jeudi 24 mai 2012 Dernière mise à jour 22h30
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Le Refuge des jeunes est dans l'incertitude

La vente de l'église Saint-Louis-de-France pourrait forcer l'organisme à déménager

Jason Larouche, intervenant de liaison et d’accompagnement au Refuge des jeunes, dans le dortoir de l’organisme installé au sous-sol de l’église Saint-Louis-de-France. Depuis 20 ans, le Refuge a accueilli plus de 15 000 jeunes.
Photo : Jacques Nadeau
Jason Larouche, intervenant de liaison et d’accompagnement au Refuge des jeunes, dans le dortoir de l’organisme installé au sous-sol de l’église Saint-Louis-de-France. Depuis 20 ans, le Refuge a accueilli plus de 15 000 jeunes.
Le Refuge se retrouvera-t-il à la rue? La vente récente de l'église Saint-Louis-de-France — située au coeur du Plateau Mont-Royal — à une Église évangélique laisse l'organisme d'accueil des jeunes dans une grande incertitude quant à son avenir, a appris Le Devoir.

Parrainé par le chanteur Dan Bigras, Le Refuge des jeunes de Montréal occupe depuis 1989 quelque 6800 pieds carrés au sous-sol de la vaste église qui s'élève à l'angle des rues Berri et Roy. Or, délaissée par les fidèles, cette église a dû être vendue il y a trois semaines à l'Église évangélique Restauration. La transaction s'élève à 1,3 million et prendra effet le 17 août.

Mais, depuis ce temps, la directrice générale du Refuge, France Labelle, nage dans le noir. Les communications sont virtuellement rompues avec la paroisse (le curé Alain Mongeau, responsable de la vente, est en vacances et ses boîtes vocales sont pleines), alors que les nouveaux propriétaires se font discrets, malgré un premier contact rapide avec l'organisme.

«La transmission d'informations n'est vraiment pas évidente, et ça nous laisse perplexes», indiquait Mme Labelle hier, lors du passage du Devoir dans son bureau qui borde les tables de billard et de ping-pong de l'organisme.

«On ne sait même pas à qui envoyer notre prochain chèque de loyer. On est pourtant là depuis très longtemps, il me semble qu'on devrait être les premiers informés de ce qui se passe. C'est exactement le contraire qui se produit.»

Elle aimerait surtout connaître les intentions des nouveaux propriétaires concernant le sous-sol occupé par le Refuge. L'organisme détient un bail valide jusqu'en octobre 2011, bail qui assurait à la paroisse un revenu annuel de 58 000 $.

«Il est certain qu'on peut rester jusqu'à la fin de notre bail, souligne Mme Labelle. Mais s'il faut ensuite quitter, on devra le savoir très rapidement. Déménager un centre comme le nôtre demande une longue planification. On ne peut pas aller n'importe où.»

Actuellement, les jeunes qui fréquentent le Refuge — ils sont 600 chaque année — ont accès à une foule de services à portée de pied: le CLSC des jeunes et les centres de jour de Chez Pops et du 1818 Gilford sont notamment à côté. Un nouveau refuge devrait donc rester dans les environs, pense France Labelle, qui se dit aussi «consciente» que tout déménagement de la clientèle impliquerait des enjeux de cohabitation avec le voisinage.

Depuis 20 ans, le Refuge a accueilli plus de 15 000 jeunes, une clientèle souvent sous-scolarisée et aux prises avec différents problèmes de toxicomanie ou de santé mentale et physique. L'organisme sert 24 000 repas chaque année et offre 45 lits.

À ce stade, Mme Labelle indique que la direction «ne panique pas, mais il y a beaucoup d'inquiétude, et c'est plus que probable qu'on doive déménager dans deux ans».

Joint en après-midi hier, le fils du nouveau propriétaire et fondateur de l'Église Restauration, Bernaby Quevedo, indiquait ne pas pouvoir garantir que le Refuge demeurera à terme dans l'église. «Nous aimerions le garder, mais cela dépend de la popularité de notre Église. Nous avons acheté parce que notre temple actuel [situé rue Saint-André, dans Villeray] était devenu trop petit pour accueillir tout le monde. Notre objectif est d'attirer de nouveaux fidèles dans cette église, alors on pourrait avoir besoin de plus d'espace.»

M. Quevedo se fait toutefois rassurant: s'il ne peut «rien garantir», il ajoute qu'il n'y a pas de menace imminente pour la survie du Refuge. «Mon père désire aussi que l'organisme demeure chez nous pour un bout de temps», dit-il.

Prêt

La vente de l'église a par ailleurs été rendue possible en partie grâce... à la paroisse Saint-Louis-de-France, qui a financé la moitié du montant de l'achat. Selon M. Quevedo, la Restauration devra donc rembourser 28 500 $ par mois pendant deux ans, après quoi l'église sera vraiment leur propriété. Il affirme que l'Église a les reins assez solides pour se permettre cet emprunt.

Le reste du financement aurait été obtenu par différentes contributions des membres de l'Église évangélique, fondée par le Guatémaltèque Biron Quevedo il y a 15 ans et comptant quelques missions en Suède, en Espagne et au Québec.

Au diocèse de Montréal, le consultant Louis-Philippe Desrosiers mentionne qu'une politique interne vise à favoriser d'autres Églises chrétiennes lorsqu'un bâtiment catholique est à vendre. «Nous donnons le premier choix à d'autres Églises, ensuite au communautaire, et finalement au grand public.»

Sur les 35 églises vendues ces dernières années sur le territoire du diocèse de Montréal (Montréal et la Rive-Nord), 22 ont ainsi été rachetées par d'autres Églises, 12 par des organismes communautaires et deux par des gens de l'extérieur.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
2 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012