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Comment écrire un téléroman à succès

Comme j'ai écrit beaucoup de téléromans, on m'a posé la question mille fois: que faut-il faire pour écrire un téléroman? On commence comment? Où trouve-t-on la première idée, celle qui permet d'enclencher le travail? Comment fabriquer des personnages? Je vais tenter de répondre à toutes ces questions en prenant dans l'actualité récente des événements et des personnages qu'on pourrait certainement développer dans une série de 12 heures ou de 12 ans (12 ans, c'est la spécialité de Fabienne Larouche) et qui ne laisseraient jamais les téléspectateurs indifférents ou ennuyés.

On le sait, pour faire un bon scénario, il faut de l'action. Il faut des personnages passionnants qui occupent des postes de pouvoir, ce qui permet des rebondissements afin de durer dans le temps. Il faut bien sûr des trahisons, de l'amour, de la passion et du sexe. Libre à vous d'équilibrer les ingrédients selon votre propre inspiration. C'est le privilège de l'auteur.

Disons que nous avons un personnage principal d'assez belle apparence, du genre séduisant mais assez imbu de sa personne, qui se donne parfois des allures de James Bond. Il est encore jeune et occupe un poste de ministre de haut rang au sein d'un gouvernement quelque part dans le monde. Appelons ce pays le Cinada, par exemple, et évitons d'indiquer où il se trouve sur la planète Terre. Partout, on dit de notre personnage principal qu'il a de l'avenir et qu'il est destiné à monter en grade.

Un personnage de téléroman ne peut pas être parfait. Ce serait d'un ennui mortel. Il lui faut des défauts et des faiblesses pour que le téléspectateur puisse s'identifier à lui. Notre personnage aura donc le profil idéal, car il est un peu Gaston Lagaffe. Ses mots dépassent parfois sa pensée et il doit ramer régulièrement pour rester au-dessus des quolibets dont on l'afflige.

Une femme est entrée dans sa vie. Ici, l'auteur devra se servir de son imagination pour qu'on apprenne comment la rencontre a eu lieu, car le monsieur n'est pas bavard à ce sujet. Qui a présenté qui à qui? Où se sont-ils vus la première fois? Cette femme a été sa conjointe pendant combien de temps? Autant de sujets nébuleux qui vont permettre de garder l'attention du public.

Quand l'auteur aura bien ficelé ces données essentielles, l'histoire se corsera encore davantage. On découvrira que cette femme a un passé trouble. Elle est connue dans les milieux criminels du Cinada. Elle a successivement été liée à deux personnages connus de la police mais elle n'a pas de casier judiciaire. On aurait pu vouloir l'assassiner elle aussi sur les ordres des chefs du monde criminel. Qui la menaçait? Et pourquoi? Avait-elle trahi quelqu'un? Un vrai thriller.

Les téléspectateurs sont assis sur le bout de leur fauteuil. Le ministre est-il en danger? Que savait-il de cette femme? L'a-t-il quittée à cause de son passé? La police du pays lui a-t-elle fait savoir qu'il valait mieux rompre? Le téléspectateur se sent directement concerné, et c'est très bon pour une série. Au sein du public, il y a ceux qui pensent que le ministre a droit à une vie privée, qu'il peut bien coucher avec qui il veut et que ça ne regarde que lui. Mais d'autres croient que le poste qu'il occupe et dont on dit qu'il est tout particulièrement stratégique sur le plan international l'oblige à un comportement au-dessus de tout soupçon et à des fréquentations transparentes.

L'auteur pourrait très bien choisir de montrer que cette femme a délibérément été introduite auprès du ministre par le milieu criminel afin d'obtenir des informations ou des faveurs... Seul maître à bord, un auteur peut faire ce qu'il veut quand il écrit. Il faut seulement que ce qu'il raconte soit plausible et crédible. Il pourrait très bien aller aussi loin que de montrer la trahison après l'amour et le chantage éhonté auquel des criminels pourraient se livrer auprès du ministre imprudent. Du beau matériel de téléroman. Avec le suspense en plus. Sans compter le milieu criminel, si coloré et si passionnant.

L'auteur pourrait aussi laisser entendre que cette femme si mystérieuse travaille également pour la police nationale, qu'elle est un agent double et qu'elle a peut-être rencontré un jour l'assassin de John F. Kennedy. Le monde est si petit. Mais je m'emballe...

Sauf que plus j'avance, plus j'ai l'impression que cette histoire a déjà été écrite des centaines de fois. On l'a vue dans presque tous les films et dans toutes les émissions de télé du monde à un moment ou à un autre. C'est l'éternelle histoire du mec un peu cruchon qui se fait embarquer par la première belle fille venue et qui en perd le nord... et le sud et tout le reste aussi.

Alors j'abandonne. Je laisse le sujet à quelqu'un d'autre. Vive le Cinada libre.
 
 
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  • Benoît Gagnon - Abonné
    16 mai 2008 00 h 42
    Ou sommes-nous?
    On peut donner une recette, on peut la faire, mais que cela devient terne de faire toujours la même recette. Manger du caviar trois fois par jour peut-être pour vous mais...
    Si on veut faire du télé roman à succès pourquoi ne pas faire appel à l`intelligence,l`être humain le souhaite.
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  • Richard Desrochers - Inscrit
    16 mai 2008 05 h 14
    vous lâchez donc jamais
    A: je gage que vous ne chialiez jamais quand vous encaissez votre chèque de sécurité de vieillesse malgré qu'il comporte dessus une feuille d'érable du Cinada.
    b) Quand vous aurez votre OUI, j'ose espérer que le Cinada va vous expédier par la poste votre part de la dette nationale.
    c)quand vous aurez votre OUI, j'ose espérer que le Cinada refusera qu'on utilise la monnaie Cinadienne. Que le Québec émette sa propre argent, aussi forte sur les marchés que l'argent de monopoly
    d) vous étiez bien contente que des gens du Cinada anglais viennent nous aider lors de la crise du verglas. Vous ne les aiimez pas......sauf quand cela fait votre affaire.
    e) même chose pour les "Amaricains" qui sont venus ici donner un coup de main en 1998 quand nos arbres étaient gelés et nos lignes électriques tombées au sol.
    f) Finalement, il m'arrive parfois de penser que le Cinada devrait nous mettre dehors de la fédération et nous oblige à émettre notre dollar, créer notre Armée (dirigée par Gérald Larose) et nous responsabiliser au lieu de toujours rejeter la faute sur les autres pour nos déboires.
    g) vous faites pitié ma pauvre madame avec toute votre rancoeur contre le Cinada.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    16 mai 2008 07 h 50
    Puis-je intégrer un élément dans votre téléroman à succès?
    De fait, le ministre de haut rang peut tout faire, pour autant que l'auteur est favorable à sa cause, appelons-le M. Helper, et le soutien aveuglément dans son téléroman. Par ailleurs, on ne sait pas toujours les sources d'inspiration de l'auteur. Ce sont peut-être le pouvoir des cotes d'écoute des téléspectateurs. À moins que les aventures de son héros dépassent l'auteur au point où le producteur de la série, disons-le enclin à un certain conservatisme à vau-l'eau, décide de lui en dicter les péripéties au nom de la sacro sainte cote d'écoute.
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  • Gabriel RACLE - Inscrit
    16 mai 2008 08 h 05
    De grâce!
    Loin d'être un téléroman à succès, le scénario que vous proposez en calquant la réalité, est usé jusqu'à la corde et ne saurait susciter l'intérêt que vous lui supposez. Les frasques amoureuses du ministre en question, celui des Affaires étrangères, n'ont eu le retentissement qu'elles ont eu que grâce à l'opposition qui a voulu en faire son cheval de bataille, en pensant ou en voulant nous faire croire, que la belle de l'histoire était un cheal de Troie.

    Et sans l'appui que les médias ont donné à cette histoire, elle serait enterrée depuis longtemps, comme certains téléromans éculés ad nauseam. Mais les médias ont besoin de se nourrir de scandales, d'histoires sulfureuses ou supposées telles ou présentées comme telles. Cela donne parfois des films de série B ou C et fait vendre du papier. Mais, finalement, tout n'est que feu de paille.

    Vous avez raison, comme vous le dites, d'abandonner le sujet. Il ne vous rapporterait rien car l'opinion publique finit par être blasée de ces histoires qui n'ont même pas la consistance d'une bonne mousse au chocolat, autrement plus délectable que le blabla dont on nous rebat les oreilles à satiété. Bravo donc pour ne plus laisser divaguer votre imagination sur un sujet aussi peu savoureux.
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  • Fernand Turbide - Inscrit
    16 mai 2008 09 h 00
    une imagination fertile...
    Votre imagination est toujours fertile et débordante, c'est bien; et on sait jamais ces hypothèses sont peut-être possibles dans notre monde d'aujourd'hui..qui sait?
    Il y avait il n'y a pas si longtemps des apparences d'une catin dans l'entourage d'un ministre..Ce ne serait pas la première fois...

    Fernand Turbide
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  • Irène Cartier - Inscrite
    16 mai 2008 09 h 17
    Félicitations Mme Payette
    Comme toujours vous êtes très perspicace, et votre scénario n'a rien d'inconcevable. En matière d'inconcevable on en a tellement vu et entendu, scandale des commandites et compagnie, qu'on est rendu pour certains assez cyniques, mais il reste encore de très très grands naïfs qui vont en prendre plein la gueule quand le pire des scénarios nous tombera dessus. Merci de nous mettre en garde, restez vigilante s'il vous plaît.
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  • Lorraine Dubé - Abonnée
    16 mai 2008 10 h 11
    @ Richard Desrochers...Drapeau canadien ou pas cet argent est gagné et le nôtre !
    Le lendemain d'un OUI, l'argent canadien que nous avons en banque ne s'envolera pas par magie puisque gagné...et le nôtre,et... nous payons des impôts. Ce n'est pas de la charité, nous l'avons gagné. Ma mère de 85 ans
    ( souverainiste ) comprend cette réalité! Qu'il y ait un drapeau canadien n'y change rien car nous avons payé des impôts et avons droit à cet argent. Un peu de discernement svp.
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  • Max Roujeon - Abonné
    16 mai 2008 10 h 32
    Vous m'inspirez, mais...est-ce bon signe?
    Il était une fois...
    Un jeune homme brillant, sympathique, promis à un fantastique avenir. Un vrai conte de fée! Il fut élu et devint ministre d'un gouvernement dont l'objectif était de détruire un pays, appelons le, ce pays, le Cinada.
    Ce jeune homme brillant répétons le, avec un avenir à faire pâlir d'envie celui du ministre de votre roman d'aujourd'hui, devint en rien de temps le Dauphin de ce premier ministre adulé du bon peuple...
    Bref, pour faire une histoire courte, soudain... le drame!
    Ce jeune homme Ô malheur! Fut pris à voler une veste ! Une veste! Rendez-vous compte, alors qu'il a tout à portée de main, succès etc.!
    Il démissionna mais son chef ne s'en remit jamais...
    J'ai d'autres scénarios :
    Imaginons, le double jeu de la part d'un ministre du même gouvernement, ce ministre qui se «dévoue» à la cause du gouvernement vend de l'information à son homologue ennemi par le biais des services de renseignements du ...Cinada, imaginez le scénario!
    Vous n'êtes pas féministe alors, ne donnons pas l'exclusivité de l'odieux au sexe masculin, soyons juste et cherchons autre chose...Euréka!
    Continuons de fantasmer, une dame bien en vue qui vole une paire de gants (je sais on a déjà fait le coup avec une veste) mais qui prétend tout simplement avoir oublié de payer par distraction, elle est au gouvernement et représente ses membres syndicaux de, disons l'enseignement.
    Bon j'arrête là. Tout ceci n'est que fiction bien entendu. Mais, ne croyez-vous pas que ça ferait de bons scenarios?
    Sans rancune.
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  • Lorraine Dubé - Abonnée
    16 mai 2008 11 h 24
    @ Richard Desrochers...Le Québec est aussi HUMANITAIRE
    Le Québec a reçu de l'aide lors de la crise du verglas ou l'innondation du lac St-Jean, comme il en a apporté lors des innondations dans l'ouest canadien ou autres, sans toutefois faire allusion à quelque allégeance que ce soit. Lors de drames humains, le Québec ne fait pas de petite politique. Nous sommes reconnus comme étant un peuple d'une grande générosité avec des valeurs humaines au bon endroit.
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  • degass - Abonné
    16 mai 2008 14 h 50
    C'est pas de la Charité!
    Cher Monsieur Desrochers, j'aimerais tout simplement apporter une correction à votre courriel à Mme Payette. Sa PSV elle ne l'a pas volée comme d'ailleurs tous les QUÉBÉCOIS qui en recoivent une à 65 ans. Elle a sûrement payé pas mal d'impôts au Fédéral tout comme à l'État du Québec dans sa vie comme beaucoup d'entre nous.
    Alors de grâce arrêtez de prendre les gens pour des imbéciles en leur faisant croire que le peu qui nous revient de ce foutu gouvernement est un cadeau.... A ce que je sache c'est notre Pays autant que le leur et on y a assez contribué depuis 400 ans et entre autre depuis 1867.
    Tant qu'à la portion de la dette, je veux bien que nous en soyons responsable mais tout comme notre portion des actifs à travers le CINADA comme vous dites. Si je me souviens bien c'est exactement ca que les Lévesque-Parizeau-Bouchard-Landry-Marois préconisaient!NON? De plus nous devrions avoir également notre proportion du pétrole Albertain-Sask et celui maintenant de Terre-Neuve et Nouvelle-Écosse car nous y avons contribué par nos impôts et taxes par la contribution que le Fédéral y a fait pour son développement pendant les années 1900 à 2005 tout comme le blé de la Saskachewan et Manitoba. Par contre le Fédéral n'a pas contribué une maudite cenne noire au développement hydro-électrique du Québec.
    Et ici je passe sous silence toutes les subventions que l'industrie automobile a recu en Ontario. Et si on retourne dans le temps au tout début de la Fédération de CONS le QUÉBEC fût le premier bailleur de fonds pour le développement des provinces de l'Ouest tout comme pour le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve. Sans compter qu'on s'est fait voler le Labrador par un bill privé de 1927 par sa Majesté le Roi d'Angleterre et que le Fédédal n'a même pas levé le p'tit doigt.
    Alors en ce qui concerne la PSV de Mme Payette on repassera...
    Salutations amicales
    Michel Asselin
    Québe le 400e.
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  • Paul Lafrance - Inscrit
    19 mai 2008 05 h 23
    Roman à succès
    Au menu: Un macho, une féministe, un arriéré mental, une personne dépressive, un homosexuel, une lesbienne. un violent,des immigrants, des malades mentaux, des psys, des drogués,surtout pas des personnages mentalement équilibrés,brassez tout ça, et vous aurez un roman à succès.
    Paul Lafrance
    Québec
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