La machine à T$
Tradebank facilite le troc de 9000 entreprises en Amérique du Nord
Rien ne se perd. C'est le grand génie du capitalisme que de tout transformer en marchandise potentielle, l'amour ou la tarte aux pommes. La compagnie Tradebank, elle, réussit carrément à marchander le troc! Et ça marche de plus en plus.
«La crise économique a eu un impact positif sur la quantité des occasions d'affaires, écrit au Devoir John Porter, président de Tradebank Canada. Les clients, réels ou potentiels, sont plus réceptifs aux nouvelles idées et aux nouvelles manières d'assurer des revenus. Nous venons tout juste d'aider une salle de banquet à économiser 7500 $ en argent comptant sur l'achat d'un nouveau système d'éclairage. Dans le nouveau contexte économique, seuls les plus forts et les plus créatifs vont survivre.»
La compagnie d'échange interentreprises existe depuis une douzaine d'années et est maintenant l'une des plus importantes au monde. Tradebank international compte une quarantaine de franchises et 9000 membres en Amérique du Nord, dont 25 bureaux et 3500 clients au Canada. Quelques franchises existent en République tchèque.
Par contre, Tradebank n'a pas encore de bureau au Québec, et les comptes de Montréal se négocient en fait à Toronto. M. Porter, en bon homme d'affaires, précise ne pas encore avoir trouvé de partenaire fiable.
Des T$ qui rapportent
Tous ses clients s'échangent des services et des marchandises en TRADEdollarsª (T$). En gros, chaque lot est évalué et affiché dans une banque commune d'échanges gérée par un courtier. L'acquéreur paye dans la devise interne un vendeur qui peut ensuite acquérir un autre lot. C'est l'idée du cycle marchandise-argent-marchandise, mais en dollars T$. Mieux encore: un T$ vaut un huard pour faciliter les échanges.
Des exemples? Un collège spécialisé en management accepte de se faire payer un cours par un étudiant dans cette devise parallèle, disons 1000 T$, qui sont dépensés ensuite pour acquérir du matériel scolaire. Un magasin de meubles a récemment échangé des marchandises invendues contre un tas de T$ qui ont ensuite permis de payer une publicité et des réparations au toit de son immeuble.
Les hôtels attirent des propositions à la pelle de toutes les professions. Une nuitée est payée en dollars de troc, qui rétribuent après coup un plombier ou un comptable pour l'hôtel.
Les golfs sont tout aussi populaires auprès des échangistes. «Il y a un départ toutes les huit minutes sur un golf, explique le président Porter. Nous aidons donc les clubs à trouver des clients qui payent en T$, qui peuvent ensuite être consacrés à l'entretien du terrain, par exemple. Dans un cas, les T$ ont même été employés pour construire tout le "club-house".»
Tradebank collecte au passage un peu moins de 13 % du total (une sorte de taxe) par «cycle d'échange». En clair, un troc de 1000 T$ rapporte 129,50 $ (en beaux huards cette fois) à Tradebank. Une franchise coûte normalement 400 000 $. Les clients doivent payer les taxes habituelles (TVA et TVQ, au Québec), ce qui n'est pas le cas avec le troc ordinaire. Il faut ajouter des frais mensuels d'une vingtaine de dollars, payables en T$ cette fois. Rien ne se perd...
«La crise économique a eu un impact positif sur la quantité des occasions d'affaires, écrit au Devoir John Porter, président de Tradebank Canada. Les clients, réels ou potentiels, sont plus réceptifs aux nouvelles idées et aux nouvelles manières d'assurer des revenus. Nous venons tout juste d'aider une salle de banquet à économiser 7500 $ en argent comptant sur l'achat d'un nouveau système d'éclairage. Dans le nouveau contexte économique, seuls les plus forts et les plus créatifs vont survivre.»
La compagnie d'échange interentreprises existe depuis une douzaine d'années et est maintenant l'une des plus importantes au monde. Tradebank international compte une quarantaine de franchises et 9000 membres en Amérique du Nord, dont 25 bureaux et 3500 clients au Canada. Quelques franchises existent en République tchèque.
Par contre, Tradebank n'a pas encore de bureau au Québec, et les comptes de Montréal se négocient en fait à Toronto. M. Porter, en bon homme d'affaires, précise ne pas encore avoir trouvé de partenaire fiable.
Des T$ qui rapportent
Tous ses clients s'échangent des services et des marchandises en TRADEdollarsª (T$). En gros, chaque lot est évalué et affiché dans une banque commune d'échanges gérée par un courtier. L'acquéreur paye dans la devise interne un vendeur qui peut ensuite acquérir un autre lot. C'est l'idée du cycle marchandise-argent-marchandise, mais en dollars T$. Mieux encore: un T$ vaut un huard pour faciliter les échanges.
Des exemples? Un collège spécialisé en management accepte de se faire payer un cours par un étudiant dans cette devise parallèle, disons 1000 T$, qui sont dépensés ensuite pour acquérir du matériel scolaire. Un magasin de meubles a récemment échangé des marchandises invendues contre un tas de T$ qui ont ensuite permis de payer une publicité et des réparations au toit de son immeuble.
Les hôtels attirent des propositions à la pelle de toutes les professions. Une nuitée est payée en dollars de troc, qui rétribuent après coup un plombier ou un comptable pour l'hôtel.
Les golfs sont tout aussi populaires auprès des échangistes. «Il y a un départ toutes les huit minutes sur un golf, explique le président Porter. Nous aidons donc les clubs à trouver des clients qui payent en T$, qui peuvent ensuite être consacrés à l'entretien du terrain, par exemple. Dans un cas, les T$ ont même été employés pour construire tout le "club-house".»
Tradebank collecte au passage un peu moins de 13 % du total (une sorte de taxe) par «cycle d'échange». En clair, un troc de 1000 T$ rapporte 129,50 $ (en beaux huards cette fois) à Tradebank. Une franchise coûte normalement 400 000 $. Les clients doivent payer les taxes habituelles (TVA et TVQ, au Québec), ce qui n'est pas le cas avec le troc ordinaire. Il faut ajouter des frais mensuels d'une vingtaine de dollars, payables en T$ cette fois. Rien ne se perd...
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