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5e Congrès mondial d'éducation relative à l'environnement - « La planète est notre maison à tous »

Après Durban, Turin, Rio et Espinho, Montréal

Lucie Sauvé est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation relative à l’environnement de l’UQAM.
Photo : Agence Reuters
Lucie Sauvé est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation relative à l’environnement de l’UQAM.
Le 5e Congrès mondial d'éducation relative à l'environnement se tiendra du 10 au 14 mai, au Palais des congrès de Montréal. Des quatre coins du monde, 2000 participants sont attendus.

Si on assiste à la mondialisation de l'économie, on assiste aussi à la mondialisation des préoccupations écologiques. C'est du moins l'avis de Lucie Sauvé, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation relative à l'environnement de l'UQAM. «On vit dans un monde globalisé, et la planète, c'est notre maison à tous», indique-t-elle.

En effet, en matière d'environnement, tout est lié. Les habitants de la planète partagent le même air et la même eau, subissent les changements climatiques, etc. «Ce qui se passe dans un endroit a des répercussions partout. Il faut en être conscient et en discuter, pour agir de façon cohérente», affirme Mme Sauvé, coprésidente du congrès.

C'est ainsi qu'après Durban (Afrique du Sud), Turin (Italie), Rio de Janeiro (Brésil) et Espinho (Espagne), le Congrès mondial d'éducation relative à l'environnement se tiendra à Montréal. L'objectif, c'est de réunir tous les types d'acteurs présents dans le domaine de l'éducation relative à l'environnement. On y retrouvera des gens du milieu de l'enseignement proprement dit, du préscolaire aux études postdoctorales, mais aussi des acteurs des milieux populaires et communautaires.

«On retrouvera des gens des parcs nationaux, des écoquartiers et des gens engagés dans le développement durable au niveau des gouvernements, des entreprises et des syndicats», affirme Mme Sauvé.

12 thèmes, 3 grandes questions

Bien souvent, les gens ont tendance à lier l'environnement seulement aux problèmes de ressources, remarque Lucie Sauvé.

«Or c'est beaucoup plus que ça, affirme-t-elle. L'environnement, ça touche un ensemble de questions sociales et économiques. D'ailleurs, la crise économique nous l'a rappelé en nous montrant que les réalités écologiques sont bien souvent des conditions de réussite pour les entreprises. On n'a qu'à penser aux constructeurs automobiles américains.»

Les 12 thèmes de ce 5e Con-grès mondial d'éducation relative à l'environnement seront donc des plus variés. Relations entre l'écologie et l'économie, équité socio-écologique, santé et environnement, défis urbains, alouette!

Si les organisateurs du congrès n'hésitent pas à aller chercher des thèmes aussi diversifiés, ils souhaitent toutefois les aborder à travers les trois mêmes grandes questions. La première: comment l'éducation relative à l'environnement peut-elle enrichir le sens de nos vies individuelles et collectives? «Les gens ont perdu actuellement le rapport à la nature. Nous croyons que l'éducation relative à l'environnement doit le reconstruire et nous devons trouver des moyens concrets d'y arriver», affirme Mme Sauvé.

Ensuite, les organisateurs du congrès posent la question suivante: comment l'éducation relative à l'environnement peut-elle contribuer à l'innovation sociale ? «On a besoin d'inventer de nouvelles façons de faire pour se loger, se vêtir, se transporter et se nourrir. Un bon exemple? Le réseau d'agriculture soutenue par la communauté», indique la chercheuse.

Enfin, les 2000 participants réunis tenteront de répondre à l'interrogation suivante: comment l'éducation relative à l'environnement peut-elle contribuer à influencer les politiques publiques?

Cette question est très importante aux yeux de Lucie Sauvé. «Beaucoup de problèmes sont liés à des ensembles de lois et de règlements renforçant certaines façons de faire qui ne sont pas nécessairement viables à long terme pour l'environnement. Je pense par exemple au régime des politiques agricoles ou encore à l'ancien régime forestier, qui a été néfaste pour nos forêts.»

Ainsi, la chercheuse souhaite qu'on arrive à former des citoyens critiques et socialement engagés, des gens capables de contribuer à la démocratie participative. «C'est comme ça qu'on peut contribuer à renforcer les politiques publiques, mais aussi les choix de consommation quotidiens des gens.»

Des invités réputés

Pour discuter de ces questions, plusieurs invités de haut calibre seront présents à Montréal. D'abord, Riccardo Petrella, figure emblématique de réputation internationale de l'altermondialisation. Professeur émérite à l'Université catholique de Louvain (Belgique), il est également le fondateur du Comité international pour un contrat mondial de l'eau.

Codirecteur de AIDS-Free World et professeur en santé mondiale à la faculté des sciences sociales de l'Université McMaster, Stephen Lewis sera aussi présent.

Les organisateurs du 5e Congrès mondial d'éducation relative à l'environnement sont aussi très fiers d'accueillir Adriana Puiggrós, députée de la province de Buenos Aires et figure de proue de l'éducation populaire en Amérique latine. «Cette ex-ministre de l'Éducation en Argentine croit que, pour être appropriée, l'éducation populaire doit être en lien avec la réalité des gens à qui on s'adresse, plutôt que de reposer sur des concepts abstraits», explique la Dre Sauvé.

Les activités se dérouleront en trois langues, soit en français, en anglais et en espagnol, avec interprétation simultanée. «Selon moi, la biodiversité va de pair avec la diversité culturelle. C'était donc incohérent, à mes yeux, de demander à tout le monde de s'exprimer en anglais», ajoute Mme Sauvé.

Le comité organisateur du congrès propose aussi différentes activités grand public, comme une visite nocturne au Biodôme avec prestations artistiques et dégustation de bouchées écologiques. Quatre soirées de contes écologiques sont aussi organisées, et le CinERE célébrera le rôle du documentaire dans l'éducation relative à l'environnement. Enfin, les organisateurs du congrès ont eu l'idée de faire participer des enfants issus de partout dans le monde. Ils leur ont demandé d'apporter des photos, des vidéos et des dessins de leur quartier, de ce qu'ils aiment et de ce qu'ils voudraient changer. «À travers les enseignants, nous avons réussi à obtenir des oeuvres provenant d'une vingtaine de pays dans le monde, que nous présenterons sur écran géant», se réjouit Mme Sauvé.

***

Collaboratrice du Devoir

***

- Pour plus de renseignements: www.5weec.uqam.ca
 
 
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