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Rumeurs

Il suffit maintenant d'être branché pour partager sa «science» avec le reste de la planète

Il y a des tragédies et immanquablement leurs ribambelles de rumeurs et autres récits farfelus qui viennent les expliquer. L'explosion de la navette spatiale américaine Columbia, le 1er février dernier, ne fait visiblement pas exception à la règle.

Un survol des coins et recoins du cyberespace suffit d'ailleurs à s'en convaincre. Depuis samedi matin, 9 h, un mot d'ordre, chez les adeptes des théories de la conspiration, y a été lancé: oubliez les explications des experts de la NASA et des scientifiques spécialisés en aviation et conquête spatiale. Tous mentent. Pour ne pas inquiéter la population. Bien sûr. Et «la vérité», comme le veut le slogan désormais célèbre de la série américaine culte X-Files, «est ailleurs!».

Au coeur de leurs longues et néanmoins anonymes, il va sans dire, révélations: une photo, prise «par un astronome amateur de San Francisco» à l'aide «de son Nikon-880 numérique posé sur un trépied» quelques heures avant la tragédie, peut-on lire sur le site SFgate.com. Le photographe préfère conserver l'anonymat, comme il se doit, et la photo demeure bien sûr introuvable.

N'empêche, le «cliché» laisse apparaître des «formes étranges autour de la navette», apprend-on, «sorte de flash électrique intense», qui accompagne l'entrée dans l'atmosphère de Columbia.

L'explication? Simple. La navette et ses sept occupants a été détruite par un puissant rayon électromagnétique, une arme militaire secrète américaine, nommée HAARP et installée en Alaska, explique un certain B. Traven dans les pages électroniques d'un groupe de discussion consacré aux théories du complot. L'arme tactique serait efficace à partir de 56 kilomètres d'altitude ou plus, poursuit l'expert. La navette, elle, se trouvait à 60 kilomètre au moment de l'incident. CQFD.

Les Américains seraient donc à l'origine de cette nouvelle tragédie. Et pour cause. Le «nouvel ordre mondial» de George W. Bush, nécessite de l'argent. Beaucoup d'argent. «Y compris celui de la NASA, rendu disponible par un arrêt du programme spatial américain», résume l'internaute.

Complot des méchants dirigeants de la nation américaine ou attaque d'extraterrestres? Un homme — ou une femme — se faisant appeler The Light of Truth (la lumière de vérité) a lui — ou elle — choisi: «Selon des sources internes de la NASA, écrit l'internaute, la navette spatiale a été détruite par des aliens.» Mieux, des «officiels de l'agence spatiale l'ont confirmé: un vaisseau extraterrestre a été identifié par les radars de la North american air defense (NORAD) au sortir de l'atmosphère terrestre quand Columbia y entrait», poursuit-il. Et bien entendu, les aliens de retour à la maison après plusieurs jours passés sur notre Terre ont «interprété la manoeuvre de la navette comme une attaque»... avec les conséquences tragiques que l'on connaît.

C'est une bonne chose d'ailleurs, car comme le prétend un certain Red Yellow — c'est un nom d'emprunt — il se passait, dans cette navette, des choses inavouables. Et pas les moindres: c'est qu'«un des membres d'équipage travaillait pour le Mossad» (les services secrets israéliens) et avait comme mission «de ramasser un satellite espion construit par Israël pour la Chine». À l'insu de ses collègues, paraît-il. Ce qu'il ne savait pas par contre, c'est que «le satellite était piégé pour ne pas permettre à l'armée américaine de mettre la main dessus», raconte-t-il sérieusement.

Tout aussi sérieux: l'accident s'est passé le 31e jour du 1er mois de l'année avec lequel on peut facilement former le nombre 113. Un nombre à fuir puisqu'il «amène la mort de partout» et semble être à l'origine de plusieurs écrasements d'avion, déraillements de train, massacres, etc., prétend un dénommé Krib. À moins que cela ne soit un «complot des médias» pour augmenter leur auditoire, ou bien «un sabotage des concurrents de l'Amérique dans la conquête spatiale», une «question de température extérieure», une météorite, une prédiction de Nostradamus, ou bien plus encore. Qui sait?
 
 
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