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Profilage social - Le SPVM se défend

Brian Myles   12 novembre 2009  Actualités en société
Le Service de police de Montréal (SPVM) a accueilli comme une gifle au visage l'avis de la Commission des droits de la personne l'accusant de faire du nettoyage social sur le dos des itinérants au centre-ville.

«Il n'y a pas un patrouilleur qui commence sa journée en se disant: "Tiens, aujourd'hui, je vais harceler des itinérants"», a assuré hier Denis Desroches, directeur adjoint du SPVM, responsable du dossier de l'itinérance.

Selon M. Desroches, un spécialiste des questions de profilage, la commission offre «une vision idyllique» de l'itinérance dans cet avis, publié hier, qui condamne «le système d'exclusion» mis en place par la police de Montréal et l'administration Tremblay pour chasser les itinérants, les marginaux et les prostitués du centre-ville, sous le couvert de la lutte contre les incivilités.

Déplorant «le ton accusateur» de la commission, M. Desroches a fait valoir que le SPVM a distribué l'an dernier environ 3500 constats d'infraction reliés à l'itinérance (et autant en 2007). C'est une baisse de 50 % par rapport aux données colligées en 2005 par Céline Bellot, professeur en travail social à l'Université de Montréal. Bon an, mal an, le SPVM reçoit 12 000 appels de plainte des citoyens, au centre-ville seulement, pour des problèmes reliés à l'itinérance.

Par ailleurs, le SPVM s'est associé au Centre de santé et de services sociaux Jeanne-Mance et à des travailleurs communautaires, dans le cadre du projet-pilote ÉMERI (équipe multidisciplinaire de référence en itinérance), afin de venir en aide aux plus démunis et de les diriger vers des services appropriés à leur condition.

Selon les estimations de Denis Desroches, il y a environ 150 sans-abri dans la métropole qui ont reçu plus de trois contraventions à l'intérieur d'une année. Ce sous-groupe, insensible à la répression, est principalement visé par l'ÉMERI.

La dépendance envers les drogues, la maladie mentale et la désorganisation sociale font partie de leur quotidien et de celui des patrouilleurs qui les côtoient. «C'est clair qu'il y a une problématique au centre-ville», dit M. Desroches. Les besoins sont criants, les ressources, limitées. «On vit avec cette problématique, mais les solutions sont ailleurs», résume M. Desroches.

Par contre, l'action de la police ne peut pas se limiter à la prévention. Certaines situations exigent de la répression, estime M. Desroches. Depuis janvier dernier, au centre-ville, deux des quatre piétons happés mortellement et une des trois victimes de meurtre dans la rue étaient des itinérants. «La répression, ça fait aussi partie du travail des policiers. Quand 50 % des décès de piéton sont liés à l'itinérance, ce n'est pas juste en donnant des contraventions qu'on va régler le problème», explique M. Desroches, qui a passé toute sa carrière au centre-ville.

Selon les données colligées par M. Desroches, 80 % des itinérants qui reçoivent une contravention ne récidivent pas à l'intérieur d'une année. L'émission d'un constat est par ailleurs précédée de deux avertissements, des informations consignées dans les fichiers de renseignement de la police. «C'est mal connaître le travail des policiers que de nous dire qu'on fait de l'acharnement contre cette collectivité», conclut M. Desroches.
 
 
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