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Crise économique - Le bac vert déborde

Privés de marché, les centres de tri ne savent plus où entreposer les matières recyclables. La ministre demande à des experts de lui présenter un état de la situation et des solutions dans 15 jours

En septembre, avec la chute du prix des matières premières, la tonne métrique de la plupart des matières recyclables, comme le papier, le métal, le verre et le plastique, est passé d’environ 150 $ à 40 $.
Photo : Jacques Nadeau
En septembre, avec la chute du prix des matières premières, la tonne métrique de la plupart des matières recyclables, comme le papier, le métal, le verre et le plastique, est passé d’environ 150 $ à 40 $.
Afin d'éviter l'engorgement croissant des 38 centres de tri du Québec par des matières recyclables qu'ils n'arrivent plus à vendre, la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, a commandé un «plan de travail» fonctionnel d'ici 15 jours car elle reconnaît qu'«il y a urgence dans certains cas».

D'ici là, précise la ministre Beauchamp en entrevue au Devoir hier soir, Recyc-Québec a reçu le mandat de déterminer le potentiel d'entreposage disponible dans les centres de tri du Québec ainsi que chez les recycleurs afin de voir dans quelle mesure ils peuvent aider les centres de tri les plus mal pris. C'est un «appel à la solidarité» que la ministre dit avoir lancé à tous les acteurs du milieu au cours des derniers jours afin d'éviter à tout prix que des matières recyclables, récupérées à grand prix, n'aboutissent à l'enfouissement, comme certaines municipalités ont menacé de le faire si on ne les aidait pas rapidement.

L'évaluation des problèmes d'entreposage et de transport intercentres dans tout le Québec a été confiée à une ancienne présidente de Recyc-Québec, Denise Gouin, et à deux anciens dirigeants de Collecte sélective Québec, André Martel et Réjean Bouchard. Dès hier, ce comité de travail a commencé à visiter les centres de tri pour dresser un bilan de la situation et définir l'ampleur des mesures que Québec doit mettre en branle afin d'éviter que les matières récupérées n'aboutissent dans les dépotoirs.

«Ça fait trois ou quatre semaines, explique Line Beauchamp, qu'on a été sensibilisés par Recyc-Québec à l'effondrement du marché des matières recyclables et des difficultés de toutes sortes que rencontrent les centres de tri depuis que le marché chinois n'achète plus ou beaucoup moins nos matières recyclables.»

Cet effondrement du marché est le résultat de la crise économique, qui a fait dégringoler de façon radicale les prix des matières premières.

Un exemple. Au début de la semaine, la Régie intermunicipale des matières résiduelles de la Matawinie (REGIM), dans Lanaudière, déclarait que ses six municipalités membres «pourraient être contraintes, en dernier recours, à disposer [sic] des matières recyclables en les acheminant vers des sites d'enfouissement».

«Cela représenterait l'échec du recyclage, une option qui n'en est pas une tant du point de vue environnemental que du point de vue social», ajoute le président de la REGIM, Louis-Yves Lebeau, maire de Saint-Alphonse. Ce dernier illustre le problème à la fois financier et très matériel d'espace d'entreposage qui se pose à son groupe de municipalités. En septembre, avec la chute du prix des matières premières, la tonne métrique de la plupart des matières recyclables, comme le papier, le métal, le verre et le plastique, est passée d'environ 150 $ à 40 $. Cet argent ne couvre plus les dépenses en main-d'oeuvre, en équipements et en besoins d'entreposage additionnels, peut-être pour plusieurs mois.

La situation n'est pas réjouissante non plus pour les grands équipements de tri de la région métropolitaine. TIRU, l'entreprise de traitement intégré des résidus urbains que contrôle la société d'État française EDF, a obtenu ses contrats à Montréal et à Laval à «zéro» dollars la tonne parce qu'elle estimait se payer avec la vente des matières recyclables.

«Ils ont un méchant problème sur les bras», estime Karel Ménard, du Front québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED).

Ce dernier est d'avis, tout comme la ministre Beauchamp et le président de la REGIM, qu'il faut traiter davantage de ces matières recyclables au Québec. Mais le problème, dit-il, c'est que les exigences des entreprises québécoises sont plus élevées que celles des Chinois.

Par exemple, Kruger et Cascades importent du papier usagé parce que celui du Québec n'est pas à la hauteur de leurs normes techniques.

Au Québec, précise Karel Ménard, on vise à atteindre des objectifs quantitatifs de recyclage de sorte que papiers de toutes sortes et cartons filent ensemble en vrac dans les ballots. Mais il faudrait trier ces papiers beaucoup plus méticuleusement pour qu'ils puissent respecter les normes de nos industriels, qui doivent respecter eux aussi des normes de contenu recyclé pour que leur papier puisse être vendu aux États-Unis. Il faudrait avoir des normes de contenu similaires pour augmenter les débouchés de nos centres de tri, explique le porte-parole du front commun.

En entrevue, la ministre Beauchamp affirme elle aussi qu'il faudra viser une «amélioration de la qualité» des stocks recyclés mais aussi définir rapidement les besoins en main-d'oeuvre et en équipements pour y arriver.

Mme Beauchamp a demandé à son comité de travail de lui soumette un plan de «consolidation du marché québécois» des matières recyclables en même temps qu'il devra définir les besoins globaux en entreposage.
 
 
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  • Philippe Giroul - Abonné
    28 novembre 2008 10 h 27
    Réduction à la source !
    Hier, le public-sac distribué à Trois-Rivières pesait environ 900 grammes. Si on multiple cela par 50 000 foyers cela totalise 450 000 kgs qui vont se retrouver sur la chaîne de tri de St-Étienne-des-Grès. Une enquête devrait se faire sur la rentabilité de cette pratique consommatrice en plein développement On devrait interdire ce genre de publicité dont on se passait dans le temps. Mais les commerçants et les imprimeurs vont crier ... Les habitudes des gens peuvent se modifier progressivement comme elles se sont modifiées avec les sacs en plastique. Le comité de travail de Mme Beauchamp - un autre ! - devrait se pencher sur la réduction à la source.
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  • Jean-Yves Arès - Inscrit
    28 novembre 2008 11 h 20
    Quequ'un peut m'expliquer ?
    Comment un gestionnaire de service de tri peut en venir a envisager de diriger ses produits vers un site d'enfouissement plutôt que de vendre ceux-çi, même a bas prix?

    Et encore, les centres de tri n'ont pas de coûts a défrayer pour ce qu'ils envoyent a l'enfouissement, comme tout autres industries?
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  • Frédéric Champagne - Inscrit
    28 novembre 2008 13 h 12
    Cibles absolues, pas en intensité!
    On voit ici que la réalité économique est celle qui a le dernier mot au delà de la perception écologique du geste.

    Notre papier usagé en sol québecois, s'en va en Chine, et nos entreprises importent de la Chine. La pollution est intrinsèquement liée aux marchés internationaux.

    La politique de gestion des matières résiduelles 1998-2008 n'aura pas atteint ses objectifs EN INTENSITÉ de valorisation. (http://www.mddep.gouv.qc.ca/matieres/mat_res/parti Comme par exemple dans les municipalités :60 pour cent du verre, du plastique, du métal, des fibres, des encombrants et de la matière putrescible;


    Il faut effectivement réduire à la source pour réduire de manière absolue la quantité totale de déchets produits. Sinon, est-ce qu'on n'est pas tout simplement en train de se donner bonne conscience en réutilisant les résidus de notre surconsommation pour créer d'autres produits qui répondent à la même logique???
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  • René Cournoyer - Abonné
    28 novembre 2008 14 h 21
    Faut augmenter le nombre de contenants consignés.
    Ce que je note de très important dans les propos de la Ministre Beauchamp c'est "qu'il faudra viser une amélioration de la qualité des stocks recyclés". Actuellement, les produits consignés qui sont ramassés pour être recyclés ont une plus value beaucoup plus importante que les mêmes produits qui se retrouvent dans la collecte sélective. En même temps, pourquoi les fabriquants d'eau embouteiller n'ont pas à se soucier de leurs contenants vides tandis que l'industrie de la boisson gazeuse et de la bière doit le faire??? Avec les problèmes que nous voyons actuellement, imaginez vous si la consigne était abolie quel serait le fiasco dans les centres de tri et pour l'environnement de la province. Donc, la solution: consignons plus de contenants, surtout l'eau embouteiller et les contenants identiques à ceux-ci et aux boissons gazeuses. Il est maintenant le temps d'agir.
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  • Jules Poisson - Abonné
    28 novembre 2008 15 h 20
    Réduire à la source , voila la bonne solution !
    Je suis tout à fait d'accord avec la réduction à la source comme solution . Un réglement sur l'emballage excessif est nécessaire également au Québec . Donner un incitatif pour la consultation en ligne (internet) des publisacs au lieu de la distribution papier. Il y a surement moyen de rendre tout le monde en position gagnante dans ce dossier.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    28 novembre 2008 16 h 26
    Le marché...
    C'est ça quand on compte sur "le marché" pour faire ce qui doit être fait.
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  • Jocelyne Brunet - Inscrite
    28 novembre 2008 17 h 28
    Recyclons ici
    Nos magasins sont innondés de produits fabriqués en Chine. Rapatrions nos industries qui pourront acheter notre papier et notre carton et l'utiliser pour fabriquer et vendre des produits ici.
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  • Kris Richard - Inscrit
    28 novembre 2008 23 h 22
    Vie d'Ange
    La Vie dangeureuse que mènent certains Administrateurs Alcôvins de la Ruche Desjardins qui s'offrent des Cocktails Dînatoires pour Couver leurs Oeufs d'Or enfouis dans le Québec en Or de Québécor, s'permettent de vouloir nous faire surconsommer les cochonneries Made in China, la Pléiade de bonbons et les Cigarettes Popeye sont vendues aux Papi et Mami pour le petit fils qui attend impatiemment dans la Ferrari de l'ex-mairesse du Trou Minier de l'Absinthe, proche de Magog, et qui fera une Crise s'il n'a pas ses cigarettes Popeye quotidiennes.
    C'est simple, on cesse d'exporter nos matières premières et secondaires en Chine, et on cesse d'Importer de Chine les cochonneries vendues dans Tous les Dépanneurs et on commence à devenir de plus intelligent.
    RECYC-QUEBEC,c'est la même Entité Administratif que 167 autres appellations d'entreprises reliées sous la tutelle du :
    SYNDICAT DE LA FONCTION PUBLIQUE DU QUÉBEC INC.
    au REQ:
    https://ssl.req.gouv.qc.ca/igif-bin/isl08tr1/cidreq/

    Ce serait intéressant que d'Interviewer le Président Michel Sawyer et ses 6 Vice-Présidents!
    Je suis volontaire
    Kris Richard
    28/11/2008//23:23:23
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  • Richard Boisvert - Inscrit
    29 novembre 2008 10 h 58
    la consignation des contenants est la solution
    la crise actuelle dans les centres de tri etait prévisible. Il suffisait de lire avec attention et objectivité les mémoires déposés en
    février dernier aux audiences sur la gestion des matières résiduelles et provenant des municipalités, de l'UMQ, de plusieurs organismes et experts , qui, tous, favorisaient
    l'élargissement de la consigne.
    tous les problèmes de la collecte sélective y étaient mentionnés:
    contamination du papier et carton par le verre brisé provenant des bouteilles de vins et de spiritueux, blessures lors du tri, mauvais tri, absence de plus-value des matières
    provenant de la collecte sélective, déresponsabilisation des
    producteurs qui refilent leurs responsabilirés aux municipalités, rejets importants de matières par les recycleurs,à csuse de la contamination, surtout dans le plastique et dans le verre, manque de financement des centres de tri, etc.
    actuellement, les contenants consignés récupérés trouvent facilement preneur, les prix obtenus pour leur matière demeurent largement supérieurs à ceux de la collecte sélective, car aucune contamination, le financement de la
    récupération ne pose aucun problème, car assumé en totalité
    par les entreprises, leur recyclage est rentable.
    Alors, qu'attends le Gouvernement avant d'agir ? Il lui suffit d'obliger les entreprises à consigner et à récupérer leurs contenants, et la majorité des problèmes seront réglés.
    et cela eviterait de payer pour des évaluations et des études
    côuteuses qui ne font que retarder la mise en place des solutions simples et évidentes.
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  • Francis Déry - Inscrit
    29 novembre 2008 20 h 53
    Expédier le carton en Chine. Une honte.
    Comment parer la propagation mondiale de parasites cachés dans les résidus pêle-mêle de cartons et de papiers.

    Transporter ces résidus à l'autre bout de la planète pour une revalorisation implique une consommation de carburant. Cela vaut-il la peine ?

    Qu'on les traite localement pour un nouvel usage serait plus sain.
    Et, à défaut de les recycler, ils peuvent toujours servir à alimenter des centrales thermiques ou de cimenterie.
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  • Steve Guénette - Inscrit
    9 décembre 2008 22 h 24
    À quand nos propres usines de transformations des matières recyclabes...2050 peut-être ?
    Vous ne trouver pas ridicule(et le terme est "poli") qu'on recycle des tonnes de bouteilles de verres et qu'on soit obligé de les envoyer en Italie par bateau(des milliers de km plus loin et de million de gallons de pétrole gaspillé pour rien...imaginer la pollution occassionnée) pour se faire réacheminer à nouveau ce même verres(transformé en bouteilles...et qu'on répète le même processus plusieurs fois dans une année.Combien de gens sont sans emploi au Québec ? Que ferons comme travail mes garçons et peut-être les vôtres dans quelques années ,seront-ils obligé d'aller travailler en Chine pour avoir un emploi ? Il est temps que quelqu'un se réveille et décide d'en créer des "jobs" et chez-nous S.V.P. Essayer de trouver dans un commerce quelconques un seul article "made in Canada" ? Impossible !!! J'en suis rendu à un tel point que j'ai honte d'être Québeçois et Canadien , nous ne fabriquons plus rien...nous vendons le "stock" des autres pays au Québeçois sur le chomage ou l'aide sociale...Ou est-ce qu'on s'en va ???
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