La bataille de la Romaine s'engage
Des écologistes s'opposent au projet de construction d'un complexe hydroélectrique
La soirée d'information tenue hier à Havre-Saint-Pierre sur le projet de construction d'un complexe hydroélectrique de 1550 MW sur la rivière Romaine a marqué le coup d'envoi d'un débat environnemental qui s'annonce plus musclé que celui sur le détournement des eaux de la Rupert vers les turbines de la Baie James.
En effet, malgré les distances, plusieurs groupes écologistes entendent débattre à fond devant la commission du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) d'enjeux moins connus, comme l'artificialisation des débits des grandes rivières de la Côte-Nord sur les espèces du golfe Saint-Laurent, sur les alliances jugées douteuses avec les institutions locales qu'Hydro-Québec cimente avec des ententes financières préalables, comme celle passée avec la MRC de la Minganie — toujours secrète au demeurant —, sur les impacts fauniques du désenclavement de vastes territoires vierges et sur les impacts de ces projets sur la forêt boréale locale.
Mais, expliquait hier le directeur de Nature Québec, Christian Simard, les groupes ne se font pas trop d'illusion sur l'issue de ces débats «où la population locale est souvent prise en otage, alors que ces projets, aux impacts passagers, n'ont que peu d'effets structurants au plan économique». Et, ce qui est nouveau, on se fait désormais de moins en moins d'illusion chez les écologistes sur la valeur des audiences publiques dont plusieurs remettent en question l'indépendance, la compétence et la crédibilité à la lumière des derniers rapports sur la Rupert ou sur le projet Rabaska.
Dans le milieu environnemental, plusieurs disent sans le clamer ouvertement que les dés sont pipés au départ en faveur des projets, car l'hypothèse d'un rejet ne pèse jamais aussi lourd que celle d'un verdict favorable, ce qui devrait être le cas devant une commission vraiment indépendante, d'autant plus que le gouvernement, bénéficiaire ultime du projet, décidera de son sort en fin de course, quelles que soient les recommandations des commissaires.
Le complexe de la Romaine, dont le début des travaux est planifié pour l'an prochain, comprendra quatre centrales capable de produire 8 TWh d'énergie par année. Ce projet de 6,5 milliards devrait rapporter à la région 3,5 milliards et y créer un total d'emplois de 33 410 personnes-année, dont une grande partie sera réservée à des travailleurs de la construction du sud du Québec. C'est sans doute ce qui explique que certains syndicalistes n'ont pas hésité à brandir à nouveau le spectre d'un retour à l'éclairage à la chandelle si Hydro-Québec n'obtient pas le feu vert. L'électricité de ce projet sera vendue principalement aux États-Unis et, ultérieurement, rapatriée au Québec selon les besoins.
Pour Hydro-Québec, la disparition de cette rivière d'eaux vives et son remplacement par quatre lacs derrière des barrages n'a qu'un impact mineur sur l'écologie de la région et ses paysages. L'ouverture de milliers de lacs vierges jusqu'ici aux chasseurs et pêcheurs, avec les déséquilibres qui vont en résulter, n'apparaît pas dans ce dossier en tête de liste des impacts fauniques, ce qui était le cas dans le dossier Grande-Baleine notamment.
Pour un groupe comme Nature Québec, le fait de priver le golfe Saint-Laurent des débits printaniers va avoir d'importants impacts cumulatifs sur ses espèces à un moment où le golfe soufre d'anoxie et accuse un déclin de plusieurs espèces. Le groupe craint tout particulièrement les impacts de cette artificialisation sur les grands mammifères marins qui fréquentent les eaux entre les terres du parc fédéral de l'archipel de Mingan.
Nature Québec espère enfin que la commission fédérale-provinciale d'évaluation environnementale se penchera avec un esprit ouvert et critique sur l'amenuisement du patrimoine des grandes rivières d'eaux vives et qu'elle saura éviter les collisions manichéennes entre intérêt national et intérêts locaux, souvent savamment programmées par les promoteurs, conclut Christian Simard.
En effet, malgré les distances, plusieurs groupes écologistes entendent débattre à fond devant la commission du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) d'enjeux moins connus, comme l'artificialisation des débits des grandes rivières de la Côte-Nord sur les espèces du golfe Saint-Laurent, sur les alliances jugées douteuses avec les institutions locales qu'Hydro-Québec cimente avec des ententes financières préalables, comme celle passée avec la MRC de la Minganie — toujours secrète au demeurant —, sur les impacts fauniques du désenclavement de vastes territoires vierges et sur les impacts de ces projets sur la forêt boréale locale.
Mais, expliquait hier le directeur de Nature Québec, Christian Simard, les groupes ne se font pas trop d'illusion sur l'issue de ces débats «où la population locale est souvent prise en otage, alors que ces projets, aux impacts passagers, n'ont que peu d'effets structurants au plan économique». Et, ce qui est nouveau, on se fait désormais de moins en moins d'illusion chez les écologistes sur la valeur des audiences publiques dont plusieurs remettent en question l'indépendance, la compétence et la crédibilité à la lumière des derniers rapports sur la Rupert ou sur le projet Rabaska.
Dans le milieu environnemental, plusieurs disent sans le clamer ouvertement que les dés sont pipés au départ en faveur des projets, car l'hypothèse d'un rejet ne pèse jamais aussi lourd que celle d'un verdict favorable, ce qui devrait être le cas devant une commission vraiment indépendante, d'autant plus que le gouvernement, bénéficiaire ultime du projet, décidera de son sort en fin de course, quelles que soient les recommandations des commissaires.
Le complexe de la Romaine, dont le début des travaux est planifié pour l'an prochain, comprendra quatre centrales capable de produire 8 TWh d'énergie par année. Ce projet de 6,5 milliards devrait rapporter à la région 3,5 milliards et y créer un total d'emplois de 33 410 personnes-année, dont une grande partie sera réservée à des travailleurs de la construction du sud du Québec. C'est sans doute ce qui explique que certains syndicalistes n'ont pas hésité à brandir à nouveau le spectre d'un retour à l'éclairage à la chandelle si Hydro-Québec n'obtient pas le feu vert. L'électricité de ce projet sera vendue principalement aux États-Unis et, ultérieurement, rapatriée au Québec selon les besoins.
Pour Hydro-Québec, la disparition de cette rivière d'eaux vives et son remplacement par quatre lacs derrière des barrages n'a qu'un impact mineur sur l'écologie de la région et ses paysages. L'ouverture de milliers de lacs vierges jusqu'ici aux chasseurs et pêcheurs, avec les déséquilibres qui vont en résulter, n'apparaît pas dans ce dossier en tête de liste des impacts fauniques, ce qui était le cas dans le dossier Grande-Baleine notamment.
Pour un groupe comme Nature Québec, le fait de priver le golfe Saint-Laurent des débits printaniers va avoir d'importants impacts cumulatifs sur ses espèces à un moment où le golfe soufre d'anoxie et accuse un déclin de plusieurs espèces. Le groupe craint tout particulièrement les impacts de cette artificialisation sur les grands mammifères marins qui fréquentent les eaux entre les terres du parc fédéral de l'archipel de Mingan.
Nature Québec espère enfin que la commission fédérale-provinciale d'évaluation environnementale se penchera avec un esprit ouvert et critique sur l'amenuisement du patrimoine des grandes rivières d'eaux vives et qu'elle saura éviter les collisions manichéennes entre intérêt national et intérêts locaux, souvent savamment programmées par les promoteurs, conclut Christian Simard.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

