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Développement culturel - Bâtir un succès

Il y a une dizaine d'années, alors que la Grande Bibliothèque du Québec (GBQ) n'était encore qu'une idée, les grands esprits ergotaient sur son emplacement idéal. Ces méditations paraissent bien lointaines: on célèbre maintenant le formidable succès populaire de l'antre national des livres.

Mais s'opposaient à l'époque deux lieux et deux visions: la voie du savoir, en plein Quartier Latin, sur l'ancien site du Palais du commerce; et la voie culturelle — ou commerciale? —, en pleine zone des spectacles, sur l'îlot Balmoral.

On le sait, le site du Palais du commerce fut choisi pour ériger l'institution phare. Elle éclaire en effet les consciences. Dans l'univers littéraire et du savoir, elle occupe — on peut le dire sans gêne — un réel poste d'avant-garde. Mais tout autour, quelle désolation! L'institution nationale devait bien servir d'étincelle pour enflammer un quartier tout entier. Certains entretenaient de grands rêves, mais se sont heurtés à la faillite: on pense bien sûr à l'UQAM et à son projet d'îlot Voyageur, qui devait revigorer une zone en mal de vivre. La GBQ trône, mais le royaume environnant est tristounet.

Inutile de faire le débat a posteriori. Il est amusant toutefois de songer que cette GBQ, qu'on imaginait première pierre d'une grande cité des arts et des lettres, aurait pu parader en plein Quartier des spectacles, lequel vibre maintenant sous la pulsation des «pépines». Dans ce mégadéveloppement culturel qui palpite au centre-ville, quel triomphe aurait connu cette bibliothèque?

Le succès de la GBQ est un fait. Mais on nage en plein onirisme pour le Quartier des spectacles et sa Place des festivals, ainsi que l'enfilade de projets qui coloreront un secteur délabré du centre-ville — le 2-22, le métro Saint-Laurent, la rue Sainte-Catherine, l'Adresse symphonique, le Quadrilatère Saint-Laurent.

Quelques visions prennent forme: la Place des festivals est encore un chantier, mais sera accessible fin juin. Les consultations entourant la construction future du 2-22, en plein Quartier des spectacles, permettent de juger du caractère indispensable de cet examen public: déjà, le promoteur a accepté de modifier l'immeuble, notamment par souci patrimonial.

Pour Montréal, qui expose des facettes d'extrême flétrissure, la promesse d'un nouveau paysage urbain à saveur culturelle est heureuse. Mais il faut dépasser le mirage des millions ainsi que l'éclat des maquettes faites de verre ou de brique. Plus qu'un concept architectural dont on se lasse ou s'émerveille pour des dizaines d'années à venir, ces reconfigurations doivent surtout appartenir au public.

On parlera de victoire quand non seulement les visiteurs fréquenteront les festivals, mais quand les citoyens occuperont les repaires culturels et qu'ils vagabonderont sur les places; quand les artistes s'afficheront dans ces hauts lieux de la création et qu'ils pourront aspirer à y vivre. Alors seulement, lorsque la population leur aura donné une âme, on évoquera ces lieux en termes de réussite.

*****

machouinard@ledevoir.com
 
 
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  • Robert Henri - Inscrit
    21 mai 2009 06 h 13
    Pour un développement culturel adéquat
    Pour un développement culturel adéquat et ayant du succès, assurons nous d'abord que nos enfants apprennent comme il le faut: Lire «Des enseignantes critiquent un examen de français critiqué par des enseignants». Pour que le développement culturel soit fait correctement avec l'argent de tous les Québécois, il faut cesser de tout mettre à Montréal.

    Les livres de la Grande Bibliothèque, qui devrait se nommer «bibliothèque nationale» doivent être tous numérisés et rendus disponibles gratuitement à tous les citoyens québécois gratuitement et facilement sur simple abonnement citoyen.

    Ça, ce serait du développement culturel efficace, constructif et éducatif.

    Mais il n'y a pas de danger que Charest ou ses sinistres ministres aillent dans ce sens puisque l'idée ne vient pas d'eux.
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