jeudi 24 mai 2012 Dernière mise à jour 11h36
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Pour toujours et à jamais

Les legs à perpétuité, comme celui de Louis-Joseph Papineau, font obstacle à la gestion à courte vue

La parc Chénier, sur le terrain donné à Montréal au XIXe siècle par Louis-Joseph Papineau.
Photo : Jacques Nadeau
La parc Chénier, sur le terrain donné à Montréal au XIXe siècle par Louis-Joseph Papineau.
Le patriote Louis-Joseph Papineau a cédé «pour toujours» un terrain à Montréal il y a deux siècles. Le nouvel hôpital universitaire a voulu se l'approprier. Les descendants du héros sont montés aux barricades. La controverse historico-patriotique va coûter des mois de retard et des millions de dollars. Qui donc décide du développement d'une ville? «À perpétuité», ça dure combien de temps?

L'éternité, c'est long, surtout vers la fin. La perpétuité, elle, cause des problèmes surtout au commencement, mettons dans les premières décennies ou les premiers siècles... La controverse entourant le legs «à perpétuité» d'un terrain de Montréal par la vieille et noble famille Papineau en fait la preuve ces jours-ci. Le terrain du sud-est de Montréal a été donné à la ville au début du XIXe siècle par Louis-Joseph Papineau et sa tante Charlotte-Perrine Cherrier, veuve de Denis Viger, pour y établir une «place de marché».

L'acte de donation daté du 3 novembre 1818 parle d'un «terrain de 310 pieds de longueur par 80 de profondeur de chaque côté de la rue Saint-Denis» que «lesdits Sieur et Dame [...] donnent, cèdent, quittent, transportent et délaissent et à toujours [la parcelle] à Messieurs les juges de paix de ladite cité de Montréal». Le square aménagé a pris le nom de la veuve Viger, accueilli une statue du patriote Chénier et servi de point de ralliement à la bourgeoisie canadienne-française jusqu'à ce que l'autoroute Ville-Marie achève la déstructuration du secteur.

Les moeurs urbanistiques brutalistes se suivent et finissent par se ressembler. Quelque 190 ans après la donation, les concepteurs du futur Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) ont décidé d'intégrer la parcelle de Papineau-Cherrier à leur mégaprojet. Des plans dévoilés le mois dernier prévoyaient que le bâtiment du centre de recherche du CHUM s'étende sur la partie ouest de ce qui reste du square, entre les rues Saint-Denis et Guy-Frégault, au nord de Saint-Antoine. Les descendants du patriote ont rappelé l'intention ferme de leur célèbre ancêtre et finalement forcé l'abandon du scénario d'empiétement sur le lot cédé «à toujours». Les conséquences pourraient coûter 17 mois de retard et autant de millions de dollars aux contribuables, comme la révélé Le Devoir la semaine dernière.

Est-ce acceptable? Qui donc décide du développement, les vivants ou les morts? Notre société, une ville, peut donc figer sa destinée pour des siècles, voire à jamais? Répétons donc la question: à perpétuité, ça dure combien de temps?

En prison, la formule veut dire entre 10 et 25 ans, rarement plus. Au Canada, environ 250 personnes (des hommes neuf fois sur dix) sont condamnés à la réclusion à perpétuité, le plus souvent pour meurtre. Après les appels, leur nombre se stabilise autour de 200.

Dans les cimetières, la règle générale admet 99 ans d'occupation. Chez les morts, la perpétuité dure donc un siècle moins un an. Après quoi, d'autres corps se rajoutent, comme un clou chasse l'autre.

Le professeur Alain Roy de l'Université de Montréal avertit qu'il ne faut pas tout mélanger. «Une concession dans un cimetière et celle d'un terrain pour créer un espace public, ce n'est pas la même chose, dit le chercheur associé à la chaire du notariat, codirecteur de la revue internationale Enfances, Familles, Générations. «Dans ce dernier cas, le don ad vitam aeternam est inscrit dans l'acte constitutif. Comme dans le cas d'une servitude qui affecte un lot pour toujours, pour tous les propriétaires subséquents. [...] Le legs du terrain de Papineau a été prévu comme tel. En plus, un parc s'intègre à la ville et demeure compatible avec son développement. Un parc, en 1818 ou en 2008, c'est un parc, même entre des gratte-ciel.»

L'article 771 du nouveau Code civil indique que le tribunal peut révoquer ou modifier l'exécution d'une charge liée à un legs. Il serait donc possible de renverser la décision, mais le processus serait long. Les responsables du CHUM y ont eux-mêmes renoncé. «On pourrait éventuellement s'adresser au législateur pour qu'il adopte une loi privée destinée à éliminer la charge considérée comme désuète ou indûment contraignante», précise le professeur Roy.

L'avocat Jean-Pierre Saint-Amour, spécialisé en droit municipal, ajoute que les tribunaux ont l'habitude de reconnaître les clauses de long terme. «Je ne dis pas que c'est le cas avec le legs Papineau, précise-t-il. Je dis simplement qu'on ne peut pas juste l'écarter du revers de la main.» Bref, la perpétuité peut durer longtemps.

Gérard Beaudet, directeur de l'institut d'urbanisme de la Faculté d'aménagement de l'Université de Montréal, se réjouit de cet état contraignant. Pour lui, la vocation du terrain justifie le respect de la pérennité du legs. Mieux: le don peut protéger certains lots des décisions aléatoires. Dans ce cas, la vision pour l'éternité joue heureusement contre la vision à court terme.

«En règle générale, les gens donnent un terrain pour une vocation publique, un cimetière, une église, une école ou un parc, note le professeur Beaudet. Connaissant la propension des municipalités à fonctionner à courte vue, je dois dire que cette pratique du legs m'apparaît fort intéressante.»

Il mentionne que la même logique prévaut dans le cas des legs de plus en plus populaires de terrains à vocation écologique. Le Service canadien de la faute administre un programme national de dons de terres en échange d'avantages fiscaux. À ce jour, plus de 560 donations écologiques de toutes tailles ont été faites par des propriétaires de toutes les provinces canadiennes, dont le Québec. «Ces aires protégées totalisent plus de 49 000 hectares, et chacune contribue au maintien d'habitats importants pour la survie de nombreuses espèces animales et végétales», précise le site gouvernemental.

De ce point de vue, le républicain et démocrate Louis-Joseph Papineau aura été avant-gardiste, encore une fois. «L'intention n'est pas d'être en mode transitoire en attendant une décision contraire au souhait du donateur», dit le professeur Beaudet, en rappelant que des terrains cédés au public par des particuliers il y a des décennies ont failli être reprivatisés au moment de la récente saga au parc provincial d'Orford. «Un don à vocation publique, dans l'intérêt public, vaut la peine d'être soustrait aux aléas et aux projets, surtout quand ils sont improvisés. Je trouverais très regrettable qu'un espace public perde sa vocation parce qu'un promoteur improvise une solution. Dans le cas du CHUM, c'est tout et rien, et c'est n'importe quoi. Heureusement qu'on a des contraintes pour ramener un peu de bon sens et de respect dans un processus de planification.»
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Alexis Bennett - Inscrit
    13 mai 2008 06 h 41
    17 mois de retards et autant de millions...
    Est-ce la faute au leg à perpétuité de la famille Papineau ou de l'irresposabilité des planificateurs et architectes si le projet s'étire dans le temps et coute plus cher que prévu?
    Si les concepteurs du projet s'étaient informés sur la faisabilité légal du projet sur ce lot, pour etre plus simple, s'il avaient bien fait leur devoir, peut-etre perderions nous moins de temps et d'argent en ce moment.
    N'est-ce pas assez de détruire l'église Saint-Sauveur au coin des rues Viger et Saint-Denis?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gilles Bousquet - Inscrit
    13 mai 2008 07 h 02
    C'est pas la faute à Papineau !
    Vous frappez sur le mauvais clou. Le CHUM ne devrait pas se situer à cet endroit là. Point. Un mauvais choix politique coûteux et plein de problème et une niaiserie qui résulte d'un tirage aux poignets entre Messieurs Couillard et Charest.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Maco - Abonné
    13 mai 2008 08 h 33
    Des valises
    Je vous rappelle qu'il y a déjà dix ans de retard ce projet. Un terrain était disponible à l'époque et nous l'avons rejeté parce qu'il y avait un train qui circulait trop proche. Pas longtemps après, on suggérerait une gare de triage. La tête me tourne encore.

    Donc, que l'on veuille prendre comme excuse ce petit bout de gazon pour retarder le projet... la tête me tourne encore une fois.

    Le bien public doit être préservé à tout prix, mais pas les gens qui nous prennent pour des valises. Là, ce n'est pas la tête qui me tourne, c'est mon sang qui bout.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • andré michaud - Inscrit
    13 mai 2008 08 h 51
    Donner c'est donner
    Que penser de quelqu'un qui vous donne quelque chose mais veut décider si vous l'utiliserai? Tant que c'est pour un bien public, ou est le problème? Décidement au Québec, est-ce que tout va tellement bien qu'on fait des problèmes avec des riens?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Valdor Lagacé-Gallant - Inscrit
    13 mai 2008 08 h 55
    Manque de planification !!!
    Ce sont nos grands talents d'aujourd'hui qui ont erré.

    Des aveugles qui mènent des aveugles. Payés chèrement, ces grands instruits qui ne sont pas à même de vérifier que le terrain sur lequel ils veulent construire leur appartient.

    Les bonnes vieilles chicanes de clôture confiés à des incompétents qui s'emplissent les poches à nos dépens.

    Heureusement qu'on a des contraintes pour ramener un peu de bon sens et de respect dans un processus de planification. Tout est dit !

    Se péter les bretelles pour prouver qu'ils sont de grands génies.

    C'est rien et n'importe quoi ! Ça ressemble de plus en plus à de la réingéniérie. Vous en souvient-il ?



    Valdor Lagacé
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • R Nault - Inscrit
    13 mai 2008 11 h 15
    Le hasard n'existe pas ...
    C'est le premier pépin "connu" de ce projet au centre-ville; l'Ordre des Ingénieurs de leur côté nous avertissent déjà de futures hausses de coûts et M.Gignac est pressé de creuser le trou pour qu'on ne puisse pas revenir en arrière.
    Ce n'est que le début des dépassements pharamineux de coûts de ce projet.
    Le vrai endroit est à Outremont avec la création d'une Cité Universitaire qui pourra prendre de l'expansion. Quelle idée stupide d'amener çà dans un coin du centre-ville déjà hyper-congestionné.
    Tous ces retards et dépassements anticipés de coûts indiquent qu'il y a eu un mauvais choix; même la campagne de financement n'accroche pas les leaders de la communauté, pas plus que les québécois moyens.
    Arrêtons çà au plus tôt et reconnaissons que nous avons faire une erreur avant qu'il ne soit trop tard.

    R. Nault
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Hélène Paulette - Inscrite
    13 mai 2008 11 h 21
    Ca prend pas la tete a Papineau...
    C'est pourtant facile de comprendre qu'on a assez charcute le parc Viger comme ca!
    Et qu'on continue a defigurer le centre ville et a construire en hauteur en coupant la vue sur le fleuve en faisant fi de la loi.
    Assez de la dictature des promoteurs qui se croient tout permis!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Charles Laflamme - Inscrit
    13 mai 2008 14 h 14
    Semer volontairement la contreverse
    Lorsque les planificateurs du nouvel hopital ont décidé de réaffecter le terrain légué par L.-J. Papineau, ils s'assuraient volontairement de créer la contreverse. Ils provoquaient ceux qui sont attachés à l'histoire du Québec, pour ne pas dire les militants francophones afin qu'ils réagissent et paraissent comme des empêcheurs de tourner en rond.

    Il y a beaucoup ce situations conflictuelles initiées par ce gouvernement impliquant la vie et l'histoire de la francophonie à Montréal ne trouvez-vous pas?

    L'expropriation d'un patrimoine historique du carré Viger et de la statue de Chénier.

    Le dernier hopital Francophone de l'ouest de Montréal.

    Toute la polémique sur les cachettes de l'Office de la Langue Française face à la détoriation du français comme langue de travail. La réaction qui en découle pointe les immigrants qui se sentent attaqués par les francophones quant à leurs tendance opportuniste à vouloir étudier et travailler en anglais. En conséquence, ils se regroupent derrière le parti libéral et et se cantonnent dans leur position fédéraliste. Les anglophones qui votaient pour l'ADQ ou par Idéologie pour un autre parti voient leurs gains juridiques menacés par l'émergence d'une nouvelle montée aux baricades de groupes de défense des droits et de la survie du français au Québec. Ils priorisent eux aussi le Parti Libéral, l'ADQ ne pouvant se prononcer sans perdre des plumes d'une façon ou d'une autre en raison de la diversité de son fragile électorat.

    On peut penser aussi à tous les irritants entourant les fêtes du 400ieme de Québec.

    En même temps, toute cette zizannie occupe complètement les militants politiques et permet aux médias de saturer leur grille d'information.

    Or, entre deux votes de confiance à l'Assemblée Nationale le premier ministre Charest peut faire ce qu'il veut par décret ministériel. Il a pu donc, grâce à cet écran de fumée, en toute tranquilité:

    -Faire des prêts sans intérêt pour 30 ans à Alcan et Alcoa ce qui laissera deux milliards de dette au Québec.

    -Prolonger de trente ans l'emprise d'Alcan sur un bassin hydrographique alors que la production d'électricité à ce moment vaudra son pesant d'or.

    -Céder des droits pétroliers sur l'ile Anticostie à l'entreprise privée.

    -Établir un Partenariat Public Privé pour le prolongement de l'autoroute 25 tout en refusant à l'Assemblée Nationale le droit de connaître les engagements financiers du Québec dans cette entente. Or, on sait que ces partenariats garantissent des profits aux entreprises alors que les gouvernements absorbent les imprévus ou les manques à gagner consécutifs à une utilisation moindre des services. (lire "L'Or Bleu" un incontournable)

    -La cession de gros contrats à l'entreprise privée pour de l'électricité à partir d'éoliennes alors qu'Hydro-Québec aurait pu les gérer elle-même en gardant les profits pour l'administration du Québec.

    Les exemples ci-haut mentionnés on la particularité de ne pas influer sur le budjet actuel de Québec alors qu'ils lui lient les mains pour le futur avec la perte d'intérêt et de rapport de force pour nous.

    À cela on peut ajouter la concrétisation du projet RABASKA qu'on a traité comme une affaire municipale alors que son implantation à Lévis implique le point géopolitique le plus important du Québec quant à sa voie de communication. S'en suivra par après le contrôle de la navigation par les USA et la militarisation éventuelle du territoire pour protéger l'alimentation des clients en énergie.

    Et l'Institut Économique de Montréal recommande de vendre Hydro-Québec...

    Ne nous contentons pas seulement de combattre les feux qu'ils allument. Soyons conscient des raisons pour lesquelles ils nous provoquent. Ayons la vigilence de défendre nos propriétés et nos droits sur notre territoire car cela est irréversible.

    Charles Laflamme
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • LUCILLE MURRAY - Inscrite
    13 mai 2008 16 h 23
    Le Parc du mont Orford ... Jean Charest et son ministre Bechard
    ''...De ce point de vue, le républicain et démocrate Louis-Joseph Papineau aura été avant-gardiste, encore une fois. «L'intention n'est pas d'être en mode transitoire en attendant une décision contraire au souhait du donateur», dit le professeur Beaudet, en rappelant que des terrains cédés au public par des particuliers il y a des décennies ont failli être reprivatisés au moment de la récente saga au parc provincial d'Orford. «Un don à vocation publique, dans l'intérêt public, vaut la peine d'être soustrait aux aléas et aux projets, surtout quand ils sont improvisés. Je trouverais très regrettable qu'un espace public perde sa vocation parce qu'un promoteur improvise une solution.''
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Claude Archambault - Inscrit
    13 mai 2008 17 h 26
    @ M. Laflamme
    Quand on veut on peu, Quand on veut chercher les poux on peu. Le CHUM quand à moi est un panier de crabe. Mon don est déjà fait et mon choix est fait, L'université McGill a reçu mon support et mon chèque.
    Depuis quand, quelqu'un, qui soit il peu décider pour le restant des jours ce qui arrivera à ses biens ? Le terrain a été donné à la ville pour en faire un parc ou un marché publique à l'époque. Bien dans ce temps c'était bien, aujourd'hui Montréal n'est plus la même ville alors Merci Papineau mais on vie en 2008 et on a besoin de ce terrain.
    Et ceux qui y verront des bibittes, pour encore attaquer les francophone, il y a des médicaments pour cela, et un nom pour cette maladie..... La schizophrénie et quand c'est trop sévère on enferme.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Monique Désy Proulx - Abonnée
    15 mai 2008 03 h 45
    Et le sens de l'histoire?
    Il y en a qui voient ce parc comme un «bout de gazon»... Nous voilà les yeux bien collés sur le nez, sans voir grand chose.

    Papineau constitue un des fondements de notre société. Papineau c'est une histoire, un symbole, une lignée fondatrice. C'est Ulysse chez les Grecs, Vercingétorix chez les Gaulois, Sitting Bull chez les Lakota. Papineau, c'est une tête, c'est la tête à Papineau! C'est un galvaniseur de foules, c'est la révolte des Patriotes, c'est la tentation de l'indépendance, c'est l'exil aux États-Unis, c'est l'échec, la tête mise à prix par les Anglais, les compagnons pendus au bout d'une corde devant le fleuve (justement là où les détenteurs du pouvoir veulent aujourd'hui construire une autoroute)... Puis, Papineau c'est une rentrée d'exil, un retour au banal, c'est la suite, c'est la famille, un petit-fils qui s'appelle Henri Bourassa et qui fonde le journal le Devoir...

    En faisant fi du terrain que cet homme flamboyant a donné à la Ville de Montréal et en y construisant un édifice en hauteur, on s'apprêtait à suivre nos prêtres contemporains de la médiocratie là où ils nous mènent depuis cinquante ans: vers l'anéantissement, vers l'oubli.

    Au contraire, en épargnant ce petit parc du centre-ville, on vient de s'offrir un morceau de sens. À partir de là, on peut donner forme à notre existence collective.

    Merci, Mme Bourassa, vous qui êtes la descendante de Louis-Joseph Papineau et d'Henri Bourassa. Merci d'avoir sorti l'acte de donation de votre ancêtre et d'avoir fait valoir l'importance de la continuité. Ouf! Tout n'est pas perdu.

    Monique D Proulx
    14 mai 208
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Philippe Champagne - Inscrit
    15 mai 2008 23 h 07
    M. Baillargeon, la parole donnée, vous connaissez?
    Je ne peux qu'être en complet désaccord avec votre article. Avec les consciences élastiques comme la vôtre, notre civilisation aujourd'hui se retrouve gros-Jean-comme-devant.

    Même votre phrase: L'éternité, c'est long, surtout vers la fin...

    ... a été prononcée par un autre. Les droits d'auteur, vous connaissez aussi?

    Je comprends qu'avec des journalistes comme vous notre ère manque de lumière.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
12 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012