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La loi rapaillée

Facundo Medina, écrivain  17 novembre 2009  Actualités en société
«Happy birthday to you». Ainsi chantent mes amis argentins du West Island avant de souffler les cinq bougies du gâteau de leur petite fille Sofia. Nous sommes dans un centre d'amusement pour enfants situé près de l'autoroute 40. Mon fils Félix, qui a six ans, me demande tout bas: «Pourquoi ils chantent en anglais si on parle tous espagnol?» Je ne sais pas quoi lui répondre.

J'ai envie de lui expliquer le sens du mot «cipaye», mais il n'a que six ans. À l'époque de l'Empire ottoman, les cipayes étaient des cavaliers maghrébins au service de l'armée turque. Plus tard, on utilisa ce mot pour désigner les soldats indiens servant dans l'armée de l'Inde britannique ou dans l'armée française. En Amérique latine, on utilise aujourd'hui le mot «cipayo» pour dénommer ceux qui sont colonisés même dans leurs idées, adhérant, au point de s'auto-effacer, aux valeurs d'une culture foraine dominante.

Mais Félix n'a que six ans. Alors, je laisse tomber.

Le choix du français

Quelques jours plus tard, la Cour suprême du Canada déclare inconstitutionnelle la loi 104. À mon travail, des collègues explosent de joie. «This is democracy. On a le droit de choisir notre langue.» Leur réaction ne m'étonne point. C'est la mienne qui m'étonne: je suis outré.

Il y a dix ans que je suis arrivé au Québec. Ce ne fut pas un choix fait au hasard. J'ai choisi le Québec parce qu'on y parle le français, et le Québec m'a choisi pour la même raison. En Argentine, j'avais aussi étudié l'anglais. En fait, j'ai fait une partie de mon éducation universitaire dans un établissement anglophone. Pour moi, parler l'anglais, c'est une richesse et un atout.

Mais je n'aurais jamais le culot de demander aux Québécois de payer de leur poche pour l'éducation de mes enfants dans une langue autre que la langue officielle instituée par la loi 101. Ma conception de la démocratie diffère alors foncièrement de celle de mes collègues et amis. Il ne s'agit pas de mettre à genoux un peuple et un gouvernement pour faire valoir un droit individuel, mais de respecter une loi et une langue choisies et valorisées par l'écrasante majorité des francophones. De toute évidence, les juges de la Cour suprême n'ont pas été du même avis.

Des choix

Si j'avais décidé de vivre et d'éduquer mes enfants en anglais, j'aurais pu m'installer à Toronto ou à Vancouver. Si j'avais voulu vivre dans une province officiellement bilingue, je serais allé au Nouveau-Brunswick. Pour l'inuktitut, pas de meilleure place qu'Iqaluit. Si je voulais que Félix soit éduqué en anglais au Québec — au risque de le transformer en handicapé linguistique dans sa propre terre — je pourrais encore l'envoyer dans une école privée non subventionnée.

Si j'étais anglophone de naissance, j'aurais tout simplement le droit d'éduquer mes enfants en anglais et peut-être que je le ferais. Ces choix m'appartiennent et ils ne portent préjudice à personne. Ils ne bafouent pas les conquêtes d'une société qui a décidé de ne plus se comporter en cipaye.

On voudrait réduire la question à une querelle entre gens purs et durs et gens flexibles, entre francophones intransigeants et monsieur l'opprimé qui ne veut que choisir en toute liberté. C'est une absurdité. Aucun Italien ne pourrait exiger de Rome que l'État paye pour l'éducation de ses enfants dans une langue autre que l'italien, et je vous épargne la liste des exemples. Cela va de soi.

Protéger sa langue

Est-ce que le Canada n'est pas un pays bilingue? Si, il l'est, mais seulement au niveau de la bureaucratie fédérale. Tout comme l'Alberta et la Colombie-Britannique, le Québec n'est pas officiellement une province bilingue et il s'est donné en conséquence le droit légitime de protéger sa langue. En déclarant inconstitutionnelle la loi 104, la Cour suprême a traité le Québec comme s'il agissait d'une succursale de Poste Canada à Saint-Tite où on refuse de servir les clients en anglais.

Les écoles-passerelles sont l'aboutissement logique d'une dynamique perverse qui sacrifie les acquis collectifs sur l'autel des caprices individuels. Elles légitiment la tricherie et incarnent la volonté de se soustraire à une loi amplement consensuelle au Québec, tout en ayant recours aux marteaux des juges qui sont au-dessus de la réalité québécoise, mais aussi et surtout loin d'elle. La loi 104 du gouvernement Landry a voulu mettre un point final à cette aberration.

Or elle s'est retrouvée sur le banc des accusés.

Les armées cipayes

Je sais que ces mêmes mots, sous la plume d'un Québécois de souche, seraient qualifiés d'intolérants, voire de racistes. Je sais qu'un immigrant comme moi qui se porte ainsi à la défense du français pourrait être aussi qualifié de «cipayo». Mais je suis au Québec, pas à Buenos Aires. Et s'il s'agit de défendre les droits d'une minorité, je me dis qu'on devrait d'abord se rappeler que les francophones sont la plus grande minorité à l'intérieur d'un Canada anglophone. La Cour suprême semble avoir fait fi de ce détail.

Qu'en est-il de ces gens qui rêvent de faire éduquer leurs enfants en anglais? Il y en a de toutes les sortes: nouveaux arrivants, immigrants de longue date et Québécois francophones de souche qui ont perdu toute estime de soi. Leur cécité est plus sévère que celle des juges. Ils ont décidé de circuler à contresens de l'Histoire, tout en nous faisant payer leur essence.

Actuellement, je suis en train de traduire vers l'espagnol un poème de Gaston Miron. Je me demande si les futures générations d'ici sauront qui a été ce grand poète manieur d'une identité rêvée, mais possible. Je me demande si le Québec et le français, qui ne sont qu'un, sauront résister aux assauts des armées cipayes. Je me demande si, loin de tout fanatisme et de toute coercition, nous saurons expliquer à cette minorité aveugle qu'elle n'a pas le droit moral de nous faire payer pour ses choix insensés.

En attendant, je me prépare à fêter les sept ans de mon fils Félix. Je lui dirai du fond de mon coeur: «Feliz cumpleaños, mon p'tit Québécois.»






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  • Anick Paradis
    Inscrit
    mardi 17 novembre 2009 06h39
    Superbe lettre
    Inutile d'en dire davantage sur ce sujet. Monsieur Medina a remarquablement fait le tour de la question.

  • NicolasFontaine
    Inscrit
    mardi 17 novembre 2009 07h47
    Wow !
    Monsieur Medina, quel plaisir que de lire votre texte ! Je suis d'accord à tous points de vue. Ne pourrait-on pas invoquer la clause nonobstant pour se soustraire de ce jugement ?

  • Manon Brunet
    Abonnée
    mardi 17 novembre 2009 07h53
    La loi rapaillée - Quel bonheur!
    Quel bonheur de vous lire, ce matin, Monsieur Medina! Est-ce que votre message aura l'effet escompté puisque vous êtes, à la fois, Argentin et Québécois? Si j'avais eu l'idée de partager de tels propos avec certains de mes amis, on m'aurait vite rabrouée, on m'aurait vite fait sentir que je suis bornée parce que je ne veux pas que mes enfants fréquentent l'école anglaise, même au cegep. Il m'est arrivé, au moins à deux reprises, de me faire regarder de façon hautaine et presque arrogante, lorsqu'on m'annonçait que leurs fils avaient choisi pour l'un le cegep anglais et pour l'autre l'université Mc Gill. Je sentais très clairement qu'à leurs yeux, leurs enfants étaient supérieurs aux autres qui s'inscrivaient dans la facilité d'une institution francophone. Quel mépris pour notre nation! Vous comprendrez que je réagis très favorablement à vos propos et que je souhaite ardemment que la loi 101 soit aussi imposée au niveau des études supérieures car il y a bien d'autres façons d'apprendre l'anglais que de le faire sur le dos des contribuables surtout quand on réalise que de nombreux diplômés de Mc Gill profitent de notre enseignement et de nos subventions pour s'empresser de quitter de Québec dès leurs études terminées. Manon Brunet

  • Michel Bédard
    Inscrit
    mardi 17 novembre 2009 10h41
    Étudier en anglais.
    "Qu'en est-il de ces gens qui rêvent de faire éduquer leurs enfants en anglais ? Ces nouveaux arrivants, les immigrants de longue date, et ces Québécois francophones de souche qui ont perdu - toute estime de soi -. Leur cécité est plus sévère que celle des juges. Ils ont décidé de circuler à contresens de l'Histoire (...). Des cipayes (colonisés)..." écrivez-vous. Je partage le point de vue exprimé dans l'ensemble de votre texte. Pourtant, j'ai étudié à McGill... Toutes les universités francophones m'avaient refusé... Je ne me considère pas cipaye pour autant, loin de là. Et je suis resté au Québec.

  • Pierre-Paul Roy
    Abonné
    mardi 17 novembre 2009 11h08
    Radio-Canada ???
    À l,émission très matinale de la SRC deux des animateurs ont discuté de Sarah Palin pendant cinq minutes. C'est de La loi rapaillée - un texte excellent d'actualité - dont il aurait fallu parler et discuter. À ce que je sache - suis-je naïf? - Radio-Canada est au service de tous : Canadiens et Québécois.

  • Pieli Guillermo
    Inscrit
    mardi 17 novembre 2009 11h37
    Nous sommes beaucoup plus que deux... (somos mucho mas que dos)
    En fin un Argentin qui s'exprime clairement pour le fait français et pour la culture québécoise.
    Je suis, moi aussi, Argentin d'origine mais fière d'être Québécois depuis 27 ans. Depuis mon arrivée, je me suis identifié pleinement avec la cause de la protection et développement de la langue française au Canada. J'ai déjà montré la porte de sortie à plusieurs immigrants trop frustrés de "ne pas pouvoir vivre leur anglophilie librement". Et si j'ai pu le faire c'est parce que je suis moi-même un immigrant. Un Québécois qui tiendrait mon discours serait traduit devant les tribunaux accusé de racisme et xénophobie.
    Genial, Sr. Medina, estoy tan contento de leerlo y de saber que ahora somos dos pero como decía el poeta "...somos mucho mas que dos."

  • Jacques Lalonde
    Abonné
    mardi 17 novembre 2009 12h03
    Ouvrir un dossier à compter d,aujourd'ui
    Je crois qu'il faudrait à compter d'aujourd'ui ouvrir un dossier sur les raisons que nous procure l'actualité pour entreprendre notre marche vers l'indépendance du Québec. La Cour suprême n'est pas la nôtre et nos lois sont contredites en toute désinvolture.

    Jacques Lalonde
    Gatineau
    jlalondxe@ca.inter.net




    e

  • Pierre Marcotte
    Inscrit
    mardi 17 novembre 2009 12h40
    Gracias, Senior Menida ! Y Brava !
    Mon espagnol est rudimentaire, mais mon sentiment est authentique. Je vous remercie de votre témoignage et vous encourage à continuer le combat du français avec nous.
    Et je salue Le Devoir d'avoir publié une telle lettre, qui aurait sûrement été boudée par les autres publicaitons majeures.
    Je ne suis nullement surpris qu'un tel qu'un tel appui vienne d'un membre de la famille latine. Il me semble que les saxons d'origine ont plus de dificultés que les espagnols, italiens, brésiliens, portuguais, chiliens et bien sûr Argentins pour comprendre notre combat et notre attachement à notre langue.

    Muchos gracias, compadre ! (avec tout le respect que vous méritez !)

    Pierre Marcotte
    batirquebec.blogspot.com

  • Richard Larouche
    Inscrit
    mardi 17 novembre 2009 13h03
    Félicitations !
    C'est un excellent texte qui mériterait à mon avis d'être inclus dans une trousse qu'on distribuerait aux immigrants québécois pour faire contre-poids au document idéologique des conservateurs.

    En tout cas, merci M Medina pour votre texte !

  • Vincent L.-Desjardins
    Inscrit
    mardi 17 novembre 2009 14h15
    Nuance à faire
    Je partage votre avis à bien des égards bien que je complète mes études universitaires à Concordia. Toutefois, laissez-moi ajouter qu'on ne devient pas "cipaye" en criant sciseaux ou en complétant 2 années d'études collégiales à Dawson. La protection de l'identité québecoise passe avant tout par la promotion de la lecture et des arts bien avant l'enseignement dans la langue de Molière. Il est bien plus affolant de constater le désintérêt général envers l'appareil politique ainsi que la banalisation du copinage entre entreprises privés et agents gouvernementaux que la langue d'usage à l'école. Sans oublier le fait que bien des jeunes gradués universitaires ne savent pas faire la différence entre le Bloc Québecois et le Parti Québecois!

  • Ken Ko
    Inscrit
    mardi 17 novembre 2009 14h37
    Un droi pour lui-même mais pas aux autres
    Je trouve bien interessant que M. Medina a raconté de soes études post-seccondaires en anglais. Alors imaginez-vous si la majorité des argentins or Plateêos ont interdit son droit à étudier en anglais parce que la langue officiel était l'espagnol? Il vante les bienfaits de vivre et de faire enseigner son fils on français; tant mieux. Mais c'est un choix personnel au même titre que son droit et privilège à étudier en anglais à Buenos Aires avec "sur le dos des contribuables" pleinement ou partiellement. Je vois un tel perspective comme hypocrisie....

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mardi 17 novembre 2009 15h48
    Des toyous.
    En Bretagne (France) on chante "Un petit beurre des toyous" (Happy birthday to you). Juste une question d'humour. Il n 'est pas question de colonisé. Le colonisateur (La Nouvelle France était une colonie au départ comme pour l'Afrique) ne peut être colonisé ou alors alors il comprend que coloniser ce n'est pas bien du tout. C'est ce qu'il fallait dire au petit de 6 ans. Il aurait eu l'ocasion de comprendre que coloniser est mal. Ou alors dire que sur notre belle planète il y a des gens qui parlent ausi d'autres langues. Donc, c'est positif puisque ce petit de 6 ans a eu l'occasion d'entendre d'autres langues et comment on dit "Joyeux anniversaire" en anglais. C'est un bon départ pour le polyglottisme. Merci.

  • François Beaulé
    Abonné
    mardi 17 novembre 2009 16h17
    Payer ou ne pas payer n'est pas la question
    M. Medina écrit que ce qui l'indigne, c'est que l'État pourrait devoir payer pour l'éducation des enfants d'immigrants dans une langue autre que le français, en l'occurence l'anglais. Mais la question ne se résume pas à une question d'argent.

    La loi 101 a été promulguée pour franciser les enfants des immigrants en les obligeant à fréquenter une école française et à y rencontrer les enfants dits de souche qui la fréqentent eux aussi. La capacité de payer une école privée non-subventionnée ne devrait pas être un obstacle à cet objectif. Les enfants de riches ne devraient pas avoir le privilège d'éviter l'école française alors que la majorité des enfants doivent la fréquenter.

    Si des parents veulent permettre à leurs enfants d'étudier une autre langue que le français, quelle qu'elle soit, ils peuvent leur payer des cours en dehors de l'horaire de l'école ordinaire à plein temps. Par exemple, le samedi ou pendant l'été.

    Ce qui est correct pour les immigrants en général est également correct pour les immigrants riches.

  • Françoise Breault
    Abonnée
    mardi 17 novembre 2009 16h53
    Rafraîchissant
    Une vraie bouffée d'oxygène que ce texte. Tout simplement merci. Muchissimas gracias.

  • Jean Pierre Grise
    Abonné
    mardi 17 novembre 2009 17h07
    Merci,sr Medina
    Quelle lecon pour nos quebecois poules mouillees qui ne sont meme pas capables de croire en eux.Je veux bien que l anglais soit l esperanto ,mais que la culture au Quebec soit quebecoise.J essaie d apprendre l español ,castellano comme on dit ici a Buenos Aires,je vais a la UBA mais ma novia y sus hijos hablan ingles,donc je parle anglais........Muchas gracias pour la loi rapaillee.
    jean-pierre grise

  • Claude Champagne
    Abonné
    mardi 17 novembre 2009 17h32
    mis respetos Sr. Medina
    Nosotros estamos heridos profundamente cuando no se nos respeta; sin embargo, en el fondo de su corazón, ningún mismo hombre no se respeta mucho. [Marco Twain]

    Nous sommes profondément blessés quand on ne nous respecte pas ; pourtant, au fond de son coeur, aucun homme ne se respecte beaucoup lui-même.
    [Mark Twain]
    Tout un témoignage M. Medina, ceci devrait servir comme référence pour protéger ce qui a de plus précieux, notre langue, notre identité. Enfin bâtir notre Québec indépendant.

  • Marie-Andree Forget
    Inscrit
    mardi 17 novembre 2009 18h32
    Quel bonheur cet article!
    Moi qui aime Gaston Miron! Le traduire en espagnol, quelle merveilleuse idée! Cependant, il ne faut pas pour cela faire disparaître le français. C'est pour cela que nous descendons dans la rue pour revendiquer et conserver notre loi 104 et renforcir la loi 101! Il ne faut plus jamais que la cour suprême vienne nous imposer ses lois! C'est une belle langue et nous devons nous battre pour elle!

  • Monia Ayachi
    Inscrite
    mardi 17 novembre 2009 18h51
    Souvenir et Avenir
    L’apprentissage des langues vivantes demeure toujours une bonne chose pour l’avenir et une nécessite non pas pour s’ouvrir au monde mais pour trouver sa place au monde.
    Parmi les plus intéressantes applications du système français en France et ailleurs dans le monde, c’est sa politique éducative à mettre l’enfant des son jeune âge en contact avec plusieurs langues vivantes étrangères au choix.
    La décision est bien réfléchie qui ouvre la porte à un monde plus vivant et plus cohérent tout en donnant la priorité à sa langue première non seulement dans une conceptualisation linguistique mais aussi culturelle et éducative très riche.
    Mes enfants ont acquis quatre langues dans un système français ( Français, Anglais, Arabe, Allemand/ Espagnol) pourtant ils sont restés culturellement attacher a la culture française .
    La force d’une langue ne se représente pas seulement par les pratiques linguistiques mais par les composantes essentielles de cette pratique dans la pensée à savoir : LE SENS CRITIQUE, L’ANALYSE ET SURTOUT LA CAPACITE A COMPRENDRE ET AGIR.
    Une langue, c’est tout un encadrement pratique.

  • Robert Laroche
    Inscrit
    mardi 17 novembre 2009 20h46
    La loi rapaillée
    Merci M. Médina pour cette magnifique lettre de respect pour la culture québécoise
    francophone venant d'un néo-québécois. Votre texte est
    limpide et pondéré. Il découle sans aucun doute d'un choix clair du développement
    de la culture francophone au Québec.
    Encore une fois merci et hommage à qui vous êtes.
    Robert Laroche
    Québec

  • Julien Laplante
    Inscrit
    mercredi 18 novembre 2009 04h19
    L'hypocrisie
    En réponse notamment à M. Ken Ko:

    Il est toujours aussi surprenant de constater que, pour certaines personnes, les standards en matière de liberté scolaire doivent être systématiquement plus élevés pour le Québec, province, à défaut d'être un Etat, et entité politique de langue française, que pour le reste du monde. Dans toutes les démocraties dignes de ce nom disposant d'un système scolaire public et gratuit, l'enseignement s'y fait systématiquement dans la langue nationale, sauf pour certaines minorités ayant des droits acquis particuliers. Les parents ne faisant pas partie d'une telle minorité et qui le souhaitent - c'est notamment le cas en Argentine et même en France - peuvent envoyer leurs enfants dans une école où la langue d'enseignement n'est pas la langue nationale. Dans la mesure, bien évidemment, où ces écoles ne sont pas subventionnées par le gouvernement. Ce qui est hors de portée de l'immense majorité de la population. C'est exactement ce qui se passe au Québec, à la différence que certains parents peu scrupuleux et peu respectueux de l'esprit d'une loi pourront à nouveau la contourner en s'achetant les droits d'entrée à une école publique et gratuite où l'enseignement n'est pas dispensée dans la langue nationale. L'hypocrisie ne se trouve vraisemblablement pas là où vous la voyez.

  • guilbault christine
    Inscrit
    mercredi 18 novembre 2009 05h30
    de cipaya à cipayo - d'émigrée à immigré
    Très bel article… qui nous fait réfléchir. Félicitations pour l’excellent français.

    L’amour de la langue-culture nait avant tout d’un contexte familial, puis social ; il se développe dès notre tendre enfance à travers l’éducation (formelle et non), et les opportunités socioculturelles qui nous entourent.
    C’est la qualité de cette toile de fond qui d’après moi, détermine la force de tout sentiment de fierté et d’appartenance à une langue-culture, donnant ainsi naissance à un « langage » plein de sous-entendus, qui reflète les valeurs ainsi que la sensibilité émotive d’un peuple, d’une communauté, d’un groupe social, d’une famille.
    C’est cette qualité et cette force qui forge la volonté commune.
    Quand on arrive aux études supérieures, les jeux sont à peu près faits et il est surtout question d’opportunité (socioéconomiques) et de volonté.
    Et qui ne voudrait pas plus pour ses enfants ?

    En tant que canadienne française émigrée en Italie, je suis bien loin des questions politiques québécoises mais je m’étonne toujours lors de mes visites au Canada, de la qualité du français que je retrouve à la télé, même aux nouvelles -où souvent me choque le parlé de certains politiciens comme celui des experts interpellés à commenter les faits, et je m’attriste en lisant les écrits simplistes de certains journaux…
    Je ne puis m’empêcher de constater combien le langage d’un ouvrier Italien est riche par rapport à celui d’un Québécois -et par langage j’entends vocabulaire, grammaire et contenus culturels- .

    Je pense que qualité et force est directement proportionnel à rigueur et effort.

    Mes deux enfants fréquentent l’école publique italienne, dans une petite ville; je pense pouvoir affirmer qu’ils y étudient, et ce depuis la première année d’école primaire et à force d’exercices grammaticaux, de leçons de littérature, de poésies apprises par cœur, de leçons d’histoire, de géographie, d’histoire de l’art, d’histoire de la musique-, l’amour et la fierté de leur langue-culture et tout ce qui en dérive…

    Ils n’étudient pas le français à l’école mais connaissent, pour en avoir étudié des extraits, la Comédie humaine de Balzac. Combien de jeunes Québécois connaissent la Divina commedia de Dante Alighieri ?

  • Robert Derome
    Abonné
    mercredi 18 novembre 2009 09h39
    En plein coeur de la francophonie américaine
    Fidèle abonné depuis plus d'un demi-siècle, j'ai pleuré pour la première fois en lisant dans Le Devoir. Merci, cher Facundo Medina d'avoir visé au coeur du sujet. La langue n'est pas seulement un véhicule de pensée, mais une culture, une fenêtre sur le monde et un outil d'interprétation. Je rêve que les politiciens qui nous représentent renouent avec l'émotion, celle que vous avez si justement exprimée. Celle d'être ce que nous sommes et voulons continuer à être. Votre pensée m'a ému. J'espère qu'elle sera partagée par un grand nombre afin d'assurer l'avenir de la minorité francophone en Amérique du Nord, menacée de toutes parts de l'extérieur et de l'intérieur. L'appellation fallacieuse de minorité anglophone au Québec, cache en fait une réalité beaucoup plus dure, celle du fer de lance de l'écrasante majorité anglophone qui nous entoure...

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    mercredi 18 novembre 2009 11h31
    Allez donc voir en Italie madame Guilbaut
    Allez donc en Italie voir combien de jeunes italiens connaissent Gaston Miron.

    Balzac était français, pas québécois. Heureux de savoir que vos enfants ne connaîtront rien de la littérature québécoise mais un petit peu de française.

    Quant à Dante, Roberto Begnini était ici récemment pour faire visiter son oeuvre qui n'est pas particulièrement ignorée au Québec.

    ...

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 18 novembre 2009 13h22
    Pourquoi Happy Birthday
    C'est simple pourquoi, ce sont des gens libres, ils auraient pu le faire en espagnole, en français ou en russe. Ils on simplement choisi de le faire en anglais.
    Chez moi, cela a toujours été happy birthday ou bonne fête... tous les deux sur le même thème... mais jamais je laisserai le gens du pays être chanté à une fête dans ma maison ou à une fête que j'organnise.
    Ce chant a été politisé et pour moi est ce qui a de plus exclusif. C'est une belle chanson, mais elle a été politisé par son usage.

  • Judith Hamel
    Abonnée
    jeudi 19 novembre 2009 15h52
    Evoyez cette lettre aux médias anglophones!
    Merci de votre confiance en le québec. Elle nous honore. Il faut maintenant le porter à des non convaincus... Envoyez-la donc à la Gazette. Je suppose qu'ils ne la publieront pas, mais sait-on jamais!

  • Vanessa Borzi
    Inscrit
    jeudi 19 novembre 2009 19h36
    En fait, «nous sommes beaucoup plus que deux»!
    Merci pour votre merveilleux texte M.Medina! Justement, il y a quelques semaines nous discutions de la loi 104 avec des amis argentins du West Island.
    Nous sommes une petite famille d’origine argentine, des porteños, qui, comme vous, avons choisi le Québec pour l’amour de la langue française. Ça fait presque 4 ans de notre arrivée et nous sommes fiers de notre choix. Nous habitons sur le Plateau Mont-Royal et c’est étonnant comme on y entend de plus en plus l’anglais. Nous avons l’impression que la langue française recule; ce qui est dommage, car sa permanence enrichit l’Amérique du Nord.
    Il faut comprendre que les immigrants allophones jouons un rôle crucial dans la cause du français au Québec et, si ardu que cela puisse être, adopter le français est une obligation morale.
    Su texto, Sr. Medina, nos enorgullece doblemente: como argentinos y como quebequenses; un deleite leerlo.
    Felicitaciones!

  • Michel Chamoun
    Inscrit
    samedi 28 novembre 2009 12h03
    et pourquoi pas simplement faire se que la cours supreme demande?
    Plutot que d'inscessantes querelles avec le ROC, et si on faisait simplement ce qu'ils nous demandent: abandonner la loi 104, et la remplacer par une autre. On pourrait du cout en profiter pour faire en sorte que celle-ci soit tout aussi stricte, tout en prenant bien soin qu'elle ne soit pas inconstitutionelle.

    Parce que meme si je suis generalement pour la liberte de choix, la situation actuelle, ou chaque cas d'enfant ayant frquente uneecole paserelle devra etre evalue individuellement (et se retrouvera probablement aux tribunaux si on lui dit non) me semble etre une absurdite folle.

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