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Le succès de Facebook marginalise ses concurrents

5 octobre 2009  Actualités en société
Facebook ne cesse de gagner du terrain. L'audience de la plateforme de socialisation créée par Mark Zuckerberg en 2004 progresse rapidement sur le Web, distançant toujours plus ses concurrents. Le compteur affichait 200 millions de membres en avril, 250 en juillet avant de dépasser les 300 millions en septembre. Selon les derniers chiffres de l'institut ComsCore, il capte désormais la moitié des audiences de tous les sites de socialisation réunis.

Autres chiffres impressionnants: la plateforme accueille environ 1 million de nouveaux messages chaque jour, et plus de 2 milliards de photos et 14 millions de vidéos sont téléchargés tous les mois. « C'est devenu une des toutes premières plates-formes de partage de vidéo du Web, avec YouTube », estime Jamie Gavin, consultant pour ComsCore.

Mi-septembre, sur le blogue officiel de Facebook, M. Zuckerberg a annoncé que la société était parvenue à la rentabilité plus tôt que prévu. Elle a moins dépensé qu'elle n'a gagné d'argent au deuxième trimestre 2009. Un résultat obtenu en développant les recettes publicitaires, mais aussi en gérant les effectifs au plus juste. L'entreprise californienne emploie moins de 1000 personnes. « Nous n'avons pas de données publiques concernant le volume: avec plus de 300 millions d'utilisateurs, elle dispose d'une base de données comportementale énorme », note Laurent Geoffroy, du cabinet Greenwich Consulting. Selon des estimations, le chiffre d'affaires aurait atteint 350 millions de dollars en 2008.

Le premier à ouvrir sa plateforme

Ce chiffre est modeste comparé à sa valorisation: 10 milliards de dollars (6,8 milliards d'euros). Lors de la dernière injection de capital au printemps 2009, la société Internet russe Digital Sky Technology a acquis 2 % du capital de Facebook pour 200 millions de dollars. Tom Smith, du cabinet Trendstream reste prudent: « Facebook n'a pas encore trouvé son modèle de revenus, et la taille du site est un problème. »

Les raisons de son succès d'audience? Le site fut un des premiers sur ce créneau du « Web social » ou « Web 2.0 », qui désigne des sites où l'essentiel du contenu est créé par les internautes. Il a aussi su, le premier, ouvrir sa plateforme informatique: il a permis à tous les développeurs informatiques qui le souhaitent de rendre leurs applications (partage de photos, messagerie électronique, jeux) interopérables avec Facebook. Et gratuitement pour l'internaute, ce qui a eu pour effet d'en attirer un grand nombre. Aujourd'hui, selon Facebook, plus de 350 000 applications gratuites sont disponibles sur la plate-forme.

« La traduction du site en d'autres langues que l'anglais [65 en tout] a beaucoup compté dans l'explosion du nombre de membres », ajoute M.Gavin. Enfin, et surtout, Facebook bénéficie depuis quelque temps à plein de l'effet de réseau: plus il a de membres, plus il en recrute. « C'est la loi empirique de Metcalfe, qui dit que l'utilité d'un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ses utilisateurs », indique M. Geoffroy.

De la place pour les autres?

Dès lors, y a-t-il encore de la place pour d'autres réseaux sociaux? Pour de nombreux internautes, Facebook est en effet une porte d'entrée, mais aussi la destination ultime sur le Web, puisqu'ils peuvent tout y faire: utiliser ses outils de messagerie, de partage de vidéos, de photos, jouer, etc.

« Pour beaucoup, Facebook a remplacé l'email traditionnel. C'est déjà devenu un Web dans le Web », constate M. Gavin. « Facebook ressemble à un Web simplifié », ajoute M. Geoffroy. De plus, le caractère chronophage de la participation aux réseaux sociaux rend difficile, pour un internaute, sa participation à plusieurs plates-formes de ce genre.

Acteurs de niche

« Il y a cependant de la place pour des acteurs de niche. Facebook est devenu un outil très grand public. Il y en a toujours qui voudront se retrouver dans des cercles plus exclusifs », analyse M. Gavin. Certains jouent sur une forte spécialisation. C'est le cas du réseau pour professionnels LinkedIn, qui revendique 46 millions de membres. Son concurrent français Viadeo (9 millions) joue en plus la carte géographique et multiplie les partenariats locaux, récemment au Royaume-Uni (hôtellerie). Il utilise leur caution pour recruter leurs membres et leur propose en échange une présence sur le site et l'usage de ses outils de partage d'informations.

« LinkedIn cherche à fédérer les cadres supérieurs qui travaillent dans un environnement international. Nous, nous jouons la carte locale: les cadres de PME seront plutôt chez nous », explique Dan Serfati, p.-d.g. de Viadeo. « Il existe aussi des opportunités pour des réseaux sociaux axés sur les centres d'intérêt tels que le cinéma et la musique », affirme M. Smith. Ainsi, MySpace, qui s'est vu détrôné par Facebook, mise sur ses publics les plus fidèles, comme les musiciens.

La vague Facebook se heurte à des acteurs locaux forts qui lui rendent l'accès à certains marchés difficiles, comme Baidu ou QQ en Chine. Et le leader doit aussi compter avec l'appétit de nouveaux venus prêts à bousculer le jeu. Twitter, également considéré comme un réseau social, a trouvé sa place, en offrant des outils inédits aux internautes: un système d'alerte et un moteur de recherche très puissant sur tout ce qui fait « buzz » sur Internet. Après un démarrage fulgurant, il affiche 50 millions de membres. L'entreprise vaudrait un milliard de dollars, alors qu'elle n'a toujours pas de sources de revenus.






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