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Le site d'enfouissement de Sainte-Sophie veut s'agrandir

La société Waste Management Inc (WMI) demande à Québec l'autorisation d'agrandir son site d'enfouissement de Sainte-Sophie dans les Laurentides pour y enfouir 27,8 millions de tonnes de nouveaux déchets au cours des 25 prochaines années.
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  • Jean-Paul Le Bourhis - Abonné
    27 août 2008 12 h 10
    Les fortes odeurs de l'argent
    Encore une fois, on veut agrandir un site d'enfouissement arrivé en fin de vie. Encore une fois, pour atteindre notre but pas trop montrable en public, on a fait ou fera appel à une firme d'ingénieurs-conseils en environnement comme la branche de SNC-Lavallin qui se spécialise dans l'édulcoration des effets négatifs de tels sites pour plaire à ses généreux clients : les régies d'enfouissement, ils savent très bien, dans ces firmes, comment neutraliser nos fonctionnaires aux couennes déjà assouplies par l'engeance politicienne pépépéienne de piètre acabit qui leur a limé les crocs jusqu'au ras des gencives pour les empêcher de jouer leur rôle de protecteur du bien commun. Les experts patentés de ces firmes d'ingénierie se livrent à des contorsions dignes des plus grands fakirs pour dorer la pilule aux yeux du dindon absolu de la farce, à savoir le simple citoyen, victime des émanations et autres toxicités lixiviesques de nos vidanges.

    Deux méthodes sont utilisées pour obtenir l'autorisation d'agrandir un LES (lieu d'enfouissement sanitaire). La première qui est aussi plus simple et la moins onéreuse consiste à ne pas lever le petit doigt quand approche la date prévue - sinon prévisible à très court terme - de la fermeture d'un lieu d'enfouissement rempli à pleine capacité. Faire le gros dos permet d'invoquer l'urgence d'une situation sanitaire intenable (plus de place où enfouir les déchets) pour obtenir l'agrandissement rêvé qui, en temps normal, serait sûrement refusé. Même si on prend un air de naufragé en panique, c'est délibérément, systématiquement et méthodiquement que l'on prépare la table pour se prêter à ce jeu indigne, guidés par des avocats experts en avocasseries de haute voltige. La deuxième méthode consiste à présenter une étude d'impact aux conclusions outrageusement jovialistes ou l'on présente le(s) promoteur(s), en des termes dithyrambiques et où on les dépeints comme de preux chevaliers prêts à redoubler d'efforts pour aider le Québec à atteindre ses objectifs de récupération et de recyclage. Nous de Rivière-Rouge qui avons subi en 2003 une opération charme du même acabit (l'agrandissement demandé a été accordé, avec, en prime, tuyau de quatre pouces pour conduire le lixiviat jusqu'à la rivière tout près), nous savons que notre enfer est pavé de leurs bonnes intentions.

    Provincial à l'envi, le présent gouvernement aimerait bien se teindre en vert de la tête au nombril tout en dilapidant en douce notre capital environnemental. Mais les pigments de sa peinture sont bourrés de toxines létales. Elles nous empoisonnent littéralement l'existence. Le jeu des agrandissements ad nauseam des sites d'enfouissement auquel notre gouvernement ultralibéral se livre vient encore une fois nous prouver que, sous des dehors de sépulcre blanchi, sa véritable nature est devenue, aile jeunesse incluse, celle d'un petit prédateur sans scrupule... Quand je pense que le parti libéral a déjà été porteurs de tous nos espoirs!... Quelle déchéance!...
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  • Jean Laflamme - Abonné
    27 août 2008 13 h 10
    De la logique à la pratique
    L'enfouissement est encore pour plusieurs la seule solution pratique au gaspillage des consommateurs, à condition qu'il se fasse loin de leur cour. Les solutions de récupération et de recyclage sont devenues des projets d'études et de contreverses philosophiques. Il faut revenir à l'esprit pratique de Normand Maurice qui, à l'intérieur d'un cours de philosophie morale, a fait plancher ses élèves sur les valeurs que l'on met à la poubelle. L'enfouissement était pour eux une non-solution.
    Jean N Laflamme, Saint-Bruno de Montarville
    jean.nlaflamme@videotron.ca
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