnelle dans sa chronique.

    De quelle violence irrépressible suis-je donc coupable madame Marcotte ? Voilà un égarement malheureux. Quand on veut établir un dialogue, ça commence mal. Autre égarement entendu de la bouche de madame Provost quand elle se demande comment une société peut produire des gens comme Marc Lépine. Il me semble que la production de marc lépines a été faible ces derniers temps. Si la société porte des gens comme lui, ce n'est pas voulu, ce n'est pas le but, c'est un produit défectueux. La violence «ordinaire», moins spectaculaire, est l'hydre à abattre. C'est un travail de longue haleine.

    Quant à madame St-Amour, je vous répète que personne ici ne nie les luttes des féministes et des femmes. Voyez-vous, il est tentant de caricaturer son adversaire pour en faire une créature imaginaire facile à démolir, mais c'est de la démagogie et ça ne favorise pas le développement d'arguments intelligents. Il y a cet hurluberlu dont on a parlé cette semaine, mais aussi monsieur Martineau. Dany Laferrière a déjà dit de lui la chose la plus méchante, i.e. que sur le plan intellectuel ce monsieur vit à crédit.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marco - Inscrit
    5 décembre 2009 16 h 40
    Merci, mon Père!
    Voilà qui replace le débat dans une tout autre perspective!

    Cette haine omniprésente, il est vrai... Et qui est le lot de chaque humain, inscrite au plus profond de son cortex reptilien... Mais toute cette beauté et toute cette tendresse qui nous habitent également et qui puisent dans les recoins secrets et si peu explorés de notre partie divine!...

    Nous avons toujours ce choix de détester ou d'aimer. Je préfère sauter du côté du Soleil!!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marco - Inscrit
    5 décembre 2009 17 h 43
    Chère madame Marcotte
    Puisque nous sommes interpellés, en tant qu'hommes, en quoi le fait de prendre la parole serat-il une tentative de vouloir récupérer un certain discours et de vouloir baillonner qui que soi?! Puisque cette société nous concerne également, au même titre que les femmes...

    Quand on se tait devant tant de haine et d'horreur, certaines féministes nous accusent de ne pas avoir de sentiments ou d'être coupés de nos émotions! Et quand on prend la paroles, nous les hommes, ces mêmes personnes nous accusent encore de vouloir récupérer leurs propos et de proposer une vision simpliste de l'histoire et d'une certaine réalité sociale...

    Si ce genre de femmes ne sont pas capables d'accepter les hommes tels qu'ils sont, dans leurs contradictions occasionnelles (comme tout le monde!!) et leurs différences innées, c'est peut-être qu'elles se croient trop différente et supérieures!!

    Êtes-vous capables de comprendre les hommes, de les accepter et de les aimer tels qu'ils sont, vous, madame Marcotte? De passer outre les préjugés "androphobes" et surmonter toute cette peur des hommes dont je vous soupçone d'être fortemnet atteinte? Je vous laisse le soin d'y répondre!...

    Mais une bonne nouvelle pour vous, ça se guérit!!... Encore faut-il avoir le courage de se regarder bien face et de s'accepter tel que l'on est!! Souvent, l'image que l'on se fait de soi-même interfère avec celle que l'on se fait de l'autre!!... Un regard différent amène toujours une perception différente! Encore faut-il que ce regard soit libre et pur! Et surtout, aucunement entaché de quelconques préjugés!!

    Toute une "job", n'est-ce pas?!...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
13 réactions
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012