«Des jeunes vont en souffrir»
Le flou qui entoure l'avenir du Refuge des jeunes inquiète son porte-parole, Dan Bigras
Photo : Jacques Nadeau
Le Refuge des jeunes, dont le chanteur et cinéaste Dan Bigras est le porte-parole depuis 1991, a offert ses services à plus de 15 000 jeunes depuis sa fondation.
Le chanteur et cinéaste Dan Bigras est soucieux: le flou qui entoure la vente de l'église qui abrite l'organisme Le Refuge doit se dissiper immédiatement, dit-il. Sans quoi des jeunes en souffriront à moyen terme.
L'avenir incertain du Refuge des jeunes de Montréal inquiète grandement son porte-parole de longue date, le chanteur Dan Bigras. Hier, ce dernier s'est dit déçu de l'attitude des deux parties engagées dans la vente de l'église Saint-Louis-de-France, qui abrite les locaux de l'organisme.
Joint en après-midi entre deux séances d'enregistrement d'un nouvel album, Bigras a dit trouver préoccupante la situation actuelle. «J'avoue que je ne comprends pas l'attitude de [la paroisse] et des nouveaux propriétaires», a-t-il dit.
«Concrètement, on ne sait rien de ce que l'avenir nous réserve. Pourtant, tout le monde sait qu'un organisme comme le nôtre ne peut pas déménager à la légère. Ce sont des choses qui se prévoient, sinon des jeunes vont en souffrir. Alors, il faudrait être fixé rapidement: il n'y a aucune raison pour que les choses se fassent aussi froidement qu'actuellement.»
Lundi, la directrice générale du Refuge, France Labelle, avait dénoncé l'absence de communication avec la paroisse depuis la vente de l'église, il y a trois semaines. «Nous sommes dans le flou total», avait-elle dit.
Le curé de la paroisse, Alain Mongeau, a communiqué avec la direction du Refuge pour confirmer qu'une vente avait été conclue avec l'Église évangélique Restauration. «Il devait nous présenter les nouveaux propriétaires, mais on n'a plus eu de nouvelles depuis», a précisé hier Mme Labelle.
En vacances à Paris, M. Mongeau a communiqué hier dans la journée avec Mme Labelle pour régler certains points en litige. Au Devoir, M. Mongeau a indiqué que la vente de l'église avait été réalisée seulement après que le Refuge eut refusé d'acheter l'établissement, même si celui-ci avait été offert à un prix réduit par le cardinal Jean-Claude Turcotte.
Mais ce n'est pas la vente de l'église comme telle que dénonce France Labelle, c'est plutôt l'absence de suivi par les anciens et les nouveaux propriétaires auprès du Refuge. Mme Labelle n'a toujours pas eu de contact direct avec le nouveau propriétaire — il semble toutefois qu'une réunion sera possible la semaine prochaine.
«On ne peut pas rester longtemps sans nouvelles, c'est crucial que l'on sache immédiatement vers quoi on s'en va», dit-elle. Le bail de l'organisme se termine en octobre 2011. Or l'Église évangélique Restauration ne peut garantir le maintien des activités du centre d'accueil après cette date.
Interrogé lundi, le fils du fondateur de l'Église, Bernaby Quevedo, indiquait vouloir a priori garder le Refuge en son lieu. Sauf que l'église Saint-Louis-de-France a été achetée pour attirer de nouveaux fidèles, et si l'expansion suit les plans des propriétaires, les 6800 pieds carrés occupés au sous-sol par le Refuge pourraient être nécessaires aux activités de l'Église.
Le Refuge ne peut se permettre d'attendre de voir comment prospérera l'Église, réplique France Labelle. «Si nous n'avons pas de garantie formelle que nous pouvons rester après 2011 dès maintenant, nous allons entamer immédiatement les procédures de recherche d'un nouveau local. C'est impossible pour nous d'attendre à la dernière minute de notre bail, il faut bouger maintenant.»
Difficile
Porte-parole du Refuge depuis 1991, Dan Bigras — qui organise chaque année le populaire spectacle-bénéfice du Show du Refuge — estime qu'un déménagement serait difficile à supporter pour le Refuge.
«Ce serait déjà beau de trouver un lieu adéquat, près des services offerts aux jeunes, mais encore faudrait-il pouvoir le payer. Et ça, c'est loin d'être évident. Alors, s'il faut aller vers ça, il faut le savoir vite pour s'organiser.»
L'église de la paroisse Saint-Louis-de-France a été vendue pour 1,3 million. La paroisse finance la moitié du prêt aux nouveaux propriétaires, qui auront deux ans pour rembourser environ 685 000 $. L'Église évangélique Restauration possède déjà un temple rue Saint-André, dans Villeray.
Plus de 15 000 jeunes ont par ailleurs fréquenté le Refuge depuis son ouverture en 1989. L'organisme sert 24 000 repas chaque année et offre 45 lits.
L'avenir incertain du Refuge des jeunes de Montréal inquiète grandement son porte-parole de longue date, le chanteur Dan Bigras. Hier, ce dernier s'est dit déçu de l'attitude des deux parties engagées dans la vente de l'église Saint-Louis-de-France, qui abrite les locaux de l'organisme.
Joint en après-midi entre deux séances d'enregistrement d'un nouvel album, Bigras a dit trouver préoccupante la situation actuelle. «J'avoue que je ne comprends pas l'attitude de [la paroisse] et des nouveaux propriétaires», a-t-il dit.
«Concrètement, on ne sait rien de ce que l'avenir nous réserve. Pourtant, tout le monde sait qu'un organisme comme le nôtre ne peut pas déménager à la légère. Ce sont des choses qui se prévoient, sinon des jeunes vont en souffrir. Alors, il faudrait être fixé rapidement: il n'y a aucune raison pour que les choses se fassent aussi froidement qu'actuellement.»
Lundi, la directrice générale du Refuge, France Labelle, avait dénoncé l'absence de communication avec la paroisse depuis la vente de l'église, il y a trois semaines. «Nous sommes dans le flou total», avait-elle dit.
Le curé de la paroisse, Alain Mongeau, a communiqué avec la direction du Refuge pour confirmer qu'une vente avait été conclue avec l'Église évangélique Restauration. «Il devait nous présenter les nouveaux propriétaires, mais on n'a plus eu de nouvelles depuis», a précisé hier Mme Labelle.
En vacances à Paris, M. Mongeau a communiqué hier dans la journée avec Mme Labelle pour régler certains points en litige. Au Devoir, M. Mongeau a indiqué que la vente de l'église avait été réalisée seulement après que le Refuge eut refusé d'acheter l'établissement, même si celui-ci avait été offert à un prix réduit par le cardinal Jean-Claude Turcotte.
Mais ce n'est pas la vente de l'église comme telle que dénonce France Labelle, c'est plutôt l'absence de suivi par les anciens et les nouveaux propriétaires auprès du Refuge. Mme Labelle n'a toujours pas eu de contact direct avec le nouveau propriétaire — il semble toutefois qu'une réunion sera possible la semaine prochaine.
«On ne peut pas rester longtemps sans nouvelles, c'est crucial que l'on sache immédiatement vers quoi on s'en va», dit-elle. Le bail de l'organisme se termine en octobre 2011. Or l'Église évangélique Restauration ne peut garantir le maintien des activités du centre d'accueil après cette date.
Interrogé lundi, le fils du fondateur de l'Église, Bernaby Quevedo, indiquait vouloir a priori garder le Refuge en son lieu. Sauf que l'église Saint-Louis-de-France a été achetée pour attirer de nouveaux fidèles, et si l'expansion suit les plans des propriétaires, les 6800 pieds carrés occupés au sous-sol par le Refuge pourraient être nécessaires aux activités de l'Église.
Le Refuge ne peut se permettre d'attendre de voir comment prospérera l'Église, réplique France Labelle. «Si nous n'avons pas de garantie formelle que nous pouvons rester après 2011 dès maintenant, nous allons entamer immédiatement les procédures de recherche d'un nouveau local. C'est impossible pour nous d'attendre à la dernière minute de notre bail, il faut bouger maintenant.»
Difficile
Porte-parole du Refuge depuis 1991, Dan Bigras — qui organise chaque année le populaire spectacle-bénéfice du Show du Refuge — estime qu'un déménagement serait difficile à supporter pour le Refuge.
«Ce serait déjà beau de trouver un lieu adéquat, près des services offerts aux jeunes, mais encore faudrait-il pouvoir le payer. Et ça, c'est loin d'être évident. Alors, s'il faut aller vers ça, il faut le savoir vite pour s'organiser.»
L'église de la paroisse Saint-Louis-de-France a été vendue pour 1,3 million. La paroisse finance la moitié du prêt aux nouveaux propriétaires, qui auront deux ans pour rembourser environ 685 000 $. L'Église évangélique Restauration possède déjà un temple rue Saint-André, dans Villeray.
Plus de 15 000 jeunes ont par ailleurs fréquenté le Refuge depuis son ouverture en 1989. L'organisme sert 24 000 repas chaque année et offre 45 lits.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

