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L'amiante ne fera pas partie de la liste des produits dangereux

Ottawa — Les tentatives d'inscrire l'amiante chrysotile sur la liste des produits chimiques dangereux de la Convention de Rotterdam ont échoué hier, faute de consensus dans la communauté internationale, a indiqué le ministère des Ressources naturelles du Canada.

Selon le député néodémocrate Pat Martin, qui est à Rome pour la rencontre des parties au traité, le Canada n'a pas participé au débat, même s'il est l'un des plus importants exportateurs de chrysotile au monde.

Il a suffit que ses principaux clients, dont l'Inde, le Pakistan et le Vietnam, se prononcent contre l'idée d'inclure la fibre dans les produits visés par la convention pour que le projet soit abandonné.

D'après le ministère, le sujet ne reviendra pas sur la table avant la prochaine réunion des parties au traité, vraisemblablement à l'automne 2010.

«J'imagine qu'on peut dire qu'on fait des progrès, a fait valoir M. Martin. Il y a deux ans, ils [les représentants canadiens] étaient à l'avant-garde parmi les défenseurs de l'amiante. Maintenant, ils restent silencieux et font faire le travail par d'autres.»

Le chrysotile est la seule forme d'amiante encore commercialisée. Il entre notamment dans la composition de ciment utilisé pour les infrastructures. Son extraction fournit du travail à quelque 700 personnes dans deux mines du Centre-du-Québec, l'une à Asbestos et l'autre à Thetford Mines.

L'amiante chrysotile est reconnu comme cancérigène par plusieurs pays ainsi que par l'Organisation mondiale de la santé, mais le Canada soutient qu'il est possible d'en faire un usage «sécuritaire».

Ottawa n'a jamais fait connaître sa position officielle pour la conférence de Rome. La porte-parole du ministre des Ressources naturelles, Jasmine MacDonnell, a cependant répété hier que le fédéral faisait depuis longtemps la promotion d'une utilisation responsable du chrysotile et que cela comprenait par exemple «des règles, des programmes et des pratiques appropriés».

Ceux qui veulent le bannissement de l'amiante rétorquent que ces arguments sont fallacieux et que les travailleurs des pays en voie de développement, où le chrysotile canadien est exporté, sont exposés à des dangers dont ils ne sont pas souvent conscients.

Pat Martin croit qu'à terme, la pression internationale sera trop forte pour que le Canada puisse continuer d'exporter du chrysotile. «Ils ont gagné cette bataille-ci, mais nous gagnerons la guerre», a-t-il martelé.

Sur les 126 États signataires de la Convention de Rotterdam, une dizaine à peine s'opposent à ce que l'amiante soit inscrit sur la liste des produits toxiques.
 
 
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