Enfouissement de déchets - Le site BFI-Lachenaie est nécessaire, conclut le BAPE
S'il juge inacceptable l'idée de doubler la superficie du site d'enfouissement de Lachenaie, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) estime toutefois qu'on doit continuer d'y expédier 1,3 million de tonnes de déchets par année d'ici 2012, puisqu'aucune autre solution n'est encore disponible. On ne ferme d'ailleurs pas la porte à une exploitation du site au-delà de cette date, mais on souhaite qu'il accueille de moins grandes quantités de matières résiduelles.
C'est ce qui ressort du rapport rendu public hier au sujet du projet d'agrandissement du site par BFI-Lachenaie, qui souhaitait pouvoir y enfouir quelque 22,5 millions de tonnes de matières résiduelles supplémentaires d'ici 2025. Or, conclut le BAPE, cela «serait nuisible à la démarche d'autonomie régionale et de réduction de l'enfouissement entreprise par la Communauté métropolitaine de Montréal». «Le recours à ce lieu d'enfouissement demeure toutefois nécessaire et la poursuite des activités devrait être autorisée jusqu'en 2012», précise le document.
Après cette date-butoir, écrivent les commissaires, «les conditions liées à la poursuite des activités [...] devraient être évaluées à la lumière des choix et des actions entreprises par la Communauté métropolitaine de Montréal et le gouvernement et des résultats obtenus en regard de l'atteinte des objectifs de réduction, et ajustées en tenant compte des nouveaux besoins d'enfouissement».
En clair, on pourrait continuer d'utiliser le site, mais en tentant de réduire la quantité des déchets qui s'y retrouvent chaque année. «En 2012, probablement que plusieurs solutions qui auront été mises de l'avant permettront de [tendre] vers l'atteinte de cet objectif [de réduction des déchets enfouis]. Ce qui, en bout de ligne, fait qu'on va devoir encore enfouir à Lachenaie, mais des quantités beaucoup moindres que ce qu'on a actuellement», a expliqué hier un porte-parole du BAPE, Jean-Sébastien Fillion.
«Ce qu'on dit c'est: "Prenons le temps, prenons ces quelques années pour discuter", a-t-il ajouté. Voyons où on en sera d'ici 2012. Par la suite, on rajustera, parce qu'on ne peut pas présumer de ce qu'on franchira comme étape à ce moment.» Chose certaine, a indiqué M. Fillion, «on ne peut pas le fermer du jour au lendemain, parce que ça représente 43 % des matières enfouies de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM)».
Le porte-parole de BFI-Lachenaie, Hector Chamberland, a lui aussi souligné hier que le rapport du BAPE ne fermait pas la porte à un maintien des activités sur ce site au-delà de 2012. Il a en outre rappelé que ce dépotoir est le seul situé sur le territoire de la CMM.
Trouver des solutions
Le BAPE mise par ailleurs beaucoup sur l'amélioration des taux de récupération tels que stipulés dans la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles 1998-2008. Actuellement, selon les données du rapport publié hier, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) prévoit atteindre cette année le seuil de 60 % fixé par Québec pour les matières recyclables. Ce taux a déjà été dépassé pour les déchets domestiques dangereux, les textiles et les objets encombrants. On accuse toutefois un retard majeur pour les résidus organiques, où le taux prévu en 2008 est de 15 %, loin de l'objectif de 60 %. La CMM devrait ainsi atteindre un seuil global de récupération de 38 % cette année, alors que Québec souhaitait passer à 60 %.
C'est un peu ce qui pousse le BAPE à la prudence dans ses prédictions. M. Fillion a d'ailleurs rappelé qu'en 2003 le ministre de l'Environnement de l'époque, Thomas Mulcair, avait donné son aval à la poursuite des activités sur le site de Lachenaie jusqu'en 2008. Au BAPE, on souhaitait alors que certaines mesures permettant de réduire la quantité des déchets qui y sont enfouis seraient mises en oeuvre dans ce délai de cinq ans. Or pratiquement rien n'a été fait. Donc, en quelque sorte, l'histoire se répète.
Selon un porte-parole de la Ville de Montréal, le conseiller Richard Deschamps, la CMM devra donc absolument se doter d'infrastructures régionales afin de traiter et de valoriser les matières récupérées. D'ailleurs, a-t-il rappelé, le Plan directeur de gestion des matières résiduelles prévoit plusieurs mesures afin de d'accélérer leur détournement vers diverses structures de récupération. Les cinq secteurs géographiques de la CMM doivent normalement compléter, en décembre 2008, des plans directeurs régionaux d'équipement et de technologie proposant des solutions de rechange viables à l'enfouissement.
La Ville espère mettre le sien en oeuvre le plus rapidement possible, tout en soulignant que les citoyens devront faire leur part et que Québec devra aussi fournir son aide financière. Et le temps presse, selon M. Deschamps, qui estime qu'il ne sera peut-être pas possible de tout faire d'ici 2012.
Le directeur général du Conseil régional de l'environnement de Montréal, André Porlier, a quant à lui déploré le «manque de volonté politique» pour apporter des solutions au strict enfouissement des matières résiduelles. «En 2003, quand le ministre Mulcair a donné un sursis de cinq ans à BFI, il souhaitait que les villes se prennent en main, mais rien n'a été fait», a-t-il soutenu. Selon lui, le BAPE aurait donc dû offrir un sursis maximum de deux ans à BFI, de façon à «forcer les villes à agir autrement».
M. Porlier a en outre rappelé hier que les technologies qui permettraient par exemple de mettre en place un système de compostage sont disponibles, et ce, à un coût raisonnable. Cela permettrait de réduire de 40 % la quantité des déchets qui se retrouvent dans les sacs à vidanges. Il juge aussi que les Québécois sont prêts à passer à cette étape.
Pas de réaction à Québec
La ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, n'a pas commenté le rapport. Elle est présentement en vacances. Son attaché de presse, Philippe Cannon, a cependant précisé que le rapport, à ce moment-ci, n'avait pas à être commenté. Il a simplement indiqué que le ministère mènerait une analyse écologique qui sera soumise à la ministre. Celle-ci formulera par la suite une recommandation.
Déjà, le gouvernement libéral a décidé en avril de prolonger d'un an les activités du site, qui devait arrivé à la fin de sa vie utile en mai. Québec avait alors fait valoir que le détournement des camions à ordures vers d'autres sites «présenterait plusieurs difficultés de mise en oeuvre sur le plan du transport, des coûts et de l'augmentation des gaz à effet de serre». On avait aussi dit qu'il s'agissait d'une solution «à court terme».
Les résidants du secteur, qui sont aux premières loges, ont maintes fois dénoncé les nombreuses nuisances provoquées par la présence du plus gros dépotoir du Québec à proximité de leur domicile, notamment le bruit incessant, la pollution, les odeurs nauséabondes, le nombre des goélands et la diminution de la valeur des propriétés. Plusieurs ont d'ailleurs souligné ces inconvénients lors des journées d'audiences tenues par le BAPE. Les maires de Terrebonne, Mascouche, Repentigny et Charlemagne s'étaient pour leur part dits favorables à une version plus modeste du projet de BFI.
Le BAPE tente justement de répondre aux inquiétudes des gens du secteur. «Dans le but de favoriser une meilleure intégration du projet dans son milieu, souligne le document, la commission propose notamment la création d'un parc de conservation et de récréation incluant la protection intégrale de la tourbière du Ruisseau-de-Feu, la réalisation du projet de valorisation du biogaz, la mise en place de techniques favorisant la réduction des odeurs ainsi que d'un programme de recherche en santé environnementale.» Tous ces éléments «doivent être conditionnels» à l'agrandissement du secteur nord du site d'enfouissement, insiste le rapport.
C'est ce qui ressort du rapport rendu public hier au sujet du projet d'agrandissement du site par BFI-Lachenaie, qui souhaitait pouvoir y enfouir quelque 22,5 millions de tonnes de matières résiduelles supplémentaires d'ici 2025. Or, conclut le BAPE, cela «serait nuisible à la démarche d'autonomie régionale et de réduction de l'enfouissement entreprise par la Communauté métropolitaine de Montréal». «Le recours à ce lieu d'enfouissement demeure toutefois nécessaire et la poursuite des activités devrait être autorisée jusqu'en 2012», précise le document.
Après cette date-butoir, écrivent les commissaires, «les conditions liées à la poursuite des activités [...] devraient être évaluées à la lumière des choix et des actions entreprises par la Communauté métropolitaine de Montréal et le gouvernement et des résultats obtenus en regard de l'atteinte des objectifs de réduction, et ajustées en tenant compte des nouveaux besoins d'enfouissement».
En clair, on pourrait continuer d'utiliser le site, mais en tentant de réduire la quantité des déchets qui s'y retrouvent chaque année. «En 2012, probablement que plusieurs solutions qui auront été mises de l'avant permettront de [tendre] vers l'atteinte de cet objectif [de réduction des déchets enfouis]. Ce qui, en bout de ligne, fait qu'on va devoir encore enfouir à Lachenaie, mais des quantités beaucoup moindres que ce qu'on a actuellement», a expliqué hier un porte-parole du BAPE, Jean-Sébastien Fillion.
«Ce qu'on dit c'est: "Prenons le temps, prenons ces quelques années pour discuter", a-t-il ajouté. Voyons où on en sera d'ici 2012. Par la suite, on rajustera, parce qu'on ne peut pas présumer de ce qu'on franchira comme étape à ce moment.» Chose certaine, a indiqué M. Fillion, «on ne peut pas le fermer du jour au lendemain, parce que ça représente 43 % des matières enfouies de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM)».
Le porte-parole de BFI-Lachenaie, Hector Chamberland, a lui aussi souligné hier que le rapport du BAPE ne fermait pas la porte à un maintien des activités sur ce site au-delà de 2012. Il a en outre rappelé que ce dépotoir est le seul situé sur le territoire de la CMM.
Trouver des solutions
Le BAPE mise par ailleurs beaucoup sur l'amélioration des taux de récupération tels que stipulés dans la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles 1998-2008. Actuellement, selon les données du rapport publié hier, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) prévoit atteindre cette année le seuil de 60 % fixé par Québec pour les matières recyclables. Ce taux a déjà été dépassé pour les déchets domestiques dangereux, les textiles et les objets encombrants. On accuse toutefois un retard majeur pour les résidus organiques, où le taux prévu en 2008 est de 15 %, loin de l'objectif de 60 %. La CMM devrait ainsi atteindre un seuil global de récupération de 38 % cette année, alors que Québec souhaitait passer à 60 %.
C'est un peu ce qui pousse le BAPE à la prudence dans ses prédictions. M. Fillion a d'ailleurs rappelé qu'en 2003 le ministre de l'Environnement de l'époque, Thomas Mulcair, avait donné son aval à la poursuite des activités sur le site de Lachenaie jusqu'en 2008. Au BAPE, on souhaitait alors que certaines mesures permettant de réduire la quantité des déchets qui y sont enfouis seraient mises en oeuvre dans ce délai de cinq ans. Or pratiquement rien n'a été fait. Donc, en quelque sorte, l'histoire se répète.
Selon un porte-parole de la Ville de Montréal, le conseiller Richard Deschamps, la CMM devra donc absolument se doter d'infrastructures régionales afin de traiter et de valoriser les matières récupérées. D'ailleurs, a-t-il rappelé, le Plan directeur de gestion des matières résiduelles prévoit plusieurs mesures afin de d'accélérer leur détournement vers diverses structures de récupération. Les cinq secteurs géographiques de la CMM doivent normalement compléter, en décembre 2008, des plans directeurs régionaux d'équipement et de technologie proposant des solutions de rechange viables à l'enfouissement.
La Ville espère mettre le sien en oeuvre le plus rapidement possible, tout en soulignant que les citoyens devront faire leur part et que Québec devra aussi fournir son aide financière. Et le temps presse, selon M. Deschamps, qui estime qu'il ne sera peut-être pas possible de tout faire d'ici 2012.
Le directeur général du Conseil régional de l'environnement de Montréal, André Porlier, a quant à lui déploré le «manque de volonté politique» pour apporter des solutions au strict enfouissement des matières résiduelles. «En 2003, quand le ministre Mulcair a donné un sursis de cinq ans à BFI, il souhaitait que les villes se prennent en main, mais rien n'a été fait», a-t-il soutenu. Selon lui, le BAPE aurait donc dû offrir un sursis maximum de deux ans à BFI, de façon à «forcer les villes à agir autrement».
M. Porlier a en outre rappelé hier que les technologies qui permettraient par exemple de mettre en place un système de compostage sont disponibles, et ce, à un coût raisonnable. Cela permettrait de réduire de 40 % la quantité des déchets qui se retrouvent dans les sacs à vidanges. Il juge aussi que les Québécois sont prêts à passer à cette étape.
Pas de réaction à Québec
La ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, n'a pas commenté le rapport. Elle est présentement en vacances. Son attaché de presse, Philippe Cannon, a cependant précisé que le rapport, à ce moment-ci, n'avait pas à être commenté. Il a simplement indiqué que le ministère mènerait une analyse écologique qui sera soumise à la ministre. Celle-ci formulera par la suite une recommandation.
Déjà, le gouvernement libéral a décidé en avril de prolonger d'un an les activités du site, qui devait arrivé à la fin de sa vie utile en mai. Québec avait alors fait valoir que le détournement des camions à ordures vers d'autres sites «présenterait plusieurs difficultés de mise en oeuvre sur le plan du transport, des coûts et de l'augmentation des gaz à effet de serre». On avait aussi dit qu'il s'agissait d'une solution «à court terme».
Les résidants du secteur, qui sont aux premières loges, ont maintes fois dénoncé les nombreuses nuisances provoquées par la présence du plus gros dépotoir du Québec à proximité de leur domicile, notamment le bruit incessant, la pollution, les odeurs nauséabondes, le nombre des goélands et la diminution de la valeur des propriétés. Plusieurs ont d'ailleurs souligné ces inconvénients lors des journées d'audiences tenues par le BAPE. Les maires de Terrebonne, Mascouche, Repentigny et Charlemagne s'étaient pour leur part dits favorables à une version plus modeste du projet de BFI.
Le BAPE tente justement de répondre aux inquiétudes des gens du secteur. «Dans le but de favoriser une meilleure intégration du projet dans son milieu, souligne le document, la commission propose notamment la création d'un parc de conservation et de récréation incluant la protection intégrale de la tourbière du Ruisseau-de-Feu, la réalisation du projet de valorisation du biogaz, la mise en place de techniques favorisant la réduction des odeurs ainsi que d'un programme de recherche en santé environnementale.» Tous ces éléments «doivent être conditionnels» à l'agrandissement du secteur nord du site d'enfouissement, insiste le rapport.
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