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Carnaval de Rio - Tambours et paillettes... pour faire oublier la violence

3 mars 2003  Actualités en société
Des vacanciers déambulent sur une plage d’Ipanema, à Rio, sous le regard de soldats chargés de veiller à leur sécurité durant toute la durée du carnaval.
Photo : Agence Reuters
Des vacanciers déambulent sur une plage d’Ipanema, à Rio, sous le regard de soldats chargés de veiller à leur sécurité durant toute la durée du carnaval.
Rio de Janeiro — Tenant avec d'infinies précautions leur déguisement de carnaval, des milliers de cariocas venus des quartiers résidentiels d'Ipanema et de Copacabana, des favelas de Rocinha ou de Cantagalo, commencent à affluer vers le sambodrome où paillettes et tambours devraient faire oublier, le temps d'un défilé, la campagne de violence lancée par les trafiquants de drogue.

Un dispositif de sécurité sans précédent — 40 000 hommes dans tout l'État de Rio, dont 3000 soldats appuyés par des blindés légers et des hélicoptères — a été mis en place pour garantir la tranquillité.

Aux abords du sambodrome, situé au centre-ville, on commence à se mettre en ordre de bataille. Un travail d'organisation gigantesque lorsqu'on pense qu'en deux nuits (aujourd'hui et demain) ce sont près de 50 000 personnes de 14 écoles qui défileront devant quelque 65 000 spectateurs.

Dans le secteur de concentraçao (rassemblement), la tension est toujours très vive car il s'agit ici d'une compétition avec ses règles très strictes et ses notes implacables sur 10 critères (costumes, rythme, originalité des enredos (musiques), évolution des porte-drapeaux etc.). Un costume déchiré, une sandale qui ne tient pas, la roue d'un char allégorique qui se bloque et c'est le point ou le demi-point qui tue le rêve d'une victoire.

Les dizaines de responsables de l'encadrement répètent leurs consignes, rappellent à l'ordre les indisciplinés tandis que les «petites mains» de chaque école terminent un ourlet ou recousent des paillettes sur les costumes flamboyants et très lourds des destaques, juchés en haut des chars allégoriques. Les plumes et bikinis des rainhas da bateria (reines du groupe de percussion) sont également l'objet de tous les soins.

Actrices, top-models ou présentatrices de télévision se disputent chaque année ce titre et le privilège de montrer leurs formes et leur dernier implant de silicone en se déhanchant devant des millions de téléspectateurs.
 
 
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