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Alcool au volant: Québec serre la vis

La Presse canadienne   30 novembre 2009 17h59  Actualités en société
La ministre Boulet compte serrer davantage la vis aux jeunes conducteurs, responsables de plus de la moitié des accidents mortels impliquant l’alcool au volant.
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir
La ministre Boulet compte serrer davantage la vis aux jeunes conducteurs, responsables de plus de la moitié des accidents mortels impliquant l’alcool au volant.
Québec entend retirer de la circulation les conducteurs coupables d’avoir consommé tout au plus deux verres d’alcool avant de prendre la route.

Le projet de loi que présentera la ministre des Transports, Julie Boulet, cette semaine, abaissera le taux d’alcoolémie toléré chez les conducteurs à 0,05 gramme par litre de sang, tout en conservant la limite légale à 0,08.

Quant à eux, les conducteurs de moins de 21 ans ne pourront afficher une seule goutte d’alcool.

Si le projet de loi est adopté tel quel, au début de l’an prochain, les conducteurs présentant un taux d’alcoolémie se situant entre 0,05 et 0,08 gramme par litre de sang verront leur permis de conduire suspendu pour une période de 24 heures. Il s’agit d’une «suspension administrative» à laquelle n’est attachée ni amende ni point d’inaptitude, a précisé la ministre Boulet, lundi, en conférence de presse à Québec.

«C’est une mesure qui existe déjà dans toutes les provinces canadiennes. Il est important de dire qu’entre 0,05 et 0,08, il y a cinq fois plus de chances d’être impliqué dans un accident mortel. De façon générale, les gens consomment moins quand la limite est à 0,05», a fait valoir la ministre, estimant que ce resserrement permettra de sauver «entre 40 et 45 vies par année» au Québec.

Mme Boulet s’est rendue aux arguments de la Table québécoise de la sécurité routière qui vient de présenter son deuxième rapport.

«L’alcool a des effets sur la conduite automobile à partir de 20 mg. Mais à 50 mg, les effets sont très significatifs. Autrement dit, un verre commence à vous affecter mais deux verres vous affectent de façon significative», a soutenu le président de la Table, Jean-Marie De Koninck, s’appuyant sur diverses données scientifiques.

La ministre a dit comprendre la grogne des restaurateurs et autres tenanciers de débits de boisson qui redoutent, à cause de cette nouvelle mesure, une baisse importante de leur achalandage. Mais le gouvernement a fait son choix, a insisté Mme Boulet.

«Les gens vont apprendre à se véhiculer de façon autre, soit par un service de raccompagnement, soit par un taxi ou avec un chauffeur désigné. Le message est clair: lorsqu’on boit, on ne conduit pas. La mesure a été introduite ailleurs et les restaurateurs ont survécu», a-t-elle dit.

La ministre Boulet compte aussi serrer davantage la vis aux jeunes conducteurs, responsables de plus de la moitié des accidents mortels impliquant l’alcool au volant.

Le «zéro alcool» imposé aux titulaires novices de moins de 19 ans sera étendu jusqu’à 21 ans.
«Le fait d’allonger la période d’alcoolémie à zéro pourrait favoriser l’inculcation du principe de dissocier alcool et conduite chez tout nouveau conducteur», opine la Table québécoise de la sécurité routière dans son rapport.

Par ailleurs, les adeptes du «car surfing» — qui a fait deux morts à l’été 2009 au Québec —, tout comme ceux qui s’adonnent aux courses de rue n’échapperont pas au tour de manivelle que suggère la Table.

En vertu du projet de loi, les délinquants s’exposent à des amendes pouvant atteindre 1500 $. Le Code de la sécurité routière comporte déjà des dispositions interdisant de s’agripper à un véhicule, mais les amendes prévues, entre 30 $ et 60 $, sont plutôt dérisoires.

Les contrevenants s’exposeront également à une ponction de six points d’inaptitude et à une saisie de véhicule pouvant aller jusqu’à 30 jours en cas de récidive.

«Nos jeunes se sentent invincibles. Il faut leur montrer qu’il y a des dangers réels et très concrets à se comporter de cette façon», a souligné Mme Boulet.






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