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Des paniers bios sans certification complète - Le gendarme du bio mènera l'enquête

«C'est une façon d'appuyer la relève», se défend Équiterre

Cette année, plus de 10 % des fermes ont mis sur le marché des paniers bios alors qu’elles ne possédaient pas la certification complète obligatoire pour le faire.
Photo : Jacques Nadeau
Cette année, plus de 10 % des fermes ont mis sur le marché des paniers bios alors qu’elles ne possédaient pas la certification complète obligatoire pour le faire.
Après les révélations, l'enquête. Le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV), la police du bio au Québec, a décidé hier de mettre le réseau d'agriculture soutenue par la communauté (ASC) d'Équiterre en observation. L'instance réglementaire souhaite ainsi s'assurer que tous les acteurs de ce réseau parallèle de distribution de fruits et légumes biologiques respectent les lois en vigueur au pays en matière de vente de produits bios.

Hier, Le Devoir a révélé en effet que, cette année, plus de 10 % des fermes ont mis sur le marché des paniers bios alors qu'elles ne possédaient pas la certification complète obligatoire pour le faire. «Nous prenons cette affaire au sérieux, a indiqué hier au cours d'un entretien téléphonique Denis Paul Bouffard, directeur général du CARTV, le gardien du respect des normes biologiques au Québec. On ne peut pas se permettre de laisser perdurer un tel problème. Nous allons d'ailleurs prendre des mesures dans les prochains jours pour que cela ne se reproduise pas.»

Une enquête menée dans les dernières semaines par Le Devoir a révélé que sur les 95 «fermiers de famille» impliqués dans ce réseau, une douzaine ne peuvent pas y prendre part puisque leur certification est soit incomplète, soit totalement inexistante, selon les informations obtenues autant auprès du Conseil que des organismes de certification du bio au Québec. Ces exploitations agricoles contrevenantes à la loi sont en activité dans toutes les régions du Québec. Elles ont été recensées dans la «Liste des fermes 2008» participant au projet «d'agriculture écologique» et «paniers bios» d'Équiterre.

Or, en vertu de la Loi sur les appellations réservées, la vente et la transformation d'aliments se présentant comme «biologiques» est le privilège d'entreprises ou de fermes dûment certifiées par l'un des certificateurs officiellement reconnus par le gouvernement. Cette mesure législative, réclamée avec force au début des années 90 par plusieurs groupes écologistes, vise à prévenir les producteurs bios de pertes économiques éventuelles que des fraudeurs des alentours pourraient leur occasionner. Elle tend également à assurer aux consommateurs que les tomates, carottes ou salades bios, payées un peu plus cher que leurs équivalents traditionnels, répondent bel et bien aux normes sévères de production qui prévalent dans le secteur biologique.

Le problème? Plusieurs des fermes du réseau d'Équiterre qui contreviennent à la loi n'ont plus de certification valide, et ce, depuis plus d'un an pour certaines, a confirmé le CARTV, sans toutefois indiquer les raisons du retrait de leur droit de mettre du bio sur le marché. D'autres prétendent par ailleurs avoir une certification en règle, ce qu'ont démenti dans quelques cas les organismes chargés pourtant de délivrer ce document officiel. Écocert Canada et Québec Vrai en font partie.

Enfin, une poignée de fermes engagées dans ce réseau d'ASC n'ont en main cette année qu'une pré-certification. Cela indique qu'elles n'ont pas terminé les démarches qui prouvent qu'elles respectent totalement les normes de production biologiques. Le processus n'étant pas mené à terme, ces fermes ne peuvent pas faire l'usage des appellations «biologique», «écologique», «organique», «biodynamique», «éco» ou «bio» réservées aux entreprises dont la certification est complète, rappelle le Conseil.

«Nous allons devoir nous asseoir avec Équiterre pour revoir avec eux leur procédure de sélection des fermes, a indiqué Denis Paul Bouffard. Tous les promoteurs [du biologique] doivent s'assurer que l'information qu'ils transmettent au public est exacte et surtout à jour. Tout le monde doit être discipliné.»

«Faux scoop»

Par voie de communiqué hier, Équiterre s'en est pris avec virulence au Devoir en qualifiant l'enquête de «faux scoop». L'organisme indique par exemple que la présence d'exploitations en pré-certification est un fait connu du public. «Pour nous, c'est une façon d'appuyer la relève et de permettre à de plus en plus de projets d'agriculture bio de voir le jour au Québec», a expliqué Isabelle Joncas, responsable du réseau d'ASC d'Équiterre.

Confirmée au Devoir par deux certificateurs et par le CARTV, la présence de fermes sans certification est tout d'abord formellement niée par Équiterre qui dit pourtant par la suite, dans son communiqué, avoir choisi de garder «quelques fermes dont la certification n'avait pas été reconduite, pour des raisons d'ordre administratif ou financier». Et ce, en échange de «preuves écrites assurant que des démarches [sont] en cours pour corriger la situation», peut-on lire.

Notons toutefois que la loi sur les produits biologiques ne reconnaît pas ce genre de lettre comme des certifications crédibles. Les fermiers de famille dans cette situation ne peuvent donc pas faire usage de l'appellation «biologique», appellation pourtant au coeur des «paniers bios» dont Équiterre fait la promotion.
 
 
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  • Alex Stavrinidis - Inscrit
    26 août 2008 06 h 39
    Mauvaise foi et manque de rigueur
    Monsieur, Vous faites preuve d'une telle mauvaise foi et d'un tel manque de rigueur. Je conseille à tous vos lecteurs de prendre quelques minutes pour lire le communiqué de presse émis par Équiterre. Votre article ne reprend absolument pas leurs propo, ni ne laisse place à l'autre côté de la médialle.
    Sachez que le CARTV a publié un communiqué assurant qu'Équiterre dit vrai. Sachez aussi qu'Équiterre dément plusieurs de vos allégations, preuves écrites à l'appui.
    Cessez donc de tenter de détruire un projet qui, sans être parfait, est somme toute constructif pour notre société. Allez donc faire des enquêtes du côté de ceux qui polluent sans vergogne et ous offrent des aliments pré-digérés.
    Alex Stav
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  • andré michaud - Inscrit
    26 août 2008 08 h 44
    Culture marginale pour riches
    Comme le soulignait si bien un lecteur hier qui semble documenté sur les types de cultures, il ne serais jamais possible de nourrir tous les humains au bio.Seules les technologies alimentaires modernes permettent un rendement suffisant et un prix raisonable pour nourrir tous les humains. Les OGM peuvent nous débarasser de l'utilisation abusive de pesticide etc..qui sont les éléments négatifs de la production de masse. Aucune étude scientifique sérieuse n'a décelé de danger réel dans les OGM.

    Le bio demeurera une alimentation pour riches et intellos qui sont romantiquement attachés au modes de culture du passé (héritage de l'époque granola). L'avenir pour nourrir le monde passera par les nouvelles technologies de culture et proviendra de pays comme le Brésil pour assurer un prix abordable à tous. Car il faudra bientôt que les pays riches cessent d'empêcher la libre concurence par des méga subventions tout à fait injustes pour les pays plus pauvres. Il est plus logique de produire dans un pays ou on peut récolter 3 fois par année que de faire vivre artificielement l'agriculture du nord qui a peine à produire une seule récolte qui est vendu au prix fort et souvent sans concurence véritable. Car l'économie agricole dans les pays riches est plus artificielle que les ogm...!!
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  • Thérèse Des Rochers - Abonné
    26 août 2008 12 h 07
    Quel acharnement
    Je salue votre souci de mettre les consommateurs en garde contre la fraude du bio. Les consommateurs bio de longue date sont toutefois au courant de la pratique «en cours d'obtention de certification». Plusieurs fermes en voie d'obtenir leur certification, comme les producteurs de viandes bio, mettent leurs produits en vente chez des épiciers bio avec la mention «en voie de certification». Ils ne cherchent pas à camoufler ce fait, et c'est en toute connaissance de cause que les consommateurs achètent leurs produits. Cela prend des années avant de pouvoir obtenir une certification bio parce que le temps que met la terre à recouvrer ses processus naturels est long. Mais lorsqu'un producteur est à une année d'obtenir sa certification bio, il faut bien reconnaître qu'il est déjà très loin des pratiques industrielles. Cela me semble donc un peu tâtillon de votre part de vous acharner sur la question de la différence de prix, qui est de plus en plus négligeable, particulièrement en ce qui touche aux légumes et fruits frais.
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  • Mélanie Claude - Inscrite
    26 août 2008 12 h 27
    Les producteurs ont davantage ma confiance que les "no-name" du CARTV !
    J'appuis entièrement les propos d'Équiterre lorsque l'organisme s'emprend au Devoir en qualifiant la nouvelle publiée hier en première page de "faux-scoop".

    Étant moi-même fière de supporter une petite ferme biologique, je suis très consciente, comme la majorité de mes confrères et consoeurs partenaires de l'ASC, des lacunes que la précarité du marché que j'ai décidé d'encourager peut laisser au passage.

    Comme le mentionne Équiterre, il est de notoriété publique que certaines des normes en matière de culture biologique chez certains producteurs, dont le mien, ne sont pas toujours respectées.

    Or, je sais heureusement aussi pourquoi il en est ainsi.

    Tout d'abord, les producteurs de fruits et légumes biologiques du Québec, de par leur taille et leur capacité de production, ne bénéficient pas aussi facilement des subventions gouvernementales qui sont aisément distribuées aux méga-fermes industrielles québécoises. Ce qui constitue un premier obstacle financier à l'obtention des certifications bios que l'on cite dans l'article du Devoir.

    Un deuxième est que les producteurs biologiques enregistrent, par une agriculture plus respectueuse de l'environnement, de plus grande pertes que les grandes fermes industrielles. Leurs pratiques en matière d'épandage, de gestation et de cueillette nécessitent une plus grande surveillence, ce qui engendrent nécessairement des coûts supplémentaires. Sans compter que la majorité d'entre elles sont des entreprises familiales qui sont gérées et soutenues par une main d'oeuvre restreinte.

    Une simple visite chez un de ses producteurs suffit pour comprendre le bien fondé d'une initiative comme celle de l'ASC. Les gens y sont débordés puisqu'ils assurent souvent eux-même, en plus des nombreuses étapes qui mèneront à la récolte: le transport, la distribution, la promotion et tous les aléas administratifs (y compris les demandes de certifications) entourant leur production.

    Quand on sait que pas plus de 2% des aliments qui se retrouvent sur les tablettes des supermarchés sont inspectés par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) et qu'on s'arrête aux résultats probants de nombreuses études sur les méfaits des OGM et insecticides sur la santé humaine, on s'inquiète un peu moins pour deux, trois signatures non obtenues, faute de temps ou d'argent, auprès de "no-name" du Conseil des appellations réservées.

    Pout terminer, j'aimerais souligner que l'Agriculture Soutenue par le Communauté est un moyen pour les agriculteurs qui ont décidé de faire les choses différement de survivre et non de s'en mettre plein les poches! Cette initiative permet aussi à des familles de s'alimenter plus sainement, de redécouvrir les joies de la saisonnalité des aliments ainsi que leur vrai goût.

    Il est temps de repenser notre apport à l'environnement et cela, M. Deglise, passe, entre autre, par une compréhension PLUS HUMAINE du marché bio. C'est bien beau les certificats, mais c'est pas bien, bien nourissants!
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  • Blandine Philippe - Inscrite
    26 août 2008 15 h 52
    Quelle éthique ?
    Fabien Deglise a visiblement une dent (personnelle) contre le bio ou Équiterre à constater le manque de réelle rigueur éthique et n'offrant par l'espace qui devrait lui être attribué à un droit de réponse d'Équiterre.
    Le communiqué de l'organisme incriminé n'est pas mentionné et un seul propos en est extrait de manière biaisée.
    Il suffit de consulter le site d'Équiterre, section fermiers de famille, pour constater par soi même: l'information n'y est pas trompeuse. Je suis partenaire ASC depuis 1996 et en tant que consommatrice responsable je me renseigne.
    Une agriculture qui n'utilise ni fongicide, ni pesticide, ni engrais chimique de synthèse est par définition écologie et biologique. Alors de grâce, cessez, gens du Devoir, de vous acharner ainsi et de perdre du temps inutilement. Les seules personnes chez qui vous créez le doute sont les consommateurs qui suivent une mode, pas celles et ceux, suffisamment critiques et renseignés. Vous jouez donc sur un terrain glissant qui n'est pas du journalisme et encore moins du journalisme d'enquête parce que vous orientez sciemment l'information en omettant volontairement de donner toute l'information.
    C'est le monde à l'envers: prouver par A + B qu'on n'utilise pas tout un arsenal de saloperies pour faire pousser des tomates.
    Mais M. Deglise, où cela vous mène-t-il ? Croyez-vous réellement informer le public honnêtement ? Quelle conscience sociale anime votre démarche ?
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  • Jocelyn Darou - Abonné
    26 août 2008 17 h 47
    Bio : seulement pour les riches? NON!
    Je n'en peu plus d'entendre des gens dire que le bio et le respect de l'environnement en général ne sont que des idées de riches granos intellos. C'est tout simplement faux.
    L'agriculture biologique bien gérée, que ce soit en suivant les principes de permaculture, de biodynamie ou autres, peut être très efficace, même plus efficace que l'agriculture dite « conventionnelle » si on calcule autre chose que la quantité produite d'une seule commodité par acre par saison. En effet, si on calcule la quantité de kilojoules produites par rapport aux kilojoules importées sur un terrain (comparatif intrants/extrants), qu'on prend en compte les coûts écologiques à long terme et qu'on garde en tête que la productivité à long terme d'une terre en agriculture conventionnelle où l'on applique une panoplie d'engrais synthétiques a généralement tendance à diminuer, l'agriculture bio est nettement plus efficace! Un bon producteur bio sait utiliser des engrais verts tel le sarrasin, un bon système de rotation de terres ou encore un système d'accompagnonnage plus complexe afin que la santé de son sol augmente d'années en années.
    Pour ce qui est du coût de se nourrir bio, à mon logis, nous nous nourrissons simplement, mais tout à fait sainement, à l'aide de paniers bio en été comme en hiver ainsi qu'en achetant des ingrédients de base bios et locaux dans la mesure du possible. Nous dépensons environ 25 à 30 dollars par semaine par personne. Il faut dire par contre que nous sommes principalement végétariens et que nous faisons nous-même notre pain bio (grâce à notre machine à pain!) ainsi que plusieurs germinations. Il faut seulement être prêt à sacrifier un peu de temps (mais cuisiner est si plaisant! devrait-on appeler ça un sacrifice?) afin de diminuer son empreinte écologique et d'appuyer une agriculture saine tant d'un point de vue social qu'environnemental! C'est d'ailleurs la stratégie générale de notre mode de vie : simplicité volontaire et décroissance.

    Longue vie à l'agriculture soutenue par la communauté!

    Et vous Monsieur Michaud, vous dépensez combien par semaine en nourriture? Et incluant vos sorties au restaurant?
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  • Jean Dubois - Inscrit
    26 août 2008 20 h 51
    Du journalisme sans vision ni rigueur
    J'ai été estomaqué de lire ces propos attaquant bassement Équiterre et la crédibilité du réseau ASC surtout quand j'ai pris connaissance du communiqué de presse du Conseil des appellations réservées (CARTV) qui démentait plusieurs allégations de M. Deglise. De quelle rigueur était cette enquête de laquelle on ne peut même pas lire des faits concrets (comme des noms de fermes M. Deglise) ? Décevant d'un quotidien comme le vôtre.

    Je suis moi-même partenaire d'une ferme de ce réseau depuis 4 ans et en aucun temps est-ce que j'ai remis en doute la crédibilité de l'agriculteur, ni de l'intervention d'Équiterre.

    Je suis pour que l'organisme soutienne la relève en acceptant des fermes pas encore certifiées car se lancer en agriculture en 2008 est une lourde responsabilité financière. Je suis déçu de voir salies ces fermes dans vos propos maintenant clairement non fondés (je crois pouvoir me fier au gendarme du bio, comme vous dites). Le chien de garde semble protéger une maison vide.

    Je pense que vous auriez pu vous lancer sur une enquête portant sur par exemple les pesticides sur les aliments conventionnels, les impacts de l'agriculture polluante. Ceci aurait tenu votre lecteur en haleine autrement que par du sensationnalisme de basse gamme.

    Vos chroniques sans vision ni vigueur ont données une autre raison aux gens de vouloir acheter de la «bouffe beau, bon, pas cher»

    Jean Dubois
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