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Regain de popularité des OGM au Canada

Le nombre de cultures a augmenté de 136 % depuis 2004

Les organismes génétiquement modifiés (OGM) connaissent un regain de popularité au Canada. Signe révélateur, depuis 2004, le nombre de cultures expérimentales, en pleine nature, de transgènes a augmenté en effet de 136 %. Une croissance fulgurante qui s'explique en partie par l'apparition de nouvelles perspectives commerciales pour les OGM à travers le monde, mais qui confirme aussi le «manque de sérieux» avec lequel le gouvernement fédéral appréhende les risques potentiels que font peser ces végétaux, ont dénoncé hier quelques groupes environnementaux.

Selon les informations obtenues par Le Devoir, cette année, les autorités réglementaires canadiennes ont donné le feu vert à la mise en champ d'OGM expérimentaux dans 425 parcelles un peu partout au pays. C'est plus du double qu'en 2004, année où 180 cultures expérimentales de transgènes ont été autorisées par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), l'organisme qui encadre ce type d'«essai au champ» réalisé dans des conditions dites «confinées», c'est-à-dire en serre.

Depuis le milieu des années 2000, des entreprises comme Monsanto, Bayer Crop Science, Dow AgroSciences, Pioneer Hi-Bred International, Syngenta, mais aussi le Plant Biotechnology Institute et Agriculture Canada ont intensifié de manière significative leurs recherches en plein champ sur les OGM. L'an dernier, 349 expériences de ce type sur des transgènes ont été menées. Il y en a eu 250 en 2006 et 208 en 2005, selon les données obtenues auprès de l'ACIA.

Ces parcelles expérimentales ont été cultivées dans toutes les provinces canadiennes, y compris au Québec, qui dans les dernières années a été le théâtre d'expériences menées sur des peupliers et des épinettes blanches génétiquement modifiés, mais aussi sur des nouvelles variétés transgéniques de maïs et de soya. L'Agence refuse toutefois d'indiquer l'endroit exact où ces tests en champ ont été menés. Par mesure de sécurité, indique-t-elle.

Ce renouveau de la recherche appliquée sur les OGM n'étonne pas le spécialiste en génétique des plantes François Belzile, du département de phytologie de l'Université Laval, qui constate un changement d'attitude à l'égard des plantes transgéniques. «Les perceptions ont changé, a-t-il indiqué hier. Les OGM font moins la manchette, de nouveaux marchés d'exportation se sont ouverts, les entreprises [qui en font la promotion] se sont diversifiées et, dans ce contexte, ces plantes sont vues désormais comme un pari moins risqué.»

Au-delà de l'augmentation du nombre de cultures expérimentales, le Canada confirme également son intérêt pour les OGM, dont plusieurs nouvelles variétés chaque année obtiennent le droit d'être commercialisées au pays. Par exemple, depuis le début de l'année, des espèces génétiquement modifiées de tournesol, de coton et de maïs ont obtenu leur droit d'entrée sur les marchés de consommation de Santé Canada, l'agence qui réglemente l'introduction des aliments dits nouveaux dans la chaîne alimentaire, autant humaine qu'animale. Au total, le ministère fédéral a accordé sa confiance à 30 de ces «aliments» depuis les trois dernières années, la majorité étant des plantes transgéniques.

La recherche sur des plantes transgéniques en cours actuellement dans les champs au Canada laisse d'ailleurs présager l'arrivée prochaine de nouveaux organismes génétiquement modifiés sur les marchés. Des variétés de tabac, de moutarde brune, de moutarde éthiopienne, de caméline et de luzerne pourraient être visées. Toutes ces plantes font l'objet d'expériences sur des parcelles, indiquent les registres de l'ACIA.

«Tout ça est très désespérant, a commenté Charles-Antoine Drolet, de l'organisme Nature Québec. Nous avons une fois de plus la preuve de la puissance du lobbying mené par les multinationales des OGM comme Monsanto dans les coulisses du parlement à Ottawa. Le problème, c'est qu'on autorise la culture de toutes ces parcelles sans vraiment évaluer les risques qui viennent avec elle.»

«Déçue» également par l'augmentation des cultures expérimentales d'OGM au pays, Maude Prud'homme, du Réseau québécois des groupes écologistes, s'est dite toutefois peu «étonnée» par cette croissance qui révèle le «manque de conscientisation» des autorités sanitaires «face aux dangers que font peser les OGM», a-t-elle indiqué. «On donne le droit à des entreprises de faire des expériences en pleine nature alors qu'on devrait plutôt imposer un moratoire sur ce type d'expérimentation en champ.»

Depuis leur apparition dans le paysage agricole canadien en 1994, les plantes génétiquement modifiées sont en croissance constante au pays. Les superficies cultivées d'OGM à des fins commerciales ont en effet augmenté de 15 % entre 2006 et 2007, et ce, malgré les vagues d'opposition alimentées par les groupes écologistes comme consuméristes. L'agriculture transgénique se répand aussi dans le monde entier: à ce jour, 22 pays en ont autorisé la vente et la culture, dont plusieurs grands marchés économiques comme les États-Unis, l'Union européenne et l'Argentine, a indiqué au début de l'année l'International Service for the Acquisition of Agribiotech Applications (ISAAA). Ces marchés stimulent aujourd'hui la recherche dans ce domaine avec intérêt: cette année, l'industrie de la transgénèse espère faire entrer 7,5 milliards dans ses coffres, comparativement à 6,9 milliards l'an dernier.
 
 
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  • lllaurenttt - Inscrit
    7 novembre 2008 02 h 35
    C'est très décevant... la solution ? Voter intelligement !
    Pourtant, en 2003, M. Charest et le PLQ s'étaient engagés à mettre en place l'étiquetage obligatoire des OGM...
    Une autre promesse qui n'est pas respectée...

    Le seul parti qui semble s'opposer aux OGM est Québec solidaire :
    « Québec solidaire appliquera les mesures de transition suivantes vers une nouvelle agriculture par :
    1. l'étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (OGM) et moratoire sur leur mise en culture;
    2. un appui accru aux producteurs d'aliments biologiques et du terroir, système de crédits environnementaux d'investissement pour les agriculteurs qui mettent en place des pratiques faisant usage de technologies vertes. »

    Le programme de l'ADQ ne contient même pas le mot OGM et ni fait pas référence...

    Quant au parti québécois, leur programme n'est pas encore publié...
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  • Tim Yeatman - Abonné
    7 novembre 2008 09 h 27
    Étiquetez nos aliments! On verra bien!
    "Un regain de popularité au Canada", les OGM???? Seulement parce que les aliments ne sont pas étiquetés, on le sait bien!


    Si les aliments à l'épicerie étaient étiquetés, incluant les viandes venant d'animaux nourris aux OGM, les OGM perdraient beaucoup de plumes à leur chapeau.


    Désolant d'avoir vu cette question ignorée des différents partis aux élections fédérales: preuve supplémentaire des pouvoirs d'influence des compagnies comme Monsanto! Citoyens, exigez qu'on en parle lors des débats! Votre santé et la santé de notre planète en dépend!


    Johanne Dion
    sur le courriel de mon conjoint
    Richelieu, QC
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  • Henri-Bernard Boivin - Abonné
    7 novembre 2008 09 h 43
    Informer le consommateur
    Les gouvernements doivent obliger les entreprises à indiquer clairement sur leurs produits la présence d'OGM. C'est à cette seule condition que les consommateurs seront traités équitablement. C'est à eux de décider s'ils veulent de tels produits dans leur assiette. J'ai confiance qu'ils n'en voudront pas et que ces produits ne trouvant pas preneur, seront retirés du marché et leur culture cessera. Mais tout repose sur l'information du consommateur.
    Henri-B. Boivin
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  • Roland Berger - Abonné
    7 novembre 2008 10 h 00
    Un dur coup pied dans l'illusion
    Ceux et celles qui pensent encore que les élus à Ottawa ou Québec ont encore quelque autonomie d'action perdent leur illusion. Ce n'est ni Harper ni Charest qui diront NON à leurs « p'tits amis ».
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario
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  • lise jacques - Abonnée
    7 novembre 2008 11 h 44
    c'est à nous consommateurs de les faire bouger
    l n'y a pas de quoi se vanter! Quand on connaît tous les dangers de ces OGM...on voudrait que le Canada et le Québec bougent.

    "Le problème avec les OGM c'est que souvent ça ne fonctionne pas bien. I.Quand vous mettez une entité biologique dehors dans l'environnement ou dans un corps humain et que vous n'êtes pas complètement certain- et vous ne pouvez jamais être complètement certain dans cette affaire, alors votre capacité de créer des dommages est très élevée " selon le Dr Richard Strohman biologiste moléculaire de renom.

    " Une fois qu'un gène est inséré dans un organisme, il peut causer de multiples effets secondaires. Les procédés utilisés pour mettre ces gènes dans les organismes vivants sont extrêmement imprécis, incontrôlés et inexacts. De telles manipulations peuvent causer des mutations qui causent des dommages au fonctionnement des organismes. Ces mutations et ces effets secondaires causent des toxines et des allergènes." *John Fagan biologiste moléculaire qui a travaillé pendant plus de 20 ans et a créé National Institute of Health afin de faire des recherches sur les OGM.


    Nous ne permettrions pas à un nouveau médicament d'être produit sans avoir une étiquette nous renseignant sur son contenu. Les aliments modifiés génétiquement devraient être considérés comme des médicaments à cause de leurs effets potentiellement dangereux. Ils sont encore plus dangereux que les médicaments car après tout nous mangeons 3 fois par jour, toute notre vie durant. Même si les effets sont minimes, ils peuvent s'accumuler dans notre organisme, comme c'est aussi le cas pour les pesticides. Plusieurs parmi nous se disent ;"Je ne veux pas consommer des aliments génétiquement modifiés par ce que ce n'est pas certain qu'ils soient considérés sains et sécuritaires toute ma vie durant"

    Le grand défi avec les OGM c'est que cette technologie agit sur le canevas de la vie même. Ces technologies de l'agriculture envoient leur création dans la nature et non dans un laboratoire comme les technologies scientifiques et médicales. Ils apprennent de leurs erreurs, mais avec les ORGANISMES MODIFIÉS GÉNÉTIQUEMENT, une fois que c'est relâché dans l'environnement et qu'une erreur est commise, nul ne peut prédire l'ampleur des dégâts, des dommages qui peuvent continuer de se reproduire indéfiniment.

    La publicité tente de nous faire appuyer la vision optimiste de l'industrie biotechnologique vantant les bienfaits des OGM, nous répétant tel un mantra, que cette industrie peut apporter des solutions aux problèmes de la faim dans le monde, mais lorsque l'on y regarde de plus près, il est clair qu'elle pourrait représenter plutôt des germes pour des problèmes futurs.

    Il est vrai que cette culture a augmenté considérablement depuis quelques décennies, mais une telle croissance sans le principe de précaution est-ce acceptable? Une croissance d'organismes génétiquement modifiés qui ne peuvent être considérés come faisant partie d'une agriculture écologiquement, et socialement durable, est-ce une solution ou un désastre?


    Des références de scientifiques qui disent que cette technologie n'est pas prête à être sur le marché il y en a des centaines, dont Monsieur David Suzuki.
    Pourquoi les gouvernements font la sourde oreille?

    Réveillons- nous! Exigeons l'étiquetage des OGM au Québec du moins.

    Oui! Il n'y a que Québec solidaire qui est prêt à bouger. Les autres partis sont soient inconscients comme Mario Dumont et son parti ou soient trop pognés dans la magouille avec les grosses compagnies qui ne pensent qu'à remplir leur poche sur le dos de la santé des gens et de la sécurité environnementale.
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  • Linda Hart - Inscrite
    7 novembre 2008 11 h 59
    La bataille de l'étiquetage des aliments
    Quand les Canadiens manifesteront dans la rue pour l'étiquetage des aliments, le gouvernement n'aura plus le choix et s'inclinera. En attendant, il va continuer à protéger ses amis et nous, par stupidité et paresse, continuerons à nous laisser empoisonner et à laisser empoisonner nos enfants et nos petits-enfants.
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