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Malartic - Une coalition réclame le rejet du projet de mine à ciel ouvert

La coalition «Pour que le Québec ait meilleure mine» a demandé hier au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) de s'objecter fermement au projet de mégamine d'or à ciel ouvert à Malartic pour éviter à la région un précédent néfaste pour l'environnement.

La coalition — qui regroupe Nature Québec, le Forum de l'Institut des sciences de l'environnement (ISE) de l'UQAM et l'Action boréale Abitibi-Témiscamingue — estime par ailleurs que les commissaires devraient recommander que l'on dédommage tous les propriétaires dont les maisons ont été déménagées avant que le projet soit évalué en audiences, soit près du quart du village de Malartic.

D'après le bilan de la coalition, ce projet de mine d'or exigerait de creuser en partie sur le site du village actuel de Malartic une fosse de deux kilomètres de long sur 780 de large et 400 de profondeur. Elle serait en activité pendant neuf ans et soutirerait du sol 535 millions de tonnes de roches à faible teneur en or récupérable, précisait hier la coalition. Chaque jour, selon le mémoire de la coalition, les activités de la mine exigeraient 25 millions de litres d'eau, soit deux fois la consommation de la ville de Rouyn-Noranda, 11 tonnes de cyanures et 30 tonnes d'autres produits chimiques. Plus de 800 ha seraient mobilisés pour les activités de la mine, dont une montagne de roches stériles de 100 mètres de haut et un réservoir endigué de deux kilomètres de long ainsi qu'une plaine de résidus miniers de 2,5 km.

La coalition s'oppose au projet des exploitants de la mine actuelle, qui pensent restaurer le site en le laissant se remplir et en y pompant de l'eau pendant 24 ans. Le mémoire de la coalition estime qu'il est peu plausible que ce lac puisse jamais constituer un milieu vivant pour la faune aquatique, comme le prétend le promoteur.

Henri Jacob, de l'Action boréale Abitibi-Témiscamingue, compare ce type de mine aux «coupes à blanc excessives» et prédit que cela va altérer le paysage de la région comme le font les sables bitumineux.

Ugo Lapointe, du Forum de l'ISE, estime que la région a tout intérêt à parfaire son expertise avec une mine souterraine à cet endroit pour réduire la dépense énergétique, l'utilisation de produits chimiques et d'eau, ainsi que la production de résidus.

Pour Christian Simard, de Nature Québec, ce projet est un cas-type de «mal-développement», qu'on peut assimiler à du «pillage de ressources» publiques, aux antipodes d'un développement minier responsable, ce qui est la direction que devrait plutôt prendre cette industrie au Québec.
 
 
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