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L'héritage irlandais, de O'Brennan à La Bolduc

Le Musée McCord célèbre les 175 ans de la Société Saint-Patrick

La parade de la St-Patrick débutera demain, à midi, à l’angle des rues Sainte-Catherine et Du Fort, pour se diriger vers l’est.
Photo : Jacques Nadeau
La parade de la St-Patrick débutera demain, à midi, à l’angle des rues Sainte-Catherine et Du Fort, pour se diriger vers l’est.
Les Québécois d'origine irlandaise ont l'habitude de fêter fort au mois de mars, lors de la traditionnelle parade de la Saint-Patrick. Celle-ci aura lieu demain au centre-ville de Montréal. Mais ils auront encore plus de motifs de se réjouir cette année: la Société Saint-Patrick fête son 175e anniversaire, et le Musée McCord a inauguré jeudi soir une grande exposition sur l'histoire des Irlandais au Québec.

Il faudrait plutôt parler de l'histoire des Irlandais depuis la Nouvelle-France, puisque le premier Irlandais est arrivé sur nos territoires enneigés vers 1630. Taghd Cornelius O'Brennan a marié une fille du roi, et il est décédé en 1687, à Pointe-aux-Trembles. Son patronyme, difficile à prononcer pour les Français de l'époque, s'est mué en Aubry.

Cette anecdote illustre bien le destin de cette communauté qui, très fière de ses origines, s'est toutefois totalement intégrée à la société d'accueil.

«La persistance culturelle et la fierté qu'ont les Irlandais de leurs origines m'ont beaucoup impressionnée», explique Lorraine O'Donnell, historienne, chercheure au Réseau de recherche sur les communautés anglophones du Québec à l'Université Concordia, et conservatrice invitée de l'exposition Irlandais O'Québec.

L'exposition veut aussi démontrer à la fois l'impact historique des Irlandais et la façon dont ils ont su contribuer à une histoire commune.

Organisée par la Société Saint-Patrick et par la Irish Protestant Benevolent Society, l'exposition propose une série d'îlots biographiques, où l'on fait connaissance avec des personnages historiques importants de la communauté, ainsi que des «lieux de mémoire», qui soulignent l'importance de lieux emblématiques de l'expérience irlandaise. En fait partie Grosse-Isle, où des milliers d'immigrants fuyant la famine sévissant en Irlande devaient subir une quarantaine en attendant de pouvoir entrer au Canada, et où plusieurs sont morts, leurs enfants orphelins étant adoptés par bon nombre de familles canadiennes-françaises.

Dans chaque îlot, des objets variés — objets souvent rassemblés par Lorraine O'Donnell auprès de familles partout au Québec — témoignent de la vie quotidienne.

Et le Musée McCord, qui possède une fabuleuse collection de photos anciennes, comme on le sait, expose quelques-uns de ses trésors. Les photos du quartier Griffintown sont particulièrement saisissantes, et comprennent de rares clichés de la grande inondation qui s'y est produite en 1886, et qui avait transformé les rues en véritables canaux.

Des tensions

L'exposition démontre également la «complexité de l'expérience immigrante», selon Lorraine O'Donnell.

Car des tensions existaient entre Irlandais catholiques et Irlandais protestants, qui transportaient avec eux leurs conflits au Canada. Les liens avec la communauté d'accueil pouvaient également varier.

Deux figures illustrent bien cette complexité. Thomas D'Arcy McGee d'abord, un «ancien rebelle devenue catholique conservateur» écrit l'exposition, un des pères de la Confédération. Edmund Bailey O'Callaghan, lui, arrivé au Canada en 1823, a plutôt endossé la cause des Patriotes et est devenu le bras droit de Louis-Joseph Papineau.

Le processus d'intégration et de mixité est illustré de façon marquante par La Bolduc elle-même, Mary Travers. Avec un père immigrant irlandais et une mère francophone, La Bolduc chantait des reels irlandais, rappelle l'exposition, mais en joual canadien-français. Celle qu'on pourrait qualifier de grand-mère de la chanson populaire québécoise avait également l'habitude, le jour de la St-Patrick, de décorer sa maison et de s'habiller en vert de la tête aux pieds!

L'héritage culturel des Irlandais est évidemment considérable, ne serait-ce que sur le plan de la musique. Mais pourquoi, encore aujourd'hui, une telle fierté chez des Irlandais installés ici depuis plusieurs générations? «Il y a probablement une reconnaissance de certaines valeurs fondamentales, explique Lorraine O'Donnell, des valeurs de persistance, de survivance. Et puis, bien sûr, un sens de la fête!»

***

- Pour des informations sur l'exposition Irlandais O'Québec, au Musée McCord: www.musee-mccord.qc.ca
 
 
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  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 07h24
    L'holocauste québécois
    OU QUÉBEC AU TEMPS DU CHOLÉRA

    L'été dernier, Denis Vaugeois a mentionné qu'on a occulté l'histoire des célébrations du 400e. Il a raison de s'étonner qu'on ait fait une exposition, à la gare, sur les Juifs de Québec, Juifs qu'on pourrait compter sur les doigts de quelques mains à peine en ville. D'ailleurs ils sont allés chercher leur rabin en France ! Mais on n'a pas dit un mot de Québec au temps du choléra, notre holocauste à nous.

    Le pire oubli du 400e aura certainement été l'épidémie de choléra de 1832-33, de loin la pire tragédie humaine de l'histoire de notre peuple. Il y a quelques années, c'était la panique totale à Toronto pour le SARS, pour à peine 50 morts dans une ville de 5 millions. On fait tout un plat présentement des 17 morts de la listériose au Canada. On a vidé nos comptoirs de fromage, on a arrosé nos Chevaliers Mailloux d'eau de javelle et menacée une grande réussite culinaire et industrielle québécoise pour une seule mort au Québec !!! Une seule mort !

    On ne mesure pas le drame du choléra à Québec qui a fait 3000 victimes en un seul été.

    Porte d'entrée des millions d'immigrants britanniques en Amérique au 19e siècle, la ville de Québec en a payé un lourd tribu. "Entre 1829 et 1865, pas moins de 1 084 765 personnes de la Grande-Bretagne passent par Québec, soit en moyenne 30 000 par année. Cette immigration massive apporte aussi des vagues successives d'épidémies qui déferlent sur le Canada à partir de 1832." (Histoire de la ville de Québec, P.195)

    "Le taux de mortalité augmente continuellement au cours des premières décennies du siècle. D'après les chiffres publiés par le gouvernement à l'époque, on estime ce taux à 54,3 par 1000 entre 1825 et 1832. Ne sachant pas les causes véritables des maladies contagieuses, on accuse les immigrants. Et bien sûr, chaque été, la mortalité augmente. Il est facile d'en conclure que l'arrivée des navires, avec leur cargaison de pauvres immigrants, en est la cause. Depuis 1823, on tente de les isoler, mais la quarantaine se fait dans le port même, et encore seulement dans le cas où l'immigrant porte des signes de la maladie."

    "La croissance du nombre d'immigrants à partir des années 1820 rend très difficile le contrôle ; ils débarquent rapidement des navires et, souvent sans le sou, ils s'entassent dans des tavernes, des auberges de troisième ordre et même dans des caves où ils ne se trouvent guère mieux qu'à bord des navires que les avaient menés au Canada. Dans de telles conditions, quand il y a épidémie, la contagion se répand très rapidement parmi les habitants de la ville, atteignant bientôt les autres régions de la vallée du St-Laurent et le Haut-Canada, à mesure que les immigrants pénètrent à l'intérieur du pays. Partout les habitants de la province, dans la région de Montréal surtout, soutiennent que l'Angleterre était responsable des ravages du choléra, parce qu'elle avait envoyé dans le pays une immense émigration qui portait en elle les germes du fléau."

    "En 1832, craignant les ravages du choléra, déjà épidémiques en Europe, les autorités décident enfin de prendre des mesures élémentaires de protection, notamment le déplacement de la station de quarantaine du port de Québec à Grosse-Ile. Cette mesure reste cependant inefficace, puisque plusieurs navires se rendent à Québec sans même s'arrêter à la station de Grosse-Ile. En 1832, le choléra emporte plus de 3000 victimes dans la ville, dont au moins 2200 résidents permanents ; en 1834, il y a plus de 2000 nouvelles victimes." ((Jean Bruchési, Histoire du Canada)

    Dans une ville d'à peine 28,000 habitants !!! Onze % de morts en un seul été ! C'est de loin la pire tragédie humaine de notre histoire. Notre holocauste à nous, complètement ignoré de la grande majorité des Québécois

    Si on était des Juifs -si seulement on avait l'intelligence des Juifs ! il y aurait une énorme statue dans le port de Québec à la mémoire de ces 3000 victimes. On aurait un immense musée rappelant toute cette saga ; comment les Anglais nous envoyaient des bateaux pleins d'Irlandais malades, comment l'épidémie s'est répandue dans une ville où la population était saine, comment toutes les familles ont été touchées, qui perdant une mère, qui perdant un fils, qui perdant ses deux parents, orphelins à 5 ans. Le nom des victimes serait aligné sur les murs du musée. Chaque année, on tiendrait une journée du souvenir où, pendant deux minutes, tout le Québec s'arrêterait.

    On ferait des films, des tas de films sur cette époque, qui feraient le tour de monde et des téléséries qu'on reprendrait à chaque année, mais sous un nouvel angle.

    Mais on est juste des Québécois. Un peuple encore un peu mouton, dirigé par des élites aplanvantristes, Gratton sur les bords. Alors on a fait une exposition sur les Juifs de Québec à la gare, sur les souffrances terribles qu'ils ont connues au contact des Québécois, antisémites ben sûr...

  • Jacques Boudreau
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 09h30
    L'holocauste québécois ? Mais quel est le rapport avec l'article de Monsieur Paul Cauchon ?
    Je dois avoir la berlue! Monsieur Paul Cauchon rédige un article instructif sur la commémoration de l'histoire et du patrimoine irlandais du Québec, et en quoi consiste le premier commentaire d'un lecteur du Devoir? En une comparaison de mauvais goût entre les « pôôôvres » Québécois colonisés et les Juifs du Québec qui désirent eux aussi commémorer leur patrimoine. Monsieur Noël s'émeut du sort de ceux de nos ancêtres qui ont contracté le choléra au contact des « étrangers » qui ont transité par nos villes portuaires sous l'Empire britannique. Mais qu'il poursuive donc sa recherche en s'intéressant aux nombreux Amérindiens qui ont attrapé la petite vérole (ou d'autres maladies) et en sont morts, après avoir été en contact avec nos ancêtres ou leurs cousins, un peu partout en Amérique du Nord... Non mais, y en a marre, de cet ethnocentrisme et de ce nombrilisme culturel...

  • NELL HALLE
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 09h57
    L'héritage irlandais
    J'ai lu votre texte Monsieur Noel, est-il possible que cette histoire de choléra pendant les années que vous mentionner, Ça faisait l'affaire des Anglais,Le québec servait pour la quarantaine et de mourroir en même temp pour les nôtre.
    L'on sait tous que tout était bon pour ralentir l'augmentation de ces restant de Français qu'ils avaient sur les bras. On en apprend tous les jours

  • Zach Gebello
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 10h09
    Le génocide irlandais
    À lire tous les articles de nos médias québécois sur cette émmigration forcée des Irlandais par les Britanniques, "pour fuir une famine", comment ne pas penser aux lois abjectes de pays européens qui emprisonnent pour "négationisme" de l'holocauste juif ?

    Cette famine en Irlande fut entretenue par les riches propriétaires britanniques et si tant d'Irlandais se sont joints au Canadien (Québécois) c'est parce que l'Anglais des autres provinces refusait de les recevoir.

    Au moins 40% des Québécois (Canadiens) ont une descendance irlandaise.

    John Saywell, PQ-Argenteuil, dit dans son article La Saint-Patrick, la deuxième fête nationale des Québécois :

    "Par contre, contrairement à leurs cousins immigrants écossais et anglais, issus des classes d'affaires et militaires, les Irlandais, par centaines de milliers, se sont joint à la société canadienne de l'époque pour un mariage avec leur terre d'accueil qui s'avéra des plus heureux."

    En effet, les Canadiens (Québécois) nous métissons, contrairement à l'Anglais multiculturaliste. Ce qui fait que nous devrions célébrer par milliers notre souche ethnique irlandaise, en français, en emplissant la parrade de la St-Patrick.

    Mais après avoir reconnu notre souche (nous) irlandaise, M. Saywell termine son texte sur un "eux" :

    "Le 17 mars, le jour de la Saint-Patrick et de la fête nationale des Irlandais, levons une bonne bière à cet ancien peuple des îles vertes ! Saluons leur courage et leur audace et remercions-les de leur contribution à la société québécoise."

    Pourtant, nous devrions être tous à parrader par millers, noyant les protestants anglais en chantant la Bolduc !

  • Brun Bernard
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 11h09
    C'est bête et con...
    ...et on devrait mettre dans une anthologie de la connerie le propos nauséabonds et ignorants de tout, mais alors, c'est imcommensurable de tout, de M Noël.
    Pourquoi n'aimez-vous pas les autres races M Noël? Tout le monde y passe et vous êtes loin de la réalité. Vous iriez en prison dans d'autres pays plus démocraitques et plus à même de faire la distinction entre un raciste comme vous (qui faites honte aux québécois tous ensemble) et un être humain digne de son nom.
    Pourquoi ne feriez vous pas un Zoo pour y mettre votre race blanche et pure? Je vous verrai bien en "portier de nuit" mais sans la belle Charlotte Rampling qui ne vous voudra pas de toute façon. Bon là, je viens d'imprimer votre commentaire subtil et fort éloquent pour mon voisin qui est juif, fort intelligent, très éduqué et très poli. Un ange d'homme sain et sa femme aussi (si vus voyez les beaux jeunes enfants qu'ils ont. Une merveille avec un léger accent québécois, admirable. On va encore réfléchir sur ce possible qu'il y ait encore des monstres qui trainent par-ci et par-là.
    Les québécois n'ont rien à faire avec votre délire même s'ils n'ont pas le courage de vous le dire (je suis pour ainsi dire le seul, les autres ont la trouille, ils font juste des commentaires polis ou ils m,engueulent parce que j'agis ici et ailleurs contre le racismee et la violence. Je connais bien le terrain.)je suis là pour vous rappeler le drame que votre façon de penser génère dans notre monde. Vous ne savez pas ce que justice signifie.

  • Zach Gebello
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 17h52
    @Brun Bernard
    Niez vous l'holocauste québécois ?

    Celà ferait de vous un négationiste.

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 19h53
    @jacques boudreau et autres ignorants de notre Histoire
    Vs étiez où en 2003 lors de la crise du SARS à Toronto? Plus un chat dans les rues. Ceux qui osaient sortir portaient un masque chirurgical. Dans les hopitaux fallait se désinfecter les mains à l'entrée. Tout ce cirque pour un ridicule 50 morts du SARS dans une ville de 5 millions d'habitants où plus d'une centaine de personnes meurent chaque jour de cancers et de maladies cardiaques.

    A Montréal, on avait entouré la maison d'un Philipino. Interdit de sortir. Danger extrême. Aucun mort pourtant à Montréal. Le réseau de Santé publique avait tenu le coup. Tout ce cirque pour une maladie importée au Canada par un Chinois de HK qui a fait moins de 100 morts dans tout le Canada.

    A l'été 1832, 3000 personnes sont mortes du choléra irlandais à Québec; 11% de la ville. C'est l'équivalent de 80,000 morts aujourd'hui. L'enfer, l'horreur, l'holocauste. C'est la pire tragédie humaine de l'histoire de notre peuple avec la Conquête (10% de notre peuple en est mort) et la Déportation des Acadiens (un tiers en sont morts)

    Ailleurs dans le monde, chez les peuples qui connaissent le moindrement leur histoire, comme les Juifs, et qui ont deux onces de fierté comme les Juifs, on en aurait fait tout une histoire. On aurait un musée de 1832, des plaques en ville sur 1832, des cérémonies annuelles de commémoration de 1832, et surtout des documentaires, des films, on enseignerait dans nos écoles, à tous nos enfants et surtout aux enfants des immigrants comment notre peuple a souffert de l'immigration irlandaise, envoyée par les Anglais pour nous exterminer.

    Mais il n'y a rien. Amnésie collective totale. J'ai beau chercher je ne me rappelle pas d'avoir vu le moindre reportage à la télé sur ce sujet. Rien. Même pas lors du 400e.

    Mais on a poussé le ridicule jusqu'à faire, à la gare de Québec, une expo sur les Juifs de Québec! Une expo où, évidemment, on soulignait les incroyables injustices que ce peuple martyr a connu à Québec. Car Québec-la-blanche, c'était l'enfer à l'époque pour les porteurs de Képa. Les pogroms et Aushwitz, c'était Limoilou et Beauport...

    Or à chaque 17 mars, comme dans l'article de Cauchon, on nous parle de la contribution des Irlandais à notre société On nous raconte à chaque fois comment
    1) Les pauvres Irlandais ont souffert de la maladie de la patate
    2) Comment ils ont souffert en traversant l'océan dans des bateaux bondés
    3) Comment 5000 sont morts à Grosse-Isle où on a osé les placer en quarantaine (5k sur 1 million en 60 ans!)
    4) Comment les Canadiens francais de l'époque ont été généreux en adoptant leurs orphelins


    Mais de l'Holocauste de 1832, on en parle jamais. Nos enfants, notre peuple n'en savent à peu près rien. A commencer par vous

  • Marie Mance Vallée
    Inscrite
    dimanche 22 mars 2009 08h25
    Garder sa place...
    Comme me disait un immigrant bien intégré : « Vous, les Québécois, êtes bien généreux. Vous faites de la place pour les immigrants, mais vous êtes incapables de garder la vôtre ».

    Si je ne m'abuse, c'est ce que veut dire M. Noël.

    Marie Mance Vallée

  • Brun Bernard
    Inscrit
    dimanche 22 mars 2009 08h38
    @Zach et Jacques...
    Complètement malade ce parallèle entre ce qui s'est passé avec la communauté juive, gitane, homosexuelle d'Europe et les morts du choléra au Québec. De plus, c'est encore plus malade de croire qu'il y ait une éventuelle « révision » du passé québécois (passé qui ne dit jamais son nom avec tous les cinglés horribles de Pétain qui sont venus se cacher au Québec catholique et anti liberté, anti-juive.). Malade au sens tragique est propre u terme. Remarquez que pour vous c'est plutôt sale qu'il fait dire, au sens sale du terme. Je sais que quand il y a des substances au niveau du cerveau qui ne fonctionnent pas très bien que ça crée des crises mais alors vous deux, Noël et vous, vous êtes par contre très embêtants parce qu'on ne vous met pas dans un asile psy. Que sais-je, je penche sur la réponse que vous êtes des aliénés utilisant l'Internet et les gardiens ne lisent pas vos conneries délirantes. Faites en un spectacle pour rire. Comment faites-vous pour vivre comme vous le faites avec sur le dos des ressentiments plein votre culotte, la haine et la rage (je croyais que c'était uniquement pour les chiens????) dans votre bol de bouillie pour petits vieux édentés, pour votre peur des autres et du monde. Quelle horreur d'être ce que vous êtes.
    Pis, c'est quoi, s'il faut aller dans le rituel (puisque vous ne savez pas que holocauste est un rituel juif (normal si vous êtes cons en croyant que vous êtes intelligents et que le monde ne comprend rien à rien. Vous êtes les seuls à avoir des lumières divines comme les chrétiens américains. Bravo les génies! Quoique avec Le Pen, Hitler, Dieudonné et les autres, ça ne manque pas car la liste est longue avec tous les dictateurs malades et de droites extrêmes...) vous faites un belle gang de malades à sortir la main dans la main de peur de vous voir mordre de votre rage les gens normaux que vous croiserez. C'est con d'être un malade parce qu'on ne s'aperçoit pas qu'on l'est, malade. C'est votre problème.
    Et les amérindiens, ils se sont fait des piqures de bactéries? Les sauvages, c'est vous. Il n'y a pas un québécois PUR ou alors c'est un con. On est tous métis ou alors prouvez le que votre beau sang rouge n'est pas le même que le mien. De plus vous ne savez rien en médecine ni en biologie... Quelle misère les québécois sous-éduqués, voilà ce que ça donne dans la vraie vie, des gens (des gens???) comme vous. Misère.

  • Monique Désy Proulx
    Abonnée
    dimanche 22 mars 2009 10h32
    Merci, jacques noël!
    Chaque fois que je lis le nom «jacques noël» dans les réactions aux articles du Devoir, je m'empresse d'ouvrir le document. C'est toujours intéressant et chaque fois, le point de vue est unique, instructif et documenté. Je me frotte les mains à l'idée de savoir ce que ce monsieur pense de l'actualité. Plus ses textes sont longs, plus je suis contente!

    Enfin quelqu'un qui dit cela, que je ressens moi-même: qu'on a donc de la misère à se reconnaître le droit d'exister, nous, Québécois d'origine canadienne-française, comme disait l'autre. On en a toujours pour les autres. Tout pour la visite et rien pour nous!

    Aujourd'hui, encore une fois, je suis d'accord avec M. Noël: comment ça se fait que personne nous enseigne notre passé? Pourquoi personne ne nous parle de cette hécatombe de 1832? Et pourquoi certains lecteurs du Devoir s'offusquent de se le faire rappeler?

    Il y a une vingtaine d'années, j'ai connu une Acadienne qui ne savait même pas que son peuple avait été déporté. Élevée au Nouveau-Brunswick, personne ne lui avait enseigné cela. Quand elle l'a appris, à l'âge adulte, elle s'est sentie profondément triste, dépossédée de manière rétroactive de sa propre histoire, de sa propre nature.

    Pareil pour nous. Ne pas savoir d'où on vient, c'est souffrant. Pas étonnant qu'il y ait tant de suicide au Québec.

    J'ajoute que le fait de savoir que le chorélas irlandais a fait tous ces ravages à Québec en 1832, ça ne nous ferait pas haïr les Irlandais, ça ne montrerait pas qu'on est fermé sur soi, au contraire, ça montrerait encore plus à quel point nos ancêtres avaient une bonne nature: ils ont adopté, accueilli, aimé un peuple dans lequel ils se reconnaissaient, même si son arrivée était associée avec de grands malheurs.

    Moi-même, je suis de descendance irlandaise (entre autres) et je suis ravie de mieux comprendre ce qui s'est passé à l'arrivée de ces gens dont le sang coule encore dans mes veines.

    Merci, jacques noël!

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    dimanche 22 mars 2009 10h35
    De monsieur Noël
    D'habitude, je m'abstiens de donner de l'importance à certains commentaires, et non pas de nier leur importance, mais je tente ainsi de les éteindre le plus vite possible en les laissant sans interlocuteur.

    Comme beaucoup de lecteurs du Devoir, je n'en pense pas moins que les propos de messieurs Noël et consorts soient stupides, et qu'eux-mêmes le soient au moins à temps partiel.

    Je n'épiloguerai pas plus sur la teneur de leurs infamies qui ne valent pas la peine qu'on se triture les neurones pour répliquer.

    Je me contente de vous dire monsieur Brun et tous les autres que je suis d'accord avec vous sur le fond. Je pense que ces individus ont un problème à régler et qu'ils sont aveuglés par leur faiblesse et leur insécurité. Tout être normalement doté d'une forme d'intelligence rejette le racisme. Son moteur se trouve dans le coeur, dans la haine.

    Non vous n'êtes pas seul à être révolté. Je profite de l'occasion monsieur Brun pour vous féliciter de vos interventions sur la manifestation contre la brutalité policière. C'était un magnifique cri du coeur et vous sied mieux que tout le reste.

  • Guimont Rodrigue
    Inscrit
    dimanche 22 mars 2009 10h59
    Je pense monsieur Brun que vous avez un sérieux problème d'identité
    Tenez, lisez-vous calmement et vous verrez que vous êtes carrément dans le clos en attaquant par des propos obscènes ceux qui ne pensent pas comme vous tout simplement parce qu'ils sont différents soit de peau soit de culture soit encore des deux. Vous dites: « Comment faites-vous pour vivre comme vous le faites avec sur le dos des ressentiments plein votre culotte, la haine et la rage (je croyais que c'était uniquement pour les chiens????) dans votre bol de bouillie pour petits vieux édentés, pour votre peur des autres et du monde. Quelle horreur d'être ce que vous êtes [...] ».

    Je présume Monsieur Brun, que vous n'appartenez pas au groupe ethnique de souche «canadienne française» (terme du chercheur Gérard Bouchard sur qui vous allez jetez aussi votre anathème!). Vous en ressentez à l'évidence, une vive inquiétude travestie en agressivité. Le souvenir ancestral est inscrit dans les gènes ne vous en déplaise. Je vous invite à lire les écrits de Madame Schützenberger (chercheure française d'origine juive qui aurait aussi bien pu être africaine ou indienne) vous comprendrez alors le pourquoi du comment de cette «brulure identitaire» qui traverse encore votre colère.

  • Guimont Rodrigue
    Inscrit
    dimanche 22 mars 2009 11h30
    Poids indésirable
    Ajoutons pour l'histoire qu'en 1821, l'Irlande a la population la plus dense de l'Europe. Au XIXe siècle, comme aujourd'hui d'ailleurs, la vaste majorité des immigrants s'exilent avant tout pour des raisons économiques. La plupart des candidats réunissent l'argent nécessaire pour leur passage et ils ont suffisamment pour survivre le temps nécessaire à la première récolte.

    Le cas des Irlandais du XIXe siècle est un peu différent. À cette époque l'Angleterre importait du Canada de grande réserve de bois nécessaire entre autres pour la construction navale. Pour ne pas faire la traversée inutilement à vide (lestage) les Anglais, en hommes pratiques, déversèrent sur les villes de New York, Boston, Québec et Montréal leur trop plein d'Irlandais indésirables. Selon le spécialiste français de l'histoire de l'Angleterre Elie Halevy (mort en 1937), les Irlandais étaient devenus «un vaste prolétariat ignorant, superstitieux, désordonné et d'une pauvreté lamentable». L'Angleterre a toujours pensé d'elle même qu'elle était une grande démocratie.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    dimanche 22 mars 2009 18h13
    Il n'y a jamais eu d'holocauste québécois
    Savez-vous ce que le mot holocauste veut dire?

    Il faut croire que non. Oui il y a eu une grande tragédie, une épidémie terrible mais pas un holocauste.

    Un holocauste c'est quand une personne est sacrifié de façon violente et volontaire par d'autres humains.

    Messieurs Noel et autres qui prétendez à l'holocauste, répétez après moi:

    IL N'Y A JAMAIS EU D'HOLOCAUSTE QUÉBÉCOIS

    encore une fois

    IL N'Y A JAMAIS EU D'HOLOCAUSTE QUÉBÉCOIS

    Il y a eu des famines, des guerres, des batailles parfois perdues, parfois gagnées, il y a eu de grandes épidémies et de grandes calamité. Mais jamais le peuple québécois n'a eu à affronter un holocauste.

    L'usage de se terme montre votre grand acharnement à dépeindre le peuple québécois comme une éternelle victime, toujours sous l'emprise d'une méchante et cruelle force d'occupation.

  • Félix Arseneau
    Inscrit
    dimanche 22 mars 2009 18h54
    Y en a marre! Qui est malade?
    Ça dégénère, ce fil de discussion! Qu'on commente, mais qu'on dise des choses intelligentes et constructives s.v.p.! S'accuser de tous les noms n'a pas plus de sens que de raconter des âneries. Je pense qu'au Québec on a le droit de dire les choses franchement, avec un minimum de bon goût et de respect! J'en ai marre de voir tous ces abus de langage quand on discute de chose aussi sensibles que l'histoire ou de l'identité des peuples.

    Personne ne possède LA vérité, alors tous ceux qui couvrent les autres d'insultes parce que ce qu'ils disent ne leur plaît pas ne sont pas mieux, tant qu'à moi. Il me semble que les idées qui n'ont pas de sens ou qui sont de mauvais goût n'ont pas besoin d'être attaquées comme si elles avaient de la valeur! On dirait qu'on ne sait plus où mettre ses énergies au Québec.

    Accusez-moi de mal connaître mon histoire si vous voulez, moi je vous dirai simplement comment je vois les choses en ce moment, et comment je les ai vécues aujourd'hui, à défaut d'avoir été là avant.

    Voici ce que j'ai à dire (quoi que je m'éloigne peut-être du sujet) :

    À la parade de la St-Patrick aujourd'hui, j'ai trouvé ça désolant de voir autant d'anglais écrit sur les panneaux, et entendu autant parlé anglais dans les rues. "Back up! Back up!" entendait-on continuellement, en anglais seulement. Je me suis senti comme si je n'étais pas invité, comme si on se foutait de la majorité francophone. Faut croire qu'on est tellement ouverts d'esprit au Québec que même des organisations ontariennes (!!) ont leur place dans le défilé des Irlandais québécois. Les commanditaires étaient pratiquement tous des médias anglophones, et c'est dommage, parce que ça donne l'impression que la St-Patrick est une fête d'Anglophones uniquement, qu'ils soient Irlandais ou non.

    C'est triste à dire, mais c'est principalement la présence du Bonhomme Carnaval qui a sauvé la donne et m'a donné une once de fierté, car j'avais trop honte : l'Armée, la police, la Gendarmerie et les avions de guerre (!!) donnaient une atmosphère très peu reluisante pour une parade en sol québécois. Peut-être que c'est mon esprit de "p'tit québécois" qui est trop fermé, mais je n'avais pas trop le goût de fêter avec des gens acclamant des militaires.

    Le plus choquant, c'est quand j'ai entendu derrière moi un homme dire, en ricanant: "Are we allowed to sing in English? Maybe we'll get into trouble..." Chanceux qu'il est, lui, de pouvoir s'exprimer aussi librement! En Californie, on "tolère" l'espagnol sur le bout des lèvres, on fait des manifs contre les latinos qui "ne veulent pas s'intégrer" et pourtant l'anglais n'est même pas en danger aux USA.

    Ici, on préfère se taper dessus "entre nous autres" à la moindre opinion "anti-chose" en se traitant mutuellement de racistes, etc. Comme si on le méritait. Mais je dois sûrement être "malade" pour voir les choses ainsi. Il y a sûrement des "bons Québécois" et les "mauvais Québécois" : ainsi en est-il écrit dans le grand livre de "l'Humanité" : je me conformer à la "masse" et accepter les choses telles qu'elles sont, c'est la voie de la guérison!!! Ça me rappelle 1984.

    Sérieusement je suis content de vivre dans un Québec aussi libre et tolérant, même s'il y a des choses qui me font enrager. Aujourd'hui, je suis allé voir une parade pour m'ouvrir à une culture différente, mais je me suis plutôt senti comme si ma culture n'avait pas été invitée. Je me sentais comme en 1950, où le français n'avait pratiquement aucune valeur.

    Je pense que je ne suis pas le seul à vivre ce genre de situation frustrante, et c'est ce qui amène certains d'entre nous à exprimer la frustration de travers : parfois ça se transforme en haïne de l'autre, pathétiquement. Mais dénigrer ceux qui sont rongés par la haine, c'est ne pas reconnaître qu'ils souffrent. Et "nous" avons un sérieux problème si nous entretenons d'autant plus la haine entre nous et envers nous-mêmes. Nous méritons mieux que la haine de soi.

    Et... me semble qu'il y a rien de mal à dire "nous", hein? Pour les gens qui s'amusent à caler les gens qui ont une opinion qui s'éloigne de la soi-disante "Humanité", c'est sûr : c'est toujours un "nous" ethno-centriste, à l'eau de javel, intolérant, etc.. J'en ai marre de ceux qui veulent idéaliser LE Québécois "ouvert d'esprit" et, ce faisant, REJETER les autres... Québécois!!! (allô, paradoxe???) Et ces gens qui se disent "ouvert d'esprit" le sont tellement "ouverts d'esprits" qu'ils inventent même des propos qui n'ont même pas été dits. Voilà ce qui est pathétique...

    Si on est une "gang de malades", qu'on apprenne donc à se "guérir" mutuellement plutôt que de s'infecter de la haine de soi (et ça, à long terme, ça fait plus de victimes que le choléra). Le Québec est plus vivant quand il sait prendre soin de lui-même et dans mon livre à moi, toute personne qui se sent Québécois a le droit de le faire.

  • jacques noel
    Inscrit
    dimanche 22 mars 2009 19h06
    @Mme Désy Proulx
    voici peut-être une explication:

    http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada

    "Une forte majorité des personnes qui ont participé à ces entrevues téléphoniques d'une vingtaine de minutes ont démontré un intérêt important pour le passé, peu importe leur lieu de résidence. Mais dans tous les cas, les Québécois se sont retrouvés en queue de peloton par rapport aux autres Canadiens. Ils sont moins intéressés non seulement par l'histoire en général, mais aussi par celle de leur famille, par l'histoire du Canada et celle de leurs traditions religieuses et spirituelles.

    "Ces résultats surprennent Jocelyn Létourneau. «A priori, si on m'avait demandé avant le début de la recherche qui ferait preuve du plus grand intérêt à l'égard du passé, j'aurais répondu les Amérindiens, les Acadiens et les Québécois.» Pourquoi? Parce qu'on affirme communément que la référence au passé est centrale dans l'identité collective des Québécois et que c'est justement leur rapport privilégié à l'histoire qui contribue à les différencier des autres Canadiens, explique-t-il.

    «Les Québécois ne pensent pas à tout moment qu'ils sont victimes de la conquête des Anglais. Ils se projettent dans l'avenir et non pas dans le passé», ajoute M. Létourneau"
    -----
    J'ai rien contre les Irlandais en passant. Mon père avait un oncle irlandais qu'il adorait. Il lui a d'ailleurs servi de père à son mariage. Le problème n'est pas les Irlandais mais l'ammnésie des Québécois. L'incapacité de se comporter comme une majorité chez nous. La maladie de l'excuse. Le refus pathétique d'être.

    Lorsque pour le 400e anniversaire de la fondation de notre capitale nationale, on fait une exposition sur l'antisémitisme dans la gare de la ville (de ma vie à Québec, je n'ai jamais rencontré le moindre juif!), alors qu'on ne dit pas un seul mot de notre holocauste à nous, c'est qu'on est vraiment dirigé par des crétins.

  • Félix Arseneau
    Inscrit
    dimanche 22 mars 2009 19h28
    Mon propos est peut-être devenu hors sujet...
    L'ennui avec l'envoi de messages qui sont "en différé", c'est que les messages auxquels on réagit ne se suivent pas nécessairement et ça peut devenir confondant.

    Ainsi, venant de m'appercevoir que d'autres messages se sont ajoutés par le temps que j'aie terminé et révisé plusieurs fois mon message, je tenais donc à préciser que mon dernier message était en réaction aux messages lus jusqu'à celui de M. Brun ("@Zach et Jacques"). Il m'a semblé que le jeu se soit calmé ou disons "équilibré" par la suite.

    Pour en revenir à l'article, je suis certain que cette exposition est une excellente initiative et que nous avons tous à apprendre de l'histoire des communautés qui composent le Québec d'aujourd'hui, quoi que j'avoue mal connaître l'histoire du Québec dans son ensemble.

    N'en demeure que pour moi, être Québécois, c'est vouloir vivre dans une société à majorité francophone, pacifiste et respectueuse de la diversité. Ceux qui rejettent le français comme langue commune, déteste la politique du Québec et sa différence culturelle par rapport à l'Anglo-américanie s'éloigne de ma définition de ce qu'est un Québécois. Je pense pas que ce soit raciste de dire cela, c'est simplement logique. Je n'irai pas vivre aux États-Unis si je déteste les États-Unis ou l'anglais, ça n'a pas de sens. Alors pourquoi je serais raciste de donner cette définition à un Québécois?

    Personnellement, mes origines sont principalement acadiennes, mais né au Québec, je me sens 100% Québécois, même si je connais aussi bien l'histoire des Acadiens.

  • Jacques Boudreau
    Inscrit
    dimanche 22 mars 2009 22h48
    L'épidémie de choléra de 1832 -- Pour mettre les choses en perspective
    M. Jacques Noël, permettez à votre serviteur, «ignorant de notre Histoire» (je vous cite), de tenter bien humblement de mettre les choses en perspective.

    Je vous propose de considérer trois volets, présentés sous forme de questions :

    1) L'épidémie de choléra de 1832 du Bas-Canada constitue-t-elle un fait unique dans l'Amérique du Nord de cette époque ?

    Considérons la période s'étendant de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe siècle, aux États-Unis seulement.

    À partir d'une recherche Internet « vite faite » (qui pourrait être étayée par une recherche plus rigoureuse), il est possible d'obtenir une liste des épidémies majeures qui ont affecté le territoire des États-Unis entre 1793 et 1918 :

    - 1793, Philadelphie : plus de 4 000 résidents périssent de la fièvre jaune.
    - 1832, juillet-août, ville de New York : plus de 4 000 morts causées par une épidémie de choléra.
    - 1832, octobre, Nouvelle-Orléans : plus de 4 300 morts causées par une épidémie de choléra.
    - 1848, ville de New York : plus de 5 000 morts causées par une épidémie de choléra.
    - 1853, Nouvelle-Orléans : la fièvre jaune fait plus de 7 700 morts.
    - 1867, Nouvelle-Orléans : la fièvre jaune fait plus de 3 000 morts.
    - 1878, états du Sud des États-Unis : la fièvre jaune donne la mort à plus de 13 000 personnes dans la partie méridionale de la vallée du Mississippi.
    - 1916 : une épidémie de polio cause plus de 7 000 morts.
    - 1918 : la grippe espagnole cause plus de 500 000 morts sur le territoire des États-Unis.

    Notons par ailleurs que l'épidémie canadienne de 1832 n'a pas fait que des victimes au Bas-Canada. En effet, il y eut plusieurs centaines de victimes dans le Haut-Canada et dans les colonies situées à l'est du Bas-Canada. Une épidémie de moindre ampleur (entre 1 200 et 1 300 morts) toucha aussi toutes ces régions en 1834.

    Par ailleurs, en 1885, une épidémie de variole ravagea la région de Montréal, faisant plus de 5 800 morts, dont neuf sur dix étaient des Canadiens français. On attribue le lourd tribut versé par la population canadienne-française de 1885 à deux facteurs principaux : les conditions de vie insalubres des gens de modeste condition, et la méfiance de beaucoup de Canadiens français de l'époque face à la vaccination et aux médecins britanniques qui l'administraient...

    Si les épidémies que j'ai mentionnées plus haut ont causé des pertes considérables chez les Nord-Américains d'origine européenne, que penser alors des épidémies subies par les nations autochtones d'Amérique du Nord, causant dans certains cas la disparition totale ou quasi-totale de populations qui occupaient le territoire il y a trois ou quatre siècles ?

    Lorsque les « vecteurs » des germes fatidiques qui ont décimé une nation autochtone étaient des missionnaires français ou des coureurs des bois canadiens (ou «canayens», si vous préférez), est-ce que les survivants de cette nation (à supposer qu'il y en ait) devraient vouer les Français, Canadiens français ou Québécois aux gémonies ?

    Compte tenu de l'état des connaissances scientifiques en 1832, les autorités coloniales britanniques ont-elles une responsabilité morale plus grande que les missionnaires français et les coureurs des bois ou voyageurs qui portaient -- à leur insu -- des germes nocifs pour les populations autochtones ?


    2) L'épidémie de choléra de 1832 du Bas-Canada a-t-elle été occultée dans notre histoire ?

    Parmi les livres d'histoire scolaires ou « grand public » auxquels j'ai accès à la maison, je constate que l'épidémie est mentionnée dans :

    - Canada-Québec (Lacoursière, Provencher, Vaugeois, Septentrion, édition de 2001, p. 238).
    - Histoire populaire du Québec, tome 2 (De 1791 à 1841) de Lacoursière, Septentrion, 1996 (pp. 265-278).
    - The Illustrated History of Canada, ouvrage rédigé sous la direction de Craig Brown, Lester & Orpen Dennys, édition de 1987, pp. 224-225.
    - La version française du livre précédent, Histoire générale du Canada (traduite par Paul-André Linteau), Boréal, 1998, p. 266-268.
    - The French Canadians, Volume One (1760-1867) de Mason Wade, édition révisée de 1968 publiés par Macmillan (la 1ère édition datant de 1955), pp. 141-142.

    L'épidémie est aussi mentionnée dans la série Le Canada, une histoire populaire (pas particulièrement prisée par les nationalistes québécois...) et dans de nombreuses sources accessibles ou identifiables via l'Internet.

    Par ailleurs, nous vivons dans une société libre, démocratique et bien pourvue en bibliothèques et archives de toutes sortes. Dans ce contexte, il n'est pas impossible pour personne - y compris pour vous, M. Noël - d'écrire et publier un livre sur cet épisode tragique de notre histoire, ou encore d'organiser un colloque ou une exposition à ce sujet...


    3) Est-il pertinent de parler d' « holocauste québécois » pour décrire l'épidémie de choléra de 1832?

    La propension, chez certains nationalistes canadiens-français ou québécois, à voir l'épidémie de choléra de 1832 comme le résultat de l'esprit machiavélique des autorités coloniales britanniques, ne date pas d'hier. Jacques Lacoursière (dans l'Histoire populaire du Québec, tome 2, p. 278) et Mason Wade (p. 142) citent tous deux un discours du député Édouard-Étienne Rodier (membre de l'aile radicale du parti patriote et futur chef des Fils de la liberté), dont la teneur m'apparaît être apparentée à certains des propos exprimés par M. Jacques Noël, en réaction à l'article de M. Paul Cauchon.

    Pour ma part, je crois que l'emploi du terme « holocauste » pour décrire l'épidémie de choléra de 1832 est non seulement abusif, mais indigne de toute personne qui a un minimum de connaissances en histoire.

    L'Holocauste, l'holocauste ou la Shoah, dans le contexte de l'histoire contemporaine, c'est « le génocide, la tentative d'extermination des Juifs par les nazis » (Le Petit Robert, 2007).

    Selon moi, il faut manquer magistralement de jugement ou de sens moral pour comparer la persécution et l'élimination (planifiée, calculée et froidement exécutée) de millions de Juifs dans l'Europe des années 1930-1940, avec les pertes tragiques qui ont été essentiellement le résultat d'un problème de santé publique, du manque de connaissances scientifiques qui avait cours dans le premier tiers du XIXe siècle, et à la limite, de mauvaises décisions politiques par le gouvernement britannique de cette époque.

    Personne ne demande aux nationalistes québécois de devenir soudainement de fervents admirateurs du régime colonial britannique (qui n'a pas été sans tort), mais je crois qu'on peut au moins s'attendre, en 2009, à ce qu'ils cessent de tenter de transformer notre histoire en une fable manichéenne digne d'un conte pour enfants...

  • Brun Bernard
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 07h51
    @Rodrigue...
    Il ne faut pas être tendre avec des gens qui prônent des idéologies de mort. Ils ne vous feront aucun cadeau s'ils avaient le pouvoir. Les québécois, les immigrants et le genre humain ont tout à perdre avec ces gens là. Donc oui, ils sont malades de ne pas avoir d'intelligence du coeur qui elle aide à l'intelligence de l'âme. Le reste n'est que lâcheté. En Europe, ces gens sont condamnés par la justice et plein de monde les attaqueraient en justice pour les mêmes propos qu'ils tiennent. Je pense même que vous êtes plus seul que moi. Auriez-vous désiré manger avec un SS après quelques exterminations dans l'après-midi ou recevoir des amendes ou aller en prison parce que vous avez voulu aider des malheureux de la terre ou que seule votre race blanche est la meilleure? Non come pour la pollution, il nous faut agir avant qu'il ne soit trop tard.

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