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L'entrevue - Les nouveaux vieux

Et si la catastrophe annoncée du poids grandissant des 65 ans et plus dans la pyramide d'âge des sociétés contemporaines reposait sur une vision étroite, sinon erronée? C'est ce qu'avance la présidente de la Fédération internationale du vieillissement (FIV), Irene Hoskins. «Ce phénomène historique est l'un des plus grands progrès sociaux du XXe siècle. Il représente certes de grands défis, mais il offre surtout des possibilités extraordinaires, à la condition de les comprendre et d'en profiter», affirme-t-elle.

Du 4 au 7 septembre, cette femme de 65 ans d'origine germanique codirigera à Montréal, avec l'ancien président de Desjardins Claude Béland, la 9e Conférence mondiale sur le vieillissement de la FIV. Quelque 1500 participants d'une soixantaine de pays y partageront expériences et réflexions sur de nouvelles voies pour transformer cette étape de la vie en une aventure intéressante, voire palpitante. «Si le grand âge s'accompagne inévitablement de déficits physiologiques et cognitifs qu'il ne faut pas nier, il reste qu'un nombre grandissant de personnes vivent plus longtemps en santé. C'est autant d'êtres humains qui veulent et qui peuvent contribuer au développement de nos sociétés», dit-elle.

Irène Hoskins fait partie des pionniers et ardents promoteurs du vieillissement actif, un concept développé par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), où elle a travaillé pendant sept ans comme directrice technique principale avec le Dr Alexandre Kalache, du programme Vieillissement et durée de vie en bonne santé. Sous leur gouverne, l'Organisation des Nations unies (ONU), lors de sa 2e Assemblée mondiale sur le vieillissement tenue en 2002 à Madrid, a défini le vieillissement actif comme une approche visant à «optimiser les possibilités de bonne santé, de participation et de sécurité afin d'accroître la qualité de vie pendant la vieillesse».

«Ce processus d'optimisation débute longtemps avant la soixantaine, dit Mme Hoskins. Plusieurs maladies chroniques, comme le diabète, par exemple, se développent pendant l'adolescence et à l'âge adulte. En agissant dès leur apparition, on peut les stabiliser, les contrôler, notamment par une médication appropriée, et réduire ainsi leurs conséquences néfastes au troisième âge.» Une saine alimentation et la pratique régulière d'activités physiques font aussi partie de ce processus.

Il en va de même pour la sécurité, autant dans ses aspects économiques que physiques. «L'accès à un revenu décent pendant la retraite repose en outre sur les conditions existantes pendant la vie professionnelle, mais également sur la possibilité de poursuivre sa carrière au-delà de 65 ans, pour ceux qui le souhaitent et qui en ont la capacité», poursuit-elle. Des transformations dans l'aménagement des villes de même que dans l'architecture institutionnelle et résidentielle — dès maintenant — peuvent assurer cette sécurité. De nombreuses présentations au congrès de la FIV seront d'ailleurs consacrées à ces thèmes.

Au chapitre de la participation, Mme Hoskins voit les changements en matière d'emploi et de transport comme les premières cibles à privilégier pour stopper la discrimination et l'exclusion envers les personnes âgées. «La Finlande, l'une des sociétés les plus équilibrées et prospères au monde, a fait des progrès énormes pour adapter les milieux de travail aux besoins des personnes âgées, par exemple par des heures réduites et des adaptations mineures des équipements et des outils de travail pour les employés manuels», note-t-elle.

Mythes et demi-vérités

Mme Hoskins connaît bien les scénarios les plus sombres attribuant aux «vieux» l'explosion à venir des coûts de la santé. À l'occasion de la 2e assemblée de l'ONU sur le vieillissement, elle a présenté une analyse fort différente publiée en 2002 par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). «Selon cet organisme, l'escalade des coûts de la santé est causée par l'inefficacité dans la prestation des soins, de mauvais investissements en infrastructures, des incitatifs erronés dans les systèmes de rémunération et l'utilisation inappropriée de technologies très coûteuses», disait-elle alors.

Elle rappelait également que, selon l'OMS, aucune société n'échappe aux maladies chroniques qui accompagnent inévitablement le développement. «Comme celles-ci arrivent en tête des maladies chez les personnes âgées, elles posent le défi aux systèmes de santé de passer d'appareils d'abord conçus pour les maladies aiguës à d'autres qui intègrent la prévention et le traitement des maladies chroniques», explique-t-elle.

Irene Hoskins insiste pour déboulonner un autre mythe sur le vieillissement des populations, à savoir qu'il s'agit d'un enjeu propre aux pays économiquement développés. S'il est vrai que le pourcentage de la population de 60 ans et plus passera de quelque 24 % en 2002 à plus de 33 % en 2025 en Italie, en Allemagne et au Japon, les projections de l'OMS indiquent que ce segment doublera en Chine, en Inde et au Nigeria, et qu'il triplera au Brésil pendant la même période. «Il a fallu 115 ans à la France pour doubler sa population de 60 ans et plus. Il faudra 27 ans à la Chine pour connaître la même croissance», ajoute-t-elle.

La vieillesse a un sexe

Depuis le début des années 1980, Mme Hoskins s'est particulièrement intéressée aux enjeux spécifiques des femmes vieillissantes et vieilles: «C'est bien connu, les femmes vivent plus longtemps que les hommes. Elles sont donc plus susceptibles d'être affaiblies par des maladies chroniques et des déficits. Elles sont aussi plus pauvres. Leurs carrières sont souvent interrompues par la maternité, les soins des enfants, puis des parents. Les ghettos d'emploi et les inégalités de rémunération sont encore, malheureusement, des réalités», note-t-elle à l'appui de son plaidoyer en faveur de l'importance d'examiner le vieillissement sous l'angle des femmes.

Mme Hiskins avoue toutefois que cette reconnaissance est loin d'être gagnée.

Lors de la première conférence des femmes de l'ONU en 1995, elle a fait partie d'un groupe qui a tenté, en vain, d'introduire le vieillissement dans le discours féministe. «À la 8e conférence mondiale de la FIV, j'ai fait partie d'un autre groupe qui, lui, a évalué l'importance des enjeux des femmes dans le programme. Ce n'était pas terrible... Nous essaierons de faire mieux à Montréal, mais même dans une organisation dirigée par une femme, c'est une quête qui est loin d'être terminée», confie-t-elle.

Au-delà des préoccupations thématiques spécialisées qui seront abordées à Montréal dans les prochains jours, Mme Hoskins souhaite que ces assises permettent de faire avancer l'idée que le moment est venu d'adopter une vision nouvelle qui considère les personnes âgées comme des participants actifs dans des sociétés basées sur l'intégration des générations. «Il est aussi urgent que l'on considère ces personnes comme des contributeurs tout autant que des bénéficiaires de l'avoir collectif et des progrès sociaux», conclut-elle.
 
 
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  • Mario Tremblay - Abonné
    2 septembre 2008 07 h 24
    J'espère bien ...
    Que quelques économistes, spécialisés dans le terrorisme médiatique, vont assister à ce colloque.
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  • Yvon Montoya - Abonné
    2 septembre 2008 08 h 44
    Cousin germain.
    "cette femme de 65 ans d'origine germanique", c'est incomprehensible cette origine "germanique" ou alors vous ecrivez anglais dans le sens de "german" pour allemand. Vive la vie a n'importe quel age. Dans le metro on voit des places pour handicapes mais rien pour les faire aller dans les wagons. Idem pour les vieux.
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  • Lawrence Gamache - Abonné
    2 septembre 2008 10 h 30
    D'accord madame Hoskins
    Les personnes retraitées s'impliquent dans plusieurs activités bénévoles concernant l'aide aux enfants et aux personnes plus âgées et autres. Il est regrettable que dans cet article on ne s'intéresse pas aux implications actuelles qui ont un impact important sur notre économie. Il serait temps que dans les analyses économiques soit incluse la participation bénévole.
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  • André Loiseau - Abonné
    2 septembre 2008 18 h 14
    Fichez-nous la paix!
    On a suffisamment exploité mon labeur, depuis 65 ans. Faudrait-il boire le calice jusqu'à la lie pour coûter moins cher à l'état et participer éternellement à la plus value?
    Laissez-nous donc, pour quelques années encore essayer de croire en la vie et de la regarder doucement passer, avec lenteur si possible. Foutez-nous la paix!
    Nous avons encore l'amour, la musique, les livres, la spiritualité, des passe-temps et du temps surtout: celui que l'on ne nous achêtera plus.
    On en a soupé de toutes vos courses et performances suicidaires, laissez-nous respirer...de l'air pur si possible.
    Nous sommes devant l'aventure de la mort.
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  • Jacques Grégoire - Abonné
    2 septembre 2008 21 h 48
    L'avenir est aux vielles
    Je le redis: l'avenir est au vieux, aux vieilles plus exactement. Les femmes âgées feront beaucoup pour la société. Elles donneront une impulsion beaucoup plus humaniste et équilibrée au développement. (Jusqu'à ce que leur "race" soit remplacée par une autre encore mieux adaptée, bien sûr. Mais ça c'est une autre histoire de futurologie.)

    Nos vieux mettront sur la table de sérieuses remises en question, au sujet des moins bien nantis, des défavorisés, des inégallités... au sujet de ceux qui abusent du système sans en avoir l'air. Ces vieux, ces vieilles mettront en place des mécanismes pour 1- se protéger 2- protéger ceux dont on abuse sans vergogne depuis le début des temps. C'est la tendance. Grâce à leur bonne santé, leur éducation, leurs moyens, leurs connaissances techniques, leur conscience aïgue de ce qui se passe dans le monde, et compte tenu des grands enjeux actuels, ces personnes "travailleront" leur retraite dans le but de redonner un peu de la chance qu'ils auront eue et laisser la planète dans un état un peu plus encourageant... Être moins égoïste, moins centré sur ses propres besoins, moins "animal" et plus "homo sapiens"... Il me semble qu'avec la conscience qui nous est accessible, nous pourrions faire un grand pas dans cette direction.

    Quand on voit tous ces gens prendre leur retraite et n'en avoir que pour leur propres projets, leur golf, leurs voyages, leur jardin... n'est-ce pas une somme incroyable d'énergies perdues? À quoi ça sert d'avoir vécu, d'avoir appris, d'avoir réfléchi, d'avoir fait d'innombrables synthèses d'information, etc. si c'est pour n'être pas plus intelligent qu'une plante ou qu'un orignal en bout de piste? C'est quoi l'affaire? Bien sûr, si on croit en Dieu et que l'important de notre vie n'est pas ici, c'est simple de se décharger... Les inégalités, les difficultés, les défis, c'est la faute à quelque chose qui nous échappe et on se dit qu'on n'y peut rien. Alors, autant en profiter, non? Pendant ce temps, ces gens qu'on pourrait aider, ces actions qu'on pourrait poser pour améliorer les choses, personne ne les fait... et l'humanité demeure toujours aussi injuste et brutale, à l'image d'une meute de loup ou d'une tribu de singes... Pourtant, nous regorgeons de solutions, d'énergies pour les mettre en place. Mais non, les retraités pensent à leurs petites affaires, convaincus de l'avoir amplement mérité. Dès qu'ils commencent à toucher leurs rentes, ils oublient tous les autres dans le besoin et tous les problèmes. Se déchargeant de leur obligation de travailler, il se déchargent de leur responsabilité sociale du même coup. Des fois, ça me décourage terriblement.

    Mais quand je vois que d'autres retraités font des efforts pour changer ça, je lève mon chapeau. Je dis que moi aussi, si la vie me le permet, je ferai ça. Je prendrai le train en marche et j'ajouterai ma contribution. C'est ce qui pourrait s'appeler "transcender son humanitude": croire dans la réalité plutôt que dans les mythes et les fables spirituelles... Ce sur quoi on peut agir et qui dépasse notre propre petit nombril... Mais pour cela, il faut conserver une certaine forme, une santé physique et mentale, des moyens... je crois qu'il y a beaucoup de satisfaction à "tendre vers" ce genre d'accomplissement. Je ne dis pas qu'il faut être strictement altruiste et s'effacer devant la tâche à accomplir. Mais ce serait définitement un plus pour l'humanité que les futurs vieux s'impliquent davantage. tk
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  • Service Des Communications Et Éducation Office de protection du consommateur - Abonné
    3 septembre 2008 10 h 02
    Vieillir, un outil...
    J'ai entendu cette phrase savoureuse d'une personne d'environ 75 ans, bien dans sa peau :
    « Vieillir ? On n'a encore rien inventé de meilleur pour vivre plus longtemps. »

    Denis Breton, Québec
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  • Maurice Monette - Abonné
    3 septembre 2008 12 h 45
    ENFIN, un "RETOUR vers le FUTUR" semble sur le point de s'enclencher...
    En effet, pour VOUS permettre de comprendre ce qui se passe présentement, il existe une série de films (3) qui fait allusion à ce que nous avons transcendés(es) au cours des deux dernières décennies. Cette série "futuriste" (réalisée au début des années 90, mettant en vedette Michael J. Fox) se nomme "Retour vers le FUTUR" et relate toutes les transformations que la société humaine américaine a suscitées dans l'organisation de leur vision du futur. C'est assez fantastique de constater que ces prédictions futuristes se réalisent lentement selon les scénarios imaginés ... Ç'a donc été des fims prémonitoires.

    À cette série futuriste, il est très intéressant d'ajouter le visionnement d'une autre série qui relate une cure de rajeunissement subie par un groupe de personnes aînés(es), lors d'un séjour dans un lieu extra-terrestre. Cette série date de 1990 itou et se nomme "Cocoon I & II". C'était une façon caricaturale de nous prévenir de ce qui se passerait durant la période transitoire du millénaire dernier au nouveau que nous entamons. C'étaient donc aussi des films prémonitoires.

    Comme à venir jusqu'ici tout s'est réalisé tel que ces prédictions l'ont décrit, il y a donc actuellement une certaine quantité de personnes aînés(es) qui ont sus(es) observer les lois d'Amour Fraternel qui permettent de conserver une vitalité jusqu'à un âge avancé. Ces lois sont désignées comme les "Commandements de DIEU", qui ne sont finalement que les grandes régles à suivre pour vivre un passage incarné(e) en traversant toutes sortes d'épreuves de maturation de notre esprit / âme et conserver un corps physique / véhicule charnel(le) sain(e) dans lequel est confiné(e) notre entité.

    D'où, le vieillissement se fait bien pour certains(es) alors que, pour d'autres qui ont vécus(es) une vie pendant laquelle ils / elles ont portés(es) peu d'attention à la probité de leurs gestes et/ou pensées et/ou paroles et/ou motivations et/ou etc., etc., etc., lors de leurs interactions avec leurs proches, leurs ont values des conséquences néfastes dans leur vie incarnée actuelle et un vieillissement accéléré...

    Les gens qui ont réussis(es) à transcender leur vie incarné(e) tout en ayant retrouvé continuellement un équilibre leur permettant de continuer de profiter des expériences qui passent pour Évoluer en Grâce et en $age$$e (sagesse), sont les gens sur qui on devraient prendre exemple pour éviter que des écueils viennent entraver notre chemin de vie personnel ou, pour surmonter les épreuves qui sont parsemées le long de notre parcours évolutif.

    En résumé, si plusieurs(es) nouveaux vieux / vieilles ont bien su évoluer, selon les grandes Lois de l'Amour Fraternel, la $ociété (société) humaine aura tout avantage à se servir de leur exemple de vie saine pour orienter ou ré-orienter leurs objectifs actuels, si ceux-ci ne leurs ont valus(es) que déception et misère.

    Il faut se rappeler que chacun(e) est responsable de l'état de santé de son propre corps physique, le véhicule charnel(le) de son esprit / âme. Je n'aime pas me citer en exemple mais, j'en suis un cas patent car, malgré tous les handicaps causés par un grave accident automobile subi le 16 décembre 1982, aujourd'hui soit, vingt-six ans plus tard, à 53 ans, je remplis ma vie actuelle d'aménités qui me permettent de d'accomplir et même surpasser continuellement les objectifs qui me sont soumis alors, que voudrais-je de plus... Sans écrire que, tous les déficits imposés par cet accident routier ont été lentement mais, sûrement surmontés. Donc, quoi demander de plus...!

    C'est "vieux & vieilles" en santé, le sont parce qu'ils / elles ont eus(es) une vie bien remplie et surtout, bien transcendée (surmontée), malgré toutes les épreuves rencontrées. Donc, ces gens ont de quoi à transmettre avant leur "grand départ" et il n'en tient qu'à nous d'en profiter...

    Merci de votre ATTENTION & l'AVENIR pourrait être si BEAU!

    Votre Ami, SAGE, lui,
    MAURICE MONETTE
    Biologiste #939
    Grande Rivière
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