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Draguer mou en temps de chasse

Le Québec, cancre au chapitre de la séduction

Les temps sont durs. Non seulement les Québécois ont la réputation de draguer mou mais désormais, ils doivent composer avec une concurrence féroce, beaucoup mieux armée verbalement. Et la drague, c'est le vestiaire du sexe oral, mon caporal. Arabes, Latinos, Afros ou Euros, alléluia, on peut se tourner vers l'exotisme pour rosir des joues ou se décaper les genoux dans la Belle Province. Vive l'immigration et sa culture entreprenante, le secret de la revanche des berceaux et du métissage.

Rien de nouveau sous la pluie, sauf qu'on aimerait bien comprendre cette anomalie génétique qui nous confine aux réseaux de rencontre sur le Net, à la force de frappe du destin ou à l'abstinence pure et simple si on veut s'en tenir au sexe entre Tremblay-Gagné. Se faire draguer est devenu une destination vacances pour la plupart des Québécoises qui ne fréquentent pas un quartier multiethnique ou Fermont, P.Q. Et ce qui est encore plus dramatique: quel que soit leur âge!

En attendant que d'éminents spécialistes se penchent sur le problème que beaucoup de Québécoises ont résolu en prenant les devants et les derrières, le rédacteur Web Jean-Sébastien Marsan et la journaliste Emmanuelle Gril ont écrit un essai sur cette épineuse question, sans ménager le Québécois (ni la Québécoise, du reste).

Les Québécois ne veulent plus draguer et encore moins séduire (Éditions de l'Homme) est désavantagé par son emballage chick lit populaire mais s'avère un essai fouillé et bien écrit sur cette question sociale qui fait rimer romantique avec historique et politique. Sur cette anomalie qui mène généralement à la reproduction et relève donc de l'instinct (voir « animal », « rut », « permis de chasse », « survie de l'espèce », « call de l'orignal »), les auteurs ont tenté « de cerner les phénomènes qui ont transformé le Québec en désert sentimental » où quatre Québécois sur dix seraient célibataires, selon les statistiques cumulées par le couple d'ethnologues amateurs. Vaste programme et pari tenu.

Watcheux et peureux

Le cinéaste Ricardo Trogi a déjà qualifié les Québécois de « watcheux » devant moi. Son surplus de gènes italiens qui s'exprime, très certainement. Entre la vingtaine timide, la trentaine fuyante, la quarantaine en crise existentielle et les eaux vaseuses de la sagesse amère (et ses « j'aurais donc dû »), les auteurs de Les Québécois ne veulent plus draguer... constatent que les rencontres amoureuses n'ont pas disparu mais qu'elles sont souvent brèves, malaisées et insatisfaisantes.

Les raisons évoquées, appuyées par des entrevues avec des célibataires ou des spécialistes, vont du caractère fondamentalement effacé, hérité de l'homme d'antan (un colon ou un bûcheron), à l'impact du féminisme radical des années 1970, à l'invasion de la porno, du chacun pour soi, de la société de consommation (j'achète, donc je jette) et aux ravages de l'idéologie du grand amour. De façon inconsciente ou non, il souhaite une star porno et elle rêve du prince charmant. La rencontre est impossible, voire impraticable.

Fabrice Luchini disait des Québécoises (à TLMP, dimanche dernier) qu'elles sont sexy et conventionnelles, « pas du tout délire ». Il a parfaitement raison. Et c'est probablement ce qui fait peur au Québécois moyen: elle rêve d'engagement, de fonder une famille, de barbecue dans la cour et d'enfants à enrégimenter. Dès le premier rendez-vous doux, elle abat les cartes. C'est assez pour faire déguerpir bien des lapins. Et ça ne laisse aucune place au jeu. Car c'est là que le bât blesse: le Québécois et son pendant féminin ne jouent pas, ne se séduisent ni dans la finesse, ni dans les demi-teintes. Ils se traquent dans la méfiance mutuelle.

Par crainte de se faire rembarrer aussi sec par une héroïne de La Galère — les Québécoises sont réputées pour manquer du tact le plus élémentaire, à la limite de la brutalité, lorsqu'il s'agit de signifier leur désintérêt — , voulant ménager leur ego et leur piètre estime d'eux-mêmes, les Québécois ont développé une non-technique de la drague analysée dans cet essai pas du tout complaisant. Il a le regard fuyant, le verbe maladroit (et elle reste sourde à ses avances), il est trop authentique (une qualité, mais séduire, c'est mentir un peu), il n'a pas lu Alexandre Jardin et il manque de civilité. Sans compter la paresse qui lui fait préférer l'écran plat de son ordi, en guise de palissade, aux courbes somptueuses d'une belle inaccessible et revêche de sa personne.

Comme quoi y a de l'espoir

J'ai appelé tatie Cathou, la tante de mon B, le plus beau brin de fille de 32 ans que je connaisse. D'une beauté à vous infliger un torticolis permanent, raffinée, intelligente, gentille, autonome, sportive comme les aiment les gars (marathons, duathlons, deux-trois vélos dans son salon). Je me suis dit que si tout collait entre réalité et théorie, elle devait être célibataire. C'est le cas depuis un an (si on exclut quelques histoires sans lendemain). Et abstinente avec ça, même si elle côtoie majoritairement des gars. Elle « roulait » avec 11 mecs, unique représentante de son sexe, le w-e dernier.

— Et pis? Tu te fais draguer?

— Non, non, non, dit-elle en riant. Il n'essayent même pas!

Tatie Cathou est la première à en convenir, elle est trop souveraine, n'a pas peur de la solitude, cherche d'abord un égal. « Je n'attends pas après un gars. Ça ne les rassure pas, une fille qui en impose et qui est indépendante. » Forcément — tatie Cathou n'a pas toujours dépensé son énergie sexuelle dans le sport, à fréquenter des eunuques —, elle a beaucoup donné dans le Français et le Corse (c'est pas pareil!): « C'est plus facile de camper nos rôles respectifs avec la vieille Europe. Pas que je sois vieux-jeu, mais j'aime penser que mon homme n'a pas de complexe à s'assumer. Et avec l'homo-québécus, ce n'est pas toujours évident, il perd des plumes au chapitre de la galanterie et du savoir-vivre en couple. »

Exit mon homo.

J'entretenais la même opinion que tatie Cathou jusqu'à tout récemment. Et je convoitais déjà le prochain voyage à Paris, Florence ou Bogotà en espérant renaître dans le regard d'un homme qui vous drague, vous nargue à la blague. Je n'ai pas eu à aller si loin, Gatineau est venu à moi.

Un Québécois pur Phentex, mi-classique, mi-cascadeur (ceinture noire en chevalerie, passé maître dans la conduite extrême) m'a susurré à l'oreille: « Toi, je vais te draguer jusqu'à la fin de ta vie. »

Et voilà pourquoi je me fiance aujourd'hui.

Pardonne-nous nos offenses

Nous préparons notre mauvais coup sur le toit des Dominicains cet après-midi, avec le père Lacroix pour sanctifier notre amour. Deux ou trois poèmes, une chanson signée Aragon, un extrait du Cantique des cantiques, et voici nos fiançailles bouclées par un fil de soie, comme dans la chanson de Jeanne Moreau.

Parlant soie, je porterai le déshabillé de noce de ma grand-mère Deleine sous ma robe. Trois morceaux en soie pêche sertis d'une fine dentelle, cousus par ses blanches mains. Du solide.

— Dommage que ce soit péché, je vous les montrerais bien... ai-je confié au père Lacroix, qui s'informait des détails les plus triviaux.

La réponse n'a pas tardé:

— Quand c'est patrimonial, y a pas de péché...

Amen, mon père!

***

Posthume (la moitié du talent)

Je connais des gens très articulés qui pourraient être écrivains et même alimenter un blogue s'ils s'en donnaient la peine. J'ironise à peine. Ils ont des idées, des convictions, des lettres et l'esprit mal tourné; tout ce qu'il faut pour faire virer les capots de bord. Mais voilà, ils s'en tiennent aux débats de comptoir de troquet et aux courriels bien ficelés.

Ça leur suffit. Ils ne veulent même pas que je les cite, même pas anonymement, même pas un petit copier-coller qui rehausserait ma prose de vendrediste. Je respecte ça. Mais je ne peux m'empêcher de penser: quel gaspillage! Pendant ce temps-là, des rodomonts de salon prennent le crachoir.

« Tu vois, Joblo, j'ai l'air d'un ours, mais j'ai un frame de chat », m'a dit un ami dont j'estime particulièrement les idées, la sensibilité, le verbe, et qui refuse de s'exposer, même tout bas.

Grâce à lui, j'ai compris qu'aller au batte c'était déjà la moitié du talent. L'autre moitié consiste à avoir quelque chose à dire et à être capable de l'exprimer de façon concise et/ou originale.

Pierre Falardeau n'avait pas seulement la moitié du talent, il avait du talent en entier.

***

Visité: le blogue http://ladrague.qc.ca tenu par Jean-Sébastien Marsan et Emmanuelle Gril. Pour approfondir le sujet au jour le jour.

Feuilleté: Petite histoire de la masturbation des docteurs Pierre Humbert et Jérôme Palazzolo. Si l'époque est à la porno et à la solitude, on peut supposer qu'un et un font un. Pas du tout excitant comme ouvrage, plutôt technique et statistique. Mais ça peut aider à se sentir moins seul avec ses fantazzzzzmes.

Reçu: le dernier numéro de Moebius (122), Masturbatorium, des exercices d'écriture littéraire sur la question. Très inégal, mais ludique. La masturbation répondrait en partie à la douleur sociale de devoir exorciser (dans la plus stricte intimité ou pas) le désir que suscite une société qui nous bombarde de figures désirables. Des textes à lire en solo ou en duo.

Aimé: les deux tomes de L'Abrupt, de Fernand Ouellette (L'Hexagone). Rien de plus séduisant que la poésie, où germe souvent l'amour, et celle de Ouellette, bientôt 80 ans, est tout en dentelle, sensible, elle sonne juste. Il y est question de l'amour, de la vie qui nous traverse, du déclin et de la mort.
 
 
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  • Jerome Letnu
    Inscrit
    vendredi 2 octobre 2009 00h57
    Vous voulez l'égalité, j'en suit for aise, et bien draguez maintenant.
    Les femmes veulent l'égalité, sauf au chapitre de la drague. On le sait, c'est tellement turn-off partager une facture de resto !

    Moi je pratique la drague équitable. J'en fait 50%, et m'attends à ce que l'autre fasse de même.

    Tu veut un prince charmant à tes pieds ? Va rêver avec un exotique, et quand tu te serra fait lessivée, ne reviens surtout pas me voir.

  • Dominic Pageau
    Abonné
    vendredi 2 octobre 2009 01h35
    Je ne peux que vous donnez raison!
    Et j'accuse le féminisme! Rien de moins et c'est facile. J'ai été un de ces mous passifs, je me soigne. Et j'ai bien l'impression que c'est du fait qu'on a fait croire aux québecois et québecoises que l'homme et la femme pouvait être interchangeables et que la différence entre les sexes n'étaient que quelques détails biologiques. Autres choses, on a dit que toutes les avances non sollicitées par les femmes étaient une agression. Ça coupe la cruise assez net, non?

    Comment on peut être si "évolué" et si déconnecté?

  • Martin Claude
    Abonné
    vendredi 2 octobre 2009 10h26
    Je suis tellement d'accord!
    Bonjour,

    En effet, je n'ai jamais moi-même dragué. Ma femme est celle qui a fait les premiers pas et je lui ai fait deux enfants. Je veux être avec elle le plus longtemps possible, parce qu'elle n'est pas une matrone misandre, comme la plupart des Québécoises.

    Vous savez, je crois que ce que l'auteure du livre ne sait pas, parce que personne n'a osé lui dire, c'est que les hommes du Québec n'ont pas a composer avec le même genre de femme qu'en Europe, non plus. Vous êtes tout un phénomène et je crois que les relations actuelles resteront telles quelles tant que vous voudrez jouer aux femmes dominantes et contrôlantes. Bonne chance, les filles. Moi, je suis casé et je m'arrange pour le rester. Je comble ma femme (c'est ce qu'elle dit - et je la crois) et je vous oublie.

  • Pierrot7
    Abonné
    vendredi 2 octobre 2009 11h01
    Des excuses.
    Des excuses, des excuses... des fois je ne suis pas fier de ma race... de mâle. Les hommes n'ont qu'à prendre leur place et oui, draguer dans la rue ou au supermarché, pourquoi pas? La peur du rejet? Une autre excuse. L'homme québécois se prive d'un grand plaisir...

  • Madeleine Chandonet
    Abonnée
    vendredi 2 octobre 2009 12h02
    La chance
    Je me désole que je n'attire plus le regard des hommes. Il est vrai que je n'ai plus 20 ans mais les hommes aussi ont vieilli non? Me faudra t-il aller en Italie ou en Espagne pour tester mon pouvoir séducteur???

  • Yves Archambault
    Abonné
    vendredi 2 octobre 2009 12h22
    drague et curé
    d'abord je vous recommande la lecture de ce livre: "1940-1945 Années érotiques, Vichy ou les infortunes de la vertu. albin michel,2008, 570p.
    ensuite est-ce sérieux cette histoire que vous nous servez périodiquement avec le père machin, à l'instar de falardeau qui interdit drapeaux et banderolles à l'église, seriez-vous déphasée, détraquée par la religion. un québécois qui ne vous drague pas mais vous "lit"(sic)!

  • Ginger Walsh
    Inscrit
    vendredi 2 octobre 2009 19h27
    Matrimonial!
    S'il avait dit MATRIMONIAL au moins ce père Lacroix, si cultivé, il aurait pu admirer vos atours couleur pêche!

    Entièrement d'accord avec votre texte! Décourageant pour les femmes seules...

    Joyeuses fiançailles!

  • Frederic Guerin
    Inscrit
    dimanche 4 octobre 2009 16h31
    La réciproque est vraie elle aussi
    Les québécoise se font draguer davantage lorsqu'elles vont dans des pays plus "chauds". La réciproque est vrai elle aussi: lorsque je fréquente ces mêmes pays, moi qui suis plutôt réservé, je deviens tout d'un coup beaucoup plus entreprenant. Étrange phénomène, n'est-ce pas? Votre article m'a quand même convaincu d'essayer d'être plus menteur... heu pas vraiment quand j'y pense... mais peut-etre plus baveux et surement plus audacieux, ce qui bien sûr correspond à ce que vous vouliez de nous... Ha les femmes, y'a rien a faire, on est fait à l'os, d'une manière ou d'une autre :-)

  • Bernard Vézina
    Inscrit
    lundi 5 octobre 2009 20h39
    Chacun son ethnie
    Si les Québécois ne draguent plus les Québécoises, c'est peut-être parce qu'ils sont trop occupés à draguer des asiatiques et autres femmes issues de cultures où la femme n'a pas encore vécu sa révolution féministe. Chacun son ethnie. Chacun son "Jungle Fever".

  • Laurent Labrecque
    Abonné
    mercredi 7 octobre 2009 15h11
    Un oubli fondamental
    Je réagis - tard il est vrai- à votre texte de vendredi dernier, et plus précisément aux raisons invoquées dans le livre de Marsan et Gril sur le peu de talent des Québécois pour la drague et la séduction.

    Il y manque le facteur principal de cette attitude, c'est-à-dire l'héritage d'une histoire qui n'a rien pour donner au mâle québécois une forte estime de lui-même. C'est le même oubli (inconscient ou volontaire?) que celui qu'a fait le mouvement féministe québécois. L'homme québécois auquel étaient confrontées les féministes était en fait un homme accoutumé par l'histoire à la défaite, à la domination et à la soumission : défaite militaire, domination économique jusqu'au niveau de l'ouvrier francophone dirigé par un patron et un contremaître anglophones, subordination politique, soumission séculaire au curé, souvent par l'intermédiaire de sa femme qui se faisait la gardienne de la morale religieuse.

    Deux raisons principales expliquent cet « oubli » des porte-parole du mouvement féministe : elles étaient pour la plupart issues de familles petites-bourgeoises où le père, membre d'une profession libérale ou petit commerçant, était le grand pourvoyeur et son épouse la "femme de". Surtout, l'admission de cette réalité historique aurait démoli cette construction idéologique d'une société affreusement patriarcale, pilier de l'argumentation du mouvement. Comment se fait-il que des féministes de forte conviction indépendantiste, c'est-à-dire ayant la volonté de sortir les Québécois (hommes et femmes) d'une situation de domination, n'aient pas vu et reconnu que les hommes québécois gardaient l'héritage de cette situation de dominés? Je pense par exemple à Hélène Pedneault, femme pourtant éminemment intelligente. Oui, les femmes avaient raison de réclamer l'égalité juridique et salariale. Mais dans le milieu rural et agricole où j'ai grandi, comme dans celui des ouvriers urbains dans lequel j'ai vécu pendant des années par la suite, ce dur patriarcat était invisible, ce Québécois supposé être dominant ressemblait plutôt à un homme coincé qui préférait se taire.

    Contrairement à ce que votre article laisse entendre, les Québécois ne draguaient pas davantage avant. Et s'ils ne savent ni draguer ni séduire, c'est, comme vous l'avez fait remarquer, qu'ils n'ont pas une image suffisamment solide d'eux-mêmes pour accepter sans broncher de subir un refus et encore moins une rebuffade brutale comme tant de Québécoises savent si bien en infliger. Et c'est d'abord à leur héritage historique qu'il faut s'en prendre, le féminisme n'ayant fait que cristalliser chez eux un rapport aux femmes qui manque d'assurance. Je crois même qu'il faudrait remonter à la position de supériorité des filles du roi instruites et rares face à des colons illettrés et sans métier véritable. Oui, les choses ont beaucoup changé, mais l'image d'eux-mêmes que l'histoire a ancrée dans la psyché des Québécois ne s'est pas entièrement effacée pour autant.

    Laurent Labrecque

  • François Thivierge
    Inscrit
    vendredi 4 décembre 2009 09h26
    Jouis et fais jouir
    Ne faites pas semblant d’ignorer pourquoi les gars ne flirtent pas. Encore moins pourquoi vous avez recours aux pays exotiques : Les femmes d’ici, mêmes les plus cutes, sportives ou pétillantes comme vous, veulent toutes se marier le premier soir ! Ça vous déculpabilise (je sais pourquoi, je pourrais vous en parler longuement).
    Dans les années 80-90, alors que j'étais encore plus beau bonhomme qu’aujourd’hui, et sachant m'y prendre, dès que je leur écrivais – après avoir laissé entendre ce qu’elles voulaient entendre et avoir accompli l’acte le plus doux du monde – ce qui suit, elles viraient d'bord et courent encore… à Cuba. Loin, loin. Mais ici, dans leur terre natale, le plaisir pour le plaisir, comme vivre pour vivre, elles veulent pas le sawoir.
    Pourtant, disait Chamfort aux 17e : Jouis et fais jouir sans faire de mal ni à soi ni aux autres, voilà toute la morale. Hé, misère qu’on est donc dur de comprenure !

    Madame

    Quand je vous tiens dans mes bras habiles
    Pourquoi chercher un hasard
    Un mot, une phrase, un regard
    Où votre cœur pourrait trouver asile

    Cela est inutile
    Pourquoi chercher un départ
    Ou nous faire un amour bâtard
    Alors qu'il suffit d'être futile

    Rendez vos sentiments à l'exil madame
    Pourquoi chercher un brouillard
    Un flot, un strass, un cafard
    Rendez vos sentiments à l'exil madame
    …Et que nous soyons plus tranquilles
    _________________________________
    © François Thivierge

  • Alain Deloin
    Inscrit
    mercredi 22 septembre 2010 22h36
    Je savais bien que j'avais sauvegardé cet article quelque part...
    Dommage que cet article ne puisse remonter au temps présent...C'est une grande réussite. L'analyse est tellement fine.

    J'aurais de bonnes histoires à raconter. Un véritable choc culturel pour l'homme venu de France. Et pas seulement au Québec, c'est pareil dans l'Ontario voisin.

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