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La police du bio n'a plus de matraque

Faute d'inspecteurs, aucun rapport n'a été produit depuis novembre 2006

Fabien Deglise   20 décembre 2008  Actualités en société
Depuis près de deux ans, l'organisme gouvernemental chargé d'assurer la bonne marche des opérations sur le marché des produits biologiques et des produits du terroir n'est plus en mesure de remplir pleinement une de ses fonctions, la traque des fraudeurs sur le terrain, faute d'inspecteurs pour le faire. Une situation que déplore l'ex-présidente du conseil d'administration de cette instance, Claire Bolduc, qui voit là un manque de cohérence du gouvernement en matière de développement des terroirs et des produits de niche au Québec.

«C'est une question de ressources financières, résume Mme Bolduc, désormais présidente de Solidarité rurale. Depuis sa création, le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV) n'a jamais eu les moyens de ses ambitions. Le problème s'il n'est pas en mesure de faire des inspections: ça diminue son pouvoir d'intervention. C'est comme si l'armée canadienne partait au combat sans munitions. Ce n'est pas crédible.»

Selon les informations obtenues par Le Devoir, le CARTV, qui, fin 2006, s'est fait donner par Québec un plus grand pouvoir d'inspection et de saisie avec la nouvelle Loi sur les appellations réservées et les termes valorisants, n'est toujours pas en mesure d'intervenir sur le terrain afin de vérifier que les normes d'étiquetage du bio et des produits du terroir sont bel et bien respectées.

Actuellement, aucun inspecteur n'est à l'emploi du conseil, dont le comité de surveillance — la section vouée à ces activités de contrôle — ne s'est pas réuni depuis deux ans. Par ailleurs, une demande effectuée par l'entremise de la Loi d'accès à l'information a permis de constater qu'aucun rapport d'inspection n'a été produit par l'organisme gouvernemental depuis novembre 2006, soit le moment où le CARTV s'est substitué au Conseil des appellations agro-alimentaires du Québec (CAAQ), l'ancien garant des normes bio au Québec.

Joint au téléphone hier, le président du Conseil, Denis-Paul Bouffard, a admis que son organisme «ne fait pas d'inspection au sens de la loi» et qu'il fonctionne sans inspecteur depuis août 2006, date à laquelle l'unique poste «a été aboli». Toutefois, la situation serait sur le point d'être corrigée, selon lui, avec l'entrée en fonction au début de l'année prochaine d'un «chargé d'inspection» que le CARTV viendrait d'embaucher, a-t-il indiqué. Son pouvoir d'intervention sur le terrain devra toutefois être confirmé par le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec. Ce qui n'a pas été fait.

En attendant, l'instance gouvernementale se limite pour le moment, dans ses activités de surveillance, à répondre aux plaintes et dénonciations qui arrivent à ses bureaux. Une trentaine de dossiers de ce type ont été traités depuis le début de l'année. Dans les grandes lignes, ce traitement se résume à une demande d'ajustement envoyée généralement par la poste ou par téléphone.

«C'est minimal, dit Mme Bolduc. Bien sûr, quand on réagit à une plainte, cela permet de rétablir une situation, mais ça devient problématique quand il n'y a personne sur le terrain pour faire le suivi.» La dernière grande tournée d'inspection du Conseil a été effectuée il y a quatre ans, à l'époque du CAAQ, alors que 353 épiceries dans 17 régions ont été visitées pour contrôler le bon usage de l'appellation biologique.

Actuellement, le CARTV veille au bon fonctionnement d'un cadre légal dans lequel évoluent près de 1500 producteurs agricoles, transformateurs ou courtiers certifiés biologiques, des milliers de produits revendiquant cette certification. Dès l'année prochaine, un premier produit du terroir, soit l'agneau de Charlevoix qui devrait obtenir sous peu la première Indication géographique protégée (IGP), va également entrer dans le giron du Conseil, qui dispose d'un budget annuel moyen d'à peine 700 000 $ par année et de six employés pour mener à bien ses activités d'agrément des certificateurs, de conseil, d'information et de surveillance des marchés.

«Ce n'est pas une situation confortable pour réaliser tout ce que la loi nous prescrit, dit M. Bouffard. Si l'on compare avec la Suisse ou la France, les organismes comme le nôtre disposent de quatre fois plus de moyens pour réaliser la même chose que nous.»

Devant ce portrait, Claire Bolduc en appelle d'ailleurs à plus de cohérence de la part du gouvernement, qui met directement en péril, selon elle, «la crédibilité des terroirs du Québec» alors qu'il annonce partout qu'il souhaite les voir se développer. «Partout dans le monde où il y a des appellations fortes sur des produits de spécialité, le soutien de l'État est majeur», ajoute l'agronome. Et ce, pour que l'instance de contrôle puisse vraiment remplir sa fonction: assurer aux consommateurs que le montant payé en plus pour un produit certifié en vaut la peine.
 
 
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  • Brun Bernard - Inscrit
    20 décembre 2008 07 h 35
    Alors...
    ...c'est pour ça qu'on trouve partout des produits bio de plus en plus??? Il n'y a que le gaz dont on sait d'où ça vient et encore...les bio par définitions ne sont pas des valeurs n'est-ce pas? Ils sont pour la nature belle et rose, pour les petits oiseaux qui chantent au bord des rivières et pour un air dégagé des pestilences de toutes origines. C'est comme pour la politique, on se fout de notre g....Comment faire un monde propre avec des actions et des pensées sales? Là est la question. Actuellement comme par enchantement tout devient bio, n'avez-vous pas remarqué?
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  • Tim Yeatman - Abonné
    20 décembre 2008 09 h 20
    La MAPAQ se moque de nous, encore!
    Laissez-moi bien comprendre: le MAPAQ, qui semble favoriser l'industrialisation de l'agriculture, s'arrange pour qu'il n'y ait aucun contrôle de qualité pour ceux qui veulent manger autrement. C'est bien typique!


    Depuis septembre 2005, quand j'ai appris qu'on nous forçait d'avoir une porcherie de 5,800 cochons dans ma ville riveraine, j'ai définitivement tourné le dos au porc, jambon et bacon (que j'aimais déjà pas tellement) des grandes chaînes, pour chercher un fournisseur de ces produits qui ne serait pas nécessairement bio certifié, mais au moins donnait une meilleure vie à ses bêtes, ne leur servait pas des antibiotiques dans leur nourriture et n'épandait pas le purin en novembre.


    Les intégrateurs doivent bien se plier en deux de rire, ce matin!


    Johanne Dion
    sur le courriel de mon conjoint
    Richelieu, Qc
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  • Fernand Trudel - Abonné
    20 décembre 2008 11 h 25
    Bio une autre façon d'arnaquer le citoyen
    Tout devient bio comme par enchantement et le prix se hausse en conséquence. Le gouvernement vert se tourne le dos car le bio il est pour ca, même si ca pirate nos portes feuilles à qui mieux-mieux.

    Les produits du terroir, parlez-en aux fromagers qui ont perdus des millions pour un excès de zèle. Le MAPAQ voulait il ainsi cautionner son immobilisme dans le bio ???

    Il est temps qu'on revienne à la normale. Le bio c'est sans OGM. Pourtant les OGM on en trouve même dans le canola... Et puis c'est nécessire pour augmenter les récoltes et ainsi pouvoir nourrir le monde. Mais nos écolos ont décidé de faire bio leur mode même en dépit des lois...
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  • Charles-Eugène Bergeron - Inscrit
    21 décembre 2008 00 h 08
    bio confusion
    ET ce même gouvernement Charest subventionne à coup de dizaines de millions, sans compter les centaines de millions dévolus par le Fédéral à ces agropharmaceutiques, à ces industries de la génie génétique recombinante qui s'auto-propclament "industries des sciences de la vie" et en chinois évidemment: " Bio Sciences ".

    Cela nous donne à Ste-Anne-de-Bellevue des chèvres dont le lait aux protéines d'araignées sont à la base d'une nouvelle génération de gilets pare-balles. Et encore de la luzerne au jus riche en macromolécules industrielles dissémine - Oups! ses transgènes par son pollen aux plants de luzerne naturelle qui croissent aux alentours. Comemnt? Eh oui, parce que le gêne Terminator-TM a de ces ratées imprévisible. Restez donc dans vos labos, apprentis sorciers assistés sociaux de ce monde. Priorité des élections de 2006: pas la santé, mais bien les industrioes biomédicales. Aux élections 2008, pas l'économie, mais bien aux Chicago Boys qui spéculent sur les denrées et jouent à la roulette russe avec la vie elle-même. Des gouvernement qui ont la mort dans l'âme, pourris jusqu'à la moëlle.

    Vive la vie. Vive le bio local et à échelle humaine. Haro au bio à la sauce du Président qui vient d'on ne sait où. 18 ans à tergiverser à Ottawa sur une norme biologique nationale. Le Québec et la Colombie Britannique sont en porte-à faux depuis bientôt 10 ans avec la gouvernance canadinosaurienne. IL y des gens dans l'industrie minière, forestière,énergétique et agroalientaire à qui l'incurie profite encore et toujours. Heureusement, ils sont une poignée et de moins en moins nombreux, car les richesses se concentrenrt de plus en plus.

    le BIO est une force qui survivra à l'implosion sur lui-même du système néoconservateur d'oppression de la planète et de ses habitants. Feue Donella H. Meadows, artisane du Rapport Bruntland qui a statué le concept du développement durable duquel on compte à présent plus de 400 définitions tant les lobbys de ce monde trépignent pour l'édulcorer, a écrit dans l'une de ses dernières publications: "Organic Agriculture can and must feed the world". C'est une question de temps, que la découverte de quelle agriculture biologique cette éminente précurseure causait en 1999. Dans les cahiers de chrges actuels, il manque tout un pan de normes relatives au respects des droits sociaux et environnmentaux qui sont aujourd'hui définis dans la définition de Nyeneli (Mali) de la "Souveraineté alimentaire" qui a été statuée par la Via Campesinas. La CARTV n'y arrive pas à défendre l'intégrité bio car elle a été conçue et mise en place par des gens qui ne voient l'avenir dans le BIO qu'en terme d'industrie. On me dira "Cause toujours"; Je sais de quoi je parle. L y des gens bien placés dans les mininstères qui en contrepartie de considérations futures dans l'establisment agroaliemntaire ont tout intérêt à noyer le poisson du bio, en premier lieu en se discréditant eux-mêmes. Nuos sommes encore à Québec dans le syndrôme ultralibéral du moins d'État = mieux d'État.

    D'une main on se gargarise aux relents de Pronovost en prônant pour la galerie une agricuture plurielle et de proximité, et de l'autre, on laisse pour contre les petits fromagers artisans ravagés par une pandémie appréhendée qui n'est pas issue de leurs rangs. En ces temps troublés par une crise mondiale du prix des denrées et de la spéculation boursière sur les agrocarburants et sur les denrées de base, on se glosse des dissensions entre de petits groupes d'agriculture soutenue par la communauté. En même temps, on persiste et on signe dans l'agroalimentaire méga-dépendant au pétrole et au capital financier. ...C'est assez! ET je vous épargne le préambule de Jordi Bonet.
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