Réinventer le «Faubourg à m'lasse»
Photo : Jacques Nadeau
Radio-Canada compte recréer un quartier résidentiel qui devrait ramener 5000 résidants sur son site, soit à peu près le même nombre que celui des personnes expropriées il y a plus de 40 ans.
L'inauguration de la Maison de Radio-Canada en 1973 a marqué le passage du radio-diffuseur à une nouvelle ère de modernité. Mais tout un quartier a été rayé de la carte pour faire place à la célèbre tour hexagonale du boulevard René-Lévesque. Trente-cinq ans plus tard, rien ne va plus. La société d'État s'est mis en tête de vendre ses vastes terrains de stationnement pour financer la modernisation de ses installations et permettre la construction d'un projet immobilier.
Lucien Landry se souvient du grand dérangement de 1963 et de l'expropriation des quelque 5000 résidants du «Faubourg à m'lasse» qui ont dû plier bagage pour faire place à la Maison de Radio-Canada. Avec la démolition du vaste quadrilatère, c'est toute une communauté tissée serrée et composée d'ouvriers et de familles défavorisées qui a été déracinée.
Lucien Landry avait dans la jeune vingtaine lorsque la propriétaire de l'immeuble qu'il habitait rue Panet, au sud du boulevard Dorchester (aujourd'hui René-Lévesque), lui a signifié qu'il devait quitter son logement. Il a conservé l'avis d'expropriation émis par la Ville de Montréal qui accordait un délai de 60 jours aux résidants pour partir. «Dans ce temps-là, on n'avait pas de baux et aucun recours», rappelle-t-il.
Livreur pour une imprimerie de la rue Amherst, qui elle a aussi été expropriée, M. Landry a perdu à la fois son logement et son emploi dans toute l'opération. Relogé dans un appartement de la rue Saint-Mathieu, dans l'ouest de la ville, il s'est mis à la recherche d'un autre emploi.
Pour d'autres, qui avaient vécu toute leur enfance dans ce quartier ouvrier et qui devaient abandonner un grand pan de leur vie, l'exode a eu des effets durables. «Ça a causé un choc immense», relate M. Landry qui est demeuré en contact avec quelques dizaines d'expropriés, dont certains souffrent encore des séquelles psychologiques relatives à ce départ forcé. «Les gens ont été laissés à eux-mêmes, et la Ville n'a pas fait de suivi après leur déménagement», dit-il. Même s'il a fait sa vie ailleurs — «Notre préoccupation, c'était de subsister», explique-t-il —, il soutient que la colère ne s'est jamais dissipée.
«On n'avait pas de mécanismes pour se défendre contre l'expropriation. Si on avait eu le réseau qui s'est opposé à l'implantation d'un casino à Pointe-Saint-Charles il y a quelques années, cette expropriation n'aurait pas eu lieu», croit-il.
La relance de l'Est
L'arrivée de Radio-Canada dans l'est de la ville faisait suite à la volonté de la société d'État de regrouper ses activités sous un même toit à la fin des années 50. À cette époque, les centres de production et les bureaux administratifs de la Société Radio-Canada (SRC) étaient dispersés dans une vingtaine d'endroits dans la métropole. Comme la SRC souhaitait s'établir près du centre-ville, le service d'urbanisme de la Ville de Montréal lui a d'abord proposé un terrain à l'angle des rues Clark et Sainte-Catherine. Jean Drapeau, alors membre de l'opposition, préférait le site du secteur Dozois qu'il jugeait plus approprié pour Radio-Canada que pour les Habitations Jeanne-Mance qui devaient y être construites.
C'est finalement la suggestion d'un regroupement de gens d'affaires de l'est, le Centre commercial de Montréal, qui fut retenue. Il s'agissait du quadrilatère formé par les rues Amherst, Craig et Papineau et le boulevard Dorchester, un quartier ouvrier en décrépitude. C'était l'époque où l'on valorisait la «rénovation urbaine» en ciblant les quartiers industriels où vivait une population démunie. «On va démolir massivement, à la fois pour passer des autoroutes et transformer des rues en boulevards urbains et implanter des grands équipements. Par exemple, à Montréal entre 1957 et 1974, on va démolir 28 000 logements», relate Gérard Beaudet, directeur de l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal. «Le rapport Dozois, déposé à la fin des années 50, ciblait une douzaine de quartiers ou de secteurs urbains qu'on destinait à la destruction et à la reconstruction, ajoute-t-il. Finalement, il n'y en a qu'un seul qui va être réalisé, celui des Habitations Jeanne-Mance, près de la Place des arts.»
La création de la Cité des ondes visait à développer l'est de la métropole afin de favoriser l'émergence d'un deuxième centre-ville canadien-français pour contrebalancer l'essor de l'ouest où les gratte-ciels se multipliaient. Le boulevard Dorchester avait déjà été élargi en 1955, entraînant la démolition de 750 logements.
Une entente est finalement conclue entre l'administration municipale et Radio-Canada. La Ville s'engage à «libérer» le site avant le 30 septembre 1964. Le terrain sera cédé à la société d'État au coût de 4,1 millions de dollars.
Lors de la signature de l'entente, en 1963, le maire Jean Drapeau évoque les perspectives d'avenir pour l'est de Montréal. «La réalisation du projet de Radio-Canada impliquant la démolition de taudis et la rénovation d'un secteur de Montréal signifie que la rénovation urbaine à Montréal n'est pas un vain mot, et j'en conclus que les personnes, les compagnies qui veulent investir dans l'immeuble auront un excellente occasion d'investir leur capitaux dans des entreprises immobilières autour de l'emplacement de Radio-Canada», déclare-t-il.
La démolition des immeubles débute à l'automne 1963 et s'échelonnera sur plusieurs mois. Quelque 678 logements, 12 épiceries, 13 restaurants, huit garages et une vingtaine d'usines disparaîtront. Les familles délogées recevront de la Ville 12,50 $ par pièce que comptait leur habitation. L'expropriation coûtera 10 millions à la Ville de Montréal.
En février 1963, Le Petit Journal fait état de la frustration teintée de résignation des résidants du quartier forcés de quitter leur logement. Les uns applaudissent le projet susceptible de dynamiser l'est de Montréal, mais les autres ont le coeur gros de devoir partir. «C'est une bien bonne affaire. C'est trop vieux, ce quartier. Les gens devraient habiter ailleurs dans le nord de la ville par exemple. Ici, dans le Faubourg, ce sont des cabanes où on gèle l'hiver», commente en 1963 André Bergeron, débardeur de son métier.
Son collègue Albert Lagrange n'est pas du même avis: «Mettre à la porte des pauvres gens, des pères de famille de cinq à six enfants, c'est contraire à mes idées. Pourquoi chasser cette population de l'endroit où elle est née et où elle a grandi? Si j'étais ministre d'un gouvernement et que je disais à quelqu'un: "Toi, va-t-en d'ici!", ce serait scandaleux. C'est précisément ce qu'on fait en expropriant le quartier.»
À l'automne 1964, le terrain qui couvre 25 acres est remis à la Société Radio-Canada, mais il faudra attendre plus de cinq ans avant que les travaux débutent pour de bon sur le site. Dans l'intervalle émerge une certaine incertitude sur les réelles intentions de la société d'État qui tergiverse encore. Le rapport de la commission Fowler déposé en 1965 jugeait le projet trop coûteux. À Montréal, on s'impatiente, mais, en 1968, le gouvernement fédéral donne finalement le feu vert au projet. La Maison de Radio-Canada, construite au coût de 73 millions et comportant une tour hexagonale de 23 étages et des studios construits partiellement en sous-sol, sera finalement inaugurée en 1973 en présence du premier ministre Pierre Elliott Trudeau et du maire Jean Drapeau.
Encore sous le choc
Le quartier Centre-Sud ne s'est jamais remis de cette expropriation, soutient Gérard Beaudet. «Ce fut une grosse perte en termes de nombre de résidants. Il y a eu dévaluation de toutes les autres propriétés autour. On avait anticipé qu'autour de Radio-Canada se développerait toute une série d'activités commerciales, mais ça ne s'est à peu près jamais fait», dit-il.
C'est tout le tissu urbain qui s'est désintégré. Les deux paroisses voisines ont elles aussi eu peine à se remettre de l'amputation d'un quartier entier. À une certaine époque, la paroisse de Saint-Pierre-Apôtre ne comptait plus qu'une vingtaine de fidèles, a rappelé le curé de la paroisse, Yoland Ouellet, plus tôt cette semaine.
Aujourd'hui, Radio-Canada estime que ses installations ne lui conviennent plus. On évalue que 40 % du site sont occupés par des espaces de stationnement en surface qui, en plus d'être inesthétiques, ont accentué la rupture avec le cadre bâti environnant. La proposition de Radio-Canada, qui fait l'objet de consultations ces jours-ci, recréera un quartier résidentiel qui devrait ramener 5000 résidants sur le site, soit à peu près le même nombre que celui des personnes expropriées il y a plus de 40 ans. La situation a quelque chose d'ironique, et Lucien Landry est le premier à dire qu'il sera impossible de recréer la vie de quartier de l'époque du «Faubourg à m'lasse». De plus, les nouveaux immeubles de 11 étages prévus le long du boulevard René-Lévesque constitueront un «rempart» qui ne permettra jamais une réelle intégration au secteur voisin.
Lucien Landry ne garde pas rancune à Radio-Canada car, au fil des ans, la SRC a aidé de diverses façons les plus démunis, allègue-t-il. Mais il estime qu'elle a une dette envers les expropriés. Au nom des anciens résidants du Faubourg qu'il représente, M. Landry, qui est membre du Comité des orphelins victimes d'abus, réclame que les logements éventuellement construits sur le site soient offerts en priorité à tous ceux qui ont été expropriés il y a quatre décennies. Y vivrait-il lui-même? «Volontiers!» lance-t-il sans hésitation.
M. Landry en veut surtout à la Ville de Montréal qui a sacrifié tout un quartier, alors que sa mission était «de veiller au bien-être des citoyens.» Elle aurait dû s'y prendre autrement. Le mal étant fait, il espère qu'elle veillera à ce que Radio-Canada se souvienne des citoyens expropriés avant de donner le feu vert au projet.
Lucien Landry se souvient du grand dérangement de 1963 et de l'expropriation des quelque 5000 résidants du «Faubourg à m'lasse» qui ont dû plier bagage pour faire place à la Maison de Radio-Canada. Avec la démolition du vaste quadrilatère, c'est toute une communauté tissée serrée et composée d'ouvriers et de familles défavorisées qui a été déracinée.
Lucien Landry avait dans la jeune vingtaine lorsque la propriétaire de l'immeuble qu'il habitait rue Panet, au sud du boulevard Dorchester (aujourd'hui René-Lévesque), lui a signifié qu'il devait quitter son logement. Il a conservé l'avis d'expropriation émis par la Ville de Montréal qui accordait un délai de 60 jours aux résidants pour partir. «Dans ce temps-là, on n'avait pas de baux et aucun recours», rappelle-t-il.
Livreur pour une imprimerie de la rue Amherst, qui elle a aussi été expropriée, M. Landry a perdu à la fois son logement et son emploi dans toute l'opération. Relogé dans un appartement de la rue Saint-Mathieu, dans l'ouest de la ville, il s'est mis à la recherche d'un autre emploi.
Pour d'autres, qui avaient vécu toute leur enfance dans ce quartier ouvrier et qui devaient abandonner un grand pan de leur vie, l'exode a eu des effets durables. «Ça a causé un choc immense», relate M. Landry qui est demeuré en contact avec quelques dizaines d'expropriés, dont certains souffrent encore des séquelles psychologiques relatives à ce départ forcé. «Les gens ont été laissés à eux-mêmes, et la Ville n'a pas fait de suivi après leur déménagement», dit-il. Même s'il a fait sa vie ailleurs — «Notre préoccupation, c'était de subsister», explique-t-il —, il soutient que la colère ne s'est jamais dissipée.
«On n'avait pas de mécanismes pour se défendre contre l'expropriation. Si on avait eu le réseau qui s'est opposé à l'implantation d'un casino à Pointe-Saint-Charles il y a quelques années, cette expropriation n'aurait pas eu lieu», croit-il.
La relance de l'Est
L'arrivée de Radio-Canada dans l'est de la ville faisait suite à la volonté de la société d'État de regrouper ses activités sous un même toit à la fin des années 50. À cette époque, les centres de production et les bureaux administratifs de la Société Radio-Canada (SRC) étaient dispersés dans une vingtaine d'endroits dans la métropole. Comme la SRC souhaitait s'établir près du centre-ville, le service d'urbanisme de la Ville de Montréal lui a d'abord proposé un terrain à l'angle des rues Clark et Sainte-Catherine. Jean Drapeau, alors membre de l'opposition, préférait le site du secteur Dozois qu'il jugeait plus approprié pour Radio-Canada que pour les Habitations Jeanne-Mance qui devaient y être construites.
C'est finalement la suggestion d'un regroupement de gens d'affaires de l'est, le Centre commercial de Montréal, qui fut retenue. Il s'agissait du quadrilatère formé par les rues Amherst, Craig et Papineau et le boulevard Dorchester, un quartier ouvrier en décrépitude. C'était l'époque où l'on valorisait la «rénovation urbaine» en ciblant les quartiers industriels où vivait une population démunie. «On va démolir massivement, à la fois pour passer des autoroutes et transformer des rues en boulevards urbains et implanter des grands équipements. Par exemple, à Montréal entre 1957 et 1974, on va démolir 28 000 logements», relate Gérard Beaudet, directeur de l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal. «Le rapport Dozois, déposé à la fin des années 50, ciblait une douzaine de quartiers ou de secteurs urbains qu'on destinait à la destruction et à la reconstruction, ajoute-t-il. Finalement, il n'y en a qu'un seul qui va être réalisé, celui des Habitations Jeanne-Mance, près de la Place des arts.»
La création de la Cité des ondes visait à développer l'est de la métropole afin de favoriser l'émergence d'un deuxième centre-ville canadien-français pour contrebalancer l'essor de l'ouest où les gratte-ciels se multipliaient. Le boulevard Dorchester avait déjà été élargi en 1955, entraînant la démolition de 750 logements.
Une entente est finalement conclue entre l'administration municipale et Radio-Canada. La Ville s'engage à «libérer» le site avant le 30 septembre 1964. Le terrain sera cédé à la société d'État au coût de 4,1 millions de dollars.
Lors de la signature de l'entente, en 1963, le maire Jean Drapeau évoque les perspectives d'avenir pour l'est de Montréal. «La réalisation du projet de Radio-Canada impliquant la démolition de taudis et la rénovation d'un secteur de Montréal signifie que la rénovation urbaine à Montréal n'est pas un vain mot, et j'en conclus que les personnes, les compagnies qui veulent investir dans l'immeuble auront un excellente occasion d'investir leur capitaux dans des entreprises immobilières autour de l'emplacement de Radio-Canada», déclare-t-il.
La démolition des immeubles débute à l'automne 1963 et s'échelonnera sur plusieurs mois. Quelque 678 logements, 12 épiceries, 13 restaurants, huit garages et une vingtaine d'usines disparaîtront. Les familles délogées recevront de la Ville 12,50 $ par pièce que comptait leur habitation. L'expropriation coûtera 10 millions à la Ville de Montréal.
En février 1963, Le Petit Journal fait état de la frustration teintée de résignation des résidants du quartier forcés de quitter leur logement. Les uns applaudissent le projet susceptible de dynamiser l'est de Montréal, mais les autres ont le coeur gros de devoir partir. «C'est une bien bonne affaire. C'est trop vieux, ce quartier. Les gens devraient habiter ailleurs dans le nord de la ville par exemple. Ici, dans le Faubourg, ce sont des cabanes où on gèle l'hiver», commente en 1963 André Bergeron, débardeur de son métier.
Son collègue Albert Lagrange n'est pas du même avis: «Mettre à la porte des pauvres gens, des pères de famille de cinq à six enfants, c'est contraire à mes idées. Pourquoi chasser cette population de l'endroit où elle est née et où elle a grandi? Si j'étais ministre d'un gouvernement et que je disais à quelqu'un: "Toi, va-t-en d'ici!", ce serait scandaleux. C'est précisément ce qu'on fait en expropriant le quartier.»
À l'automne 1964, le terrain qui couvre 25 acres est remis à la Société Radio-Canada, mais il faudra attendre plus de cinq ans avant que les travaux débutent pour de bon sur le site. Dans l'intervalle émerge une certaine incertitude sur les réelles intentions de la société d'État qui tergiverse encore. Le rapport de la commission Fowler déposé en 1965 jugeait le projet trop coûteux. À Montréal, on s'impatiente, mais, en 1968, le gouvernement fédéral donne finalement le feu vert au projet. La Maison de Radio-Canada, construite au coût de 73 millions et comportant une tour hexagonale de 23 étages et des studios construits partiellement en sous-sol, sera finalement inaugurée en 1973 en présence du premier ministre Pierre Elliott Trudeau et du maire Jean Drapeau.
Encore sous le choc
Le quartier Centre-Sud ne s'est jamais remis de cette expropriation, soutient Gérard Beaudet. «Ce fut une grosse perte en termes de nombre de résidants. Il y a eu dévaluation de toutes les autres propriétés autour. On avait anticipé qu'autour de Radio-Canada se développerait toute une série d'activités commerciales, mais ça ne s'est à peu près jamais fait», dit-il.
C'est tout le tissu urbain qui s'est désintégré. Les deux paroisses voisines ont elles aussi eu peine à se remettre de l'amputation d'un quartier entier. À une certaine époque, la paroisse de Saint-Pierre-Apôtre ne comptait plus qu'une vingtaine de fidèles, a rappelé le curé de la paroisse, Yoland Ouellet, plus tôt cette semaine.
Aujourd'hui, Radio-Canada estime que ses installations ne lui conviennent plus. On évalue que 40 % du site sont occupés par des espaces de stationnement en surface qui, en plus d'être inesthétiques, ont accentué la rupture avec le cadre bâti environnant. La proposition de Radio-Canada, qui fait l'objet de consultations ces jours-ci, recréera un quartier résidentiel qui devrait ramener 5000 résidants sur le site, soit à peu près le même nombre que celui des personnes expropriées il y a plus de 40 ans. La situation a quelque chose d'ironique, et Lucien Landry est le premier à dire qu'il sera impossible de recréer la vie de quartier de l'époque du «Faubourg à m'lasse». De plus, les nouveaux immeubles de 11 étages prévus le long du boulevard René-Lévesque constitueront un «rempart» qui ne permettra jamais une réelle intégration au secteur voisin.
Lucien Landry ne garde pas rancune à Radio-Canada car, au fil des ans, la SRC a aidé de diverses façons les plus démunis, allègue-t-il. Mais il estime qu'elle a une dette envers les expropriés. Au nom des anciens résidants du Faubourg qu'il représente, M. Landry, qui est membre du Comité des orphelins victimes d'abus, réclame que les logements éventuellement construits sur le site soient offerts en priorité à tous ceux qui ont été expropriés il y a quatre décennies. Y vivrait-il lui-même? «Volontiers!» lance-t-il sans hésitation.
M. Landry en veut surtout à la Ville de Montréal qui a sacrifié tout un quartier, alors que sa mission était «de veiller au bien-être des citoyens.» Elle aurait dû s'y prendre autrement. Le mal étant fait, il espère qu'elle veillera à ce que Radio-Canada se souvienne des citoyens expropriés avant de donner le feu vert au projet.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

