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Collusion dans le milieu de la construction - Le gouvernement Charest manque de courage, dit un spécialiste de la mafia

La Commission de la construction enquêtera au sujet de l'argent comptant échangé sur les chantiers

Le gouvernement du Québec ne prend pas ses responsabilités en refusant de mettre sur pied une commission d'enquête publique pour faire la lumière sur l'infiltration de la mafia dans le domaine de la construction, affirme Antonio Nicaso, un expert international du célèbre réseau criminel italien. Selon lui, la police ne peut rien faire pour mettre au jour la corruption systémique qui règne dans le milieu de la construction au Québec.

En entrevue avec Le Devoir, Antonio Nicaso estime que les révélations des médias dans les dernières semaines ne représentent que la « pointe de l'iceberg ». « La construction est le principal outil de blanchiment d'argent de la mafia. Ça fait longtemps que la mafia ne fait plus dans la prostitution ou l'extorsion d'argent. Elle est dans l'économie réelle », dit-il.

Selon lui, le seul moyen de corriger un problème aussi généralisé est de comprendre comment le système fonctionne. Pour ça, il faut plus qu'une enquête policière. « La police va attraper un entrepreneur par-ci et un fonctionnaire par-là, mais le système va rester en place. Pour chaque personne que la police va accuser, il y aura 20 personnes pour prendre leur place. Pour faire le ménage, il faut une vraie enquête publique avec des pouvoirs exceptionnels », dit-il.

Antonio Nicaso a écrit vingt livres sur la mafia, dont l'un des plus récents Les Liens du sang, a été publié en 2001 aux Éditions de l'Homme (traduction). Il vit à Toronto, mais connaît très bien la situation au Québec, où il a mené plusieurs enquêtes. Il a régulièrement été menacé par la mafia et placé sous protection policière. Il donne des conférences en tant qu'expert à travers le monde.

« La mafia est présente dans l'industrie de la construction à travers le Canada, mais la situation est pire au Québec, où la mafia a des racines profondes », affirme M. Nicaso. Il estime d'ailleurs que le gouvernement du Québec « manque de courage » en refusant de mettre sur pied une vraie enquête. « La réaction des pouvoirs publics est trop timide », dit-il, ajoutant que si Québec ne va pas de l'avant, Ottawa devrait y mettre le nez. « Le fédéral a aussi le pouvoir de mettre sur pied une enquête publique, car ça touche tout le Canada », dit-il.

Plus de surveillance

Par ailleurs, la Commission de la construction du Québec (CCQ) reconnaît qu'un problème gangrène les chantiers de la province: l'argent comptant, qui facilite la tâche des groupes criminels. Le Devoir a appris que la CCQ mettra sur pied bientôt une nouvelle escouade pour enquêter sur ce fléau. La Commission avait souligné il y a quelques mois au Devoir que le phénomène s'était aggravé dans les cinq dernières années.

« Il faut raffiner nos méthodes puisque celles du crime organisé se sont raffinées », a expliqué le porte-parole de la CCQ, André Martin. La commission a demandé des moyens supplémentaires au gouvernement du Québec et les a obtenus. La création d'une escouade spéciale pour surveiller les chantiers devrait donc être annoncée sous peu. Aucun détail sur la composition de l'escouade n'a filtré.

Créée en 1987, la CCQ est responsable de l'application de la Loi sur les relations de travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction (Loi R-20) qui encadre cette industrie.

Mais à ceux qui reprochent à la CCQ de ne pas en faire assez dans les circonstances actuelles, M. Martin répond que ce n'est pas son mandat de surveiller la relation entre le monde de la construction et les élus.

Un mandat large?

De leur côté, les trois candidats à la mairie de Montréal et les partis d'opposition à l'Assemblée nationale réclament la tenue d'une enquête publique, mais le gouvernement Charest estime qu'il faut laisser la police faire son travail. Le Parti québécois a précisé hier que le mandat qu'il voudrait voir confier à une éventuelle commission d'enquête devrait être « assez large ».

Le député péquiste et avocat Bertrand St-Arnaud, critique en matière de Sécurité publique, résume ainsi le mandat souhaité: « Une commission d'enquête sur les liens entre l'industrie de la construction et les municipalités ». Il souhaiterait que la commission se penche notamment sur les méthodes en matière d'appels d'offres. M. St-Arnaud se demande de quoi le gouvernement a peur en refusant une telle enquête.

Cet été, le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, avait promis de doter les municipalités du Québec d'un code d'éthique dans les plus brefs délais. Il avait fait cette promesse à la suite du dépôt, le 14 juillet, du rapport de l'ancien sous-ministre Florent Gagné sur l'éthique en milieu municipal.

Or, peu de travaux ont été effectués pour donner suite au rapport et permettre l'adoption d'une loi en 2010, comme M. Lessard s'y était engagé. Selon ce qu'a confirmé au Devoir le bureau de M. Lessard, un comité de mise en oeuvre a tenu une seule et première réunion le 16 septembre. « Une deuxième aura lieu à la fin novembre », a précisé Sylvain Bourassa, attaché de presse de M. Lessard.

La méthode

À l'émission Enquête de Radio-Canada, un ingénieur à la retraite du ministère des Transports du Québec, François Beaudry, a soutenu que la mafia contrôle 80 % des appels d'offres en construction dans la région de Montréal. M. Beaudry a été alerté de ce phénomène par des entrepreneurs alors qu'il était conseiller pour le gouvernement du Québec il y a quelques années.

Antonio Nicaso affirme ne pas pouvoir corroborer ce chiffre, mais affirme ne pas être surpris par l'ampleur du phénomène. La mafia a infiltré le domaine de la construction parce qu'il y circule beaucoup d'argent comptant, dit Antonio Nicaso. « La mafia doit justifier sa santé financière, obtenue notamment avec la vente de drogue. Pour légitimer cet argent, elle a pris racine dans la construction. »

Souvent, la mafia achète d'abord des terrains dans des secteurs prometteurs, explique M. Nicaso. Puis, elle attend. Lorsqu'un projet de développement se met en place, elle devient partenaire, puisqu'elle possède le terrain. Elle met alors ses entreprises à contribution.

D'autres fois, la mafia commence à mettre ses hommes en place dans une entreprise qui existe déjà. Petit à petit, notamment avec de l'intimidation, ses hommes prennent le contrôle de l'entreprise, isolant le président ou l'entrepreneur qui a fondé la compagnie. « La mafia utilise des "front men" qui n'ont pas de casier judiciaire. Mais en réalité, l'entreprise est sous le contrôle de la mafia », dit Antonio Nicaso.
 
 
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  • Jerome Letnu - Inscrit
    20 octobre 2009 00 h 12
    Après les valeurs mobilière, la règlementation fédérale de l'industrie de la construction ?
    "si Québec ne va pas de l'avant, Ottawa devrait y mettre le nez. «Le fédéral a aussi le pouvoir de mettre sur pied une enquête publique, car ça touche tout le Canada», dit-il."


    A force de ne pas mettre ses culotes, le provincial va créer des occasions en or d'intervention pour le fédéral, qui va se faire du capital politique en même temps que d'envahir des champs de compétences provinciaux.

    On le voit dans le domaine des valeurs mobilières, avec le projet d'agence fédéral. Pourquoi cela s'arrêterait-il là ?
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  • Georges Allaire - Inscrit
    20 octobre 2009 00 h 52
    Tel il fut, tel il est, tel il sera.
    A-t-on déjà vu un Jean Charest courageux? Ce serait contradictoire. Mais il ne faut pas s'en faire. S'il a suffisamment peur d'une réaction négative contre son inaction, il inactionnera en action.
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  • Christina Berryman - Abonnée
    20 octobre 2009 03 h 19
    Merci monsieur Nicaso
    Avec la mafia s.v.p. pas d'accommodement raisonnable. Jean au volant il faut parfois aussi des couilles! A toi de jouer, toi le sauveur venu du fédéral. D'après monsieur Nicaso les Québécois ont un problème de bonne gouvernance et, malheureusement, il n'y a pas de vaccin contre la mafia.
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  • Bastarache Claude - Inscrit
    20 octobre 2009 05 h 05
    En suivi
    "Le député péquiste et avocat Bertrand St-Arnaud, critique en matière de Sécurité publique, résume ainsi le mandat souhaité: «Une commission d'enquête sur les liens entre l'industrie de la construction et les municipalités»."

    Cette commission d'enquête devrait cibler tout le para-publique (scolaire, santé...).
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  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit
    20 octobre 2009 08 h 25
    Code éthique élastique
    L`attitude de Charest et le silence percutant des ministres responsable des villes, du transport, d`infrastructures, de l`éducation , de la santé, de la justice et des finances entre autres nous font douter de leur sincérité. Il y a anguille sous roche et une enquête publique pourrait faire le travail de base. Ce qui fait de Charest un politicien vulnérable. Quelle foire aux cancres dans les finances du Québec. La dette atteindra les $200 milliards en 2013 soit $100 milliards de plus depuis son arrivée en 2003. Les chiffres parlent d`eux-mêmes car ils dépensent sans limites et refusent les contrôles essentiels pour une saine gestion. Entre-temps le maire Tremblay, en bon disciple des Libéraux de Bourassa, nous fait faux bond.
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  • Steve Fortin - Abonné
    20 octobre 2009 09 h 24
    Collusion??? ben voyons donc! c'est une affaire de péquissssse ça encore!
    "Nous aimerions aviser la population du Québec que le bon gouvernement provincial qu'elle s'est choisi par un petit soir tristounet de décembre, bien loin des taux de participation record, comprend ses préoccupations par rapport aux récentes révélations en ce qui a trait à la corruption endémique dans le monde municipal et dans le milieu de la construction. Bien entendu, votre bon gouvernement provincial n'a ABSOLUMENT rien à voir là dedans (heuuu M. Charest???, pardon de vous interrompre, y'a un Monsieur ici qui veut vous voir avec une grosse enveloppe jaune... je le fait entrer??? haa... ok je lui dis de déposer l'enveloppe avec les autres... parfait merci)...

    (où en étais-je... ha oui) Votre bon gouvernement provincial n'a ABSOLUMENT RIEN À VOIR...

    (quoi encore!!!! une malette! ok, faites-le entrer!)
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  • Michel Chayer - Inscrit
    20 octobre 2009 09 h 50
    Trompe-l'oeil
    La collusion entre la pègre, les politiciens et les fonctionnaires est certainement une des causes de l'étalement urbain au détriment des terres agricoles et des milieux humides dans la plaine du Saint-Laurent.

    Sans compter ce que ce développement sauvage coûte en termes d'infrastructures supplémentaires, dont la facture est refilée au citoyen.

    Et c'est sans oublier la laideur architecturale des nouvelles maisons qui sont au Québec complètement dénuées de tout avant-gardisme, ainsi que la piètre qualité des matériaux employés pour leur construction.

    Parce que peu importe la valeur du marché, je n'ai pas l'impression que le « press-wood » est un matériel qui ne sera pas complètement dégradé d'ici une centaine d'années... Moi, ça m'embêterait de payer une maison 200 000$ en sachant qu'il n'en restera rien pour mon petit-fils. Hormis la pierre de parement...
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    20 octobre 2009 09 h 57
    Il est là le vraie problème avec nos politiciens
    Il est là le vrai problème avec nos politiciens
    Le problème avec la plupart de nos politiciens, c'est qu'ils n'ont pas d'envergure. Pour faire une comparaison, ils sont comme ces lutteurs dans l'arène qui font tout pour faire le spectacle pour plaire à la population.

    Des spectacles, en voulez-vous? Vous n'avez qu'à écouter les Charest, Harper et Labeaume dans les médias, faire le paon à coup d'arguments populaires. Ils ont la dérision facile auprès de ceux qui ne sont pas d'accord avec eux.

    Pendant ce temps, il y en a d'autres qui profitent du système et qui sont morts de rire. C'est le rire méprisant des faux vainqueurs, et loin de la foule, des exploiteurs du monde ordinaire. Il y a de quoi rire, avec par défaut nos crâneurs de politiciens complices.
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  • Claude Kamps - Inscrit
    20 octobre 2009 10 h 47
    Pourquoi faire enquête sur soi-même?
    Pourquoi faire enquête sur soi-même?

    Tout le monde sait que Tremblay et Charest sont frère de lait Libéral, pensez-vous que le provincial vas couler Tremblay avec une enquête?
    Le système de ristourne et de copinage a été mis en place avant de décider de faire des travaux de dizaines de milliards, et récompense ceux qui ont participé financièrement, par la suite à l'élection, sur des bases mensongères de Charest.

    On devra avoir une enquête par le fédéral Harper ou par le PQ dans 4 ans....
    Si il y a obligation d'enquête, elle sera partielle et Tremblay si il est réélu et Charest quitteront la politique avant la conclusion...
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  • Pierre Tremblay - Inscrit
    20 octobre 2009 10 h 55
    UNE ENQUÊTE PUBLIQUE, OUBLIEZ CELA
    Presque tous les journalistes, les chroniqueurs politiques, etc demande une ou des enquêtes publiques sauf André Pratte de LA PRESSE et tout le monde sait pourquoi.


    Mais c'est Jean Charest qui a le contrôle (les deux mains sur le volant) du gouvernement et il ne veut pas en aucun cas ouvrir cette boîte de pandore qui risque même de le toucher personnellement. TRÈS DANGEREUX POUR LUI ET SES PROCHES.

    Donc son stratagème: envoyez le ministre Dupuis, un ancien procureur de la couronne ( cela lui donne un peu de crédibilité) devant les médias pour les convaincre qu'il vaut mieux donner du temps au policiers... Et par le fait même, se donner du temps pour se rendre jusqu'au prochain mandat.

    Ça, c'est de la stratégie politique. ET John Charest est un expert en cette matière.


    COMIQUE le ministre Dupuis, qui est d'habitude plutôt austère, est plus convivial: il appelle les journalistes par leur prénom (un chum). Cela va vous arriver: Il appelle BENOIT (pour Benoît Dutrisac, PAUL (pour Paul Arcand)
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  • Pierre Simard - Inscrit
    20 octobre 2009 11 h 29
    Je me souviens...
    d'une nouvelle, il y a environ 3 ans. Les Libéraux vendaient un immeuble (à Montréal) pour un prix de 3 millions $$$. Charest et ses libéraux avait acheté cet immeuble, 1 ans avant, pour valeur de 1.5 millions $$$$.`

    Ça pu à plein nez!!!!!!!

    S'ils ne veulent pas de commission d'enquête, je me permet de croire qu'il nage dans une piscine économique d'eau sale!!!!
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  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit
    20 octobre 2009 13 h 02
    Un silence profond
    Curieusement Monsieur Accurso reste bouche bée. Serait-il possible qu`il en connaît trop sur les magouilles de l`administration de Tremblay et qu`il aurait trop a perdre dans le contrat des compteurs d`eau? Le silence est d`or!
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  • Michel Hains - Inscrit
    20 octobre 2009 13 h 38
    Charest ne mordera jamais les mains qui le nourissent
    C'est un secret de polichinel maintenant que la mafia et la collusion des gros entrepreneurs et firmes d'inginerie nourissent les partis politiques.
    Charest se fout éperdument que les coûts de travaux soient majorés de 35% à la grandeur du Québec.
    C'est ce que représente son bonus au parti Libéral en addition à son salaire.
    Charest et les autres ne morderont jamais les mains qui les nourissent.
    Si c'est faux qu'attendent-ils......
    Poser la question c'est y répondre. Comme Tremblay a dit hier concernant les soupers bénéfices à 360,000.00$ ',C'est légal, vous voyez des complots partout''
    Peuple parano??????????????
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  • Yvon Lachance - Inscrit
    20 octobre 2009 17 h 33
    Financement politique à revoir
    Les dons de citoyens ne permettent pas actuellement aux partis provinciaux ou municipaux de financer leurs campagnes. Et il est normal (quoi que déplorable) que dans ce contexte on rencontre des gens d'affaire (entrepreneurs, ingénieurs, promoteurs de tout acabit) qui cherchent à "aider" contre une certaine forme de retour sur l'investissement.

    Faudrait-il introduire dans le monde municipal le système "un vote - un dollar"? Je crois que oui...
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  • Claude L'Heureux - Abonné
    20 octobre 2009 20 h 38
    Charest et courage ?
    Monsieur Nicaso de Toronto accuse Jean Charest de manquer de courage. Monsieur Nicaso qui connaît bien la mafia italienne ne semble pas comprendre très bien le français alors qu'il se surprend du manque de courage de Jean Charest. Cependant cela ne semble pas trop le troubler alors qu'il menace le Québec d'une enquête fédérale: "Le fédéral a aussi le pouvoir de mettre sur pied une enquête publique, car ça touche tout le Canada" dit-il. J'imagine que ça ne doit pas déranger notre premier ministre qui garde les deux mains sur le volant... de la fédération.

    Claude L'Heureux, Québec
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