Michel Morelli - Pour le confort des usagers
«Un projet réussi, pour nous, ça englobe plusieurs facteurs. Ça comprend, bien sûr, le respect des échéanciers et des coûts d'investissement, celui des attentes de la part de ceux qui font la demande — qu'il s'agisse de gens de marketing ou d'ingénierie — et ça suppose évidemment une reconnaissance du public quant au travail que nous réalisons. Voilà ce qui définit pour nous un succès. Et quand un client revient pour nous demander de développer un autre produit, là on est franchement heureux du travail qu'on a fait», explique Michel Morelli, de Morelli Designers inc.
Bachelier en design industriel de la faculté d'aménagement de l'Université de Montréal, il s'est spécialisé au fil des ans en fabrication de sièges en tous genres. D'ailleurs, plusieurs d'entre vous avez sans doute déjà posé votre popotin sur une de ses créations puisqu'il est le concepteur des fauteuils du cinéma Ex-Centris. Son groupe a aussi travaillé pour le Casino de Montréal et de nombreux bureaux. Si vos affaires vous obligent à emprunter le corridor ferroviaire New York-Boston-Washington, vous n'y coupez pas non plus: son groupe a mis au point les sièges des trains à grande vitesse que Bombardier a conçus pour Amtrack. La conception de 11 sièges a nécessité l'apport de cinq personnes à temps plein pendant deux ans et demi.
Ergonomie
Et les résultats ont été concluants au point d'obtenir le mandat de développer des sièges pour la Long Island Authority, qui dessert Manhattan et ses environs. Ses trains de banlieue accueillent quelque 300 000 usagers par jour. «Il a fallu créer des sièges robustes pour contrer le vandalisme puisque les probabilités d'occurence de ce type de menace sont très élevées. Mais il faut aussi offrir un certain confort, malgré l'espace restreint, puisqu'on doit maximiser la capacité d'accueil par rapport aux anciens sièges.» Ainsi, la qualité du confort offert aurait augmenté de 10 %, notion difficile à quantifier, il en convient. Son équipe est allée sur les lieux avec des ergonomes pour observer et comprendre les besoins des usagers et la façon dont ceux-ci réagissent. Constatant par exemple que, le matin, la majorité des gens profite du trajet dans le train pour dormir, ils ont conçu un siège incliné et des appuie-têtes particuliers.
Ils ont aussi pu constater de visu à quel point la notion de confort est avant tout culturelle. «On se doit d'être au fait des nouvelles technologies et des nouvelles tendances, mais on doit aussi être à l'écoute de l'usager. En tant que designer industriel, il est facile de poser des gestes qui ne vont pas dans le sens des attentes des usagers. Nous, on essaie d'être au diapason de leurs besoins.» Ils ont ainsi constaté que les Américains voyaient le confort d'une façon très différente de celle des Européens et ont modifié certains sièges en conséquence. «Pour les Américains, confort équivaut à rembourrage, épaisseur et espace, et ces notions sont très importantes à saisir. Pour s'assurer que l'usager ne ressente pas uniquement un confort physique mais qu'il se sente aussi à l'aise psychologiquement, dans le cas du train à haute vitesse, on a modifié le prototype, trop européen d'allure. Sans changer la densité de la mousse ni le système de suspension, nous avons augmenté la quantité de mousse et fait déborder le dossier, ce qui donnait au siège une allure plus imposante; tout le monde était heureux. C'était une question de perception. Sans revoir l'ergonomie, nous avons offert quelque chose de plus galbé.» La preuve que l'habit peut encore faire le moine!
Bachelier en design industriel de la faculté d'aménagement de l'Université de Montréal, il s'est spécialisé au fil des ans en fabrication de sièges en tous genres. D'ailleurs, plusieurs d'entre vous avez sans doute déjà posé votre popotin sur une de ses créations puisqu'il est le concepteur des fauteuils du cinéma Ex-Centris. Son groupe a aussi travaillé pour le Casino de Montréal et de nombreux bureaux. Si vos affaires vous obligent à emprunter le corridor ferroviaire New York-Boston-Washington, vous n'y coupez pas non plus: son groupe a mis au point les sièges des trains à grande vitesse que Bombardier a conçus pour Amtrack. La conception de 11 sièges a nécessité l'apport de cinq personnes à temps plein pendant deux ans et demi.
Ergonomie
Et les résultats ont été concluants au point d'obtenir le mandat de développer des sièges pour la Long Island Authority, qui dessert Manhattan et ses environs. Ses trains de banlieue accueillent quelque 300 000 usagers par jour. «Il a fallu créer des sièges robustes pour contrer le vandalisme puisque les probabilités d'occurence de ce type de menace sont très élevées. Mais il faut aussi offrir un certain confort, malgré l'espace restreint, puisqu'on doit maximiser la capacité d'accueil par rapport aux anciens sièges.» Ainsi, la qualité du confort offert aurait augmenté de 10 %, notion difficile à quantifier, il en convient. Son équipe est allée sur les lieux avec des ergonomes pour observer et comprendre les besoins des usagers et la façon dont ceux-ci réagissent. Constatant par exemple que, le matin, la majorité des gens profite du trajet dans le train pour dormir, ils ont conçu un siège incliné et des appuie-têtes particuliers.
Ils ont aussi pu constater de visu à quel point la notion de confort est avant tout culturelle. «On se doit d'être au fait des nouvelles technologies et des nouvelles tendances, mais on doit aussi être à l'écoute de l'usager. En tant que designer industriel, il est facile de poser des gestes qui ne vont pas dans le sens des attentes des usagers. Nous, on essaie d'être au diapason de leurs besoins.» Ils ont ainsi constaté que les Américains voyaient le confort d'une façon très différente de celle des Européens et ont modifié certains sièges en conséquence. «Pour les Américains, confort équivaut à rembourrage, épaisseur et espace, et ces notions sont très importantes à saisir. Pour s'assurer que l'usager ne ressente pas uniquement un confort physique mais qu'il se sente aussi à l'aise psychologiquement, dans le cas du train à haute vitesse, on a modifié le prototype, trop européen d'allure. Sans changer la densité de la mousse ni le système de suspension, nous avons augmenté la quantité de mousse et fait déborder le dossier, ce qui donnait au siège une allure plus imposante; tout le monde était heureux. C'était une question de perception. Sans revoir l'ergonomie, nous avons offert quelque chose de plus galbé.» La preuve que l'habit peut encore faire le moine!
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