Macadam - Réinventer la roue
Avec ses déménagements à vélo, la petite entreprise de Julien Myette est bien en selle
Photo : Jacques Grenier
Beau temps, mauvais temps, Julien Myette enfourche sa bicyclette, y accroche sa remorque et pédale d’un logis à l’autre.
On pourrait prendre pour un parfait hurluberlu cet homme qui se promène dans les rues de Montréal avec des électroménagers installés sur une remorque tirée par son vélo. En réalité, Julien Myette a plutôt compris un jour qu'il pouvait concilier sa passion pour la bicyclette, sa propension à l'écologie et son métier de déménageur.
À ses mini-quartiers généraux de la rue Frontenac, dans l'est de la métropole, un mini-entrepôt lui tient lieu de mini-remise pour son mini-équipement qui sert à effectuer de mini-déménagements. Suspendus au plafond: des bâches et des couvre-meubles mis à sécher, car il avait plu des cordes ce jour-là. C'est que, beau temps, mauvais temps, trempé ou pas, Julien Myette honore ses contrats de déménagement à vélo.
Tout a pris forme l'an dernier lorsqu'il a enfin trouvé un fabricant de remorques à sa mesure — 1,5 mètre sur 75 centimètres —, en Ohio, chez l'oncle Sam. Une super-bicyclette et une remorque plus tard, Transport Myette était sur les rails. Le petit train va loin: aujourd'hui, le PDG de la PME lance dans le trafic trois remorques et trois vélos, fait travailler deux employés et, même s'il ne roule pas sur l'or, arrive à rouler pour en vivre.
Et rien ne semble l'arrêter. Tiens, quand nous l'avons rencontré, il venait de déménager-emménager un logement complet, à 200 mètres de distance. En fait, gare à qui voudrait lui mettre des bâtons dans les roues. Surtout pas lorsqu'elles supportent des charges allant jusqu'à 300 kilos par remorque, et surtout pas dans les côtes! Le secret: des freins à disques et des vélos qu'il fait maintenant fabriquer sur mesure.
Transport Myette se présente comme «écologique et économique», spécialisé dans les mini-déménagements sur de petits trajets. Bien sûr, on ne lui confie pas une course Montréal-Québec, quoique... «Si on me le demandait, disons pour le kick, je serais assez fou pour le faire!, lance-t-il. Mais mon rayon habituel se situe entre le fleuve et les autoroutes 15, 25 et 40.»
Publicité ambulante
Ainsi, de mars à décembre, Julien Myette roule sa bosse avec des meubles, des matelas, des boîtes, des électros — jusqu'à six à la fois, soit deux sur chaque remorque — et même des déchets de construction qu'il transporte vers les écocentres. Aux tarifs horaires de 20 $ pour un vélo, 35 $ pour deux et 50 $ pour trois, voilà un moyen original de faire déménager ses babioles.
Et les coûts sont aussi flexibles que les coups de pédale à donner: selon la période de l'année, le moment dans le mois et la distance à parcourir. «J'évalue les contrats au cas par cas, explique l'écolo-déménageur. La plupart du temps, j'arrive à demander un montant fixe, tout en pondérant la durée du déplacement par rapport à un véhicule motorisé.»
L'impact visuel de ces drôles d'installations qui déambulent dans les rues fait immanquablement son effet. «Les gens sont intrigués», dit-il, sourire en coin. Quel euphémisme! Voilà bien sa meilleure publicité. Mais ce n'est pas en téléphonant chez Transport Myette que l'on apprend qu'il travaille à vélo: il ne le dit pas d'emblée. «Au début, dès que je le mentionnais, les gens me prenaient pour un amateur, un hippie fini ou carrément un fou!» Quoi? Des allégations mensongères? «Quand ils me voient arriver, les clients sont d'abord incrédules, puis méfiants, mais ils réalisent vite que je suis un déménageur professionnel et consciencieux. À la fin, ils sont enchantés.»
Julien Myette insiste beaucoup sur le sérieux de son entreprise, vu les apparences inusitées de son matériel qui carbure à l'huile de bras. Malgré tout, Transport Myette semble bien en selle. Quant à son créateur, il n'a pas réinventé la roue, mais comme hurluberlu, on a déjà vu moins sympathique.
À ses mini-quartiers généraux de la rue Frontenac, dans l'est de la métropole, un mini-entrepôt lui tient lieu de mini-remise pour son mini-équipement qui sert à effectuer de mini-déménagements. Suspendus au plafond: des bâches et des couvre-meubles mis à sécher, car il avait plu des cordes ce jour-là. C'est que, beau temps, mauvais temps, trempé ou pas, Julien Myette honore ses contrats de déménagement à vélo.
Tout a pris forme l'an dernier lorsqu'il a enfin trouvé un fabricant de remorques à sa mesure — 1,5 mètre sur 75 centimètres —, en Ohio, chez l'oncle Sam. Une super-bicyclette et une remorque plus tard, Transport Myette était sur les rails. Le petit train va loin: aujourd'hui, le PDG de la PME lance dans le trafic trois remorques et trois vélos, fait travailler deux employés et, même s'il ne roule pas sur l'or, arrive à rouler pour en vivre.
Et rien ne semble l'arrêter. Tiens, quand nous l'avons rencontré, il venait de déménager-emménager un logement complet, à 200 mètres de distance. En fait, gare à qui voudrait lui mettre des bâtons dans les roues. Surtout pas lorsqu'elles supportent des charges allant jusqu'à 300 kilos par remorque, et surtout pas dans les côtes! Le secret: des freins à disques et des vélos qu'il fait maintenant fabriquer sur mesure.
Transport Myette se présente comme «écologique et économique», spécialisé dans les mini-déménagements sur de petits trajets. Bien sûr, on ne lui confie pas une course Montréal-Québec, quoique... «Si on me le demandait, disons pour le kick, je serais assez fou pour le faire!, lance-t-il. Mais mon rayon habituel se situe entre le fleuve et les autoroutes 15, 25 et 40.»
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Ainsi, de mars à décembre, Julien Myette roule sa bosse avec des meubles, des matelas, des boîtes, des électros — jusqu'à six à la fois, soit deux sur chaque remorque — et même des déchets de construction qu'il transporte vers les écocentres. Aux tarifs horaires de 20 $ pour un vélo, 35 $ pour deux et 50 $ pour trois, voilà un moyen original de faire déménager ses babioles.
Et les coûts sont aussi flexibles que les coups de pédale à donner: selon la période de l'année, le moment dans le mois et la distance à parcourir. «J'évalue les contrats au cas par cas, explique l'écolo-déménageur. La plupart du temps, j'arrive à demander un montant fixe, tout en pondérant la durée du déplacement par rapport à un véhicule motorisé.»
L'impact visuel de ces drôles d'installations qui déambulent dans les rues fait immanquablement son effet. «Les gens sont intrigués», dit-il, sourire en coin. Quel euphémisme! Voilà bien sa meilleure publicité. Mais ce n'est pas en téléphonant chez Transport Myette que l'on apprend qu'il travaille à vélo: il ne le dit pas d'emblée. «Au début, dès que je le mentionnais, les gens me prenaient pour un amateur, un hippie fini ou carrément un fou!» Quoi? Des allégations mensongères? «Quand ils me voient arriver, les clients sont d'abord incrédules, puis méfiants, mais ils réalisent vite que je suis un déménageur professionnel et consciencieux. À la fin, ils sont enchantés.»
Julien Myette insiste beaucoup sur le sérieux de son entreprise, vu les apparences inusitées de son matériel qui carbure à l'huile de bras. Malgré tout, Transport Myette semble bien en selle. Quant à son créateur, il n'a pas réinventé la roue, mais comme hurluberlu, on a déjà vu moins sympathique.
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