Québec - Pour une action politique et structurée
La priorité est accordée à la culture et à sa diversité
Il y a bien longtemps que les Sommets de la Francophonie ne sont plus de simples rendez-vous courtois entre pays de même langue. S'il se trouvait encore quelques personnes pour en douter, le dernier Sommet de Beyrouth a levé tout doute en ce sens, selon la ministre d'État aux Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie pour le Québec, Louise Beaudoin. Portrait d'une force politique qui se confirme.
Organisé à Beyrouth au Liban, le neuvième rendez-vous de la Francophonie a bien failli ne pas avoir lieu. Pourtant, reporté une première fois à l'automne 2001 en raison des troubles au Moyen-Orient, il était attendu avec impatience par de nombreux pays membres de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). La promesse d'en arriver à une entente commune à l'égard de la diversité culturelle suscitait en effet de grands espoirs du côté de plusieurs États actifs dans la communauté francophone mondiale, dont le Québec. Des espoirs qui n'ont pas été déçus, de l'avis de Louise Beaudoin. «Les 50 pays membres se sont engagés à ne pas déposer d'offres de libéralisation pour les secteurs culturels à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) le 31 mars prochain. C'est un gain majeur pour la préservation de la diversité culturelle et ça confirme le fait que la Francophonie est à l'avant-garde de tous les débats sur la mondialisation et les échanges de biens culturels. C'est d'autant plus important que ce n'était pas gagné d'avance. Certains pays aux prises avec des difficultés économiques plus importantes auraient pu décider d'ouvrir leur marché coûte que coûte.»
En fait, pour la ministre des Relations internationales du Québec, le dernier Sommet a été de loin le rendez-vous francophone mondial le plus politique de tous. «Dans l'histoire, je crois que nous pourrons dire sans nous tromper que le Sommet de Beyrouth a permis à la Francophonie de prendre un important virage politique. Le fait que la rencontre ait lieu au Moyen-Orient et que ce coin du monde soit particulièrement chaud par les temps qui courent y a sans doute contribué. À mon sens, il est normal que la Francophonie prenne cette tangente. Tous les pays membres assument d'ailleurs parfaitement cette dimension.»
Un futur traité commercial
Heureuse de la tournure des événements, Louise Beaudoin clame haut et fort l'utilité «politique» déjà établie de la Francophonie, ne serait-ce qu'à l'égard du débat sur la diversité culturelle. «C'est en bonne partie à la Francophonie que l'on doit le débat sur le caractère distinct des biens culturels et le fait qu'ils ne doivent pas être considérés comme n'importe laquelle marchandise», affirme-t-elle à ce sujet. C'est aussi à la Francophonie que l'on doit, selon elle, le fait que l'Unesco ait finalement décidé de se saisir d'un éventuel traité sur la diversité culturelle. «À l'automne 2001, l'Unesco adoptait une déclaration universelle sur la diversité culturelle. Elle refusait cependant de porter et d'arbitrer l'instrument international qui servirait à contrôler cette question. À la fin de 2002, début de 2003, elle changeait de position. La détermination de la Francophonie et le travail acharné de différents acteurs, dont ceux de l'axe franco-québécois, plus particulièrement, ont finalement porté fruit.»
Déjà, un projet de traité mondial commence à circuler. Encore une fois, le Québec est aux premières loges. «Nous sommes très présents dans toutes les discussions entourant cette question. Bien qu'il ne soit pas un État indépendant, le Québec est d'ailleurs membre du comité qui travaille à l'élaboration du fameux traité. Si tout se déroule comme convenu, l'Unesco devrait pouvoir se saisir de sa nouvelle responsabilité dès l'automne 2003.» Chose certaine, peu importe la conjoncture mondiale et la vitesse à laquelle se dérouleront les travaux, tout doit être complété avant 2005, date butoir pour les négociations entourant l'OMC.
Agir... à long terme
Le traité sur la diversité culturelle n'est pas la seule action à court terme attendue par les pays francophones. Pour soutenir les États les plus démunis, l'OIF verra aussi rapidement à mettre en place un fonds de garantie des industries culturelles. «Il faut s'assurer d'un accès universel à la création dans les pays plus démunis. C'est la seule manière de faire en sorte que la diversité culturelle prenne son sens dans un maximum d'États», précise à ce sujet la ministre Beaudoin.
Une mesure qui concorde parfaitement avec la volonté de mieux planifier l'action des pays membres de la Francophonie. Le Sommet de Beyrouth a d'ailleurs permis de confirmer la volonté des États francophones de se munir d'un cadre stratégique à long terme, soit sur dix ans. «Jusqu'à présent la Francophonie s'est contentée d'actions ponctuelles et peu étendues dans le temps. On ne se projette pas suffisamment dans l'avenir. Il faut arrêter de décider une année à la fois. Par son histoire et sa situation particulière en Amérique du Nord, le Québec témoigne depuis longtemps du fait que la seule façon de faire une différence est d'avoir une vision à long terme.»
Utile à l'égard du débat sur la diversité culturelle, la planification à long terme permettra aussi, selon Louise Beaudoin, de donner plus de visibilité aux actions des pays francophones en matière de coopération internationale. Des actions déjà fort bien ancrées dans les moeurs, aime d'ailleurs à rappeler la ministre des Relations internationales. «Plusieurs des pays membres de la Francophonie sont à feu et à sang. C'est le cas notamment au Congo et en Côte-d'Ivoire. Il est impossible de faire comme si ces situations n'existaient pas. Évidemment, nous n'assumons pas des responsabilités comparables à celles de l'Organisations des Nations unies mais, politiquement, nous apportons tout de même une valeur ajoutée en venant en aide à ces pays de différentes façons.»
Une francophonie forte dans un univers mondialisé? Pourquoi pas, répond Louise Beaudoin. «Pendant longtemps, la Francophonie a été identifiée à la France uniquement. Aujourd'hui, il ne fait plus aucun doute que ce n'est pas le cas. La Francophonie est une affaire planétaire réunissant 50 pays de toutes tailles et natures. La meilleure preuve que les choses évoluent, c'est que, pour la première fois avec le Sommet de Beyrouth, l'Algérie a accepté de prendre part aux activités de la Francophonie. C'est majeur parce que, pour des raisons historiques les opposant aux Français, ils avaient toujours refusé de participer. La décision de participer à nos travaux dans l'avenir leur appartient. Par contre, ce qui est clair, c'est que la Francophonie est de plus en plus une affaire de forces vives qui sont mises en commun.»
Organisé à Beyrouth au Liban, le neuvième rendez-vous de la Francophonie a bien failli ne pas avoir lieu. Pourtant, reporté une première fois à l'automne 2001 en raison des troubles au Moyen-Orient, il était attendu avec impatience par de nombreux pays membres de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). La promesse d'en arriver à une entente commune à l'égard de la diversité culturelle suscitait en effet de grands espoirs du côté de plusieurs États actifs dans la communauté francophone mondiale, dont le Québec. Des espoirs qui n'ont pas été déçus, de l'avis de Louise Beaudoin. «Les 50 pays membres se sont engagés à ne pas déposer d'offres de libéralisation pour les secteurs culturels à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) le 31 mars prochain. C'est un gain majeur pour la préservation de la diversité culturelle et ça confirme le fait que la Francophonie est à l'avant-garde de tous les débats sur la mondialisation et les échanges de biens culturels. C'est d'autant plus important que ce n'était pas gagné d'avance. Certains pays aux prises avec des difficultés économiques plus importantes auraient pu décider d'ouvrir leur marché coûte que coûte.»
En fait, pour la ministre des Relations internationales du Québec, le dernier Sommet a été de loin le rendez-vous francophone mondial le plus politique de tous. «Dans l'histoire, je crois que nous pourrons dire sans nous tromper que le Sommet de Beyrouth a permis à la Francophonie de prendre un important virage politique. Le fait que la rencontre ait lieu au Moyen-Orient et que ce coin du monde soit particulièrement chaud par les temps qui courent y a sans doute contribué. À mon sens, il est normal que la Francophonie prenne cette tangente. Tous les pays membres assument d'ailleurs parfaitement cette dimension.»
Un futur traité commercial
Heureuse de la tournure des événements, Louise Beaudoin clame haut et fort l'utilité «politique» déjà établie de la Francophonie, ne serait-ce qu'à l'égard du débat sur la diversité culturelle. «C'est en bonne partie à la Francophonie que l'on doit le débat sur le caractère distinct des biens culturels et le fait qu'ils ne doivent pas être considérés comme n'importe laquelle marchandise», affirme-t-elle à ce sujet. C'est aussi à la Francophonie que l'on doit, selon elle, le fait que l'Unesco ait finalement décidé de se saisir d'un éventuel traité sur la diversité culturelle. «À l'automne 2001, l'Unesco adoptait une déclaration universelle sur la diversité culturelle. Elle refusait cependant de porter et d'arbitrer l'instrument international qui servirait à contrôler cette question. À la fin de 2002, début de 2003, elle changeait de position. La détermination de la Francophonie et le travail acharné de différents acteurs, dont ceux de l'axe franco-québécois, plus particulièrement, ont finalement porté fruit.»
Déjà, un projet de traité mondial commence à circuler. Encore une fois, le Québec est aux premières loges. «Nous sommes très présents dans toutes les discussions entourant cette question. Bien qu'il ne soit pas un État indépendant, le Québec est d'ailleurs membre du comité qui travaille à l'élaboration du fameux traité. Si tout se déroule comme convenu, l'Unesco devrait pouvoir se saisir de sa nouvelle responsabilité dès l'automne 2003.» Chose certaine, peu importe la conjoncture mondiale et la vitesse à laquelle se dérouleront les travaux, tout doit être complété avant 2005, date butoir pour les négociations entourant l'OMC.
Agir... à long terme
Le traité sur la diversité culturelle n'est pas la seule action à court terme attendue par les pays francophones. Pour soutenir les États les plus démunis, l'OIF verra aussi rapidement à mettre en place un fonds de garantie des industries culturelles. «Il faut s'assurer d'un accès universel à la création dans les pays plus démunis. C'est la seule manière de faire en sorte que la diversité culturelle prenne son sens dans un maximum d'États», précise à ce sujet la ministre Beaudoin.
Une mesure qui concorde parfaitement avec la volonté de mieux planifier l'action des pays membres de la Francophonie. Le Sommet de Beyrouth a d'ailleurs permis de confirmer la volonté des États francophones de se munir d'un cadre stratégique à long terme, soit sur dix ans. «Jusqu'à présent la Francophonie s'est contentée d'actions ponctuelles et peu étendues dans le temps. On ne se projette pas suffisamment dans l'avenir. Il faut arrêter de décider une année à la fois. Par son histoire et sa situation particulière en Amérique du Nord, le Québec témoigne depuis longtemps du fait que la seule façon de faire une différence est d'avoir une vision à long terme.»
Utile à l'égard du débat sur la diversité culturelle, la planification à long terme permettra aussi, selon Louise Beaudoin, de donner plus de visibilité aux actions des pays francophones en matière de coopération internationale. Des actions déjà fort bien ancrées dans les moeurs, aime d'ailleurs à rappeler la ministre des Relations internationales. «Plusieurs des pays membres de la Francophonie sont à feu et à sang. C'est le cas notamment au Congo et en Côte-d'Ivoire. Il est impossible de faire comme si ces situations n'existaient pas. Évidemment, nous n'assumons pas des responsabilités comparables à celles de l'Organisations des Nations unies mais, politiquement, nous apportons tout de même une valeur ajoutée en venant en aide à ces pays de différentes façons.»
Une francophonie forte dans un univers mondialisé? Pourquoi pas, répond Louise Beaudoin. «Pendant longtemps, la Francophonie a été identifiée à la France uniquement. Aujourd'hui, il ne fait plus aucun doute que ce n'est pas le cas. La Francophonie est une affaire planétaire réunissant 50 pays de toutes tailles et natures. La meilleure preuve que les choses évoluent, c'est que, pour la première fois avec le Sommet de Beyrouth, l'Algérie a accepté de prendre part aux activités de la Francophonie. C'est majeur parce que, pour des raisons historiques les opposant aux Français, ils avaient toujours refusé de participer. La décision de participer à nos travaux dans l'avenir leur appartient. Par contre, ce qui est clair, c'est que la Francophonie est de plus en plus une affaire de forces vives qui sont mises en commun.»
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