Tremblant: le meilleur endroit
Un casino à Mont-Tremblant? Pourquoi pas? S'il est un endroit au Québec où la logique veut que l'on installe un casino, c'est bien dans le seul centre essentiellement destiné au tourisme haut de gamme et au divertissement. En toutes saisons, une partie de la clientèle de Tremblant a les moyens de s'amuser... à jeter son argent par les fenêtres.
Dimanche, le ministre du Développement économique, qui est aussi ministre du Tourisme, expliquait que la construction d'un casino à Mont-Tremblant, ce serait bien pour l'emploi et pour l'économie locale. Ce n'est pas faux, mais c'est incomplet.
La vérité, c'est que la plupart des résidants permanents de Saint-Jovite et des environs n'ont pas les moyens de gager leur chèque de paie, de retraite ou de bien-être dans des machines à sous ou autrement. On ne peut donc pas être insensible aux arguments des associations de prévention du jeu compulsif qui dénoncent l'ouverture de tout nouveau casino.
L'État croupier n'est surtout pas un idéal! Mais à 1,3 milliard de dividendes par année versés au Trésor public, il n'est pas né le premier ministre qui acceptera de laisser cette taxe volontaire retourner aux mains du crime organisé.
Pour jouer au casino, il faut avoir la force psychologique de s'arrêter après avoir perdu 100 $, ce qui est le cas de la plupart des gens, ou avoir l'argent nécessaire pour que l'on ne parle pas de dépendance, mais de caprice de riches.
Certains facteurs, comme l'accès facile à des appareils de loterie vidéo dans son environnement quotidien, favorisent davantage le développement de comportements compulsifs dans une société qu'un casino où il faut se déplacer pour jouer. Il est vrai que les casinos sont aussi des lieux dangereux quand ils sont conçus pour attirer et retenir des joueurs qui n'ont pas les moyens de perdre. Ce qui ne devrait pas être le cas à Mont-Tremblant. Voeu pieux? Peut-être.
Lors de l'ouverture du casino de Montréal, on parlait aussi d'attirer une clientèle étrangère riche. Le costume était obligatoire, comme au cinéma. Mais les riches touristes ne sont pas venus, plus attirés qu'ils étaient par Las Vegas que par l'île Notre-Dame, et Loto-Québec a dû transformer son palais du jeu en salles d'amusement pour les clubs de l'âge d'or.
À Mont-Tremblant, Loto-Québec devra s'abstenir de toute publicité régionale et de toute stratégie promotionnelle susceptibles d'encourager la fréquentation assidue par des groupes qui n'en ont pas les moyens. Et si la riche clientèle de Tremblant ne répond pas, il faudra fermer ce casino au lieu de faire comme à Montréal.
j-rsansfacon@ledevoir.com
Dimanche, le ministre du Développement économique, qui est aussi ministre du Tourisme, expliquait que la construction d'un casino à Mont-Tremblant, ce serait bien pour l'emploi et pour l'économie locale. Ce n'est pas faux, mais c'est incomplet.
La vérité, c'est que la plupart des résidants permanents de Saint-Jovite et des environs n'ont pas les moyens de gager leur chèque de paie, de retraite ou de bien-être dans des machines à sous ou autrement. On ne peut donc pas être insensible aux arguments des associations de prévention du jeu compulsif qui dénoncent l'ouverture de tout nouveau casino.
L'État croupier n'est surtout pas un idéal! Mais à 1,3 milliard de dividendes par année versés au Trésor public, il n'est pas né le premier ministre qui acceptera de laisser cette taxe volontaire retourner aux mains du crime organisé.
Pour jouer au casino, il faut avoir la force psychologique de s'arrêter après avoir perdu 100 $, ce qui est le cas de la plupart des gens, ou avoir l'argent nécessaire pour que l'on ne parle pas de dépendance, mais de caprice de riches.
Certains facteurs, comme l'accès facile à des appareils de loterie vidéo dans son environnement quotidien, favorisent davantage le développement de comportements compulsifs dans une société qu'un casino où il faut se déplacer pour jouer. Il est vrai que les casinos sont aussi des lieux dangereux quand ils sont conçus pour attirer et retenir des joueurs qui n'ont pas les moyens de perdre. Ce qui ne devrait pas être le cas à Mont-Tremblant. Voeu pieux? Peut-être.
Lors de l'ouverture du casino de Montréal, on parlait aussi d'attirer une clientèle étrangère riche. Le costume était obligatoire, comme au cinéma. Mais les riches touristes ne sont pas venus, plus attirés qu'ils étaient par Las Vegas que par l'île Notre-Dame, et Loto-Québec a dû transformer son palais du jeu en salles d'amusement pour les clubs de l'âge d'or.
À Mont-Tremblant, Loto-Québec devra s'abstenir de toute publicité régionale et de toute stratégie promotionnelle susceptibles d'encourager la fréquentation assidue par des groupes qui n'en ont pas les moyens. Et si la riche clientèle de Tremblant ne répond pas, il faudra fermer ce casino au lieu de faire comme à Montréal.
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