Crise à l'Ordre des agronomes
Congédiement, suspension et procédure de destitution se multiplient tandis que le président fait l'objet d'une plainte auprès de l'Office des professions
Les agronomes et leur ordre professionnel occupent une position centrale dans le contrôle de la pollution agricole au Québec. Tout ce qui peut affecter la rigueur de la discipline et de l'éthique dans cette corporation que cet ordre doit faire respecter auprès de ses membres peut avoir d'importantes répercussions, ce qui est peut-être le cas avec la crise méconnue qui secoue cet ordre à l'heure actuelle.
En moins de six mois, l'Ordre des agronomes professionnels du Québec a congédié sa directrice générale, a suspendu de ses fonctions générales sa secrétaire générale, contrairement à son voeu, et a amorcé une procédure de destitution de son syndic.
Cette cascade d'événements survient au moment où le syndic de l'Ordre a déposé auprès de son Conseil de discipline deux plaintes contre le président actuel, Conrad Bernier. Les plaintes en question n'apparaissent pas encore au rôle disciplinaire, une information importante en pleine élection pour le renouvellement de la direction de l'Ordre.
Tels sont les «faits» allégués dans une lettre que l'ancienne présidente de l'Ordre des agronomes, Claire Bolduc, a adressée au président de l'Office des professions du Québec,
Me Jean-Paul Dutrisac, le 30 avril dernier.
Dans cette lettre, dont Le Devoir a obtenu copie par une source bien informée, l'ancienne présidente de l'Ordre, qui préside aujourd'hui le mouvement Solidarité rurale, écrit à propos des congédiements et limogeages récents que «si chacune de ces interventions prises séparément peut relever des strictes relations de travail entre un employeur et son personnel, le fait que les trois principaux employés d'un ordre professionnel soient tous limogés dans un intervalle de moins de six mois apparaît à tout le moins curieux, d'autant plus qu'un an auparavant, chacun des employés concernés [sic] recevait les félicitations chaleureuses des administrateurs de l'Ordre, comme en témoignent les divers procès-verbaux».
Plaintes contre le président
Mme Bolduc dit avoir été informée que le syndic avait «déposé au Conseil de discipline deux plaintes concernant l'actuel président», des plaintes qui devraient apparaître au rôle de discipline sous peu. Elle signale aussi au président de l'Office des professions que la directrice générale remerciée en décembre en plein congé de maladie à cause d'une opération grave a déposé une poursuite de «plus de 300 000 $» contre l'Ordre, «poursuite dans laquelle elle cite des comportements inadéquats de la part du président» Bernier.
«Ces divers événements soulèvent plusieurs questions, la plus importante portant sur la neutralité et l'éthique de la présidence actuelle», écrit Mme Bolduc.
Dans sa poursuite intentée en Cour supérieure, l'ancienne directrice générale, dont l'Ordre avait approuvé le renouvellement du contrat, allègue qu'on a abruptement mis fin à son emploi à l'Ordre pour cause de «bris de confiance».
Dérapages
La poursuite précise qu'elle a alors demandé à l'avocat de l'Ordre, qui lui signifiait la fin de son emploi, si c'était «en lien avec le dérapage survenu dans deux dossiers particuliers».
La poursuite pour des dommages-intérêts et exemplaires de 310 922 $ précise que, dans un premier cas, l'Ordre avait engagé pour l'organisation d'un congrès international d'agronomes en 2012 une société «pour laquelle le fils du président de la défenderesse travaillait de façon contractuelle».
Dans le deuxième dossier, ajoute la poursuite, l'affaire «concernait une inspection professionnelle auprès d'un membre de l'Ordre, à la suite de laquelle le président de la défenderesse avait demandé le congédiement de l'inspecteur en question, l'arrêt du processus d'inspection professionnelle et l'interdiction de transférer ce dossier particulier du comité d'inspection professionnelle au Bureau du syndic de la défenderesse».
Le libellé de la poursuite ajoute que le président Bernier «avait fait son mea culpa auprès des membres du comité administratif ou du Bureau [du syndic] et qu'il avait même proposé de remettre sa démission, mais que les administrateurs l'avaient refusée».
Rien à voir
Le Devoir a joint en Floride le président de l'Ordre, qui assure qu'il n'y a «aucun rapport avec les plaintes à mon endroit», les remplacements de la directrice générale et de la secrétaire générale, ni avec la procédure de destitution récemment amorcée du Syndic. M. Bernier précise qu'il s'est abstenu de siéger sur tout ce qui touche le syndic «pour éviter tout conflit d'intérêts» et qu'il a informé l'Office des professions de l'enquête du syndic à son endroit.
M. Bernier précise que les motifs du conseil pour «questionner» le syndic se fondent sur des «faits antérieurs» à la plainte le visant, des faits, précise-t-il qui remontent à «un an et demi».
L'ancienne présidente de l'Ordre, surprise d'apprendre que Le Devoir était en possession de sa lettre à l'Office des professions, a refusé de commenter l'affaire sur le fond.
Si elle a réclamé de l'Office de tirer au clair la situation à l'Ordre des agronomes, c'est, dit-elle, «parce qu'en tant qu'ancienne présidente, je mesure l'importance de ces questions pour l'avenir de notre ordre» et que «les membres ont le droit de connaître les faits entourant cette crise».
En moins de six mois, l'Ordre des agronomes professionnels du Québec a congédié sa directrice générale, a suspendu de ses fonctions générales sa secrétaire générale, contrairement à son voeu, et a amorcé une procédure de destitution de son syndic.
Cette cascade d'événements survient au moment où le syndic de l'Ordre a déposé auprès de son Conseil de discipline deux plaintes contre le président actuel, Conrad Bernier. Les plaintes en question n'apparaissent pas encore au rôle disciplinaire, une information importante en pleine élection pour le renouvellement de la direction de l'Ordre.
Tels sont les «faits» allégués dans une lettre que l'ancienne présidente de l'Ordre des agronomes, Claire Bolduc, a adressée au président de l'Office des professions du Québec,
Me Jean-Paul Dutrisac, le 30 avril dernier.
Dans cette lettre, dont Le Devoir a obtenu copie par une source bien informée, l'ancienne présidente de l'Ordre, qui préside aujourd'hui le mouvement Solidarité rurale, écrit à propos des congédiements et limogeages récents que «si chacune de ces interventions prises séparément peut relever des strictes relations de travail entre un employeur et son personnel, le fait que les trois principaux employés d'un ordre professionnel soient tous limogés dans un intervalle de moins de six mois apparaît à tout le moins curieux, d'autant plus qu'un an auparavant, chacun des employés concernés [sic] recevait les félicitations chaleureuses des administrateurs de l'Ordre, comme en témoignent les divers procès-verbaux».
Plaintes contre le président
Mme Bolduc dit avoir été informée que le syndic avait «déposé au Conseil de discipline deux plaintes concernant l'actuel président», des plaintes qui devraient apparaître au rôle de discipline sous peu. Elle signale aussi au président de l'Office des professions que la directrice générale remerciée en décembre en plein congé de maladie à cause d'une opération grave a déposé une poursuite de «plus de 300 000 $» contre l'Ordre, «poursuite dans laquelle elle cite des comportements inadéquats de la part du président» Bernier.
«Ces divers événements soulèvent plusieurs questions, la plus importante portant sur la neutralité et l'éthique de la présidence actuelle», écrit Mme Bolduc.
Dans sa poursuite intentée en Cour supérieure, l'ancienne directrice générale, dont l'Ordre avait approuvé le renouvellement du contrat, allègue qu'on a abruptement mis fin à son emploi à l'Ordre pour cause de «bris de confiance».
Dérapages
La poursuite précise qu'elle a alors demandé à l'avocat de l'Ordre, qui lui signifiait la fin de son emploi, si c'était «en lien avec le dérapage survenu dans deux dossiers particuliers».
La poursuite pour des dommages-intérêts et exemplaires de 310 922 $ précise que, dans un premier cas, l'Ordre avait engagé pour l'organisation d'un congrès international d'agronomes en 2012 une société «pour laquelle le fils du président de la défenderesse travaillait de façon contractuelle».
Dans le deuxième dossier, ajoute la poursuite, l'affaire «concernait une inspection professionnelle auprès d'un membre de l'Ordre, à la suite de laquelle le président de la défenderesse avait demandé le congédiement de l'inspecteur en question, l'arrêt du processus d'inspection professionnelle et l'interdiction de transférer ce dossier particulier du comité d'inspection professionnelle au Bureau du syndic de la défenderesse».
Le libellé de la poursuite ajoute que le président Bernier «avait fait son mea culpa auprès des membres du comité administratif ou du Bureau [du syndic] et qu'il avait même proposé de remettre sa démission, mais que les administrateurs l'avaient refusée».
Rien à voir
Le Devoir a joint en Floride le président de l'Ordre, qui assure qu'il n'y a «aucun rapport avec les plaintes à mon endroit», les remplacements de la directrice générale et de la secrétaire générale, ni avec la procédure de destitution récemment amorcée du Syndic. M. Bernier précise qu'il s'est abstenu de siéger sur tout ce qui touche le syndic «pour éviter tout conflit d'intérêts» et qu'il a informé l'Office des professions de l'enquête du syndic à son endroit.
M. Bernier précise que les motifs du conseil pour «questionner» le syndic se fondent sur des «faits antérieurs» à la plainte le visant, des faits, précise-t-il qui remontent à «un an et demi».
L'ancienne présidente de l'Ordre, surprise d'apprendre que Le Devoir était en possession de sa lettre à l'Office des professions, a refusé de commenter l'affaire sur le fond.
Si elle a réclamé de l'Office de tirer au clair la situation à l'Ordre des agronomes, c'est, dit-elle, «parce qu'en tant qu'ancienne présidente, je mesure l'importance de ces questions pour l'avenir de notre ordre» et que «les membres ont le droit de connaître les faits entourant cette crise».
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