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Rue Notre-Dame - Dérapage incontrôlé

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage. La phrase de Boileau sied bien au projet de modernisation de la rue Notre-Dame à Montréal que Québec vient de mettre entre parenthèses pour cause d'explosion des coûts passés de 750 millions à près de 1,5 milliard. Le ministère des Transports, maître d'oeuvre et principal bailleur de fonds du projet, exige qu'il soit revu à la baisse. Certains craignent, non sans raison, que, dans le présent contexte économique, il soit tout simplement reporté à plus tard.

La nécessité de moderniser cette artère est d'une évidence cri-ante. Juste pour l'entretenir, on y engloutit des millions alors que les usagers, comme les riverains, doivent souffrir les embouteillages quotidiens. Il ne faut pas abandonner ce projet, quoique l'occasion soit propice d'en remettre en cause certains aspects. Il y a lieu de se demander, par exemple, s'il est nécessaire que le boulevard autoroutier projeté soit à huit voies tout le long de son parcours.

Le projet, tel qu'il a été annoncé par le premier ministre Jean Charest et le maire Gérald Tremblay en 2007, est en effet un compromis entre l'autoroute souhaitée par le ministère des Transports sur le modèle de l'autoroute Décarie et le boulevard urbain avec voies réservées au transport en commun défendu par Montréal. Après moult négociations, on convint de construire un grand boulevard à huit voies, dont deux réservées au transport en commun. Un système de modulation gardera au vert les feux de circulation pendant les heures de pointe transformant le boulevard Notre-Dame en autoroute.

Comme tout compromis, ce concept de boulevard autoroutier est boiteux. D'un côté, il met en place des infrastructures pour le transport en commun et, de l'autre, il facilite l'accès des voitures au centre-ville. Plusieurs experts évaluent la croissance du flot de véhicules à près de 30 %. Elle sera alimentée entre autres choses par le prolongement de l'autoroute 25 vers Laval et la couronne nord. Dans les faits, Québec a imposé à Montréal sa vision du transport qui privilégie l'automobile.

Pour ramener les coûts du projet à une dimension acceptable, il faudra abandonner certains de ses éléments. À cet égard, il revient au ministère des Transports de faire un examen de conscience. Se posent des questions sur sa capacité à gérer de grands projets. Comment n'a-t-il pas vu l'inflation des coûts qui, sur tous les grands chantiers, a été de 15 à 20 % ces dernières années? Un dérapage aussi incontrôlé que celui du prolongement du métro à Laval! Il y a là une leçon de modestie qui devrait amener ce ministère à mettre de côté son obsession autoroutière et à écouter davantage Montréal lorsqu'il s'agit de définir les priorités en matière de transport sur le territoire de celle-ci.
 
 
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  • Bernard Gervais - Abonné
    23 février 2009 06 h 48
    Une vraie honte !
    Comme dans le cas du parachèvement de l'autoroute 30, les travaux de modernisation de la rue Notre-Dame sont encore remis à plus tard ! Une vraie honte ! Pourtant, ce n'est pas d'hier qu'on parle de ces 2 projets qu'on répète qu'ils sont essentiels pour le réseau routier de la métropole.

    Ça paraît que nous sommes à Montréal et que les décisions se prennent ailleurs ! Si notre ville était une capitale et avait les moyens (juridiques et financiers) d'agir, les choses iraient beaucoup plus vite, j'en suis convaincu !
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  • Daniel Vézina - Abonné
    23 février 2009 08 h 30
    Encore le Metro comme exemple..!!
    M. Descôteaux,

    au risque de répéter encore ce qui a déja été mentionné, le coût du Metro de Laval était le bon. C'est le montant proposé par le gouvernement péquiste à l'époque qui était "dans le champs"! Le coût moyen de prolongement d'un Metro comme le notre est d'environ 175M$le km. Alors on est loin du "desastre" financier qu'on tente encore aujourd'hui de nous faire croire, sachant que le prolongement était de 5km.
    Donc, à 745M$ au total, on a eu une aubaine.
    Ref. site de l'AMT : http://www.amt.qc.ca/grandsprojets/metrolaval/inde

    On ne parlera pas des projets débutés par nos chers "Libéraux" cependant!! (Salle de l'OSM, ilot de UQAM, prolongement autoroute 30, de la 25 et maintenant la rue Notre-Dame...)
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  • Claude Stordeur - Abonné
    23 février 2009 10 h 57
    La vieille garde et les commandites
    C'est vraiment triste qu'on puisse pas rendre responsable ces fonctionnaires qui jouent à travailler et nous font des plans de nègre avec de l'argent de monopoly.

    J'ai été estimateur toute ma vie en imprimerie et dérivés et il m'est très difficile de comprendre ces écarts de prix non prévu, ou des kilomètres de métros oublier.

    A moins que ce soit la volonté des politiciens de faire dire que cela coutera pas tellement chère, mais en fait à la fin le double ou le triple.

    Ce genre de façon de calculer peut être facilement associé à la génération de commandites généreuses.

    Mais cela remonte loin tout cela, rappelez vous les constructions olympiques où les camions rentraient pleins et sortaient pleins encore pour aller déverser leurs chargements sur un autre chantier...
    Plusieurs petits entrepreneurs se sont fait une belles fortunes en briques, sables, carrelages etc... gratuits... Mais ce sont encore nous les payeurs de taxes qui devons éponger la note.
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  • Gabriel Deschambault - Inscrit
    23 février 2009 14 h 10
    Une solution simple
    Je voudrais vous proposer une solution simple, très économique et qui réglera le problème en permettant même de fermer une voie ou deux!

    Soyons réalistes! Ce boulevard est rempli matin et soir par des transiteurs qui insistent pour utiliser leur voiture solo. 80% des utilisateurs de ce «boulevard» n'ont pas d'affaires là. On dépense l'argent des contribuables, pour favoriser le confort de quelques-uns.

    Installez un péage à l'entrée de l'île, et du jour au lendemain, vous verrez s'améliorer comme par enchantement la desserte commerciale; le nombre de voitures, fondre comme neige au soleil; disparue la congestion; pas de retards au bureau; tout le monde nage dans le bonheur.

    On ne touche tout simplement pas à Notre-Dame! Le gouvernement n'a pas à mettre un sous (même qu'il va en faire un tas, qu'il pourra ré-investir dans le transport public); Il n'a pas de travaux à faire en PPP;

    Pourquoi vouloir accomoder encore davantage une congestion automobile qui ne cessera jamais d'augmenter dans de telles circonstances. Cessons d'alimenter ce boulevard avec des voitures et il n'y en aura plus de problème.

    C'est sûr que ça va jaser à la machine à café du bureau; mais après un certain temps (surtout si le club de hockey Canadien fait les manchettes)on n'en parlera plus. On passera à d'autres choses...le CHUM peut-être?
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  • Etienne Coutu - Inscrit
    23 février 2009 14 h 54
    Un projet des années 60 dépassé
    Ce Projet là ne se fera pas pour une simple raison: cela reste encore un projet typique des années 60, planifié dans les années 60, sauf que le Ministère n'a pas compris ce qui était possible à l'époque grâce au "cheap labor" des québécois ne l'est plus aujourd'hui.

    Un projet de boulevard, en surface, intégré aux quartiers riverains serait nettement plus acceptable, abordable et réalisable.

    Ce qui est une honte, c'est que le Ministère des transport gaspille $ 10 millions depuis dix ans au développement de ce projet (des fonds publiques qui vont engraisser les caisses du consortium d'ingénieurs), qu'il essaie politiquement d'imposer de façon unilatéral son projet autoroutier à la ville, et continue d'être bloqué sur une vision qui est vraiment dépassée.

    Le MTQ ferait gagner beaucoup de temps et d'argent à tout le monde s'il abdiquait et remettait la tache (et le budget) à la ville de Montréal.
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  • Richard Dupuis - Inscrit
    23 février 2009 15 h 59
    Mais pourquoi ne calculer que les voitures?
    Bernard Descôteaux dit, dans son article:

    "Dans les faits, Québec a imposé à Montréal sa vision du transport qui privilégie l'automobile."

    Il faudrait demander aux utilisateurs de l'actuelle autoroute Ville-Marie, qui habitent l'ouest de l'île, s'ils seraient prêts à revenir à un boulevard à deux voies par direction, et muni de feux de circulation. Je ne suis pas certain que l'idée serait très populaire.

    Voyez-vous, on a tendance à ne voir que l'automobile, lorsque l'on critique les projets routiers, mais qu'en est-il des livreurs, des conducteurs de camions lourds, qui, si je ne m'abuse, constitue une partie non-négligeable de la "clientèle" de la rue Notre-Dame. Ces gens-là n'ont-ils pas le droit de pouvoir compter sur un réseau routier efficace, afin d'accomplir leur travail? Est-ce que le Port de Montréal, pour sa desserte, devra se contenter à jamais de l'artère archaïque que constitue la rue Notre-Dame?

    Remarquez bien que je n'ai rien contre le transport en commun; il est là pour rester, et il est nécessaire. Par contre, il ne faut pas oublier que les livraisons, et particulièrement les livraisons locales, ne peuvent pas se faire par autobus. Je suis livreur, de mon métier, et je me dois de le préciser; l'est de Montréal est très mal desservi par le réseau routier actuel. Si les gens de l'ouest méritent l'autoroute Ville-Marie actuelle, je ne vois pas pourquoi les gens de l'est devraient être privés plus longtemps d'une telle artère.

    De là mon opinion; il faut revenir au concept d'une autoroute urbaine, munie de voies de service, sur lesquelles on pourrait mettre, pourquoi pas, des voies réservées aux autobus et aux taxis. Les concepts d'autoroute "intelligente" sont encore trop récents, et je ne crois pas que la population de l'est de Montréal doive servir de "cobaye", pour des expériences de gestion de la circulation. Déjà que le concept de "gestion de l'offre", cher à l'ancien ministre Guy Chevrette, n'a pas donné de réelle amélioration, au niveau de l'achalandage du réseau routier.
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  • Meunier,Marc - Abonné
    23 février 2009 17 h 00
    Et les couts de toutes les études...........
    Ce projet existe depuis maintenant plusieurs années ,il a été remis plusieurs fois déja ,combien d'argent a déja été engloutie depuis le début ...........
    SVP un calcul s'impose.
    Marc Meunier.
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