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L'humour, révélateur de l'angoisse collective

Le vide de l'époque offre un terreau fertile au rire, dit Yvon Deschamps

Les humoristes Yvon Deschamps et Boucar Diouf ont pris part hier, à Montréal, à la première Rencontre nationale de réflexion sur le rôle et l’impact de l’humour québécois.
Photo : Jacques Nadeau
Les humoristes Yvon Deschamps et Boucar Diouf ont pris part hier, à Montréal, à la première Rencontre nationale de réflexion sur le rôle et l’impact de l’humour québécois.
L'omniprésence de l'humour dans la sphère publique n'est pas seulement guidée par un trait de caractère purement québécois. C'est avant tout l'expression «d'un vide collectif» dans une société qui aurait perdu ses rêves et ses espoirs en l'avenir, estime le plus célèbre des humoristes du Québec, Yvon Deschamps. Et il ajoute: c'est le «manque de contenu intéressant» dans l'environnement social, culturel et politique qui fait proliférer le rire. Et non l'inverse.

Livrée hier à l'ouverture de la première Rencontre nationale de réflexion sur le rôle et l'impact de l'humour québécois — l'événement se poursuit aujourd'hui à Montréal —, l'analyse du patriarche de l'humour est claire: «Aujourd'hui, nous ne sommes plus capables collectivement d'accepter le sérieux, dit-il, alors on met de l'humour partout. Mais si on fait des farces en permanence, c'est parce que nous sommes devant un grand vide.» Et rien d'autre ne semble réussir à le combler.

Pour Deschamps, invité d'une table ronde sur l'humour comme «miroir de l'identité québécoise», l'époque offre finalement un terreau fertile au rire en raison des nombreuses désillusions qu'elle a fait naître dans les dernières années. Et en quête de causalité, il évoque à la volée l'individualisme, la perte de crédibilité de la classe politique, la peur de la mondialisation, le vieillissement de la population, l'éclatement des valeurs religieuses... «En ce moment, on dirait qu'il n'y a rien d'intéressant dans le monde, poursuit-il. Alors, on en rigole plutôt que d'en pleurer.»

La conséquence, elle, est palpable sur la place publique où les humoristes ne cessent d'affirmer depuis la fin du siècle dernier leur suprématie. À l'occasion du plus grand festival d'humour au monde — le Festival Juste pour Rire — qui se tient chaque été à Montréal, bien entendu, mais aussi à la télévision, dans les émissions populaires consacrées à l'humour et de plus en plus dans d'autres concepts qui se classent davantage dans la catégorie des «affaires publiques». Les émissions d'information matinales — autant à la télévision populiste qu'à la radio sérieuse —, les chroniques dans les quotidiens ou encore la présentation de documentaires ne sont pas épargnées par cette mainmise des clowns sur les contenus médiatiques.

«L'humour est devenu une compétence transversale, a résumé à l'occasion de ce colloque, organisé par l'École nationale de l'humour et l'Association des professionnels de l'industrie de l'humour, l'historien Robert Aird, auteur de L'Histoire de l'humour au Québec de 1945 à nos jours (VLB). Mais c'est aussi une fuite en avant pour oublier la réalité. Nous en avons besoin pour supporter un réel [qui ne nous satisfait pas forcément].»

Selon lui, l'apparition récente d'une forme d'humour extrême — qui cultive le mauvais goût, frappe en dessous de la ceinture et s'exprime la nuit tombée dans une poignée de clubs obscurs — est d'ailleurs révélatrice de l'angoisse collective qui accompagne le vide du moment. «Dans une société qui n'a plus de valeurs communes, ajoute Yvon Laplante, professeur de communication à l'Université du Québec à Trois-Rivières, ce sont des choses [le tout à l'extrême] qui apparaissent un peu partout. Et ce, même si ceux qui font vivre cette forme d'expression perdent de vue pourquoi ils font ça»... en partie.

Car l'abondance du comique — dans toute sa diversité — n'est finalement pas un accident de l'histoire, une rupture du continuum espace-temps, comme dirait l'autre. «L'humour a toujours été dans la vie quotidienne au Québec, résume l'humoriste et comédienne Marielle Léveillé, mais en l'industrialisant pour en faire commerce, on a fait en sorte qu'il occupe aujourd'hui de plus en plus de place.»

La communion par le rire

Le public n'y est d'ailleurs pas pour rien, «parce que le rire lui plaît, poursuit-elle et que «c'est la méthode de communication la plus efficace au Québec», renchérit l'humoriste rimouskois Boucar Diouf. Mais il y a plus. «Par le rire, on cherche à se rassembler, à se ressembler et à se reconnaître, dit Yvon Laplante qui a rappelé au bon souvenir des participants hier l'existence dans une autre époque de L'Heure JMP, émission hyperpopuliste orchestrée par un Jean-Marc Parent qui invitait alors ses téléspectateurs à «flasher les lumières». «C'était la communion du dimanche soir.»

Au-delà de l'anecdote, qui avait placé le drôle sous le tir nourri de critiques sévères, cette quête de communion par le rire, dont le Québec s'accommode, serait aussi une façon de «se forger un pays par le rire», croit Mme Leveillé. «On est encore une province qui se donne l'illusion d'être un pays.»

La tendance n'est d'ailleurs pas nouvelle. Elle aurait émergé au lendemain du référendum de 1980. Défaite pour les uns, l'événement politique a créé un vide pour tous, explique Yvon Deschamps. «C'était la tristesse et l'abattement. Les gens ne voulaient plus entendre parler de politique», et l'humour absurde des Paul et Paul puis des Ding et Dong — pour ne citer qu'eux — prend alors toute la place.

Normal. Le rire désamorce les tensions, dit M. Aird, mais il peut aussi être à la longue pernicieux et même alimenter le vide qui le ferait vivre. «Plus tu gruges les espaces sérieux avec l'humour et plus tu t'assures que le vide s'installe dans ces espaces, lance Marielle Léveillé qui croit que les comiques n'ont pas la capacité de changer le monde mais plutôt de témoigner du monde qui change.

Un avis certainement pas partagé par Boucar Diouf qui n'hésite pas, lui, à qualifier les membres de sa confrérie «d'acteurs de changement». «Pour continuer à avancer, il faut rire des travers de la société, résume le biochimiste devenu humoriste. Et ce, dans une perspective humaniste.» Preuve que ce n'est pas parce que le rire se nourrit de la vacuité du temps qu'il ne peut pas pour autant être, pour plusieurs humoristes, source d'espoir.
 
 
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  • rodolphe bourgeoys
    Inscrit
    mercredi 22 octobre 2008 02h34
    Enfin quelqu'un pour le dire !
    Je suis tout à fait d'accord. J'ajouterais que la rectitude politique n'y est pas étrangère. Depuis que le culte du "politically correct" s'est installé, les limites à la liberté d'expression "sérieuse" ont contribué à ce vide et au cynisme envers la classe politique, celle-ci n'osant plus aborder de nombreux problèmes, faute de pouvoir les nommer, ou faute de pouvoir les nommer sans que certains acteurs sentant leurs intérêts menacés les déforment en un problème "innomable" (ex: le protectionnisme économique se fait souvent assimiler à de la xénophobie par l'intermédiaire du nationalisme). Curieusement, depuis que la rectitude politique a gangrèné la chair politique, une soupape collective a été installé pour évacuer la pression de pu: la license humoristique. Les humoristes disposent au Québec de la plus grande liberté d'expression de tous les acteurs politiques.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mercredi 22 octobre 2008 03h12
    Elvis Gratton, ma vie my life...dégouline
    Un exemple de dépassement du bon goût dépassé en humour depuis quelques semaines : la série de télé ELVIS GRATTON MA VIE MY LIFE.

    M. Gratton mange comme un cochon, la nourriture lui coule partout. Ça fait dans le très primaire de l'humour du cul, pipi, caca et cetera.

    L'auteur semble avoie perdu le contrôle. Dommage parce qu'il est en train de tuer le gros cave que, certains de nous, nous aimions comme caricature du Québécois cave mais avec un minimum de savoir-vivre. Pas un gros cochon qui dégouline.

  • Tremblay Suzanne
    Inscrite
    mercredi 22 octobre 2008 05h40
    inquiètude
    «industralisation de l'humour»:
    j'ai de la difficulté à lire ces deux mots associés.
    Je me trompe sans aucun doute.

  • Stéphan Gauvin
    Abonné
    mercredi 22 octobre 2008 06h57
    L'humour a malheureusement servie a détruire notre identité.
    Les humoristes ont tellement attaqué notre identité religieuse qu'ils sont même la source de ce vide. Hitler a utilisé cette même technique afin de laver le cerveau des allemands contre les juifs. L'humour peut-être une arme très dangereuse. Les musulmant ont très bien compris cela, c'est pourquoi ils s'en prennent à ceux qui rit de leur identité. Maintenant il faudrait voir qui sont les responsables qui ont utilisés cette technique contre notre identité pour soumettre la leur. (RBO fait partie de cette gang)

  • André Lord
    Inscrite
    mercredi 22 octobre 2008 07h45
    Si au moins ils étaient tous drôles
    Il y eut ceux qui nous ont fait rire et réfléchir: Deschamps, Légaré, et quelques autres ont, à mon avis, fait avancer la société. La plupart des autres se sont créé des jobs, des PME du rire plate, facile, et le plus souvent insignifiant!
    Heureusement que Fred Pellerin, le conteux, est né! Il nous amène plus loin. Il a des racines. Il n'a besoin de personne pour lui dicter ses textes. Il est intelligent, lui!

  • Rénald Marchand
    Abonné
    mercredi 22 octobre 2008 08h07
    L'humour peut-être aussi un outil de gestion...
    ... en déplarisant les positions, en rassemblant autour d'un sujet, en détendant l'atmosphère. Puis on oborde les sujets plus facilement avec le sourire qu'avec l'air bête comme disait ma mère. Il y a un certain dosage mais la réduction des mines patibulaires dans nos organisations ne peut-être que positive.

    Rénald Marchand

  • andré michaud
    Inscrit
    mercredi 22 octobre 2008 08h38
    Les Humours
    Rire est un besoin essentiel dans la vie. IL faut rire pour être sain de corps et d'esprit. Et il y a plusieurs type d'humour.

    Celui qui m'intéresse le plus est celui qui observe les comportements humains et les met en perspective.
    En plus de nous faire rire, ce type d'humour nous conscientise à nos bêtises et irrationalités...

    Il y a l'humour absude comme Devos ou Sol qui joue intélectuellement avec les mots et les situations...

    Il y a l'humour "gras" qu'affectionne particulièrement les hommes, un humour facile basé sur la scatologie, le cul etc..

    Il y aussi l'humour propagande idéologique. Il semble de bon ton au Québec de faire de l'humour contre les anglophones et faire passer ceux qui ne sont pas séparatistes comme des épais..l'humour à la Falardeau.L'humour idéologique devient alors une forme de propagande sans discernement...fortement teintée de mépris..

    Mais ce qui est le plus important je crois, c'est de savoir rire de soi-même et ne pas se prendre au sérieux. Croire en un isme quelconque nous fait nous prendre au sérieux et tomber dans l'esprit religieux. Comme le disait la grand-mère, si on ne vaut pas une risée, on ne vaut rien du tout..et demain ou presque on sera tous morts..

    Cependant l'humour ne doit nous faire oublier nos devoirs de citoyens; études, travail, civisme, alimentation et exercices,respect de l'environnement ,responsabilités familiales etc.. Comme on dit "il y a un temps pour s'amuser et un temps pour travailler", les deux sont essentiels.

    Il ne faut pas prévilégier l'un au détriment de l'autre. C'est parfois ce qui semble faire problème. Bravo que les citoyens veulent rire, mais il faut aussi un minimum d'auto disipline. C'est ce qui semble nous manquer le plus...discipline alimentaire, discipline au volant, discipline environnementale....car on préfère s'empifrer et en rire, conduire nos autos irrationellement et en rire, polluer et en rire...et cette situation est...bien triste socialemen et entraine des coûts sociaux et économiques..

  • marcel vinet
    Inscrit
    mercredi 22 octobre 2008 08h38
    relatif....
    il faut peut etre comprendre qu on nous a mis un sens de normalité dans la tete qui fait de nous des coupables et par le fait meme de bons esclaves fideles...c est pas parce qu on est pas séparé du Canada qu on existe plus...il faut bien comprendre que si on est pas encore séparé du Canada,c est parce que ca fait bien notre affaire financierement...alors,cessons de nous conter des histoires,on est plus au moyen age.....

  • André Pelchat
    Inscrit
    mercredi 22 octobre 2008 08h51
    Enfin !
    Je note le message de Stéphan Gauvin :
    Enfin un catho qui assume son étroite parenté avec les Ayatollahs et les Talibans !

    Avez-vous lu "Le Nom de la Rose" ?

  • Henri-Bernard Boivin
    Abonné
    mercredi 22 octobre 2008 09h13
    Et le sport alors?
    Yvon Deschamps a frappé juste. Incapables de faire face à la dure réalité, nous nous réfugions dans l'humour et le sport, divertissements adoptés par une large majorité. Ce n'est pas mauvais en soi, sauf lorsque ça prend trop de place dans nos vies, ce qui est le cas. Quand on est atteint par un cancer, ça prend des moyens radicaux pour en venir à bout. Se refuser à prendre les grands moyens nous condamne à une mort lente. Transposez cela dans la sphère politique et vous comprendrez mon propos.
    Henri-B. Boivin

  • Guy Lemieux
    Inscrit
    mercredi 22 octobre 2008 09h16
    Les Insignifiants
    L humour des supposés Humouristes, quelle platitude de voir à chaque jour à la télévision,à la radio,un peu partout et finalement dans la société du Québec,d entendre et de voir ces creux de l esprit tenter de faire rire.Lorsqu une compagnie tente de s introduire dans le marché et que son produit ne satisfait pas les clients et bien la compagnie cesse sa production et s oriente ailleurs, les humoristes eux demandent une subvention surtout lorsqu ils sont partials sur le plan politique .On a récemment vu cela lors d un récent Gala, la meute est monté au barricade .Il n y en a que quelques uns qui sont dignes de bien représenter le Rire .....Pour une fois ....Rions un peu à notre tour d eux.

  • Yvon Roy
    Abonnée
    mercredi 22 octobre 2008 09h33
    humour
    L'humour est une certaine forme d'inculture selon Molière...

  • Hélène Bourgeois
    Abonnée
    mercredi 22 octobre 2008 09h58
    Le vide...
    Étonnant quand même : si les grosses pointures des humoristes déclarent qu'il y a un vide, une angoisse, un cynisme chez le Québécois, c'est vrai et on leur donne raison, on dit que c'est une bonne analyse lucide de notre société. Si un Monseigneur le déclare, c'est un effronté qui se prend pour un autre et qu'il délire... quel peuple étonnant que nous formons. Les nouveaux maîtres à penser ont parlé, le bon peuple écoute.

    On aime rire...de tout, de rien et de n'importe quoi. C'est pas parce qu'on rit que c'est drôle...

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    mercredi 22 octobre 2008 10h58
    Hitler un humoriste ?
    Bravo monsieur Gauvin, vous êtes vous-mêmes un humoriste qui s'ignore.

    L'humour mène au fascisme, très intéressant.

    Je vais prier pour vous.

    .....

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    mercredi 22 octobre 2008 11h09
    « L'humour est la politesse du désespoir »
    Pensez à cette citation que certains attribuent à Kierkegaard. L'humour n'est pas une activité pour les frivoles.

    Imaginez la platitude que nous infligeraient tous ces gens qui se prennent au sérieux.

    Continuons à promouvoir l'humour, le plat, le gras, le subtil, le con, le rouge, le bleu, le noir, peu importe, en autant qu'il soit conscient. Les gens qui font de l'humour sans le savoir sont souvent dangereux.

    ....

  • Cécilien Pelchat
    Abonné
    mercredi 22 octobre 2008 11h21
    Ayatollahs...et Talibans C.Pelchat...tahcl@axion.ca
    Mon cher André,ce que tu écris à l'encontre d'un monsieur Gauvin est pour le moins exagéré;celà aurait pu être écrit dans un livre comme HISTOIRES À DORMIR DEBOUT,mais pas dans une courte réplique à quelqu'un qui ne fait qu'exprimer ses convictions sur ce que l'humour a eu à voir ici avec la religion de nos ancêtres et la mienne.C'est un peu insultant. C'est comme si je disais que ceux qui se déclarent athées ou se prétendent tels sont des imbécilles...Pas mal fort n'est-ce pas ? Cependant,beaucoup d'entre eux font montre d'une telle agressivité envers tous ceux qui croient
    qu'il faudrait chercher la source de cet intolérance qui ressemble parfois à celle des Talibans ou des Ayatollahs.
    Un auteur dont j'oublie le nom disait:``Tout ce qui est exagéré est insignifiant.`` Bonne journée quand même.
    Cécilien Pelchat
    Lac-Mégantic

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mercredi 22 octobre 2008 12h20
    A l'image de nos "civilisations"...
    Le "patriarche" Deschamps fait de nouveau la preuve qu'il demeure encore l'un des plus lucides observateurs de la société québécoise lorsqu'il mentionne que l'humour omniprésent actuel est avant tout "l'expression d'un vide collectif dans une société qui aurait perdu ses rêves..." En effet, dans une civilisation occidentale "en dérive", autant économiquement que politiquement, où les "véritables bouffons" se retrouvent "en famille" dans les parlements et "temples à finance", comme dirait ce cher Félix, le citoyen, de plus en plus sans "véritable pouvoir", ne trouve guère mieux que d'en rire à défaut de s'en désespérer au "profit" de tous ces "humoristes" dans ce monde sans véritables balises!

  • Pascal Barrette
    Abonné
    mercredi 22 octobre 2008 14h30
    Anathème ou tarte à la crème
    Le rire est comme le rêve. Il est le seul capable de dire les choses que nous ne voulons pas voir ou entendre. J'adore l'annonce du Mouvement Desjardin du gars dans son salon qui, en costume de bain pas sexy pantoutte, dit à sa blonde: «Faut juste que tu me vois avec un peu plus de bronzage.» La fille regarde le kodak d'un gros silence qui dit: «I'm prend-tu pour une valise?»

    Le rire nous fait reconnaître que notre blonde ou chum n'est pas beau, ou encore que nous ne sommes pas beaux nous-même, mais qu'on peut quand même vivre avec ça.

    Le rire est une des formes du courage. Il affirme l'être en dépit du non-être. Il le fait de manière qui soit acceptable à tous, les blondes et les pas blondes, les chums et les pas chums, et surtout soi-même.

    C'est pas rien ça! Une tarte à la crème vaut mieux qu'un anathème, crosse en l'air. Un pitchage de tomates fait plus rassembleur qu'un étalage de constitutions, date référendaire au poing.

    Pascal Barrette
    Ottawa

  • Jean-G. Lengellé
    Inscrit
    mercredi 22 octobre 2008 14h38
    Vaut mieux lire ça que d'être aveugle....
    Quelle belle façon de détourner l'attention et de faire accroire au bon peuple qu'il est brillant, intello, connaissant etc etc.
    L'ancêtre des humoristes (stand up comiques) se retrouve nous dit Wikipedia au XV° siècle, il se matérialise avec les images d'Épinal (autour de 1800) et il est destiné à un public paysan et illettré. Les humoristes subséquents, de Molière à nos jours en passant par Alphonse Allais ou le Dictionnaire de la bêtise et des idées reçues, tenteront de s'adresser à une couche plus civilisée de la société tout en restant proche de la défécation comme les refrains de Purgon du Malade Imaginaire.
    Autrement dit, les farces plates des prétendus humoristes sont destinées à un public d'ignares grossiers et se gonfleront d' allusions scato-porno-débiles pour être bien comprises. En disant "débiles" je fais référence à un certain Tremblay qui a tenté de faire rire les Francos de l'est Ontarien en ridiculisant les personnes atteintes du syndrome de Tourette en Août dernier à Saint-Albert.
    Il reste cependant l'humour plus fin, acerbe et discourtois des "chansonniers" français et de leurs parodies rimées du Théâtre des deux Ânes, (fréquenté activement il y a quelques lustres par Raymond Lévesque), et celui plus subtil des caricaturistes dont Chapleau, Garnotte, Côté et Bado. Voilà qui est salutaire et distrayant.
    Que le Rire soit un antidote à la sinistrose aigüe est souhaitable en autant que l'on rie de soi mais rire des autres est quelquefois accompagné de conséquences dramatiques pour les autres en question comme en témoigne la déconfiture du chef du Parti Libéral.

  • michel rheault
    Inscrit
    mercredi 22 octobre 2008 15h52
    Quand culture ne signifie pas culture!!!
    Pourquoi faut-il que ce soient les "humoristes" qui revendiquent le plus à grand cri l'augmentation de subventions à la "culture" de la part de nos gouvernements?
    Ce que nous servent les faiseurs de spectacles d'humour au Québec n'arrive même pas à la cheville du plus médiocre spectacle de "vaudeville" du temps du Théatre des Variétés de nos excellents caricaturistes: la Poune, ti-Zoune, etc...

    Dommage qu'ils se sentent responsables des Arts, alors que leur compétence évidente ne dépasse pas la "culture du navet"!

  • Patrick Lépine
    Inscrit
    mercredi 22 octobre 2008 22h52
    Humoristes, à vos heures?!? @ quelques intervenants
    Cet article sérieux sur les observations toutes aussi sérieuses de nos humoristes, nous amène enfin un peu de sérieux sur notre société et notre époque. Est-ce le moment de réfléchir sur les questions "sérieuses" sur lesquelles se sont penchés plusieurs philosophes?!? Probablement...

    Voici quelques réponses aux commentateurs qui me précèdent, ainsi que quelques drôleries observées...

    @ Hélène Bourgeois : On a bien dissimulé des études produites par un éminant démographe. Les "Monseigneurs" sont très simplement censurés aujourd'hui, il n'y a que les artistes qui ont accès à un micro qui peuvent en parler publiquement. Et aussi les commentateurs "sportifs"...

    marcel vinet a dit: "on est "plus" au moyen age" Je dois dire ici que comme affirmation elle est de bon ton. Mais si c'était une négation que vous vouliez nous communiquer, n'oubliez donc pas votre "n" apostrophe la prochaine fois!

    @ andré michaud : Lorsque je lis votre texte, je peut vous confirmer que vous valez bien une risée, et c'est bien tristement que je vous le dis...

    Rénald Marchand a dit: "la réduction des mines patibulaires dans nos organisations ne peut-être que positive." Voilà bien une des rares paroles sensées accompagnant cet article! En effet, peu importe pourquoi on rit, ça permet de chasser la dépression, même momentanément!

  • nicole ouellet
    Inscrite
    jeudi 23 octobre 2008 17h24
    Nous sommes allés au boutte de toutt
    Après avoir chassé les curés cathos de leur trône, après avoir subi les théories facétieusses des univers-de-sautés, après mis tous nos oeufs dans la politique pour se retrouver avec une omelette sociètale appauvrie, après avoir cru aux profits des banquiers-fiscalistes aveugle aux sdf, après la baloune policière des mondialites
    tous nos espoirs ont foirés, il ne reste plus que déceptions sur déceptions
    et c'est alors que l'humour prend son pied par les Dieudonné, Diouf,Paquin, Nantel,Kavanagh ...
    qui faute de gouru (destructeur de ténèbres) - au québec ce sont des charlatans - essaient tant bien que mal de nous ouvrir des lumières
    les autres inutile d'en parler ce n'est que grossièreté
    Merci à ceux qui restent encore le coeur et le courage de parler

  • André Pelchat
    Inscrit
    dimanche 2 novembre 2008 17h25
    Mon cher Cécilien
    Je te cite les paroles de M. Gauvin :
    "Les humoristes ont tellement attaqué notre identité religieuse qu'ils sont même la source de ce vide. Hitler a utilisé cette même technique afin de laver le cerveau des allemands contre les juifs. L'humour peut-être une arme très dangereuse. Les musulmant ont très bien compris cela, c'est pourquoi ils s'en prennent à ceux qui rit de leur identité. Maintenant il faudrait voir qui sont les responsables qui ont utilisés cette technique contre notre identité pour soumettre la leur. (RBO fait partie de cette gang) "
    C'estlui qui revendique la parenté avec les fanatiques de l'Islam en donnant en exemple les musulmans "qui s'en prennnent à ceux qui rit de leur identité"
    Et exagération pour exagération Hitler et RBO, tu trouves pas ça un peu fort ?

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