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Les GES enfin reconnus comme des contaminants dangereux

Deux décisions touchant les gaz à effet de serre et les pesticides ont été annoncées hier par l'Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis. Elles traduisent l'énormité du changement dans les politiques environnementales de ce pays. Mais celle qui porte sur le contrôle des gaz à effet de serre fait entrer de plain-pied les États-Unis dans la bataille du climat.

Les États-Unis ont officiellement inscrit hier pour la première fois de leur histoire le gaz carbonique, ou CO2, dans la liste des contaminants chimiques susceptibles de polluer l'atmosphère terrestre, de perturber le climat et de provoquer l'acidification des écosystèmes terrestres et des océans.

Cette décision s'étend par ailleurs aux six gaz à effet de serre (GES) identifiés dans le protocole de Kyoto comme étant les cibles prioritaires de la communauté internationale. Il s'agit, en plus du CO2, du méthane, de l'oxyde nitreux, des hydrofluorocarbones, des perfluorocarbones et de l'hexafluorure de soufre (SF6).

Cette décision, qualifiée par plusieurs d'«historique» parce qu'elle traduit l'importance du virage environnemental en train de s'opérer aux États-Unis, est le résultat d'une évaluation gouvernementale du problème des changements climatiques, ordonnée en 2007 par la Cour suprême des États-Unis dans la cause Massachusetts contre EPA.

Le verdict de cette évaluation balaie toutes les hésitations de l'ancienne administration républicaine.

«Cette évaluation confirme, déclarait hier dans un communiqué Lisa P. Jackson, la nouvelle administratrice de l'EPA, que la pollution par les GES constitue un sérieux problème maintenant et pour les futures générations. Heureusement, cette évaluation fait suite à l'appel du président Obama en faveur d'une économie à faible teneur en carbone et constitue une invitation faite au Congrès à faire preuve de leadership en matière d'énergies propres et de protection du climat. Ce problème de pollution a une solution, une solution qui créera des millions d'emplois verts et qui mettra fin à la dépendance de notre pays envers le pétrole étranger.»

La décision de la Cour suprême, il y a deux ans, reconnaissait aux États le droit d'inclure les GES dans la liste des contaminants de l'air, notamment les GES émis par les automobiles. Le Massachusetts faisait partie d'une douzaine d'États décidés à adopter les normes californiennes sur les émissions des voitures, ce que les constructeurs et l'administration Bush, par l'entremise de l'EPA, ont combattu devant les tribunaux. Mais les États qui adoptaient ces normes devaient obtenir une autorisation de l'EPA avant que ces normes n'entrent en vigueur, une décision que le plus haut tribunal étasunien a ordonné de baser sur une évaluation scientifique.

Les chercheurs de l'EPA ont été unanimes à décréter dans cette évaluation que les GES étaient en train de dérégler le climat et les écosystèmes terrestres en plus de menacer la santé publique, et en particulier les plus démunis des citoyens. Mais l'administration Bush a bloqué toute décision dans le dossier après avoir tordu les conclusions des chercheurs. La révision de cette évaluation, amorcée dès la nomination du président Obama, a connu son aboutissement hier par l'annonce d'un projet de règlement incluant les six GES dans la liste des contaminants atmosphériques régis par le Clean Air Act de 1970.

On mesure l'énormité du changement en cours aux États-Unis à la lecture des conclusions de cette évaluation scientifique, qui affirme que les émissions croissantes de GES vont augmenter les concentrations d'ozone troposphérique (au niveau du sol), un contaminant qui gruge les bâtiments, s'attaque aux plantes et aux poumons des vivants.

On y confirme aussi que les GES vont intensifier et multiplier les sécheresses, les inondations, les vagues de chaleur et les incendies, gonfler le niveau des mers, augmenter la puissance des ouragans et aggraver les pénuries d'eau aux dépens de l'agriculture, de la faune et des écosystèmes.

Les réactions

Si la décision de l'EPA était saluée de toutes parts dans les milieux écologistes étasuniens, les milieux républicains et d'affaires affichaient une attitude qui allait de la réaction prudente au catastrophisme économique.

Les constructeurs automobiles à l'origine de cette décision par leurs poursuites contre la Californie et le Massachusetts y allaient de prudence, d'autant plus que l'aide gouvernementale est associée à un changement radical de leur production au profit de véhicules moins polluants et moins énergivores. Et ils ont 60 jours pour faire connaître leurs réactions au projet de règlement.

Le New York Times citait Roger Martella, ancien conseiller à la direction de l'EPA sous l'administration Bush, qui disait que cette décision marquait l'entrée de l'EPA dans le contrôle de toutes les émissions de carbone aux États-Unis, de la production de l'énergie jusqu'aux plus petits secteurs de l'économie.

Selon l'AFP, le représentant démocrate Ed Markey, auteur d'un récent projet de loi sur le contrôle des GES, estimait pour sa part que ce geste donnait le feu vert au Congrès pour passer à l'action dans le dossier du climat dans une logique de sécurité nationale, de redressement économique et de protection de la santé publique.
 
 
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  • Dominic Pageau
    Abonné
    samedi 18 avril 2009 03h42
    On dérive
    Les gaz carbonique un polluant indésirable.... Sans lui, pas de vie car pas de végétation.

    Et vive l'anti science.

    Ça ne se réchauffe plus.... Chut !

  • Normand Desjardins
    Abonné
    dimanche 19 avril 2009 23h34
    @M. Pageau
    Comme n'importe quoi, c'est la dose qui fait le poison. Dans une capsule remplie de CO2, vous ne vivrez pas bien longtemps. Et, allez faire un tour dans le Grand Nord pour demander aux habitants sur place si ça ne se réchauffe plus. Face à ces témoignages, le thermomètre de votre balcon ne fait pas le poids.

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