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Deux fois plus d'autos, deux fois moins de GES

Une coalition internationale propose de réduire la consommation moyenne des autos de 50 % d'ici 2050

Honda est devenu cette semaine le premier constructeur automobile en Amérique à utiliser pour ses livraisons dans le cadre d’un projet-pilote un camion hybride de classe 8 (15 000 kg), les plus gros sur nos routes. Ce mastodonte construit pour Honda
Honda est devenu cette semaine le premier constructeur automobile en Amérique à utiliser pour ses livraisons dans le cadre d’un projet-pilote un camion hybride de classe 8 (15 000 kg), les plus gros sur nos routes. Ce mastodonte construit pour Honda
Une coalition d'organismes internationaux a proposé cette semaine une stratégie internationale pour réduire de 50 % la consommation moyenne des automobiles d'ici 2050 grâce à des solutions technologiques presque toutes disponibles présentement et à une panoplie de mesures normatives et incitatives qu'il faudra harmoniser entre tous les pays.

Comme pour démontrer la validité de ce plan, Honda d'Amérique ajoutait cette semaine à sa flotte de camions lourds un «classe 8» hybride capable à lui seul de réduire annuellement de 45 tonnes les émissions de gaz à effet de serre (GES) d'un véhicule à moteur thermique comparable, soit des émissions équivalentes à celles de 22 automobiles. On imagine quel serait l'impact bénéfique sur le climat si 80 % de la flotte des poids lourds en Amérique du Nord était ainsi équipée. Et les économies pour les propriétaires...

Mais le rapport, parrainé notamment par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et l'Agence internationale de l'énergie (AIE), porte uniquement sur le parc automobile mondial. Ce dernier compte présentement un milliard de voitures et ce nombre, selon le rapport, devrait doubler d'ici 2050.

La stratégie «50/50» ne vise que la réduction moyenne de la consommation des voitures et non une réduction de 50 % d'ici 2050 de la consommation globale du parc automobile mondial, qui aura alors doublé. Si la consommation moyenne des voitures était réduite de moitié d'ici 2050, cela permettrait de ramener les émissions de GES de ce parc au niveau des émissions de 2005.

Gains énormes

En 2025, si cette stratégie est mise en place par les gouvernements à très court terme, les émissions du parc automobile seraient réduites d'un milliard de tonnes de GES ou de une gigatonne (Gt). En 2050, la réduction serait de 2 Gt par rapport à un scénario de laisser-faire.

Selon le rapport international, la stratégie du 50/50 permettrait de réduire la consommation annuelle de pétrole du parc automobile de six milliards de barils de pétrole, une économie de 600 milliards de dollars par année, sans compter les bénéfices attribuables à la réduction de la pollution urbaine.

Présentement, les émissions de CO2 du parc auto se situent autour de 2,8 Gt par an. Elles atteindront entre 4,3 Gt et 7,2 Gt en 2050 si la communauté internationale ne contrôle pas cette croissance, ce qui serait d'autant plus facile à amorcer maintenant, alors que les constructeurs réclament presque tous une aide gouvernementale pour se sortir de la crise économique.

Les voitures personnelles sont actuellement responsables de la moitié de toutes les émissions de GES du secteur des transports. Mais cette part devrait être ramenée à environ 40 % en 2050 en raison de la croissance prévue du transport aérien et du fret par poids lourds.

Pour atteindre cet objectif, précise le rapport, il faudra réduire la consommation moyenne des véhicules neufs de 30 % d'ici 2020 et de 50 % d'ici 2030. En raison de la durabilité des plus vieilles voitures, la réduction globale serait alors limitée à 20 % en 2020 et à 35 % en 2030, pour en arriver finalement à l'objectif de 50 % en 2050.

Diverses études, notamment d'origines britannique et étasunienne, confirment qu'il est technologiquement possible de réduire de 30 % d'ici 2020 — ou d'ici une décennie, en somme — la consommation moyenne des voitures.

Écarts considérables

Mais l'atteinte de cet objectif ne va pas se faire de la même façon partout. Il faudra cependant qu'elle passe partout par trois choses: une augmentation considérable des ventes de voitures hybrides et des tout-électriques, une amélioration de la performance environnementale des centrales thermiques (surtout les «branchables») et la mise en place dès maintenant d'incitatifs fiscaux comme des taxes accrues sur l'essence, des taxes sur le carbone ou des incitatifs fiscaux comme des malus-bonus pour récompenser les propriétaires de véhicules moins énergivores et pénaliser les récalcitrants au changement. Les organismes internationaux estiment qu'il faut aussi commencer à harmoniser les systèmes normatifs afin que les constructeurs cessent rapidement de produire les véhicules les plus énergivores.

Une telle harmonisation devrait aussi atténuer les disparités entre pays. Par exemple, dans les pays de l'OCDE, la consommation moyenne se situe autour de 8 litres aux 100 km, mais elle dépasse les 9 litres aux États-Unis.

Les écarts sont encore plus surprenants si on compare les émissions de GES des différents parcs automobiles. La moyenne des véhicules aux États-Unis émettaient en 2002 environ 260 grammes (g) de CO2 par kilomètre, comparativement à 241 au Canada et 170 en Europe. Les États-Unis entendent ramener les émissions des nouvelles voitures en 2012 à 210 g/km alors que la Californie vise 187 g/km. En comparaison, l'Europe exigera en 2012 un maximum de 135 g/km et le Japon, qui utilise de puissants incitatifs fiscaux, limitera leurs émissions à 130 g/km.

Selon les agences internationales, l'allégement des véhicules et l'obligation de limiter la puissance des moteurs au profit d'une réduction des émissions et de la consommation rendent possible l'atteinte d'un objectif de consommation de 4 litres aux 100 km pour le parc mondial. Mais une attention particulière devra être apportée à ce dossier dans les pays en développement, où se concentrera 80 % de l'augmentation prévisible du parc automobile.

Du reste, certains pays comme la Chine l'ont déjà compris et ne veulent visiblement pas imiter la catastrophe écologique roulante que constitue le parc automobile nord-américain. La Chine, qui plafonnait déjà en 2002 les émissions des véhicules neufs à 210 grammes, soit l'objectif du gouvernement fédéral des États-Unis pour 2012, impose déjà cette année un plafond de 170 grammes. C'est l'équivalent de ce que la Californie vise pour 2016! Mais ces 170 grammes étaient déjà la norme en Europe en 2002 sans causer de problème de mobilité personnelle...

Les progrès techniques

Les principaux gains technologiques sur lesquels reposera l'atteinte de ces objectifs, selon le rapport, sont d'abord les perfectionnements de la technologie des hybrides et des tout-électriques, particulièrement les voitures «branchables».

Les progrès dans le domaine des batteries seront fondamentaux, ajoute le rapport, mais le gain principal résultera des procédés de production de masse qui réduiront le prix des accumulateurs.

On prévoit d'autre part que l'évolution des techniques de pointe comme les piles à combustible auront un impact plus marginal sur les progrès de la voiture personnelle. Par contre, la formation des conducteurs à la conduite écologique et la présence d'instruments de bord qui témoigneront de la consommation en continu, ainsi que les prix croissants du pétrole en fonction de l'amenuisement des réserves mondiales, pourront aussi contribuer sensiblement à l'atteinte de ces objectifs, tout comme les perfectionnements de l'intermodalité, de l'aménagement urbain, et l'amélioration des tests de consommation et d'émissions qui sont à la base des normes gouvernementales.
 
 
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  • Daniel Beaudry - Abonné
    7 mars 2009 09 h 07
    Il faut savoir multplier
    La consommation est le produit du nombre de litres par km et du nombre de km parcourus. On néglige le second paramètre. Il faudrait parler de l'étalemnt urbain et de la carence structurelle du transport en commun qui détermine le nombre de km parcourus. C'est là que nos voeux d'amélioration sont très pieux. Changer les automobiles est une chose mais le pus important et le plus difficile à changer est dans la tête. C'est la conception qu'on se fait de ce qu'est un bon mode de vie.
    Daniel Beaury
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  • Fernand Trudel - Abonné
    7 mars 2009 10 h 36
    Enfin des solutions rationnelles
    Eux qui fulminent à chaque fois qu'on investi dans notre réseau routier, c'est une défaite pour les écolos à vélo qui voulaient sortir les automobiles des rues...

    Diminuer la consommation par de nouvelles technologies est plus rationnel qu'éliminer les autos de la terre.

    Il faut cependant se rappeler que depuis l'époque des années 50 avec les grosses cylindrées V8, ce que j'appelait "des coins de rues" tellement elles étaient grosses et lourdes, les fabricants ont fait d'énormes progrès.

    L'essence sans plomb est apparu. Le catalyseur doublant le pôt d'échapement rendant moins polluant les moteurs. Les voitures ont rapetissé et les moteurs aussi passant du V8 au V6 et V4. L'aluminium et le plastique ont allégés la voiture et l'aérodynamisme a été privilègié. Les performances sur la consommation se sont fait sentir. Faut dire que le prix de l'essence a forcé les fabricants à innover. La rareté du pétrole les incite maintenant à franchir d'autres pas innovants. C'est ça l'évolution de l'espèce humaine...

    Dans les années 60 on payait 0,29$ le gallon (4,5 litres) alors qu'aujourd'hui on paye 0,90 le litre. On faisait Québec -Montréal avec 5$, plus aujourd'hui.

    Oui, il y a place à l'amélioration. De 50%, j'en doutes mais j'applaudi le changement de discours des écolos. Il est plus rationnel et réaliste...
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  • - Abonné
    7 mars 2009 17 h 53
    On se trompe !!!
    Le modèle économique actuel du capitalisme sauvage basé sur l'exploitation du pétrole et de l'automobile nous a endetté constamment depuis 40 ans. LE RAPPORT COÛTS/BÉNÉFICES EST négatif, À L'ENCRE ROUGE. Et on veut nous faire croire qu'on a le choix de continuer dans la même orientation sans préalablement s'asseoir pour en discuter. STOP!!!

    VOYEZ-VOUS la folie de continuer avec l'usage de l'automobile, maintenant qu'il faut ajouter les coûts supplémentaires pour l'achat de voiture hybride ou électrique, des taxes supplémentaires sur le coût du pétrole, toujours financer les coûts de constructions et d'entretien du réseau routier, ajouter au prix du pétrole les coûts d'extraction et de séquestration du CO2, et finalement ajouter les coûts engendrés par les effets néfastes causés par les changements climatiques.

    On est déjà dans le rouge, on en sortira jamais en empirant la situation par l'augmentation des coûts, N'EST-CE PAS !?!?!?!?!

    QUE signifiera de continuer dans ce modèle de société basé sur l'utilisation de l'automobile? CE SERA UNE CLASSE RICHE TOUJOURS PLUS RICHE ET PLUS PETITE ET, UNE MASSE TOUJOURS PLUS GRANDE DE PAUVRES, TANT DANS LE TIERS-MONDE QU'ICI. Les riches s'isoleront de plus en plus dans des villes privées et se maintiendront de plus en plus par la répression policière ou armée. Wow!!!

    La vérité est : PRIVATISATION DES BÉNÉFICES ET TRANSFERT DES COÛTS ET DÉFICITS SUR LE DOS DE LA SOCIÉTÉ.

    C'est ce que nous avons fait durant les dernières 40, n'est-ce pas? LE PASSÉ N'EST-IL PAS GARANT DE L'AVENIR !?!?!

    Il faut prendre la voix du développement des villes propres et vertes sans automobile, où les infrastructures de transport en commun sont mises de l'avant, des trains rapides liant les villes entre elles, enfin développer une économie durable, respectueuse de la nature et des capacités de la biosphère.

    On n'a pas le choix. Autrement, c'est la grosse misère qui nous attend !!!
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  • Michelle Bergeron - Abonné
    7 mars 2009 21 h 45
    Excellente solution
    Faut pas rêver en couleur en croyant que le transport en commun est pour demain. Pu capable d'entendre parler d'Europe et de la France. On est ici en Amérique du Nord. Croire que nous avons les moyens d'un tel réseau (sauf Montréal) quand nous sommes très peu nombreux pour payer la facture, notre territoire est beaucoup plus grand, la population vieillie, les villes et municipalités sont organisées en fonction de l'automobile et en plus eux ils ont toujours investis dans ce transport.
    Je lisais un communiqué de ma santé publique avec le préfêt de la MRC Lanaudière une farce plate. On reprochait aux gens d'être individualistes oarce qu'Il n'a eut aucune augmentation des usagéers du transport en commun...WOW! Pensez-vous, ces villes dortoirs où il n'y a pratiquement aucun service et que le transport en commun est pour la jour seulement et en semaine encore je crois. Il n'y a rien d'autres que des maisons unifamiliales. Est-ce que ces gens là ont un tête pour réfléchir. LA culpabilité ne règle rien bien au contraire d'autant plus que les services publiques sont en décripitudes vraiment on rêve en couleur. Ce que je déplore encore plus c'est l'aveuglement volontaire pour le gaspillage de produit pétrolier pour le loisir. Il se dépense plus d'essence hors route que sur route et c'est le travailleur et la petite famille qui est souvent visée. Ceci est une solution beaucoup plus réaliste.
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  • Guy Fafard - Inscrit
    8 mars 2009 16 h 25
    Approche rationnelle
    Voila un approche rationnelle pour solutionner le problème des GES; mais c'est un début.

    En Amérique du Nord, la distance Montréal Sept-Îles ne racourciera jamais, les conditiond climatiques ne changeront pas pour les écolos purs et durs non plus.

    La manière de faire les choses peut être amélioré cependant.
    C'est sur ce tableau que l'on doit miser et qu'on doit réfléchir pour découvrir de nouvelles approches.

    J'aime bien ce début d'action. Merci pour cet article.
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  • Denise, Laval, Qc - Abonnée
    9 mars 2009 10 h 28
    "Ils sont fous ces humains"
    Il me semble entendre un Obélix venant d'ailleurs si on lui faisait voir les files interminables d'automobiles et autres véhicules quasi stationnés jours après jours à l'heure de pointe (il faudrait dire aux heures de pointes) dans les grandes villes du monde. "Ils n'ont pas pensé à se regrouper dans des véhicules plus gros, à déménager plus près de leur lieu de travail?"

    Mais non, quand on voit dans le futur on voit une solution dans la multiplication par deux du nombre de véhicules!!! Où va-t-on les mettre?
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  • Roberte Robert - Abonné
    9 mars 2009 14 h 25
    Attention aux visions miracles!
    Réduire la consommation des véhicules de 50%, mais doubler leur nombre, c'est idiot. Où s'en va-t-on avec ce genre de raisonnement. Même si nos voitures émettaient deux fois moins de GES, quel gain ferions-nous dans nos villes si leur nombre augmente encore et toujours. C'est le transport collectif et rapide qu'il faut favoriser tout en imposant des critères de plus en plus contraignant au parc automobile.
    Là-dessus, je me permets de noter, M. Francoeur, que vous semblez oublier systématiquement l'existence de la technologie du diesel TDI qui est disponible depuis bien des années et qui est à l'origine des bonnes performances de l'Europe. Je mesure la consommation de ma Jetta 2002 depuis son achat et ma moyenne annuelle est de 6,2litres aux 100Km. Cette technologie s'est encore améliorée ces dernières années. L'avenue qui nous amène systématiquement vers une voiture hybride en est encore une de consommation. Regardez le prix de ces véhicules. Une petite voiture plus légère, moins puissante et deux fois moins chère rivalise facilement avec ces hybrides tant vantées.
    R.Robert
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