Train de banlieue - Investissement prioritaire
Comme toujours, l'Agence métropolitaine de transport est remplie de bonnes intentions à l'endroit de ses 66 000 clients qui empruntent chaque jour l'une des cinq lignes de train de banlieue de la région montréalaise. Cela suffira-t-il pour regagner la confiance ébranlée par les ratés du système?
La semaine dernière, Julie Boulet, ministre des Transports, mettait la direction de l'AMT en demeure de présenter un plan de correction susceptible de rétablir la fiabilité du service. Hier, Joël Gauthier, président de l'organisme, annonçait une réduction temporaire du tarif mensuel sur les lignes Deux-Montagnes et Dorion-Rigaud, et faisait connaître les quelques mesures qui seront prises à court terme.
Parmi ces mesures, mentionnons surtout la réparation du matériel roulant électrique sur la ligne Deux-Montagnes, une opération nécessaire, mais qui exigera le retrait de 20 % des voitures, remplacées par un service de navettes d'autobus jusqu'en juin. On promet aussi un meilleur entretien des voitures et un projet-pilote d'affichage électronique dans trois des 52 gares du réseau. Finalement, on annonce le retour aux horaires de 2008 là où les nouveaux horaires suscitaient la grogne.
Cela suffira-t-il? Non, bien sûr.
En moins d'une quinzaine d'années, le train de banlieue a connu une croissance de popularité fulgurante partout où il a été implanté. Ce qui n'était à l'origine qu'une coquetterie d'écolo est devenu un besoin essentiel pour les usagers et fait désormais partie du plan de transport de la métropole. Aujourd'hui, plus de 16 millions de passages sont comptabilisés chaque année.
Sur papier, voilà l'option alternative presque idéale pour les gens dont les déplacements ont lieu à l'heure de pointe. Le problème c'est que, contrairement à d'autres services comme le métro qui fut entièrement fabriqué à neuf, les usagers des trains de banlieue roulent encore aujourd'hui bien souvent dans des voitures d'une autre époque, sur des voix simples construites il y a plus d'un demi-siècle et qu'il faut partager avec les trains de marchandises. On a beau avoir investi pas mal d'argent pour améliorer le service, il en faudrait beaucoup plus, et plus vite, pour répondre à la demande.
Parmi les changements envisagés à moyen terme, l'AMT souhaite ériger des garages à l'extrémité des lignes pour protéger les voitures du froid la nuit, moderniser les systèmes de signalisation, créer des voies d'évitement et doubler celles qui existent, ajouter des places de stationnement... mais tout cela coûte cher.
Vrai, mais voilà une infrastructure prioritaire qui mérite les centaines de millions nécessaires. Le Québec et le Canada doivent placer le transport collectif en tête de leurs priorités en cette période de crise économique et de lutte contre les gaz à effet de serre. Ces investissements sont d'autant plus importants qu'une grande partie des équipements requis, dont les voitures de passagers, est fabriquée sur place. Peut-on imaginer moyen plus efficace de combattre la récession chez nous tout en préparant l'avenir?
***
j-rsansfacon@ledevoir.ca
La semaine dernière, Julie Boulet, ministre des Transports, mettait la direction de l'AMT en demeure de présenter un plan de correction susceptible de rétablir la fiabilité du service. Hier, Joël Gauthier, président de l'organisme, annonçait une réduction temporaire du tarif mensuel sur les lignes Deux-Montagnes et Dorion-Rigaud, et faisait connaître les quelques mesures qui seront prises à court terme.
Parmi ces mesures, mentionnons surtout la réparation du matériel roulant électrique sur la ligne Deux-Montagnes, une opération nécessaire, mais qui exigera le retrait de 20 % des voitures, remplacées par un service de navettes d'autobus jusqu'en juin. On promet aussi un meilleur entretien des voitures et un projet-pilote d'affichage électronique dans trois des 52 gares du réseau. Finalement, on annonce le retour aux horaires de 2008 là où les nouveaux horaires suscitaient la grogne.
Cela suffira-t-il? Non, bien sûr.
En moins d'une quinzaine d'années, le train de banlieue a connu une croissance de popularité fulgurante partout où il a été implanté. Ce qui n'était à l'origine qu'une coquetterie d'écolo est devenu un besoin essentiel pour les usagers et fait désormais partie du plan de transport de la métropole. Aujourd'hui, plus de 16 millions de passages sont comptabilisés chaque année.
Sur papier, voilà l'option alternative presque idéale pour les gens dont les déplacements ont lieu à l'heure de pointe. Le problème c'est que, contrairement à d'autres services comme le métro qui fut entièrement fabriqué à neuf, les usagers des trains de banlieue roulent encore aujourd'hui bien souvent dans des voitures d'une autre époque, sur des voix simples construites il y a plus d'un demi-siècle et qu'il faut partager avec les trains de marchandises. On a beau avoir investi pas mal d'argent pour améliorer le service, il en faudrait beaucoup plus, et plus vite, pour répondre à la demande.
Parmi les changements envisagés à moyen terme, l'AMT souhaite ériger des garages à l'extrémité des lignes pour protéger les voitures du froid la nuit, moderniser les systèmes de signalisation, créer des voies d'évitement et doubler celles qui existent, ajouter des places de stationnement... mais tout cela coûte cher.
Vrai, mais voilà une infrastructure prioritaire qui mérite les centaines de millions nécessaires. Le Québec et le Canada doivent placer le transport collectif en tête de leurs priorités en cette période de crise économique et de lutte contre les gaz à effet de serre. Ces investissements sont d'autant plus importants qu'une grande partie des équipements requis, dont les voitures de passagers, est fabriquée sur place. Peut-on imaginer moyen plus efficace de combattre la récession chez nous tout en préparant l'avenir?
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