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Le français perd du terrain... à la garderie

Québec — À Montréal, dans les services de garde, les tout-petits apprennent vite que le français est une langue parmi d'autres au Québec.

Des données inédites obtenues vendredi par la Presse canadienne indiquent que, dans la métropole, la langue officielle du Québec est en concurrence avec l'anglais dans 57 % des garderies privées et 24 % des Centres de la petite enfance (CPE).

Pour ce qui est des services de garde en milieu familial montréalais, un établissement sur deux offre aux enfants un environnement où se côtoient trois langues, dont le français et l'anglais.

La langue française ne règne en exclusivité que dans 40 % des garderies privées et dans 25 % des garderies en milieu familial.

L'unilinguisme a davantage la cote dans les CPE, où dans deux établissements sur trois (68 %), on ne s'exprime que dans la langue de Michel Tremblay.

Ces données, publiées en 2008 par le ministère de la Famille, dressent un portrait détaillé de la langue d'usage dans les services de garde de tout le Québec, à partir d'un questionnaire rempli par les responsables de 1296 CPE, 597 garderies privées et 160 garderies en milieu familial.

Si on compare ces données à celles de 2003, la dernière fois où de telles informations ont été colligées, on observe que le français perd du terrain à Montréal.

Par ailleurs, comme on pouvait s'y attendre, dans la plupart des autres régions, en 2008, le français dominait largement, sinon exclusivement, comme langue d'apprentissage des tout-petits.

Mais dans la ville du maire Gérald Tremblay, où cohabitent francophones, anglophones, communautés culturelles et nouveaux arrivants de tous les coins de la planète, le portrait est bien différent.

Ainsi, on apprend notamment que les marmots n'entendront pas un mot de français de la journée dans 5 % des 323 CPE montréalais, où on ne parle qu'en anglais, et dans 1,5 % des 265 garderies privées.

À part le français et l'anglais, plusieurs autres langues peuvent être entendues et parlées dans les services de garde montréalais, CPE et garderies.

L'italien vient au premier rang (10 établissements), suivi par l'espagnol (9), l'hébreu (7), le russe, l'arabe, le grec, le chinois, le polonais, le roumain et le yiddish.

Au total, pour l'ensemble du Québec, on compte 40 % de garderies privées — environ 240 — et 10 % de CPE — quelque 130 — qui s'affichent bilingues ou polyglottes.

Sur tout le territoire, l'usage exclusif du français est le cas pour 85 % des CPE, 59 % des garderies et 64 % des garderies en milieu familial.

Il est difficile de mesurer les changements qui ont pu survenir ces dernières années et voir comment la situation a pu évoluer quant à la langue d'usage dans les services de garde, car il existe peu de points de référence.

Le seul point de comparaison date de 2002-03, mais les tableaux qu'on y trouve ne comptent pas exactement les mêmes données que 2008-09 puisque les questions ne sont pas toujours les mêmes.

Cependant, vérification faite auprès du bureau des sous-ministres de la Famille, en effectuant des recoupements entre les différents tableaux, on peut affirmer que la place du français a eu tendance à se dégrader d'environ 1 % dans les CPE au cours des cinq dernières années à Montréal.

En 2002-03, on indiquait par exemple que l'anglais était présent dans 67 % des garderies et dans 36 % des CPE, mais sans dire dans quelle proportion il s'agissait d'établissements unilingues ou bilingues.

Les services de garde n'ont aucune balise à respecter sur le plan linguistique. Pour les parents, le libre-choix prévaut.
 
 
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  • André/Andrés 71 - Inscrit
    25 novembre 2009 23 h 43
    L’intégration des immigrants à la société francophone québécoise.
    La trop grande concentration des immigrants dans la région de Montréal
    Opinion personnelle sur l’intégration des immigrants à la société francophone québécoise.
    Tout en réécoutant en différé le « club des ex » du 23 novembre courant, il me semble qu’une solution pour la promotion du français auprès des immigrants soit l’immersion totale de ces derniers dans des milieux majoritairement francophones et francophiles. La dégradation du français proportionnelle au multilinguisme croissant de la région montréalaise où l’anglais devient de plus en plus important relativement au français pour s’en tenir aux deux groupes linguistiques majoritaires seulement.
    La quantité d’immigrants qu’accueille annuellement le Québec ressemble beaucoup à la stratégie mise de l’avant lors de la constitution du Haut et du Bas Canada et manifeste dans le rapport Durham de 1839-40 visant l’assimilation des canadiens-français dont voici un extrait :
    Dans son rapport de 1839, lord Durham analysait la crise qui faisait rage dans le Bas-Canada. Selon lui, il existait deux causes à cette crise :
    1) la présence d’une Chambre d’assemblée élue et d’un Conseil exécutif non responsable entraînant un conflit politique; le gouverneur s’opposait à la Chambre d’assemblée;
    2) la coexistence de Canadiens et d’Anglais entraînant un conflit de race (ethnique).
    Lord Durham proposa trois solutions:
    1) l’union du Haut-Canada (Ontario) et du Bas-Canada (Québec) en un seul pays (1840);
    2) l’assimilation des Canadiens français (1840);
    3) la responsabilité ministérielle ou un gouvernement responsable (1848).
    De santé fragile, Durham mourut peu de temps après son retour à Londres.

    En inondant le Québec et surtout la région de Montréal des 55,000 nouveaux arrivants annuels – même déjà francophones – en leur exigeant l’anglais même pour des fonctions majoritairement francophones et en ne leur donnant pas rapidement toutes les ressources nécessaires pour se trouver du travail en français, ces derniers s’aperçoivent du « bordel linguistique » montréalais actuel. Si on les plaçait dès leur arrivée dans un autre environnement, dans des régions francophones à 80% et , ils auraient moins tendance à s’assimiler aux groupes anglophones ou allophones ou encore à former entre eux des clans, ghettos ou des quartiers ethniques et culturels séparés. Combien de gens du quartier chinois de Montréal par exemple sont capables de s’exprimer convenablement en français ? L’affichage visuel respecte-t-il la priorité qui doit être accordée légalement au français en ces lieux. Notre tolérance traditionnelle ne va-t-elle pas plutôt considérer ce quartier comme une attraction touristique « normale pour son exotisme » et fermer les yeux sur cette exception… dans la veine des accommodements raisonnables et de la diversité officielle du paysage ?

    Quelle est la situation dans d’autres quartiers multiethniques de Montréal ?
    Quelle est l’application concrète et pratique du « vivre ensemble » prônée par le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec ? Que font l’OQLF et aussi les résidents voisins québécois ou étrangers relativement à cette situation délicate et sensible j’en conviens ?

    C’est aussi pour cette raison que je suis tout à fait favorable à l’application intégrale de la loi 101 – Charte de la langue française – dans les tous les Cégeps publics et privés du Québec, les CPE et autres garderies et maternelles tant publiques que privée subventionnées. Ma position contre tout financement public au réseau privé d’éducation s’étend logiquement au reste du système. Comme pour la laïcité – entendue ici comme la séparation complète et totale du civil et du religieux – je recommande la suppression du port de tout symbole religieux dans toutes les sphères de la fonction publique et parapublique ; c’est pour moi incontournable au Québec. Je suis personnellement dérangé par la présence du « député au turban » qui apparaît systématiquement à gauche de mon écran de TV, derrière le banc du chef de l’opposition au Parlement fédéral. Mais là, c’est sans doute un manque d’ouverture à la diversité culturelle canadienne de ma part !... et, après tout, nous sommes dans le pays voisin.
    Je termine cette intervention par un fait vécu de mon intégration socio culturelle au Mexique où je vis depuis plus de 10 ans. En 1964, j’avais 24 ans et ne connaissais rien de ce pays qui est devenu celui de ma retraite active et joyeuse. J’ai appris l’espagnol en 4 mois intensifs : un prof. /3 élèves, 6 hres / jour, interdiction de parler autrement qu’en espagnol, etc. J’ai visité plus d’endroits et connu plus de gens ici que je n’en connais maintenant au Québec et au Canada. Ce fut une immersion totale, obligée par les circonstances, mais tellement efficace que je l’appliquerais volontiers à tous ceux et celles qui choisissent de s’établir au Québec, d’accepter ses valeurs fondamentales et d’y apporter leur contribution et leurs couleurs culturelles dans le respect mutuel de nos différences et de nos volontés d’y construire un pays accueillant et ouvert sur le monde globalisé qui s’offre à nous en ce début du XXIème siècle.

    Je demeure ouvert à la critique constructive et aux discussions respectueuses de vos opinions sur:<andré_lacombe@yahoo.com>
    André Lacombe-Gosselin
    mercredi 25 novembre 2009
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