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Sommet de Québec - La Francophonie veut relancer son action en faveur du français

Il est question de former 300 000 instituteurs et d'ouvrir 1000 centres de lecture

Paris — Alors que plusieurs se désolent du peu de place qu'occupe la promotion de la langue française dans la Francophonie, ses responsables s'apprêtent à proposer une série de mesures destinées à relancer cette action. À quelques jours du Sommet qui s'ouvrira à Québec vendredi, Le Devoir a appris que le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, et l'administrateur de l'OIF, le Québécois Clément Duhaime, proposeront que l'Organisation s'engage à former 300 000 instituteurs francophones en Afrique et dans les Caraïbes. Il est aussi question de créer un millier de nouveaux centres de lecture, à l'image de ces 230 bibliothèques de village ou de quartier qu'anime déjà l'OIF dans 18 pays d'Afrique, des Caraïbes, de l'océan Indien et du Proche-Orient.

Les propositions seront mises sur la table dès demain, alors que s'ouvrira la 24e conférence ministérielle de la Francophonie. À cette rencontre, qui doit mettre la dernière main aux préparatifs du sommet, les ministres seront appelés à entériner la mise en marche d'une série d'actions en faveur du français. Au menu, on trouve aussi la création de nouveaux centres régionaux du français en Afrique centrale et dans les Caraïbes. La Francophonie caresse de plus l'idée de relancer sur une vaste échelle un programme de volontaires francophones. L'initiative née en 2002 ne compte présentement que quelques dizaines de volontaires qui se consacrent à aider les pays dans le besoin. L'OIF voudrait élargir cette action à plus de 1000 jeunes entrepreneurs, juristes, enseignants ou informaticiens prêts à s'engager auprès des populations des pays francophones les plus pauvres.

Plus généralement, les responsables de l'OIF entendent demander aux ministres et aux chefs d'État et de gouvernement de dépasser les «voeux pieux». Ils inviteront les ministres à «prendre acte de la nouvelle concurrence linguistique et culturelle qui se déploie sur notre planète» et à mettre à la disposition de l'Organisation «des capacités renouvelées». Sera-t-il demandé aux pays membres d'accroître leur contribution dans ce sens? On ne le sait pas encore.

La création de plus de 1000 centres de lecture et d'animation culturelle apparaît comme un objectif très ambitieux, à côté des 230 qui existent actuellement. Nés en 1998, sur la proposition du Québec, ces centres comptent parmi les plus belles réussites de la Francophonie. Situés dans des villages éloignés ou des quartiers défavorisés des grandes villes, ils offrent aux enfants des livres en français et dans leur langue nationale, ainsi qu'un lieu d'animation culturelle souvent doté de moyens audiovisuels. Il s'agirait donc de quadrupler le nombre actuel de ces centres. Les responsables de l'OIF entendent aussi développer la formation des maîtres à distance, notamment par l'utilisation d'Internet.

Plusieurs observateurs, comme Hervé Bourges, ancien président de la télévision publique française, et Louise Beaudoin, ancienne ministre québécoise des Relations internationales, demandent depuis longtemps à la Francophonie de recentrer sa mission et d'accroître ses actions en faveur du français. Rejointe hier, l'ancienne ministre demeurait néanmoins sceptique. «En ira-t-il des objectifs de la Francophonie comme des objectifs du millénaire à l'ONU?, demande-t-elle. J'attends encore de voir les actes qui vont suivre.» L'ex-ministre se dit notamment très déçue du peu de progrès du français dans les pays membres. Un problème pourtant identifié au sommet de Bucarest il y a deux ans. «Je ne demande qu'à être convaincue», dit-elle.

À Québec, dimanche prochain, les chefs d'État et de gouvernement des 55 pays membres discuteront de l'avenir de la langue française. Une première dans un sommet de la Francophonie. Le président Nicolas Sarkozy sera cependant absent de cette portion du sommet, puisqu'il quittera Québec samedi soir.

***

Correspondant du Devoir à Paris
 
 
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  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mardi 14 octobre 2008 08h09
    La Francophonie en faveur du français ? !
    C'est bon ça, la Francophonie qui est en faveur du français, on n'en demandait pas tant !

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 14 octobre 2008 15h55
    Et au Québec ?
    Personne n'a jusqu'ici proposé la création d'unités de volontaires répartis sur le territoire québécois pour enseigner aux petits Québécois le français dit international, standard ou plus simplement, le français de France et ce, n'en déplaise à une certaine élite, sans tenter d'extirper le français québécois. Sans une action vigoureuse dans ce sens, le Québec risque fort de devenir le parent pauvre de la francophonie.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mardi 14 octobre 2008 16h06
    Le Canada... français ?
    Pendant que l'on s'inquiète de la place du français dans le monde au Sommet de Québec, les membres du comité de suggestions canadien volent en anglais avec Air Canada ! Car il y en a, encore, qui parlent toujours français... dans le ROC.

    Claude L'Heureux, Québec

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