Bombardier - Au pays du design, P.Q.
«La décision de miser sur le design a permis au secteur récréatif de se démarquer et de gagner du terrain au chapitre des ventes.» -- Denys Lapointe
Le bolide argent et noir crève l'écran, rugissant, engagé dans une poursuite infernale. Il n'y a pas à dire, l'engin est à la hauteur des ambitions de son célèbre conducteur. Pour sa 20e aventure cinématographique, l'agent secret le plus connu au monde, James Bond, s'est payé le luxe d'une petite chevauchée en motoneige. Une motoneige créée de toute pièce au Centre de design et d'innovation de Bombardier à Saint-Bruno et à Valcourt. Si Joseph-Armand voyait ça...
Il a fallu environ cinq ans à l'équipe de design et d'innovation de Bombardier pour mettre au point la toute nouvelle REV utilisée par le légendaire 007 dans son dernier film Meurs un autre jour. Cinq années au cours desquelles tous les efforts ont été canalisés vers un seul et même objectif: celui de mettre au monde un véhicule qui se démarque de la concurrence. «Notre philosophie de design est de créer des produits novateurs, fonctionnels et passionnants, explique Denis Lapointe, vice-président design et innovation pour Bombardier produits récréatifs. Il faut donc à chaque fois, non seulement que les produits créés répondent aux besoins des clients, mais aussi qu'ils aient un caractère distinctif. Il faut qu'ils soient porteurs de ce petit quelque chose qui fait que, chaque fois que les gens voient le produit ou veulent l'acheter, ils ont le sourire aux lèvres et éprouvent de l'agrément et de la surprise. C'est ce qui fait la différence entre un produit qui se perd dans la masse et un produit qui en impose par sa propre personnalité. La motoneige qui paraît dans le film de James Bond illustre bien tout cela.»
Travail d'équipe
La REV, comme des dizaines d'autres produits issus des chaînes de production de Bombardier, est le résultat d'une étroite concertation entre une poignée de spécialistes de l'ingénierie, du design et du marketing à l'emploi de la compagnie. Des spécialistes répartis entre quatre principales équipes, les uns en Floride, les autres aux États-Unis ou encore au Québec.
C'est que, depuis la fin des années 1960 et le début des années 1970, l'ensemble (ou presque) des responsabilités en lien avec le design sont assumées à l'interne. Un changement que Denys Lapointe attribue à la nouvelle vision du design qui s'est peu à peu développée dans l'industrie du transport au cours des dernières années. «Avant, le design entrait souvent en ligne de compte uniquement à la fin du processus de développement de produit. On parlait d'ailleurs très souvent d'esthétique industrielle. Aujourd'hui, il fait partie intégrante de la conception. Tous les grands constructeurs automobiles par exemple comptent sur des équipes de design intégré. Les gens ont compris que, si l'on souhaite changer ou concevoir un produit, il faut pouvoir intervenir à différentes étapes. Le travail est fait en triade. Une triade marketing, design et ingénierie. D'ailleurs, c'est la symbiose entre ces trois éléments qui fait en sorte que le produit est équilibré en bout de ligne, explique le vice-président design et innovation. Cette symbiose et le processus de planification et de développement de produit très rigoureux que nous avons mis en place au fil des années», s'empresse-t-il d'ajouter.
Concrètement, les 70 personnes rattachées au Centre de design et d'innovation — conseillers marketing, designers, graphistes, maquettistes, modeleurs — travaillent en amont. Ils identifient les créneaux potentiels, développent des prototypes et, une fois la viabilité des produits établie, l'équipe d'ingénierie et de production entre en jeu pour mener le projet à terme.
Esquisses, maquettes et prototypes s'accumulent donc dans les ateliers de design et d'innovation de la compagnie, certains d'entre eux provenant même d'une autre époque: «Nous avons encore dans nos tiroirs des concepts des années 1960 et 1970 qui ne se sont jamais rendus jusqu'à la ligne de production. Tout est une question de "timing". Il faut non seulement concevoir des produits intéressants, mais aussi savoir quand les introduire. C'est d'ailleurs à ce niveau que se situe l'intérêt de pouvoir compter sur l'expertise de spécialistes en marketing. Les designers ont parfois tendance à être un petit peu trop visionnaires. La présence des ingénieurs et des conseillers marketing permet de pondérer tout ça et d'obtenir une combinaison gagnante.»
De quoi faire oublier les tentatives infructueuses de mise en marché entreprises auparavant, dont celle des motomarines à la fin des années 1960. «En 1968, raconte Denys Lapointe, Bombardier lançait la motomarine. Deux ans plus tard, elle les retirait du marché pour des raisons techniques, mais aussi parce que le marché n'était pas prêt. Vingt ans se sont ensuite écoulés avant que le produit ne devienne le succès commercial qu'on connaît en ce moment. Avec une approche comme nous avons maintenant, une telle chose ne se serait probablement pas produite.»
Aller plus loin
Exigeante, la démarche a d'ailleurs déjà fait ses preuves dans le marché. En fait, précise Denys Lapointe, «la décision de miser sur le design a permis au secteur récréatif de se démarquer et de gagner du terrain au chapitre des ventes». À titre exemple, cette année seulement, la REV a permis au constructeur d'accroître ses parts de marché dans la motoneige, et ce, malgré le fait que les ventes générales soient en baisse et que la température ne joue pas en sa faveur.
Enthousiaste, le vice-président confirme que la REV n'est ni le premier, ni le dernier produit à sortir des planches à dessin du Centre de design et d'innovation de Bombardier. Une vingtaine de projets sont actuellement en cours et pourraient bien aboutir sous peu. Des projets de diverses natures allant même jusqu'à la création d'une toute nouvelle forme de produit récréatif. «Le Centre de design tel qu'on le connaît actuellement a été créé il y a deux ans seulement, avec pour premier objectif de se pencher sur de nouvelles formes de produits récréatifs pour le futur. Déjà des choses concrètes ont été faites en ce sens et pourraient s'acheminer vers une production éventuelle. Notre mandat est clair, il faut identifier — plus rapidement que quiconque — quels sont les besoins à venir des consommateurs en matière de véhicules récréatifs et développer des produits entièrement nouveaux et susceptibles de plaire. Il faut briser les paradigmes, amener les gens ailleurs. C'est ce qui permet à une entreprise de se distinguer. Le design est un outil extraordinaire pour y parvenir.»
Il a fallu environ cinq ans à l'équipe de design et d'innovation de Bombardier pour mettre au point la toute nouvelle REV utilisée par le légendaire 007 dans son dernier film Meurs un autre jour. Cinq années au cours desquelles tous les efforts ont été canalisés vers un seul et même objectif: celui de mettre au monde un véhicule qui se démarque de la concurrence. «Notre philosophie de design est de créer des produits novateurs, fonctionnels et passionnants, explique Denis Lapointe, vice-président design et innovation pour Bombardier produits récréatifs. Il faut donc à chaque fois, non seulement que les produits créés répondent aux besoins des clients, mais aussi qu'ils aient un caractère distinctif. Il faut qu'ils soient porteurs de ce petit quelque chose qui fait que, chaque fois que les gens voient le produit ou veulent l'acheter, ils ont le sourire aux lèvres et éprouvent de l'agrément et de la surprise. C'est ce qui fait la différence entre un produit qui se perd dans la masse et un produit qui en impose par sa propre personnalité. La motoneige qui paraît dans le film de James Bond illustre bien tout cela.»
Travail d'équipe
La REV, comme des dizaines d'autres produits issus des chaînes de production de Bombardier, est le résultat d'une étroite concertation entre une poignée de spécialistes de l'ingénierie, du design et du marketing à l'emploi de la compagnie. Des spécialistes répartis entre quatre principales équipes, les uns en Floride, les autres aux États-Unis ou encore au Québec.
C'est que, depuis la fin des années 1960 et le début des années 1970, l'ensemble (ou presque) des responsabilités en lien avec le design sont assumées à l'interne. Un changement que Denys Lapointe attribue à la nouvelle vision du design qui s'est peu à peu développée dans l'industrie du transport au cours des dernières années. «Avant, le design entrait souvent en ligne de compte uniquement à la fin du processus de développement de produit. On parlait d'ailleurs très souvent d'esthétique industrielle. Aujourd'hui, il fait partie intégrante de la conception. Tous les grands constructeurs automobiles par exemple comptent sur des équipes de design intégré. Les gens ont compris que, si l'on souhaite changer ou concevoir un produit, il faut pouvoir intervenir à différentes étapes. Le travail est fait en triade. Une triade marketing, design et ingénierie. D'ailleurs, c'est la symbiose entre ces trois éléments qui fait en sorte que le produit est équilibré en bout de ligne, explique le vice-président design et innovation. Cette symbiose et le processus de planification et de développement de produit très rigoureux que nous avons mis en place au fil des années», s'empresse-t-il d'ajouter.
Concrètement, les 70 personnes rattachées au Centre de design et d'innovation — conseillers marketing, designers, graphistes, maquettistes, modeleurs — travaillent en amont. Ils identifient les créneaux potentiels, développent des prototypes et, une fois la viabilité des produits établie, l'équipe d'ingénierie et de production entre en jeu pour mener le projet à terme.
Esquisses, maquettes et prototypes s'accumulent donc dans les ateliers de design et d'innovation de la compagnie, certains d'entre eux provenant même d'une autre époque: «Nous avons encore dans nos tiroirs des concepts des années 1960 et 1970 qui ne se sont jamais rendus jusqu'à la ligne de production. Tout est une question de "timing". Il faut non seulement concevoir des produits intéressants, mais aussi savoir quand les introduire. C'est d'ailleurs à ce niveau que se situe l'intérêt de pouvoir compter sur l'expertise de spécialistes en marketing. Les designers ont parfois tendance à être un petit peu trop visionnaires. La présence des ingénieurs et des conseillers marketing permet de pondérer tout ça et d'obtenir une combinaison gagnante.»
De quoi faire oublier les tentatives infructueuses de mise en marché entreprises auparavant, dont celle des motomarines à la fin des années 1960. «En 1968, raconte Denys Lapointe, Bombardier lançait la motomarine. Deux ans plus tard, elle les retirait du marché pour des raisons techniques, mais aussi parce que le marché n'était pas prêt. Vingt ans se sont ensuite écoulés avant que le produit ne devienne le succès commercial qu'on connaît en ce moment. Avec une approche comme nous avons maintenant, une telle chose ne se serait probablement pas produite.»
Aller plus loin
Exigeante, la démarche a d'ailleurs déjà fait ses preuves dans le marché. En fait, précise Denys Lapointe, «la décision de miser sur le design a permis au secteur récréatif de se démarquer et de gagner du terrain au chapitre des ventes». À titre exemple, cette année seulement, la REV a permis au constructeur d'accroître ses parts de marché dans la motoneige, et ce, malgré le fait que les ventes générales soient en baisse et que la température ne joue pas en sa faveur.
Enthousiaste, le vice-président confirme que la REV n'est ni le premier, ni le dernier produit à sortir des planches à dessin du Centre de design et d'innovation de Bombardier. Une vingtaine de projets sont actuellement en cours et pourraient bien aboutir sous peu. Des projets de diverses natures allant même jusqu'à la création d'une toute nouvelle forme de produit récréatif. «Le Centre de design tel qu'on le connaît actuellement a été créé il y a deux ans seulement, avec pour premier objectif de se pencher sur de nouvelles formes de produits récréatifs pour le futur. Déjà des choses concrètes ont été faites en ce sens et pourraient s'acheminer vers une production éventuelle. Notre mandat est clair, il faut identifier — plus rapidement que quiconque — quels sont les besoins à venir des consommateurs en matière de véhicules récréatifs et développer des produits entièrement nouveaux et susceptibles de plaire. Il faut briser les paradigmes, amener les gens ailleurs. C'est ce qui permet à une entreprise de se distinguer. Le design est un outil extraordinaire pour y parvenir.»
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