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Compostage: le Plateau est ravi, Côte-Saint-Luc serre la vis

Le pas franchi est encore fort modeste, mais la collecte de matières organiques commence à s'implanter à Montréal. Quelque 3000 résidants du Plateau Mont-Royal s'initient depuis le début du mois de décembre aux vertus du compostage en participant à la collecte de résidus alimentaires de la Ville. Côte-Saint-Luc détient toutefois une longueur d'avance en cette matière et songe déjà à serrer la vis aux récalcitrants qui refusent participer au programme mis en place par la municipalité.

Pour beaucoup de Montréalais, il était grand temps que l'administration Tremblay passe à l'action en matière de compostage. Selon des données publiées l'an dernier, la région métropolitaine figure au 25e rang des villes canadiennes dans ce domaine. Premier arrondissement à faire la collecte des matières putrescibles à Montréal, le Plateau, en collaboration avec l'Éco-quartier Plateau Mont-Royal, a lancé son programme le 2 décembre dernier en ciblant 3000 logements. Une importante équipe a été déployée sur le terrain, question d'informer les citoyens des règles à suivre avant de procéder à la distribution des bacs bruns.

L'accueil a été enthousiaste, soutient Raphaëlle Groulx, coordonnatrice de l'Éco-quartier: «Les gens étaient prêts. Ça faisait longtemps qu'ils le réclamaient sur le Plateau. D'ailleurs, le compostage est devenu incontournable.» Rebuts d'origine végétale, mouchoirs, emballages de pizzas, restants de viande, de poisson et d'os peuvent être jetés dans le bac brun.

Père de trois enfants, Jean-François Guay n'a pas été difficile à convaincre. «Je trouve ça génial. C'est incroyable la quantité de nourriture qu'on jette. Avec trois enfants, il y a du gaspillage, ils ne finissent pas toujours leur assiette, alors le bac se remplit assez vite», explique-t-il. Du même coup, la quantité de déchets mis aux ordures a fondu et les sacs verts laissés sur le balcon ne se font plus éventrer par les écureuils. «Ce qui m'embête, c'est l'odeur qui se dégage du petit bac qu'on garde dans la cuisine», dit-il.

D'autres n'affichent pas le même enthousiasme. «À 85 ans, je ne veux pas qu'ils m'achalent avec ça, indique Jacqueline Pronovost, qui habite au deuxième étage d'un triplex. J'ai déjà de la difficulté à descendre et à monter les escaliers. D'ailleurs, je ne jette pas beaucoup de nourriture.»

Bien qu'il soit trop tôt pour dresser un bilan du programme, l'arrondissement songe déjà à étendre la collecte à d'autres résidences l'automne prochain, a indiqué la conseillère du district De Lorimier, Josée Duplessis, à l'origine du projet. «Ça ne coûte pas si cher que ça. Pour 3000 portes, l'implantation a coûté moins de 200 000 $», dit-elle. À Montréal, seul l'arrondissement de Verdun est prêt à imiter le Plateau avec un projet pour 3000 foyers, mais on attend toujours le feu vert de la Ville-centre pour aller de l'avant.

Effort supplémentaire

AiIleurs sur l'île de Montréal, le compostage commence aussi à entrer dans les moeurs. Au terme d'un projet pilote d'un an auprès de 500 foyers, Côte-Saint-Luc a étendu son service de collecte à 5000 résidences l'automne dernier. Dès la première semaine, les objectifs ont été dépassés, les matières organiques recueillies atteignant 28 tonnes au lieu des 20 tonnes anticipées. Malgré ces résultats, la conseillère municipale Dida Berku estime que les citoyens devront faire un effort supplémentaire.

L'imposition d'amendes n'ayant pu faire consensus chez les élus, ceux-ci s'apprêtent à adopter un règlement qui accordera à la Ville le pouvoir de ne pas effectuer la collecte des ordures de ceux qui refusent de participer à la collecte des matières organiques. Inspirée de règlements adoptés par d'autres municipalités, dont Halifax, cette mesure est nécessaire, croit Mme Berku. «C'est une question d'équité. Ceux qui participent se demandent pourquoi ils devraient faire des efforts alors que leurs voisins ne le font pas», explique-t-elle.

Mme Berku estime que l'administration Tremblay a tort de justifier sa lenteur à implanter la collecte de matières putrescibles en invoquant la nécessité de disposer d'usines de compostage de grande envergure. «Il faut d'abord miser sur des petits projets», croit-elle.
 
 
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  • Fernand Trudel
    Abonné
    mercredi 7 janvier 2009 09h18
    Quand on crée des puits à Méthane pour sauver la planète
    La putréfaction dans ces contenants aérés qui sommeillent dans les entrées d'auto en attandant la collecte aux deux semaines crée un puits de méthane et en multiplie les sources. Quand les odeurs de la campagne s'en vient en ville...

    Pour des gens qui veulent sauver la planète et luttent contre le CO2, ils propagent le méthane qui fait 24 fois plus de GES que le CO2. Ou est la logique ???

  • Claude Beaulé
    Inscrit
    mercredi 7 janvier 2009 10h06
    Le traitement local sans transport doit avoir la priorité
    Comme c'est le cas en Europe, notamment en Suède, en Angleterre, en France et dans de nombreux pays, les installations de composteurs près des résidences a fait son apparition depuis plus de 20 ans avec des résultats impeccables.

    C'est le cas par exemple des composteurs Big Hanna comptant plus de 700 installations locales dans le monde. C'est plus d'installation que toutes les autres types de composteurs réunis. Ces 700 unités de compostage sur site compostent un volume de résidus alimentaires à un coût final beaucoup moins important que les grnade usines de traitement et de compostage. Évidemment c'est sans compter la réduction des coûts de transport et la réduction des gaz à effet de serre découlant des collectes d'ordures ménagères.

    Les plus petits projets ont donc vraiment leur place dans notre environnement et ce sont des solutions éprouvées depuis longtemps pour composter tout genre de résidus alimentaires. Nous encourageons donc Mme Berku ainsi que tous les autres intervenants dans le secteur du traitement des résidus compostables à poursuivre leurs efforts d'intégration de projets locaux avec mise en place rapide pour le compostage des résidus alimentaires.

    Claude Beaulé, ing.
    Vertal inc.

  • Isabelle Harvey
    Inscrite
    mercredi 7 janvier 2009 10h09
    Payer en attendant le service municipal
    Je suis une résidente de Villeray et je profite d'un service de collecte de matières organiques compostables privé... Pour 5$ par semaine,Compost Montréal nous offre une poubelle, un sac compostable et une cueillette hebdo. Très bon service: je dépose ma «poubelle» le mercredi soir sur mon balcon et au cours de la soirée, quelqu'un vient faire l'échange, me remet un sac propre dans ma poubelle. Certains diront que c'est cher payer, mais depuis qu'on s'est abonnés à ce service, c'est fou comme notre poubelle est rachitique! Au bout d'une semaine, pour une famille de 4, c'est une poubelle pleine de rognures, pelures et restants végétaux qui s'en va au compost au lieu du site d'enfouissement. Lorsqu'on sait que ce sont ces déchets qui sont les plus polluants, c'est un 5$ qui vaut la peine.
    J'ai moi aussi bien hâte que notre arrondissement prenne le virage compost mais en attendant, voici peut-être une solution intéressante. On peut aussi aller sur le site de l'émission La vie en vert, à Télé-Québec, il y a un reportage sur cette petite entreprise : telequebec.tv

  • Patrick Watson
    Inscrit
    mercredi 7 janvier 2009 14h27
    @ M.Trudel ...Comentataire impertinent et surtout totalement faux!!
    Des puits à méthane!!?? C'est n'importe quoi!!

    Pourquoi y'a t'il toujours des gens prêts à chialer pour n'importe quoi, en disant des absurdités chaque fois qu'une bonne initiative environnementale est mise sur pied??

    Je suis biochimiste et fais justement partie de l'équipe de l'éco-quartier Plateau Mont-Royal...

    Je tiens vivement à corriger ce commentaire tout à fait ridicule comme quoi nous créons des puits de méthane en compostant...

    La production de méthane par la digestion microbiologique de la matière organique se déroule en l'absence totale d'oxygène... (conditions anaérobies)

    Le dit bac de compost n'étant pas totalement hermétique et fréquemment ouvert n'offre en aucun cas les conditions nécessaires à la digestion anaérobie des déchets organiques...

    Je vous retourne donc la question, où est donc la logique dans un tel commentaire rempli de fausses conceptions??

    Alors voilà, je vous suggère fortement de vous renseigner un peu avant de chialer pour rien sur des projets innovateurs comme celui-ci...
    À moins bien sûr que vous appréciiez contribuer ainsi à l'abrutissement collectif...

    Patrick Watson,
    Agent en Environnement,
    Éco-Quartier Plateau Mont-Royal.

  • Simon Bernier
    Abonné
    mercredi 7 janvier 2009 15h35
    A Fernand Trudel
    On pourrait des sources de ce que vous avancez ? Considérer donc tout le compostage que nous créons ainsi, qui remplace les engrais chimiques. Aussi nous diminuons la quantité de déchets envoyés aux dépotoirs... Vous parlez de puits de méthane. Soit. Apportez vos preuves alors !

  • Colin-N. Brosseau
    Inscrit
    jeudi 8 janvier 2009 13h23
    @ M. Trudel: vous vous contredisez (encore)
    Encore une fois, vous vous surpassez M. Trudel. Vos affirmations sont mensongères et, pire, vous vous contredisez. Aujourd'hui vous vous insurgez contre le compostage qui créerait (selon vous) des puits de méthane, un gaz à effet de serre (GES).

    Je me permet de vous citer (Le Devoir, dimanche le 13 mai 2007, http://admin.ledevoir.com/2007/05/12/commentaires/

    "Quand les écolos pointent du doigt les GES comem responsable du réchauffement climatique, ils errent dramatiquement."

    "Le réchauffement climatique est dû au rayonnement solaire intense sur tout le système, pas seulement sur la terre."

    Dans votre intervention de 2007, vous réfutez complètement la thèse de l'action des GES d'origine humaine sur le réchauffement climatique. Aujourd'hui, vous blâmez le méthane (un GES qui serait, selon vous, produit par le compostage) de nuire à l'environnement. Vous n'êtes même pas conséquent avec vous même.

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